Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

Mot de passe oublié

Josephine

Une Saint Valentin… culottĂ©e !

Une Saint Valentin comme je n’en revivrai jamais, c’est certain… Et toute ma vie je m’en souviendrai… Dans le moindre dĂ©tail !

mary-jane.jpgC’Ă©tait un 14 fĂ©vrier. En 2006. Au petit matin.

Un matin comme les autres. Après une demi-heure de jingles publicitaires incitant la belle célibataire que je suis à passer une Saint Valentin pas comme les autres, je me lève et me prépare à attaquer ma journée.

En piste, vĂŞtue d’une robe noire, de collants noirs, d’une veste de tailleur en laine bouillie et d’une grosse Ă©charpe, je m’achemine vers le chemin des Ă©coliers.

Voiture, parking, mĂ©tro… Chouette, une place assise !

ArrivĂ©e Ă  destination, je me lève et me positionne devant la porte de la rame, prĂŞte Ă  sortir. Premiers regards… Bizarre cette femme qui m’observe… Et ce type lĂ  bas… Mais j’ai un gros bouton sur le nez ou quoi?! Main sur le visage, par rĂ©flexe… R.A.S: Rien A Signaler !

Je sors de la rame. Arrive Ă  hauteur de l’escalator. L’escalator le plus haut de toutes les stations de mĂ©tro de la ville… Et c’est un peu normal : plus central, comme destination, y a pas !

La flemme de monter les marches, je me laisse porter. Je croise le regard des gens de l’escalator d’en face, ceux qui descendent. Bizarre ces gens qui te matent comme ça de bon matin. Je ne m’en rends pas compte mais si ça se trouve je fais pareil. Tellement fatiguĂ©, si peu rĂ©veillĂ© que l’on se surprend Ă  avoir des regards fixes sur des gens. J’essaierai d’y faire attention, parce que c’est seulement quand on reçoit ce type de regard qu’on se rend compte que ce n’est pas du tout agrĂ©able ! Fin de l’escalator, fin de cette rĂ©flexion mĂ©taphysique sur le pourquoi du comment regarder quelqu’un de bon matin sans aucune raison… Ou pas.

Encore un petit escalier Ă  monter… Je suis Ă©puisĂ©e ! Vivement ce soir, oĂą je vais enfin pouvoir me reposer. Ça a du bon d’ĂŞtre cĂ©libataire pour la Saint Valentin aussi : c’est dĂ©cidĂ©, soirĂ©e cocooning !

ArrivĂ©e Ă  l’extĂ©rieur, traversĂ© d’un jardin public : mais qu’il fait froid ! Moi qui n’est jamais froid aux jambes, d’habitude, je suis toute gelĂ©e. Comme quoi, on a dĂ» perdre en degrĂ©s de tempĂ©rature !

Place principale de la ville Ă  traverser (place du Capitole, pour ceux qui connaissent la ville rose). Une grande place, oĂą tous se croisent.

Encore des regards… Mais c’est pas possible ! Je me passe Ă  nouveau une main sur le visage, par rĂ©flexe… R.A.S. Mais ça ne devrait pas ĂŞtre autorisĂ© les gens qui te dĂ©figurent comme ça, de bon matin !

Je tourne dans une rue, toutes les boutiques sont fermĂ©es… Ou presque. Il est lĂ , lui, le vieux libraire de cette vieille librairie d’occasion. Toujours prĂ©sent, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, il est lĂ , les mains croisĂ©es derrière le dos, devant son perron. Il Ă©tait pourtant tĂ´t,  mais il Ă©tait lĂ . Il a dĂ» prendre l’habitude d’ouvrir la boutique quand il se lève, alors mĂŞme s’il n’est pas encore 9h, peu importe, il est lĂ .

Et heureusement qu’il Ă©tait lĂ …

Alors qu’il regarde inlassablement les gens passer devant son magasin, sans discontinuer, je vois son regard se bloquer sur mes cuisses ! Et pervers en plus, me dis-je ! C’est du beau ! Par rĂ©flexe (car j‘ai beaucoup de rĂ©flexes de bon matins, enfin, pas toujours les bons !) et par gĂŞne, je passe mes mains sur mes cuisses quand soudain, soudain…

Je m’aperçois que j’Ă©tais juste en collant ! Ma robe Ă©tait complètement remontĂ©e sous ma veste en laine ! Probablement quand je m’Ă©tais assise dans la voiture… Par un frottement quelconque, ma robe, d’un tissu assez fluide Ă©tait remontĂ©e sous ma veste et depuis mon trajet en mĂ©tro je me baladais avec une magnifique petite culotte blanche sous mon collant dans toute la ville !

Quelle honte ! Mais quelle honte ! La plus grosse honte de ma vie Ă  ce jour !

J’ai tirĂ© sur ma jupe, d’un coup sec, après avoir pris un fard comme jamais, me suis retournĂ©e violemment : personne ! Heureusement ! Mais le mal Ă©tait fait !

Et pas une seule âme charitable, pendant tout ce trajet, ne m’aurait signalĂ© que ma jupe Ă©tait remontĂ©e !

Alors s’il vous plaĂ®t, comprenez bien que si vous croisez une fille se baladant juste en collant, mĂŞme le jour de la Saint Valentin, ce n’est pas une chaudière ! Prenez votre courage Ă  deux mains et dĂ®tes vous bien que ce n’est pas normal ! Allez lui signaler !

Pour la petite histoire, je ne suis plus passĂ©e dans la rue du vieux libraire pendant une ou deux annĂ©es… Je recommence Ă  peine Ă  oser l’emprunter!

(cc) ‘L’u'z’a’

 

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Derniers commentaires

 

Ahah ^^

la honte !

Je t’imagine bien ^^ .c’est comme la jupe coincĂ©e dans le colant en sortant des toilettes …. ca aussi ca tue !


 

J’ai les memes chaussures que sur la photo, mais c’est pas le sujet.

Ca met deja arrive une fois, le coup de la jupe qui remonte notament avec l’electricite statique, juste du cote du sac du main….. le pantalon qui se retrouve a moitie rentre dans la chaussette car mal reveille…..

“ce qui ne tue pas rend plus ford” comme on dit….


 

Le pantalon dans les chaussettes… C’est un peu moins “embarrassant” dira-t-on.

“Ce qui ne tue pas rend plus fort”! Oui tu as raison: “le ridicule ne tue pas”!! Mais on a tout de mĂŞme du mal Ă  relativiser et Ă  en tirer ces conclusions sur le moment…


 

Sur le moment, on a plus qu’envi d’etre invisible, disparaitre la, maintenant, tout de suite…. on y pense tout le temps alors que toutes les personnes insignifiantes qu’on a croise dans la journee ont deja oublie les faits….. mais quelques temps apres, on arrive a en rire…. ouf!


 

Quel bonheur Ă  lire… et dire que tu n’a pas pu sentir tout le bonheur que tu as pu inspirer Ă  ces passants que tu as certainement sortis de leur torpeur matinale ;-) Je te rassure, je ne dis pas qu’il ont pu rire Ă  ton propos (mĂŞme si…bon…) mais simplement que dans le train train du matin cela fait du bien de se sentir en vie et rĂ©veillĂ© par quelque chose d’ “extra—ordinaire”. Je suis sur que grâce Ă  toi des centaines de personnes ont regardĂ© leurs proches ou leurs collègues diffĂ©remment. Tu as certainement Ă©tĂ© une forme de parenthèse dans leur journĂ©e. Et ça ce n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde.

Il m’est moi-mĂŞme arrivĂ© une fois de me rendre en chausson dans le mĂ©tro et j’ai vu des tonnes de sourires…


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