My Space

Breizh ma bro da viken…

Pour une fois, mon papier aura un titre mystérieux. Car oui, c’est ainsi que je déclare mon amour à la “Bretagne, mon pays à jamais…”

Je suis née le 30 mars 1983 à Dinan (dans les Côtes-d’Armor), dans une clinique privée au pied des remparts. Je suis née de mère Bretonne et fière de ses origines, et d’un père Franco-belge et déraciné. Le choix a été vite fait : je serai Bretonne ou je ne serai pas.

Le renouveau de la musique bretonne, après des années de recul due aux réformes imposant la culture et la langue française dans les régions à forte identité culturelle, s’est fait dans les années 1970. Les festoù-noz reprenaient en force – j’en ai même organisé dans mon village, et ouais ! On (re)découvre des écrivains tels que Anjela Duval, Pierre-Jakez Helias, Henri Queffelec (et son fils Yann), mais aussi des auteurs plus anciens tels que Théodore Hersart de la Villemarqué qui a compilé et traduit des chants auprès des anciens : le Barzaz Breizh.

Mais celui qui a popularisé la musique bretonne telle que nous la connaissons à l’heure actuelle est sans conteste (cet enf*** d’) Alan Stivell. Ma Doué, ma Doué, mais à sa suite, des types commencent à se faire entendre : Glenmor, Dan ar Braz, Tri Yann et Gilles Servat, pour ne citer qu’eux.

C’est l’époque où maman était une pure utopiste, qu’elle enchainait les camps de vacances avec option nuits blanches et balades à St-Malo, avec Alan Stivell en bande-son. Bref, ces années 1970 étaient un vivier du folk traditionnel tel qu’il a pu se développer dans le reste du monde.

Après un petit trou dans les années 1980, où Rennes est devenu creuset de création pour la pop et le rock, 1990 et les années métissages  et world music on redonné un autre salut à la musique bretonne, sous la houlette dans un premier temps d’un Denez Prigent très inspiré, entre Bretagne super goth à la Chateaubriant et métissage électro. Le retour des festoù-noz ont donné des groupes assez sympa tels que Carré Manchot. L’autre spécificité de la Bretagne, désormais, est la musique alternative (rock, dub…) et l’écriture.

Donc voilà, je vous ai fait un petit aperçu de ce qui a pu se faire comme musique en trente ans dans mon pays…

- Armens, Ar-men (Ce groupe que l’on appelle le Noir Désir lorientais traîne leurs godasses dans les salles de France et de Suisse depuis 1996. Perso, j’adore leur son, je les ai vu plusieurs fois en concert, dont une fois en 2007 – je faisais partie de l’organisation et c’était hot hot – où ils ont envoyé le bois devant 3.000 personnes… Et quand ils jouent à domicile, c’est un bonheur…)

- Gilles Servat, Je dors en Bretagne ce soir (C’est ce que je me dis quand je prends le TGV Paris-Rennes, puis le TER Rennes-Dol le vendredi soir… Et comme je suis une grande voyageuse, quand je rentre de voyage, c’est ma bande-son… Gilles Servat, j’étais dans l’organisation d’un de ses concerts avec le bagad de Saint-Malo en 2006 qu’on organisait pour servir au financement de l’école catholique où enseignait ma mère. Lors de la conférence de presse, certains journalistes lui ont reproché à lui, ancien compagnon de route de l’Armée Révolutionnaire Bretonne, de chanter pour une école catholique… Il a gardé son calme – le directeur de ladite école était également présent – et a dit qu’il était avant tout un artiste et qu’il chantait où on lui demandait de chanter…)

- Denez Prigent, Sarac’h (Un vrai chanteur breton, de par sa voix prenante, de par le fait qu’il ne parle même pas français en concert… Et justement, cette voix m’évoque le romantique qu’on a justement appliqué à Chateaubriant, grand admirateur de la côte malouine en pleine tempête… Car Denez Prigent évoque surtout pour certains un gros coup de vent sur la pointe de Saint-Mathieu un 11 novembre, bref, une âme bretonne éternelle et fascinante)

- Tri Yann, La découverte ou l’ignorance (Oui, je suis citoyenne universelle, je suis née Française, mais le fait que je sois Bretonne est mon supplément d’âme… Ce texte, déclamé en 1976 par Jean-Louis Jossic, chanteur de Tri Yann, est l’un des plus bouleversant pour parler de cet état de fait)

- EV, Ihala (Ce groupe nanto-finnois envoie le bois et joue sur la provocation… Ils ont l’air de gros barbares, tatoués de partout et se produisant sur scène torse nu et en kilt (traditionnel ?). Pour une première approche, je vous ai mis un truc assez soft…)

- Glenmor, La gavotte romaine (Glenmor était un grand barde breton qui est décédé en 1998. Il a participé au renouveau de la musique traditionnelle. Il faut savoir aussi qu’en Bretagne, si on ne s’agenouille pas devant un jubé, on bouffe du curé à la tonne…)

- Dan ar Braz et l’Héritage des Celtes, King of Loeis (Car la musique bretonne ne peut être étudiée sans voir la globalité de la musique celte. Le brave Daniel de Quimper l’a bien compris en reprenant le répertoire aussi bien scot que gallois ou irlandais avec sa gratte… En tout cas, je suis super fière de faire partie de l’organisation de son concert dans mon village en août 2009…)

- Bagad de Lann-Bihoue, Gwir vretoned (Ah… Les Bagadoù, c’est une institution en Bretagne, à l’image de ce que peuvent être les pipe bands en Écosse… Mais j’aurais préféré vous balancer un son du Kemper, à mon humble avis, le meilleur et le plus créatif. Mais Lann-Bihoue est le plus visible, du fait que son statut militaire particulier…)

- Miossec, La fidélité (À l’instar de Gainsbourg ou de Bashung, le pilier de bar brestois, devenu conseillier municipal écolo à Plouzané, ne sait pas trop chanter mais sait écrire de belles chansons. Je trouve que la quarantaine lui a profité, bien que ma soeur et moi avons traîné nos spleens adolescents sur Boire et Baiser, d’où est issu cette chanson…)

- Yann Tiersen, Summer 78 (BO Good bye, Lenin)  (Le meilleur ami de la référence précédente, devenu ermite sur l’île d’Ouessant après son divorce de Natacha Reigner, est un instrumentiste d’une rare virtuosité, doublé d’un être d’une timidité maladive… Ce qui fait qu’il est assez mal apprécié en live, bien que ses bandes originales et ses studios soient des chefs-d’oeuvre…)

- Carlos Nunez, Saint-Patrick an-dro (Certes, il est Galicien, mais ce joueur de uilean pipe et de gaita passe son temps au Festival Interceltique de Lorient et ce n’est pas pour rien qu’il a appelé un de ses albums Un Galicien en Bretagne. Accessoirement, je l’ai entr’aperçu traversant un wagon de TGV que j’empruntais… Miaaaaaam…)

- Yelle, Je veux te voir (Et oui, la petite que les Ricains s’arrachent est originaire de Saint-Brieuc… Heureusement qu’elle a réussi à se sortir de ce pétrin urbain avec son son Tecktonik…)

- Renan Luce, La lettre (Encore une fois, oui oui oui, le piou-piou à gra-gratte morlaisien me file encore des orgasmes… Surtout depuis que j’ai appris qu’une camarade de fac était au lycée avec lui… Aaaaaaaah!)

- Niagara, Quand la ville dort (Et oui, Muriel Moreno, l’étudiante en histoire de l’art, et Daniel Chevenez, le clavier de plusieurs groupes, sont rennais de création…)

- Étienne Daho, Week-end à Rome (Là aussi, je sens que je vous troue le derche en vous disant que Daho avait choisi Rennes comme lieu de création et de résidence dans les années 1980… Mais puisque je vous le dit ! Heureusement, finalement, qu’il y a eu des personnes pour créer les Transmusicales en 1979, dont Daho…)

- Tri Yann, Marie-Jeanne-Gabrielle (Dommage que je ne vous ai pas retrouvé l’originale, chantée par Louis Capart. Mais Marie-Jeanne-Gabrielle est un peu l’histoire de ma grand-mère maternelle, ainsi que toutes les grands-mères bretonnes qui ont connu leur pays et leur campagne avant les années 1950. C’est pour cette raison que cette chanson a une telle importance pour moi. Quitte à appeler ma fille Marie Jeanne Gabrielle…)

- Gildas Arzel, Sandrine (Un chanteur assez peu connu en tant qu’interprète, mais surtout connu pour avoir collaboré en tant que compositeur avec Jean-Jacques Goldman et Jacques Verenuso pour Garou et Céline Dion… Et cet état de fait est un tort que je dois de corriger. En effet, ses chansons à résonnance folk valent le coup de s’attarder…)

- Soïg Siberil, Kest ar Sonerien (Ce Parnassien de naissance est rentré au pays au début des années 1970 pour vivre la culture de son père et s’en inspirer pour renouveler le répertoire de la guitare celtique, accordée d’une certaine manière. J’ai découvert Soïg Siberil lorsque je commençais la guitare. Ma mère m’a mis à disposition un de ses ouvrages de partitions et j’ai découvert de cette manière les subtilités de la guitare accordée DADGAD… Les spécialistes m’auront comprise…)

- Kan Tri, J’ai voyagé en Bretagne (Un délire de trois violonistes : Patrick Ewen, Eric Delahaye et Melaine Favennec… Cela me rappelle certains midis étudiants, où nous chantions cette chanson à tue-tête avec mon ami Aurélien… Le bon temps)

- Denez Prigent, Ar sonerien du (Un Denez Prigent donc plus orienté sur les morceaux traditionnels pour faire la fête, qu’il réorchestre de manière assez weird… Une signature. Mais on voit ici ses capacités en concert, en l’occurence au Festival Interceltique de 2001…)

- Carré Manchot, Suite fisel – ton diwezhan (Le fisel, alias le coupe-pattes de Rostrenen, est la seule danse bretonne commune que je ne sais pas danser. J’ai essayé, mais je disais bien la même chose du kost ar hoed du pays vannetais. De toutes façons, “ceuss ed’ Rostrenen” sont des gens aux moeurs bizarres, comme tous ceux qui vivent en centre Bretagne, qu’on peut communément appeler “Le trou du cul du monde”…)

- Jeanne Cherhal, Les photos de mariage (Je vous la sers parce qu’elle est nantaise, mais bon Dieu qu’elle m’exaspère, cette fille…)

- Merzhin, L’hacienda (L’école MJC de Landerneau forme des petits mecs qui envoient le bois depuis 1998. Et quand je demande à mes copains normands ce qu’ils en pensent, ils piquent des crises d’hystérie. Pour avoir organisé leur concert en 2008, je peux dire que cet univers mi-festif mi-gothique a de quoi plaire…)

- Billy Ze Kick et les Gamins en Folie, OCB (Un bel hommage de ces Rennais déjantés à une entreprise quimperoise florissante et à l’industrie traditionnelle du chanvre des monts d’Arrée qui a repris de l’activité depuis Les nains de jardin de Merzhin… Hé hé hé…)

- Soldat Louis, Tirer des caisses (On ne connait de ces sympathiques Lorientais que le tubesque Du rhum, des femmes. Mais Soldat Louis, c’est vingt ans de carrière basée sur la mer, ses marins, et ses “femmes” de marins… J’ai organisé leur concert en 2007, ça a vite été un peu ingérable niveau viande saoûle, mais bon concert, bon bon groupe…)

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