J’ai toujours rêvé d’être une hôtesse de l’air. Je me revois déjà à l’âge de 5-6 ans essayant les uniformes de ma tante, me pavanant avec ses escarpins et me fardant avec toutes sortes de maquillages à ma disposition. Ah là la que de souvenirs…
Elle était belle avec son uniforme, sa valise son petit chapeau. Et tous ces voyages fabuleux, dépaysant, exotiques : une semaine à pointe à Pitre, puis Nairobi, Los Angeles… Elle avait tellement de choses à me raconter quand elle rentrait. Je crois qu’elle a exercé sur moi une sorte de fascination, une sensation de liberté que je recherchais. Je crois que j’aimais aussi ce côté glamour, magnifique. Une belle manucure, une jolie coiffure.
Alors cette vie s’est imposée à moi tout naturellement. Je n’avais qu’une envie réaliser ce rêve si souvent caressé. Après des études littéraires, je me suis orientée vers des études liées au tourisme. Mon rêve était toujours présent même après toutes ces années écoulées. J’avais ce besoin de liberté, d’évasion, une soif des voyages qui ne m’a jamais quitté. Et puis se mêler à d’autres cultures quel enrichissement ! A l’âge de 23 ans, le rêve est devenu réalité. Moi aussi j’allais pouvoir voyager, faire le tour du monde, m’évader, rencontrer d’autres personnes de milieux totalement opposé au mien. Et puis, lorsqu’on y réfléchit peu de gens font un métier qui leur plaît. Quelle chance j’avais d’avoir intégré une des plus grandes compagnies françaises. D’abord parce qu’on réalise l’objectif de toute sa jeune vie et ensuite parce qu’on est embauché dans une compagnie prestigieuse. Je vous dis pas comme j’étais fière !
Ce qui m’arrivait était assez énorme. J’étais assez impressionnée par les gens, le job, le salaire, les avantages et je me voyais y travailler un moment. Oui j’ai fait le tour du monde, j’ai vu des choses fascinantes. Quel beau métier franchement.
Les années passent, on prend confiance, on vieillit, on rencontre quelqu’un avec qui on veut se poser et là les premiers problèmes apparaissent, les premiers doutes, les interrogations. J’avais le job de mes rêves, intéressant certes mais stressant, fatigant. Les nombreux décalages horaires, les nuits en vol, cette sensation d’être toujours seule même si on travaille en équipage (sauf que les équipages ne sont jamais les mêmes et qu’il est donc assez compliqué de créer des liens durables et solides), et puis les escales se réduisant comme peau de chagrin, la fatigue physique et nerveuse s’intensifie chaque fois un peu plus.
Au bout de 5 ans, j’ai eu ce besoin de changer oui mais pour quoi faire ? Etait-ce une bonne idée ? J’avais un choix à faire vous savez, de ces choix cornéliens où vous avez d’un côté une grande autoroute rassurante, bien fléchée, pépère finalement, et de l’autre un petit chemin attirant mais mal défini, peut être risqué. J’avais d’un côté la possibilité de faire une assez belle carrière, salaires et avantages à l’appui et de l’autre une incroyable envie d’aller faire un tour ailleurs, histoire de ne pas être complètement formatée, et coincée quelque part pour un tas d’avantages. Peser le pour et le contre, s’interroger, identifier ses besoins ses envies.
Des besoins, des idées ça j’en avais à foison même. Je cherchais maintenant un job créatif où je pourrais m’exprimer. Mais le choix était difficile. Peinture, archi, journaliste. Voilà les voies vers lesquelles j’ai hésité, longuement même. Et puis je me suis essayée à ces trois domaines avec une volonté de fer. De cours de peinture en cours de peinture, une année en école d’archi et enfin, enfin j’ai trouvé ma voie dans l’écriture.
Une page se tourne, une autre prend forme et s’ouvre de plus en plus. L’écriture s’est imposée à moi comme quand on rencontre l’amour de sa vie. Écrire c’est avant tout avoir la passion de l’écrit, même si l’on n’en est pas toujours conscient. On ne se hasarde pas dans une telle aventure si l’on n’a pas un tantinet ce plaisir d’utiliser le verbe, de manier le complément et de caresser amoureusement tous ces mots, jour après jour, mois après mois. Écrire, c’est aussi avoir envie de partager. Quand j’ai commencé à écrire, je l’ai fait parce que je voulais donner mon avis sur tel ou tel produit, tel ou tel concept, telle ou telle chose. C’est aussi, repousser ses limites chaque jour. Se demander si ce plaisir sera intact demain, constater que oui, continuer, accepter la page blanche, le manque d’inspiration, les critiques, même les plus stupides.
Écrire, c’est s’étonner chaque jour : de ce qui nous entoure pour en faire un compte rendu digne de ce nom, mais aussi de l’engouement qu’il peut susciter, mais écrire, c’est surtout du plaisir à l’état pur.
Oser tout simplement…
(c) ShewatchedTheSky
posté le 22/10/2008 | 2629 vues | 4 commentaires | tags: hôtesse de l'air changement ecriture taf
Merci pour vos compliments à tous les deux.
Non il ne faut rien regretter dans la vie. Juste essayer de se lancer et croire que tout est possible.
A bientôt
Ah quitter son boulot pour l’écriture… j’en rêve mais est-ce réalisable quand on a une famille à charge?
Si seulement quelqu’un pouvait me répondre un jour “Mais oui!” à cette question… j’en rêve…
Merci pour ton témoignage.
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Des filles et des talents Troisième jour de rédac' chef pour Laurie et encore une sélection de textes aussi inspirés et émouvants les uns que les autres.
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Chère Lydie,
Ton témoignage me touche beaucoup et me donne une lueur d’espoir, merci infiniment!
J’ai 28 ans, navigante, je vole depuis 6 ans déjà , 5 compagnies à mon actif (dépôts de bilan oblige…) et je suis là , tiraillée entre l’”amour” que j’ai pour mon métier, et l’envie de passer à autre chose.
J’ai toujours rêvé d’exercer ce métier, j’y suis, j’adore! Mais…
Mais j’ai aussi envie de me poser, profiter de mon fiancé le week end; ou d’avoir un Noël ou un Nouvel An en famille (ça ne m’est pas arrivé en 6 ans), sans parler des conséquences physiques de ce merveilleux métier!
Envie de me “poser” et pourtant… j’adore toute cette préparation avant un vol, les nouvelles rencontres à chaque rotation, les nouvelles escales, être toujours soignée… m’occuper des passagers, faire des rencontres enrichissantes parfois, donner du rêve aux autres…
Je ne saurai te dire si c’est la précarité des types de contrats, la réduction du temps en escale, ou la fatigue physique et morale tout simplement qui me pousse à vouloir tourner la page…
Mais quand j’y pense très fort à tout ça et bien j’ai peur! Je ne sais rien faire d’autre… j’ai commencé à 22 ans… j’ai passé tellement de temps dans ces avions … je me sens inutile en dehors de mon travail et “en manque” quand je ne bosse pas!
Alors ton témoignage me rassure, tu as l’air heureuse, tu ne sembles pas regretter ton choix… et ça fait du bien!
Je te souhaite bonne continuation dans l’écriture! Merci encore pour ton témoignage!
bien amicalement,
Punaise.