J’étais mercredi soir au Grand Palais pour l’inauguration de “l’exposition-évènement” comme ils disent sur le carton.
Premier contact avec l’exposition : le Manifesto “Proclamacion Solemne” de Charles Sandison projetée sur la façade du Grand Palais. Ça me rappelle que j’aime les mots sur les murs comme ceux de Lawrence Wiener dans les Jardins des Tuileries.
Première impression en rentrant : le titre de l’exposition est bien choisi. Des images il y en a partout. C’est foisonnant. C’est beau. Aucune Å“uvre n’écrase ses voisines, chacune peut exister. Même les bandes son arrivent à co-exister.
La plupart des Å“uvres sont projetées sur des écrans immenses ou des écrans en hauteur. Je n’ai pas un grand sens des proportions (je suis une fille) et la hauteur de la nef ajoute à la confusion mais j’ai bien vu qu’ils étaient immenses ces écrans. Puis, après avoir levé la tête, pris du recul pour mieux voir, c’est agréable de s’approcher de plus petits écrans pour regarder d’autres Å“uvres.
Petite déception : je pensais que les Å“uvres étaient projetées sur la structure, qu’elles habillaient la nef.
J’ai commencé par le belvédère pour aller voir Bob Wilson. Comment vous dire : toutes ces saynètes un peu folles dont cette oie qui donne une interview, là comme ça au milieu de nulle part, je trouve ça géant.
Puis un pèlerinage devant Bill Viola, ça va de soi et un Avé maria devant Chris Marker et ma sainte trinité était accomplie. Place à ceux que je connais moins, que je vois moins souvent.
Plein de découvertes par-ci, par-là . Il n’y a pas de sens à la visite, pas de progression pédagocico-pénible et c’est bien d’être libre. J’avoue avoir eu du mal à me concentrer sur une Å“uvre à la fois, mon Å“il était souvent attiré par celle d’à côté, j’avais envie de tout voir en même temps.
Comme tout le monde, je me suis amusée à arrêter la vague de Thierry Kuntzel (The Waves).
Je suis restée devant 23mn05s. 21 études à danser de Thierry de Mey parce que j’ai cru que c’était Anne Theresa de Keersmaker et parce que la pianiste que je suis est toujours fascinée par l’obsession de l’étude.
Allez savoir pourquoi le cochon de Sauts de Vanceslav Druta m’a passionnée.
Je n’ai pas trouvé Antoni Muntadas, ni Nam June Paik. Etc…
Maybe parce que je sortais du bureau, j’ai aimé Tomorrow will be better de Alan Poon et Alexander Pope. Au début ça m’a fait marrer. Et puis à la sixième fois, c’est plutôt flippant de voir à quel point cet homme est un robot.
Et ma palme, mon coup de cÅ“ur va à Naufrage de Clorinde Durand sur un immense écran un drame au ralenti. C’est graphique, tragique, silencieux, inéluctable, terrible. Les personnages sont magnifiques, intenses.
Je n’ai quand même pas réussi à trancher sur un point : est-ce le foisonnement d’écrans qui est mis en valeur ou les Å“uvres elles-mêmes ?
Parce que :
- Difficile quand même pour un non averti de donner du relief à cette expo.
- Difficile pour un averti de trouver les Å“uvres novatrices, de penser que l’art vidéo propose une réflexion nouvelle sur la société.
- Une sélection quand même très policée.
Mais allez-y parce que :
- C’est quand même beau tous ces écrans
- C’est bien que pour une fois on ait choisi l’art contemporain pour représenter l’art français
- Le lieu est très démocratique
Les précisions qui ne servent à rien :
Bonne ambiance : pas trop de monde, pas de pique assiette, des visiteurs attentifs à l’exposition (non, ça ne va pas de soi…). J’ai pu visiter sans avoir à me déhancher dans tous les sens pour voir les Å“uvres, à piétiner derrière le critique d’art voulant épater sa dernière conquête ou le fan de Wikipédia.
Renaud Donnedieu de Vabre is handsome en vrai.
posté le 19/12/2008 | 499 vues | aucun commentaire | tags: Jeff Mills Art vidéo grand palais exposition
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