Dans la vie, je suis stagiaire. La stagiaire à 398,13 par mois pour 45 heures par semaine. Je n’exagère pas, j’ai compté. C’est forfaitaire. Heureusement, l’avantage avec le stage, c’est qu’on sait que ça ne durera pas. Quelque part je m’en réjouis, et c’est aussi pour ça que j’en parle.
Je travaille depuis juillet dans une boîte de prod’ pour la télé. Pas n’importe laquelle : une transnationale de souche néerlandaise qui produit 80% des contenus estampillés télé-réalité. Quand je dis ce que je fais, il y a deux types de réaction en chaîne :
1) Wouah trop marrant vazy hé balance c’que tu sais ! C’est truqué pour de vrai ? Ah nan ? Ah ben trop marrant, dis donc ! Alors ça vaut vraiment le coup, c’est cool ! Et en vrai, il est comment Benjamin ? Et Alexandra, c’est une vraie princesse ?
2) Suppôt de Satan, c’est ta faute s’il n’y a plus de pub sur France T, si les Français regardent de la merde, si j’ai pas eu mon bac, si de Carolis a insulté Nicolas S. sur RTL, si le casting est nul, si Julie Lescaut ne passe plus, […].
Comme si c’était ma faute. A bien y réfléchir, je suis sûre que même s’il n’y avait personne pour produire ces émissions en France, il y aurait toujours une chaîne pour importer une télé-réalité étrangère. Et au passage, une petite crise d’amnésie : les chaînes ne font pas dans l’humanisme, mais dans le marketing. Comprenez : ce n’est pas en crachant sur les programmes qu’on fait changer la programmation ; c’est en arrêtant de regarder.
Et mauvaise nouvelle : tant qu’une émission, si merdique soit-elle, a un public, il n’y a aucune raison de la supprimer. Cela dit, bonne nouvelle : c’est vous qui intéressez les chaînes. Oui, vous, mesdames z’et mesdemoiselles : les ménagères de 15 à 49 ans, un peu plus ou un peu moins, ça ira très bien –et c’est encore mieux si vous avez des enfants.
Les chaînes font tout pour vous séduire, avec plus ou moins de succès. Vous les intéressez. Vous les nourrissez. Vous êtes un peu plus d’un million en France, équipées de la télé. Vous gérez le frigo, le ménage, les marmots.
Oh, ne soyons pas naïfs : la télé ne vous courtise pas par pure courtoisie. Elle est comme un dragueur malin qui veut séduire le faire-valoir pour rendre jalouse la copine canon. Et la copine canon, c’est la pub. Sans féminisme ni langue de bois, la pub et la télé n’ont pas mis des années à comprendre qui avait le pouvoir sur le porte-monnaie à la maison : lorsqu’il s’agit d’acheter, vous êtes en première ligne.
Pour en finir, je sais que je ne resterais pas à la télé, même si l’envers du décor est passionnant. La télé, c’est trop Dallas, trop univers impitoyable pour moi, trop plein d’ego et trop vide de sens à la fois.
Et si vous en avez marre des émissions pourries, je n’ai plus qu’un conseil à vous donner : ZAPPEZ.
© Photo : Aaron Escobar via Flickr
posté le 20/10/2008 | 457 vues | aucun commentaire | tags: tele stage
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Des filles et des talents Troisième jour de rédac' chef pour Laurie et encore une sélection de textes aussi inspirés et émouvants les uns que les autres.
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...