Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

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Sarah Sarah

Je suis une fille intéresée - London london !

Oui, je suis une fille intéressée. Mais moi, il suffit qu’on me dise “Londres” pour que mon cerveau ne fasse qu’un tour et que j’entre en transe.
Et puis, à ma décharge, je lis Ladies Room depuis un moment, sans jamais oser m’inscrire ou même, idée encore plus folle, écrire. C’est dire à quel point Londres me rend incontrôlable.
J’ai décidé d’aimer l’Angleterre à 14 ans. Et pourtant, mon prof d’anglais n’était même pas beau, c’était le genre à faire des lapsus et à se ridiculiser tout seul. Un exemple ? Un jour, alors que j’écrivais à ma voisine un petit mot portant sans doute sur le beau T. et les émois qu’il m’inspirait, mon prof me fait, d’une voix terrible :
Le prof : Sarah Sarah ! C’est pour moi ce petit mot ?
Sarah Sarah : Euuuh… Non ?
Le prof : Ah… Ok. Donc, le present perfect…

Bon, après j’ai eu un prof nettement plus seqsy, mais là n’est pas la question.

La première fois que je suis allée à Londres, je venais de fêter mes 19 ans. J’étais un beau bébé, et j’avais réussi à embarquer une copine à moi dans mon délirium tremens. C’était aussi la première fois que je prenais l’avion. Et bien, à peine arrivée dans le territoire de la Perfide Albion, j’étais perdue pour l’Humanité. Il me semble avoir crié de joie sur le tarmac. Je dis “il me semble”, parce que j’avoue que je me souviens pas. Par contre, je me souviens très précisement des gens rencontrés dans le train pour aller à London, tous plus tarés les uns que les autres. Je me souviens d’un mec qui racontait au téléphone sa dernière soirée :”Oooh, tu sais, la routine. Chez moi, une verre de whisky et les Beatles à fond”.

J’ai tout de suite aimé ce monsieur, car je suis entrée dans la culture anglais par la musique. Le rock indépendant (hum hum) anglais a immédiatement pris sur ma petite personne. J’aime les rockeurs anglais, leur sens de l’humour principalement basé sur des “fuuuuuck”, leurs coupes de cheveux, leurs fringues que jamais aucun de mes potes garçons français n’oseraient assumer. Je suis tombée amoureuse d’une bonne dizaine de rockeurs anglais entre mes 15 et mes 21 ans. Alors qu’on est d’accord, y’a plus seqsy que Matthew Bellamy, mais que voulez-vous, les cheveux rouges, moi, ça me touche.

Nous sommes arrivées à la gare de King’s Cross St Pancras, et mon premier réflexe fut de prendre tout et n’importe quoi en photo. En plus, joie immense, il y avait un beau rayon de soleil à l’instant précis où nous sortions de la gare. J’ai tout simplement pris ça comme un signe. Ensuite, nous nous sommes précipité dans le Starbucks local. Et j’ai découvert l’immense plaisir de boire leur chocolat chaud en marchant dans la rue.
Pour accèder à notre hôtel, j’ai harcelé deux ou trois mecs en costume, rentrant du boulot et un policier à casquette ridicule, un Bobby. J’ai fait du charme au réceptionniste de l’hôtel, sous prétexte qu’il était anglais. J’ai bu beaucoup de bières, j’ai mangé des fish’n'chips devant Big Ben, j’ai claqué tout mon argent au Top Shop, j’ai pleuré devant l’exposition Kandinsky à la Tate Modern… Bref, avant même d’être de retour en France, l’Angleterre me manquait.

J’y suis retournée deux ans plus tard, avec une autre copine. J’ai découvert les joies de l’auberge de jeunesse juste à côté de Saint Paul. J’ai partagé ma chambre avec une Canadienne qui ronflait. J’ai bu de la bière, j’ai mangé un fish’n'chips devant Big Ben, j’ai pris en photo des mecs réclamant un Parlement anglais en me foutant de leurs gueules, j’ai attendu Gordon Brown pendant au moins cinq minutes avant de me lasser, j’ai vu un mec se pêter la gueule sur le Queen’s Walk, j’ai fait une overdose de Starbucks, j’ai claqué tout mon argent à Camden, j’ai hurlé de bonheur parce que la radio passait du Kaiser Chiefs dans les magasins, j’ai pleuré devant Le Baptême du Christ de Piero della Francesca…
Bref, j’étais même pas partie que Londres me manquait déjà.

Je me suis jurée d’y retourner, de chercher des rockeurs dans les bars de Camden, de pleurer à nouveau face à une toile, de voir une comédie musicale autre que les Misérables, d’aller dans un pub un soir de match important, d’imiter à nouveau le poisson dans l’Eurostar (une longue histoire)…

Et aujourd’hui, en me connectant sur Ladies Room, je suis tombée de ma chaise en voyant le concours. J’ai donc pris ma plus belle plume pour pondre ceci.

 

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