Je suis auteur. Pas que auteur, mais avec 4 livres à mon actif, je peux désormais dire que je suis auteur. Je ne sais pas si c’est mon métier, mais en tout cas, c’est du travail. En réalité, puisqu’on en est aux confidences, je suis même autorisée à annoncer que je suis écrivain, lorsque, dans un dîner mondain on me demande à quoi j’occupe mes jours.
C’est toujours un moment grisant que celui où je m’entends dire à mon interlocuteur en tentant de ne pas avoir l’air trop impressionnée par moi-même : « j’écris des livres » (un très grand mot pour de tous petits livres).
J’ai toujours ce petit papillonnement dans le ventre qui me rappelle que j’avais un rêve et que c’est devenu ma vie. Une petite pointe de bonheur qui me traverse en me chatouillant le plexus. Mais disons les choses honnêtement : c’est aussi la façon la plus sûre d’attirer l’intérêt sur soi.
Je pourrais dire que je suis journaliste, que je travaille dans la communication et plusieurs autres casquettes mais annoncer qu’on est auteur, c’est la garantie d’être automatiquement classée, sans avoir le moindre effort à fournir, dans le groupe des gens intéressants. Je sais, c’est injuste et curieux. Moi aussi, je trouve. Mais j’en profite quand même. C’est un fait, depuis que j’écris des livres, je ne compte plus le nombre de gens qui se passionnent soudain pour ma petite personne essentiellement parce que, dans leur cercle de connaissances, la case « ami auteur » n’a pas encore été pourvue. Ni ceux qui me gardent au chaud, dans l’espoir qu’un jour peut-être, avec de la chance, je serai un auteur connu et qu’ils pourront se vanter de me connaître depuis toujours. Une sorte de placement à long terme, si l’on veut.
Et je suis, également, devenue une confidente idéale. Paradoxalement, on ne cesse de me demander « de ne pas mettre ça dans mon livre ». Tout en l’espérant secrètement, je pense : sinon, pourquoi diable aller se confier à moi plutôt qu’à son amie Martine, Banquière de son état ? Le métier d’auteur est une activité de crève la faim. Mais comme collecteur de copains, je peux vous dire que ça se pose là . C’est toujours ça.
(c) Giando
posté le 22/10/2008 | 231 vues | 5 commentaires | tags: friends auteur taf | une personne a aimé
AH Ah :) MaĂŻa, lĂ par contre, moi aussi, ce genre de prĂ©tendus amis, je les fuis…
“ĂŞtre automatiquement classĂ©e dans le groupe des gens intĂ©ressants” par des gens qui ne le sont pas ? ça me fait un peu penser aux gens qui collectionnent les “amis” sur facebook ou autres sites… C’est atroce, l’amitiĂ© c’est tellement plus que ça !
mais bon, je suppose que tu fais le tri aussi ;-D
Oui, enfin cet article, c’est du seconde degrĂ©, hein :)
J’ai deux activitĂ©s (très) diffĂ©rentes, et ca me fait toujours rire de voir la diffĂ©rence de rĂ©action des gens en fonction de celle que je mentionne… Il m’a bien fait rire, cet article :)
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Avec aussi quatre livres Ă mon actif, je ne dis JAMAIS que je suis auteure. Ca attire des questions qui sont toujours les mĂŞmes, des curiositĂ©s qui ne m’intĂ©ressent pas, et j’en ai marre de parler de moi :-)
Peut-ĂŞtre que c’est une question de temps (mĂŞme si je n’ai aucune idĂ©e de ton parcours). Mon premier bouquin est sorti il y a 7 ans. Maintenant j’Ă©vite vraiment ce genre d’amitiĂ©s trop faciles… trop Ă©tĂ© déçue (et sans doute trop parano).