Quand j’étais plus jeune et que j’essayais de me trouver (je sais que l’utilisation du passé peut laisser entendre que j’y suis enfin parvenue, mais ce n’est pas tout-à -fait le cas), j’avais dans l’idée que vivre un moment tel que Woodstock en 1969 était une expérience unique.
Les auberges de jeunesse, c’est la possibilité de goûter un peu à un condensé de Woodstock et à son esprit hippie au XXIème siècle, et probablement que Patti Smith dirait que ça n’a rien à voir, mais c’est comme ça que je l’imagine. Après tout, on compense les moments historiques comme on peut, que ce soit en donnant raison à Martin Luther King en élisant Barack Obama ou en allant voir les Pixies dix ans après leur apogée scénique.
Les auberges de jeunesse, donc, sont dans cette période de crise / récession économique comme à n’importe quel autre moment le meilleur moyen d’économiser de l’argent. C’est d’abord le premier truc qui motive une personne à y aller dormir lors de ses voyages. De 12 euros (à Prague) et 25 euros (à peu près partout pour une chambre individuelle et une salle de bain privative), la nuit est moins onéreuse que dans un hôtel, même une étoile. Une fois que vous avez accepté d’être hébergé à ce prix-là , vous devez être conscient de ce que ça implique : en dortoir, vous pouvez tomber avec quelqu’un qui ronfle et/ou grince des dents, voire pire – laissez vagabonder votre imagination. Si vous avez choisi l’option comprenant les douches collectives, éventuellement vous tomberez sur des poils du cul sur le carrelage commun, et vous saurez instinctivement qu’il ne s’agit pas des vôtres.
Mais une fois que vous aurez accepté l’idée de partager votre lieu de repos avec d’autres personnes, alors, vous avez une chance de trouver ça chouette. Le fait est qu’on croit qu’en auberge de jeunesse ne circulent que des jeunes partis faire le tour du monde pendant leur pause universitaire, mais en réalité, il peut arriver qu’on y trouve des « parlementaires qui n’ont pas réussi à trouver une chambre d’hôtel la veille de leur congrès » (Michael, 41 ans, architecte berlinois). J’y ai aussi vu des femmes de 45-50 ans voyageant entre copines, telles Carrie Bradshaw et Samantha Jones à la conquête des cities européennes (ce sont les mêmes qui ronflent et se lèvent à 7h30 le bigoudi en l’air).
Reste qu’effectivement – et parce que sinon mon allusion à Woodstock tombe à plat – la majorité des habitués des auberges de jeunesse sont des backpackers, des jeunes adultes souvent de pays anglophones (États-Unis, Canada et Australie) partis à la conquête de l’Europe pendant quelques mois, se baladant sur les canaux d’Amsterdam après avoir goûté à l’herbe locale, grimpant à la Tour Eiffel même sous la pluie et dégustant de la bière pas chère à Berlin.
On peut lire leurs messages sur les lattes des lits superposés et dans les toilettes – communes, toujours. Voyageant souvent seuls, ces nouveaux explorateurs n’hésitent pas à aller à votre rencontre dans le bar de l’auberge où l’happy hour défie toute concurrence, ou vers 18h, quand ils rentrent crevés d’avoir arpenter la ville dans tous les recoins et qu’ils décident d’enlever un peu leurs baskets.
Se faire des amis backpackers est plutôt facile, ils ont une certaine mélancolie dans le regard le soir quand ils consultent leurs mails et savent comment s’habiller / ranger leurs affaires / quitter le dortoir sans faire de bruit. Une amitié d’un soir, en quelque sorte, un one-shot friendship que les fanas des relations affectives de longue durée dont je fais partie devraient expérimenter au moins une fois par an histoire de raviver quelques cellules nerveuses et briser des automatismes en la matière – quand on connaît certaines personnes depuis une quasi-décennie il peut arriver qu’on s’encroûte dans la discussion, voire que les sujets abordés virent à la mono maniaquerie. L’auberge de jeunesse est un assez bon moyen d’y remédier, quand on ne vit pas dans une ville inscrite sur likemind (http://likemind.us) et qu’on souhaite que le hasard et la spontanéité s’occupent de notre existence.
Parce que hey, vous avez remarqué comme après la scolarité se faire des potes devient ostensiblement une autre paire de manches, surtout quand les collègues de bureau sont aussi funky que vos profs de fac ? Je diverge, mais vous aurez compris où je voulais en venir.
(cc) …. Tim
posté le 28/12/2008 | 3686 vues | 2 commentaires | tags: auberges de jeunesse youth hostel voyages europe | une personne a aimé
bein justement je les frequentes et c’est genials y’en à partout dans le monde alors dormir pour douze euros petit dej compris en polynesie moi je dis oui oui
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ah… les auberges de jeunesse… ça me rappelle effectivement un voisin de couche à londres qui ronflait, mais pas du nez (des détails?), un dégât des eaux marrons et puantes épongé avec MES draps, et mes pieds dégageant une odeur de liberté, d’avoir tant cavalé.