Les journaux n’en finissent plus d’en faire leur une, ça titre de toute part « la crise », « la récession », « la catastrophe », le vocabulaire va vite devenir limité pour parler du tsunami économique qui nous arrive sur le coin de la tronche. Et bien pour changer de ton, j’ai décidé que mon verre, même s’il n’est rempli que d’eau du robinet, reste tout de même à moitié plein.
Le premier point positif qui m’a frappé dans la crise, ce sont les variations des cours de la Bourse. Je m’explique. Avant, le type qui se chargeait des nouvelles des places boursières du monde entier, il avait quand même un des boulots les plus chiants du monde. Il ressassait ses chiffres comme on égrène un chapelet, d’une voix monotone dont on sentait bien que toute motivation l’avait quitté, et conscient, en plus, pauvre bougre, que personne ne l’écoutait. La crise, pour ce type, c’est du pain béni, une vraie révolution dans sa vie, son boulot c’est la grosse éclate, et pour cause : ça change tous les jours, ça monte, ça descend, des millions de paires d’oreilles sont suspendues à ses lèvres pour suivre ce suspense insoutenable et des rebondissements encore plus invraisemblables que dans un épisode d’Amour, Gloire et Beauté. Rien que pour lui, déjà , ça me fait plaisir.
Ensuite, on nous bassine avec la baisse du pouvoir d’achat, et comme quoi plus personne n’achète plus rien, les gens cachent sous leur matelas les trois malheureux sous qu’il leur reste, c’est pas joli-joli. En même temps, moi qui suis du genre à bien m’adapter aux mouvements de masse, et qui n’ai jamais su mettre un demi-centime de côté, si ça pouvait m’aider à épargner, ce serait pas plus mal. Et je ne sais pas si c’est moi qui vois les choses d’un autre œil, mais j’ai l’impression que du côté « pousse à la consommation », tout le monde s’est un peu calmé. Dans les magazines féminins, qui, il n’y a pas longtemps encore, nous encourageaient vivement à casser notre PEL pour une magnifique paire de bottes « must have » à 2 357 €, on pourra bientôt apprendre à  être glamour en H&M de la tête aux pieds. Si devenir fashionista ne nécessitera plus de vendre un rein au marché noir, je me dis que la crise va probablement changer le monde, mais ce ne sera peut-être pas plus mal.
Enfin, un de mes petits plaisirs préférés avec la crise, c’est l’embarras dans lequel se trouvent les responsables politiques. Alors oui, certes, les entendre nous balancer des énormités en direct à la télé, ce n’est pas de l’inédit à proprement parler. Sauf qu’avant, ils le faisaient avec une assurance et une confiance en eux qui tenaient de l’affront à l’intelligence la plus primaire. Maintenant, ils sont vraiment bien emmerdés, parce qu’ils sentent comme nous que c’est grave et que c’est pas tout à fait le moment de se foutre de notre gueule. Alors ils bafouillent, hésitent, cherchent leurs mots, répètent la question avant d’y répondre, changent de sujet, on dirait des écoliers interrogés par la maîtresse sur la poésie qu’ils ont oubliée d’apprendre, c’est jouissif.
Et puis il ne faut pas oublier que ce n’est pas la crise pour tout le monde. Je ne parle même pas des sociétés qui fabriquent des coffres-forts qui ont vu leurs chiffres d’affaires exploser (à ce propos, cacher ses lingots dans son salon, c’est quand même loin d’être une bonne idée, parce que bientôt, pour les vols à domicile, ça risque de vraiment être la fête), il suffit simplement de penser à tous ces journalistes qui n’en peuvent plus d’avoir du boulot à traiter de la crise sous tous ses aspects. Tiens, même moi qui n’avais rien écrit ici depuis une demi éternité, j’y suis allée de mon petit avis sur la question. Alors vraiment, je vous assure, même dans la crise, il y a du bon.
(c) edmittance
posté le 20/10/2008 | 775 vues | 3 commentaires | tags: bourse économie crise
C’est ma voiture qui crie “vive la crise” : je lui ai promis un plein complet si l’essence se maintient Ă 1,25 !!! ;-) A part ça, j’ai beaucoup aimĂ© ton article : bien vu le coup des coffres-forts !
tres bon et drole.
apres nous avoir repete et demontre depuis des mois que malgre une croissance negative on n’etait pas en recession, le gros mot a enfin ete lache: oui ca ressemble fortement a de la recession mais nous sommes forts economiquement donc on s’en sortira dixit le president americain enfin sortant!
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