Trop mĂ©connu, Mathieu Boogaerts est l’un des musiciens français les plus inventifs. Il revient avec un nouvel album : I Love You.
N’y allons pas par quatre chemins : avec I LOVE YOU, Mathieu Boogaerts frappe un grand coup. Avec ce disque tout en punch et en nerfs, qui vous saisit et vous croque avec la sensuelle férocité d’une bête sauvage, l’auteur d’Ondulé ne fait pas seulement voler en éclats cette image de chanteur lunaire qui, depuis trop longtemps, lui colle injustement à la peau. Tournant le dos à son passé, il s’offre surtout un aller sans retour vers un autre monde musical, un autre pays, dont il invente avec une volupté palpable la langue, les lois et les coutumes. Un pays qui, comme aux plus grandes heures du rock, du rap ou du funk, prônerait la révolution permanente.
Le changement est si radical qu’on pourrait le croire motivĂ© par bon gros coup de sang (mais quelle mouche l’a donc piquĂ© ?) ou par une très sĂ©vère crise existentielle (mais par quelles affres est-il donc passĂ© pour en arriver lĂ ?). Sauf que c’est tout le contraire : si Boogaerts a ainsi remis en cause tous les acquis d’une carrière entamĂ©e il y a près de quinze ans, c’est parce que, pour la première fois, il a connu le sentiment du devoir accompli. “Avec Michel, mon album prĂ©cĂ©dent, j’ai eu l’impression d’avoir bouclĂ© quelque chose. Je n’ai jamais Ă©tĂ© aussi peu frustrĂ© Ă la fin d’un disque. D’habitude, j’avais l’impression d’avoir ratĂ© quelque chose et je me disais que j’allais devoir faire mieux la fois d’après. LĂ , j’ai eu la sensation que s’il s’arrĂŞtait avec Michel, mon parcours aurait une certaine lĂ©gitimitĂ©. Du coup, j’ai ressenti une libertĂ© que je n’avais jamais Ă©prouvĂ©e – ou alors au tout dĂ©but, avant mon premier disque, quand tout semblait possible.”
C’est toute la beauté des fins de cycle : elles vous permettent de goûter à nouveau à la fraîcheur des commencements. Après les chansons de Michel, qui dans leur subtil dépouillement exprimaient la quintessence de son art, Mathieu est donc reparti de zéro. Premier geste fort : exit la guitare sèche, cette compagne fidèle avec laquelle il avait l’habitude de saisir à la volée de belles idées tombées du ciel. Et place à la batterie, un vieux flirt (“Ça a été mon premier instrument, quand j’avais dix ans“) avec lequel il a éprouvé le besoin d’entamer une relation enfin sérieuse.
regarder la vidĂ©o d’I Love You
http://fr.youtube.com/watch?v=rOfcb_VPl5I
posté le 24/10/2008 | 262 vues | 1 commentaire | tags: mathieu boogaerts i love you
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Des filles et des talents Troisième jour de rédac' chef pour Laurie et encore une sélection de textes aussi inspirés et émouvants les uns que les autres.
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
And I love Mathieu Boogaerts.