Je me vois il ya 10/12 ans, petite fille un peu boulotte, beaucoup trop naïve, innocente, presque cruche. Je me revois dans toute ma candeur. Je me rappelle les querelles fraternelles, les purées Vico, les “Princes” au chocolat, le square après les cours, les parties de billes et de cordes à sauter, les “kinder surprise”. J’entends encore les dictées, les leçons d’Histoire, de grammaire, les punitions collectives, la sonnerie de la récré. Je le revois LUI. Je relis ses lettres, ses mots passés de table en table juste pour me dire “je t’aime”, même si j’ai tout brûlé il ya longtemps. Je me souviens encore de mes sanglots quand il ma laissé tombé. Premier chagrin d’Amour, c’est pas grave la vie continue.
Je me vois maintenant. Je regarde le chemin parcouru. J’ai grandi c’est certain. Certains rêves se sont brisés, j’en ai créé d’autres et j’en ai abandonné en cours de route. Je me sens encore tellement naïve, tellement faible, tellement petite.
L&es gens m’envient ma jeunesse, pourtant ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est heureux. “Ils ne voient pas les guerre que l’on mène au quotidien”. J’attends, pourtant ce n’est pas une solution. J’attends telle une petite fille attend Noël. Mais qu’est ce que j’attends exactement? Un prince charmant? Une vie meilleur? Un maison? Des enfants? Je ne sais pas ce que je veux et c’est le pire de tout. Douter c’est pour les faibles, je n’aime pas être indécise.
Oui j’ai grandi mais je suis encore une enfant, une enfant perdue entre ce qu’elle a envie de croire, ce qu’elle sait possible et la réalité vraie. Une enfant qui se voit rentrer dans l’âge dit “adulte”.
Je me vois dans 10ans. Stressant pour trouver un mari. Un mari pour ne pas finir seule. Un mari pour essuyer les peines de ce “foutu organe sanguinolant”. Un mari pour réparer mes blessures. Non, l’homme de ma vie je n’y crois plus, je voudrais juste trouver un compagnon de route attachant, mais un compagnon de route qui ne fais pas partie du règne animal. Un associé pour la vie. Un ami avec qui sortir, rire, construire quelque chose. Un amant pour les longues nuits d’hiver et pour les très courtes nuits d’été. :p Un complice dans la vie quotidienne, un allié dans ce combat qu’est la vie.
Je me vois dans 40ans. Fatiguée, stressée. Je mène une vie de folle, courrant à droite et à gauche entre mon travail et l’école des enfants, entre le cours de danse et le cours de guitare. Je me vois faire le ménage après le travail, faire réciter les leçons, préparer le repas, payer les factures. Je vois mon mari, nos crises existencielles, nos querelles de couples, mes migraines nocturnes. Je vois ma vie s’écrouler mais il est trop tard pour tout reconstruire. Je ne rêve plus j’attend. Mais quoi? Etre sauvée m’est impossible. Je continue de sourrire, après tout ça pourrait être pire et puis au moins il y a les enfants et le chat.
Je me vois dans 60ans. Veuve, seule, terriblement seule. Les enfants n’ont pas le temps, ils travaillent puis qu’est ce qu’ils sont chiant.Je passe mon temps entre le club du troisième âge, la télé et le tricot. Je regarde derrière moi, car à mon âge il n’y a plus d’avenir. Je me souviens de ma vie. Mes joies comme mes peines sont gravées à jamais sur mon visage. Ces rides sont la marque du temps qui passe, c’est sûrement pour cela que les femmes essayent de les effacer. Les gens évitent de me parler du temps ils préfèrent me parler de météo. Ils évitent le sujet de la mort pourtant j’aurais tellement besoin d’exprimer mes craintes, d’être rassurée. Car la mort est proche, je la sens. J’aurais besoin de quelqu’un qui m’aide à traverser l’Achéron. Je ne veux pas aller seule voir Hadès. J’ai peur il parait que c’est humain. Au fond, je suis encore une petite fille faible, seule et craintive. ÃŽl parait que c’est normal, on a toujours peur la première fois, et après tout c’est la première fois que je vais mourrir…
posté le 27/12/2008 | 324 vues | 1 commentaire
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Whaou!
Je viens de tomber sur ton article et je me reconnais tellement la dedans, c’est fou! Ton article est juste et pointe du doigt mes espoirs et mes craintes.
C’est vrai qu’avec le temps des reves se brisent, le plus souvent les reves de notre enfance et avec le temps d’autres se contruisent.
Une chose est sure, je ne veux pas faire de compromis avec me vie. Je veux vivre à fond. N’empeche je ne sais pas comment vivre à fond. Je pense que je suis en train d’apprendre cela. Donc, pour le moment j’apprends à apprécier chaque instant à sa juste valeur.
Recement, je parlais avec une amis de mes espoirs de trouver chaussure à monpied et elle m’a posé une question qui m’a fait réflechir: “est ce que avoir un homme dans ta vie te rendrait plus heureuse?”. Ben, en fait, un homme ca apporte son lot de problemes. N’empeche que d’etre en couple acroiterait mon sentiment d’etre normale.