Je ne connais pas les 35 heures, je travaille plus mais ne gagne pas plus… J’exerce quasiment 24h/24 et 365 jours/365 : non je ne suis pas mère au foyer mais tout simplement agricultrice plus prĂ©cisĂ©ment j’Ă©lève des vaches Ă lait.
Et oui, les bouseux ont Internet : nous sommes pour la plupart bien plus modernes que certains citadins.
Mes journées se suivent et pourraient se ressembler, tout comme les vôtres, mais pourtant elles sont toutes un peu différentes.
Je me lève et je me bouscule Ă 5h00 du matin. Je me douche et enfile ma superbe combinaison que mon homme trouve très sexy… bon avec mes bottes et/ou mes chaussures de marche aux pieds, je ne suis pas aussi sexy qu’avec un tailleur et des escarpins qui me serreraient les orteils… mais mon homme me trouve sexy car je prends toujours soin de choisir un joli coordonnĂ©e pour en dessous : je tiens Ă ma fĂ©minitĂ© car c’est un mĂ©tier oĂą l’on peut vite la perdre si on n’y prĂŞte pas attention.
Après le petit dĂ©jeuner, direction la traite : je vous rassure on ne trait plus les vaches Ă la main, on les branche sur des machines qui travaillent pour nous mais qui ne se mettent pas encore en route sans nous (heureusement d’ailleurs!).
Le reste de ma journĂ©e file Ă la vitesse de la lumière, je n’ai pas le temps de m’ennuyer : les animaux demandent pas mal de sacrifices mais eux ne se sacrifient jamais pour nous, c’est comme ça. Je ne peux pas poser de RTT pour le plaisir d’aller faire les soldes, tout se calcule. La nuit, parfois je continue : je me transforme en “sage-femme” quand une vache vĂŞle ou en infirmière quand elles sont malades… 24h/24!
Parfois, je reçois des classes de primaire : Il faut leur faire dĂ©couvrir la nature aux petits citadins sinon ils pensent que les vaches sont violettes et que le lait est fabriquĂ© en usine (mĂŞme si ça peut y ressembler, la ferme n’est pas une usine !). Souvent les enfants me demandent : “Mais pourquoi que tu fais ce mĂ©tier?” .
C’est une bonne question, j’aime mon mĂ©tier et pourtant je ne l’ai pas choisi : c’est lui qui m’a choisie, je suis tombĂ©e dedans quand j’Ă©tais gamine, mes parents avaient aussi une exploitation. Je ne me suis jamais demandĂ©e si j’allai faire autre chose, pour moi ça a toujours Ă©tĂ© de soi : je travaillerai dans l’agriculture.
Mes plus grands plaisirs sont de travailler avec le nature, de pouvoir admirer des levers de jour diffĂ©rents quotidiennement, de m’occuper de mes bĂŞtes qui malgrĂ© les idĂ©es reçues sont loin d’ĂŞtre bĂŞtes !
Mais mon mĂ©tier comporte aussi ses alĂ©as comme les directives europĂ©ennes dont je ne ferais pas dĂ©bat ici mais qui me laissent parfois perplexe comme quand je dois jeter du lait que mes vaches ont “trop” produit car je me dois de respecter un certain quota… alors que le litre de lait est de plus en plus cher dans le commerce et que tout le monde ne peut plus en acheter…
Alors on va voir les vaches?
posté le 21/10/2008 | 486 vues | 22 commentaires | tags: mon métier agriculture taf
”Eh oui les bouseux ont internet: nous sommes pour la plupart bien plus modernes que certains citadins”. Je comprends très bien cette phrase. Je viens de guadeloupe, et j’ai longtemps connu le prĂ©jugĂ© du ”coupeur de canne”. Les questions sur mon Ă®le se rĂ©sumaient souvent Ă : ”vous ĂŞtes tout le temps en sandales? Vous avez la tv? Comment sont faites vos maisons?” Evidemment les questions Ă©taient d’autant plus cocasses que la personne en face de moi Ă©tait bien moi aisĂ©e que ma famille pouvait l’ĂŞtre. NĂ©anmoins je n’en ai jamais gardĂ© rancune. Alors ta phrase me gène dans le sens oĂą elle me parait amère, lĂ ou j’aurais mis de l’humour. Mais bon, chacun sa sensibilitĂ© :)
Oooh, j’adĂ´Ă´Ă´Ă´Ă´re les vaches ! J’ai longtemps vĂ©cu en Auvergne, d’oĂą ma passion pour elles…
Je peux viendre ? Boire du vrai lait, avec encore la crème sur le dessus, tout chaud, sluuurp…
Mon père Ă©tait agriculteur (il est maintenant Ă la retraite) et je t’admire beaucoup pour avoir choisi ce mĂ©tier très difficile. Moi, je ne l’ai pas fait.
Je connais toutes les contraintes: ne pas partir en vacances, la traite Ă la mĂŞme heure chaque soir, chaque matin, les animaux malades, les vaches qu’il faut surveiller nuit et jour quand elles sont sur le point de vĂŞler etc. etc.
FĂ©licitations donc pour ta carrière d’agricultrice et bon courage!!!
Vous me voyez Ă©mue d’ĂŞtre lĂ et de partager mon mĂ©tier avec vous.
@Le mal: ma remarque est bien de l’humour, cela fait longtemps que j’ai appris Ă passer outre de ces prĂ©jugĂ©s, comme toi et ton Ă©tiquette de coupeur de canne Ă sucre. Il n’y aucune rancunes dans cette phrase: juste un clin d’oeil.
@Addy, tu es la bienvenue mais tu sais boir du vrai lait tout chaud devient de plus en plus difficile: avec les normes sanitaires, n voit presque plus la couleur du lait ;-)
@Salesgirl et frenchi 971: merci pour vos comm’, slesgirl, je vois que tu comprends parfaitement ma vie.
Ne pas partir en vacances???
Je ne suis pas d’accord, l’un n’empĂŞche pas l’autre.
Mes parents sont producteurs laitiers et cela ne les a jamais empĂŞchĂ© de partir en vacances avec leurs enfants… tous les Ă©tĂ©s et les hivers, jusqu’Ă ce qu’on parte sans eux, d’ailleurs, en ce moment ils sont en Corse… :)
Mais moi non plus, je n’aurais pas pu faire ce mĂ©tier…
:D
@ladie-lc: mes parents ne pouvaient pas partir en vacances. Ils Ă©taient producteurs de lait et aussi de cĂ©rĂ©ales. Il y avait du boulot tout l’Ă©tĂ© et les animaux dont ils devaient s’occuper. Je sais que maintenant les jeunes agriculteurs du coin s’organisent pour pouvoir avoir des vacances (GAEC, emploi de saisonniers ou entraide entre collègues).
Attention, cela ne m’a pas empĂŞchĂ©e de passer des vacances formidables, il ne faut pas oublier que l’on habite Ă la campagne donc c’est quand mĂŞme bien. Ma mère est prof donc avait ses deux mois comme nous. Nos parents Ă©taient toujours dans le coin. Je pense que c’est ça l’avantage aussi. On n’a jamais souffert de ce statut.
Idem pour les cĂ©rĂ©ales. Mais en effet, GAEC et autres entraides servent… en tout cas, ça ne les a pas empĂŞchĂ©…
Par contre, l’avantage de les avoir tout le temps Ă la maison, c’Ă©tait pratique, pas de nounou (enter autre)…. ça oui !!
Moi ce que je vois lolipop c’est que tu dit que tu es tout simplement agricultrice , or pour moi cela n’a rien de simple vraiment j’admire ton courage et ta patience ,et je dis pas ça juste parce que le lait constituĂ© une de mes drogues ;).
chouette article !
par contre une phrase m’a surprise :
“les animaux demandent pas mal de sacrifices mais eux ne se sacrifient jamais pour nous, c’est comme ça.”
je vois pas ça comme ça ! dans le sens oĂą les animaux de ferme sont utilisĂ©s (pour produire), certes ils ne se sacrifient pas d’eux-mĂŞme (pour ça il faudrait leur demander avant de les utiliser ^^), mais du coup ils sont “sacrifiĂ©s d’office”, non ?
à moins que ta phrase ne portait sur le fait que toi tu bosses comme une forcenée pendant que tes vaches roupillent en ruminant tranquillement ? hihihi
@Rhod-Oraily, merci.
@Handa, ma phrase a le sens de ta dernière: je bosse pendant qu’elles ruminent et “regardent passer les trains” (je mets ça entre guillemets car y a pas de train autour des mes champs! ;-))
J’adore ton article :p Je retournerai bien dans ma campagne, lĂ ..
GLOIRE A TOI ! Je ne suis pas enfants d’agriculteurs, mais je suis une paysanne. Autrement dit, j’ai toujours vu dans mon enfance les travaux de la ferme du fin fond de ma Bretagne… Et est-ce que tu as pris certains citadins condescendants pour des cons en prĂ©sentant des veaux comme une variĂ©tĂ© de vache naine? Si oui, GLOIRE A TOI!
@storia: si tu savais en amerique combien de gens pensent que les poulets naissent en chicken nuggets! et aussi comment ils sont horrifies lorsqu’ils se rendent dans une ferme car evidemment ca sent la merde entre autre et ils ont une peur bleue des microbes. mdr
Le coup de la vache naine c’est vraiment trop fort
On a bien rigolĂ© avec ça avec un de mes oncles qui n’avait jamais vu une vraie vache… Mais avec mes jeunes cousins, qui ont un mode de vie assez citadin, on essaie de les Ă©duquer comme ça en leur faisant voir les poules et les lapins et en leur faisant participer Ă la cueillette des pommes…
@storia-la femelle: pour la petite anecdote, j’ai presque mieux que ta charmante histoire de vache naine…
Accueillant des classes dans un cadre de projet pĂ©dagogique, il y a des parents qui accompagnent histoire de s’merveiller devant la nature avec leur progĂ©niture… Et en plus de mes vaches, j’ai quelques chèvres et un bouc: je fais du fromage avec le lait et ça permet aux enfants de s’essayer Ă a traite (c’est plus facile d’accès que sur une vache)…
Bref, Monsieur le Bouc (le Mâle de la chèvre, pour ceux et celles qui ne le sauraient pas) est dans un enclos sĂ©parĂ© (bah oui, c’est un Mâle, un vrai et si je le laisse avec mes biquettes bah c’est le basard.)…
Un jour, un Papa passe devant l’enclos avec son rejeton et lui dit:
“Regardes, c’est la chèvre que tu vas traire tout Ă l’heure!”
JE crois que ça se passe de commentaires… ;-D
@Frenchi971… bon les amĂ©ricains n’ont pas bonne rĂ©putation pour leur culture gĂ©nĂ©rale mais je peux te dir que en France, on n’a rien Ă leur envier sur le plan des aneries!
@Frenchi971: ton dernier commentaire est d’un ton plus que douteux, je suis déçe que tu ais fait ce genre d’humour sur mon article.
lolipop a ecrit:{“Regardes, c’est la chèvre que tu vas traire tout à l’heure!”
JE crois que ça se passe de commentaires… ;-D}
et j’ai commente:”le bouc a-t-il produit beaucoup de creme?”
Je t’accorde que ca n’etait pas la finesse incarnee et ne voulais pas te manquer de respect mais devant le niveau de connerie du papa je n’ai pu resister.lol
Je souhaitais savoir s’il avait essaye de traire le bouc ou si tu lui avais fait comprendre son ignorance
tu aurais du m’envoyer un mp pour me faire part de ta deception car je suis revenu sur ton article en cliquant un peu trop rapidement et j’ai failli ne jamais voir que je t’avais involontairement vexee
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j’aime bcp ton article et la maniere dont tu racontes. a travers ton recit on ressent ton amour pour ton metier malgre ses contraintes