Un an après “La Fabrication d’un mensonge” Audrey Diwan revient chez Flammarion avec un sujet certes nouveau mais un axe de réflexion identique, celui des relations entre les générations.
Eugénie Mars a 58 ans, un appartement plein de bibelots qui prennent la poussière dans les quartiers chics de Paris, un mari qui l’a quittée, une fille qui la méprise, 2 amies qui n’en sont pas.
Eugénie Mars respire l’ennui par tous les pores de sa peau et ne voit finalement les années qui lui restent à vivre que dans des nuances de gris.
Eugénie Mars est un peu la femme qu’on a toutes peur de devenir en fait.
Sauf qu’elle va, sur un coup de tête, proposer à Arnaud, la vingtaine, de passer un an avec elle, comme si cela était très naturel, moyennant un chèque que l’on devine juteux.
Arnaud va donc s’installer progressivement chez Eugénie, son contrat stipulant qu’il doit passer toutes ses nuits avec elle et que s’il part avant septembre, il n’aura rien de l’argent promis.
Audrey Diwan prend un risque en racontant cette histoire, le risque de tomber dans le glauque que le mot “gigolo” implique quand on le prononce ou dans le dégout que la visualisation d’une peau jeune sur une peau fripée pourra susciter chez certains.
Elle manie pourtant tout ça avec assez de délicatesse pour rendre Eugénie attachante et assez de fermeté pour ne pas rendre Arnaud trop pâle.
Car ces deux-là , à défaut de former un couple assorti, forment un duo qui se complète et chacun révèlera l’autre, au fil du temps. Et même si l’épilogue aura été compris dès l’introduction, on ne quitte pas ce livre sur une note acide.
Une note un peu doucereuse peut-être car certains points, certains traits de caractère auraient mérité d’être plus appuyés. Eugénie prend du corps au fil des pages mais son premier geste envers Arnaud, la rencontre et le pacte noué détonnent un peu trop dans ce gris du début.
De même, Arnaud que l’on aurait tendance à prendre pour un gamin un peu perdu s’avère être, à un passage précis, trop violent pour son personnage.
Mais le style d’Audrey Diwan reste fluide, plus “naturel” que dans son premier roman et surtout il sert ici une histoire plus “ficelée” que celle de Raphaelle et Lola.
Essai transformé donc :)
posté le 27/01/2009 | 1846 vues | 4 commentaires | tags: gigolo marché generation argent A deux
J’ai terminé hier soir “La fabrication d’un mensonge”, il est vrai que j’ai trouvé qu’il manquait de fluidité et d’aisance, l’histoire était un peu brouillon, mais j’ai tout de même été agréablement surprise par son style, je ne m’attendais pas à ça!
Je n’ai qu’une envie acheter celui-ci, “De l’autre côté de l’été”!
@lydie: Merci beaucoup :))
@Lady dans sa bulle: Oui tu as raison, là l’histoire est beaucoup moins brouillon même si pour moi, il manque encore un peu de fluidité et de profondeur des persos… Tu me diras ce que tu en penses!! :)
je ne connais pas du tout cet auteur. Mais le sujet traité à l’air intéresssant et profond. ça me fera un auteur à découvrir une fois que j’aurais fini mes autres lectures en cours. En tout cas ton analyse donne envie d’en savoir plus.
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Des filles et des talents Troisième jour de rédac' chef pour Laurie et encore une sélection de textes aussi inspirés et émouvants les uns que les autres.
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
Je me dois de vous prévenir : alors je vous préviens, perdre l’un de ses meilleurs amis n’est pas une sinécure, si un jour on vous en donne l’opportunité, refusez immédiatement et faites de votre possible pour éviter toute...
« On ne badine pas avec l'Amour » d'Alfred de Musset. Alors voilà . Je vais vous parler du XIXème siècle. D’une pièce de théâtre qui commence comme une gentille bluette et qui finit en tragédie. On était pourtant...
Depuis plusieurs jours je m’installe à une terrasse et je regarde une grand-mère avec sa petite-fille… La grand-mère doit avoir la cinquantaine, elle semble jeune et dynamique, elle admire sa petite-fille qui doit avoir entre six...
La fille est debout devant le miroir, elle est en culotte, les cheveux en bataille, le dos un peu voûté, l'air misérable. Elle doit avoir dans les 25 ans, et voilà dix minutes que debout devant...
« J’ai parfois envie de vous dire tant de choses. » Mais par où commencer ? Là est la question. « Est-ce que je vous parle de la pluie et du beau temps ? Du dernier navet vu au cinéma ? Peut-être pourrais-je commencer par vous parler…
Depuis quelques temps, je me laisse aller sur le plan alimentaire. J’ai bien conscience que faire des apéros en grignotant des tas de cochonneries trois fois par semaine (minimum...) n’est...
Merci Mamzelle. J’adore tes chroniques. Je me languis de les lire chaque semaine. Celui-ci, je vais l’acheter sans doute…