Article sĂ©lectionnĂ© par Laurie lors de sa semaine de rĂ©dac’ chef !
Parfois, la nature humaine me surprend. Je découvre l’Homme, avec un grand H. À 21 ans, pas toujours gâtée par la vie, je pensais avoir quasiment tout appris de la vie. Mais c’est ici, entourée d’alcool, de fêtes, d’histoires sans lendemain et de plans cul, que je découvre réellement ce que sont les Sentiments, avec un grand S.
Les gens m’avaient pourtant mise au parfum, en Erasmus, loin de chez soi et de ses parents, de ses racines, tout est plus fort, plus rapide, plus intense. Et ils avaient raison.
Mes amis se délectent de mes histoires de l’étranger, c’est « mieux qu’une sitcom ». Amour, sexe, jalousie, amitié, trahison. En seulement trois mois, j’ai découvert énormément de ses sentiments. Ils sont presque palpables, présents en permanence. Tout est plus fort, alors on tombe forcément de plus haut, ou on tisse des liens pour la vie. On évolue beaucoup aussi.
Je suis arrivée, pensant que peut-être, ici, quelque chose pouvait se construire. Un allemand et deux semaines de plans sexuels foireux plus tard, j’avais déjà perdu mes illusions. Je me suis alors raccrochée aux amis que je me suis fait, seules personnes à qui l’on peut réellement faire confiance. Et puis, je commence petit à petit à espérer à nouveau. Je vois de belles histoires se développer ici, certes majoritairement d’amitié, mais aussi d’amour. Certains se sont trouvés dans cet endroit où pourtant rien n’incite à la stabilité affective ou sexuelle.
Ici, pas de jugements, ou presque. Tout le monde est jeune, a envie de s’amuser, d’en profiter, de se souvenir de cette année. Alors on s’amuse, trop parfois, trop fort, trop vite. Ici, tout le monde cherche à emmagasiner le plus d’expérience possible en un minimum de temps, avant de retourner à une vie normale entourés de la famille et des amis.
Cette génération blasée que nous sommes, ici, nous avons le sentiment de pouvoir, pendant quelques mois au moins, vivre sans se préoccuper du lendemain, des conséquences, du futur, sans responsabilités. Alors on boit, on danse, on rit, on pleure, on baise, on se déchire, on s’aime, on se serre les coudes. Ici, c’est une nouvelle famille pour moi. Avec toutes les joies et les peines que cela implique. Ces personnes que je côtoie au quotidien, je ne les ai pas choisies, je ne les apprécie pas toutes, mais je sais que quand la fin arrivera, c’est avec les larmes aux yeux que je reviendrai au pays, parce que nous partageons tellement de sentiments forts et d’expériences uniques ensemble.
Beaucoup de gens en couple avant d’arriver ici se sont séparés depuis, et je comprends aussi pourquoi. Qui ne vit pas ici, ne partage pas cette expérience unique avec nous, ne saisira jamais à quel point nous Vivons, avec un grand V. Nous sommes devenus un cercle fermé, nous « savons ». Évidemment, nous essayons, comme moi maintenant, de faire partager cela aux autres. Mais nous nous créons une histoire commune, des souvenirs communs, des blagues « internes », qui font que à jamais, les autres seront exclus.
Évidemment, vivre, c’est dur, on pleure et on déprime autant que l’on rigole et que l’on s’amuse. Mais je sais que dans des années, quand peut-être je raconterai cette année passée en Suède à mon amoureux, et qu’il sourira à mes anecdotes, moi je regretterai ces gens qui auront partagé ces moments avec moi, pour qui ce ne sont pas des anecdotes mais ni plus ni moins qu’une des années les plus riches de leur vie, je regretterai cette famille éphémère de qui j’apprends tellement sur la vie, les sentiments, et moi.
(cc) L bonnett
posté le 20/11/2008 | 963 vues | 9 commentaires | tags: Erasmus vivre experience Suède sentiments
Moi j’y suis allĂ©e en couple (pour plus de suretĂ© hĂ©hĂ©) mais pour le reste, le vĂ©cu est le mĂŞme.
Et si ça peut te rassurer pour la suite, j’ai gardĂ© les amis de lĂ bas que j’aimais vraiment, et en entretenant un peu notre amitiĂ© et nos contacts, on se voit toujours, et aux 4 coins du monde (c’est plus classe de se retrouver Ă NY qu’Ă Groningen oĂą j’Ă©tais !)
Erasmus, c’est principalement de bons souvenirs, mais j’aurais quand mĂŞme une petite angoisse quand mes enfants m’annonceront un jour qu’ils veulent partir ;-) !!
Bonsoir,
Je ne connais pas Erasmus, mais d’après ton article, je comprends que c’est une institution qui permet de se dĂ©gager de l’alcool.
J’ai arrĂŞter l’alcool il y a maintenant 15 ans par la maladie.
Si je suis tombĂ©e dans l’alcool, c’Ă©tait pour arrĂŞter ma polytoxicomanie. J’ai changĂ© de souris de Pavlov quoi!
Mais j’ai dĂ» changer mon mode de vie, rĂ©apprendre Ă vivre sans substances et cela n’a pas Ă©tĂ© facile, car j’ai perdu aussi mon environnement. Je me suis retrouvĂ©e seule devant un grand abĂ®me.
J’ai retroussĂ© mes manches. Je me suis fait d’autres amis en faisant partie de clubs de sport qui ignoraient tout de mon passĂ©. J’ai Ă©tĂ© Ă l’universitĂ© populaire pour apprendre des choses qui m’ont très vite interressĂ©e. Je suis devenue une gloutonne de curiositĂ©. Je me suis refait un cercle d’amis, restreint, certes, mais a-t’on vraimant besoin d’un millier d’amis. Je me suis refait une vie. Je me suis nĂ©e une 2ème fois.
Je vis actuellement avec mon ami qui a des problèmes d’alcool et qui a aussi passĂ© en institution. C’est dur pour lui. Et mĂŞme si je le comprends, je suis en colère quand il se lâche.
Je te soutiens de tout coeur, car tu es jeune et tu as toute la vie devant toi. N’aie pas peur d’ĂŞtre seule et, au lieu de ressasser tes envies avec un entourage certes fort sympatique et comprĂ©hensif, il y aura bien un moment oĂą il va falloir voler de tes propres ailes. Alors courage! Vole
Euh…T’as pas compris les sujet de l’article. Erasmus, c’est un système de bourse qui permet aux Ă©tudiants de partir Ă©tudier Ă l’Ă©tranger…Rien Ă voir donc.
cela dit, rien n’interdit d’arrĂŞter l’alcool quand on est sous Erasmus :))
totu est dit dans ton billet sur l’envers d’Erasmus. Sur cette annĂ©e ou ces quelques mois oĂą tout est tellement trop intense tellement fort qu’on a l’impression de vivre dix ans en quelque mois. Mais du coup les chutes et le retours Ă la rĂ©alitĂ© sont d’autant plus durs !
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Some kind of unreal music #27 Chroniquer quelques albums que la rédaction de Ladies Room m’a laissé le loisir d’écouter...
Some kind of unreal music #26 Voici donc les 5 sensations du printemps à l’essai. Alors oui, il y a beaucoup d’albums de vieux briscards...
Vente privée Fripesketchup Vous connaissez Fripesketchup ? La marque de vêtements, bijoux et accessoires Vintage...
Le couple, tout un concept. Je ne suis pas douée pour la vie à deux, je crois que ce n'est plus un secret pour vous. Je suis maladroite, chiante, un peu brute et j'en passe... Et il y a quelque chose qui me titille...
Nuits Fauves - le titre de Fauve, me trotte dans la tête depuis que je l'ai découvert. Subjuguée à chaque écoute par la violence, l'urgence de vivre et d'aimer qui émane de ces paroles. Ce titre fait écho au roman...
Du temps où Internet n’existait pas, quand il n’était pas possible de prouver dans la seconde la véracité de certains propos, toute rumeur devenait une information capitale. Les invasions vikings...
Le pire parfois, en catéchisme, ce sont ces laïcs dévoués qui s’offrent à former les enfants aux arcanes de la religion. Je me souviens d’une dame, la trentaine, habillée et coiffée...
Bang, bang ! Après les « Two mothers » indignes, voila les « Two Fathers » torturés. 2011 fut une année bénie : en France, Michaël Fassbender (Shame), Ryan Gosling (Drive)...
Manon a été troublée par ce contact physique inattendu. L’électricité transmise est remontée le long de son dos et n’était pas pour lui déplaire. Mais la morale lui interdit d’imaginer autre chose...
rhooo
la lecture de ton article, ça m’a fait tout pareil quand j’ai dĂ©couvert l’auberge espagnol de Klapisch…
ça donne envie, mais ça fout les foins un peu, mais ça donne envie très fort quand meme !
:)