Quand je serai grande “j’aurai des bonnes notes Ă l’Ă©cole“..
Petite, et mĂŞme moins petite car seins qui pointent et duvet sur les jambes et mĂŞme quand j’Ă©tais encore moins petite car mollet nickel et soutien gorge Ă la bonne taille ce qui me dĂ©finissait se rĂ©sumait en ces quelques mots “Avec les fĂ©licitations du conseil de classe“.
(je ne parle pas des boutons d’acnĂ© ma peau ne sait pas ce que sait).
J’ai toujours Ă©tĂ© une bonne Ă©lève sans trop rĂ©flĂ©chir Ă mon avenir, de “qu’est ce que je ferai quand je serai grande“, j’ai traversĂ© le collège et le lycĂ©e sans encombres, au fil des devoirs Ă©crits, tant qu’il y en avait j’avançais, sans trop me poser de questions.
Au fil d’interrogations diverses Ă©voluant avec mes printemps, j’ai trouvĂ© ma voie malgrĂ© qu’”elle ne recrute pas” (on me l’a que trop ressassĂ©). J’ai essayĂ© au prix de stages non payĂ©s, j’ai mis le pied dedans car malgrĂ© tout, ces derniers permettent d’ouvrir des portes qui auront grand mal Ă se rĂ©ouvrir quand c’est pour un travail qu’on viendra toquer.
J’avais trouvĂ©, c’Ă©tait Ă cela que je voulais me consacrer.
On m’a conseillĂ© la reconversion, mais je me suis accrochĂ©e.
Les agents ANPE prĂ©fĂ©raient mettre en valeur mon p’tit cĂ´tĂ© “serveuse/vendeuse/enquĂŞteuse” reniant ce que mes diplĂ´mes m’avaient appris. “ Y’a pas d’emplois dans votre branche” me rĂ©pĂ©taient ils.
- vous comprenez? alors qu’avec vos expĂ©riences dans la vente et la restauration rapide c’est sĂ»r qu’on va vous caser“.
J’ai vendu des pâtes cuisinĂ©es, et des vĂŞtements, fait des enquĂŞtes tĂ©lĂ©phoniques, encaissĂ©es des cadeaux de NoĂŞl.
Au fil de ces jobs j’en ai rencontrĂ© certains de mes semblables qui avaient oubliĂ© pour quoi ils avaient Ă©tĂ© formĂ©s. Le salaire assurĂ©, la routine les avait gobĂ©s.
Moi bien au contraire, c’est de me lever tous les matins en traĂ®nant des pieds, en ayant plus froid que d’habitude, en me sentant plus laide que d’habitude, en me sentant m’Ă©vaporer qui m’a donnĂ© la volontĂ© et la hargne de continuer Ă postuler chaque soir et faire/ refaire des Curriculum Vitae.
Je me mettais en rogne contre ma mère quand elle me citait “la roue tourne” je refusais d’entendre ce genre de prĂ©sage qui pour moi m’Ă´tait tout responsabilitĂ© dans ce qui pourrait m’arriver “attendre que la roue tourne“.
Et croyez le ou pas : la roue a tourné.
NĂ©e d’une rencontre, d’une lettre de motivation bien tournĂ©e.
Il y a deux choses que je retiens et qu’on m’a dit Ă un an d’intervalle :
La première que tout peut arriver jusqu’au dernier moment.
La deuxième c’est qu’il faut s’accrocher Ă ce qu’on veut faire vraiment.
L’attente et les galères ça dĂ©complexe, les premières demandes d’emploi on est stressĂ©s, mal habiles et au grĂ© des refus et/ou des non rĂ©ponses on s’enhardit, on redevient soi mĂŞme.Rien de mieux que la spontanĂ©itĂ©.
Je pense (alors que j’Ă©cris cet article) Ă Tokyo que je suis allĂ©e voir hier soir : et une question se pose dans le court mĂ©trage de Gondry : qu’est ce qui nous dĂ©finit?
Pour certains c’est une ambition qui nous porte et qui nous pousse
Pour d’autres c’est faire ce qui nous plaĂ®t
On a tous en notre possession une donnĂ©e “temps”.
Le temps passe inexorablement, chacun a sa portion qui dĂ©file Ă chacun d’en faire ce qui lui plaĂ®t.
MĂŞme si ça dĂ©plaĂ®t Ă certains que ces derniers s’occupent de leur “sablier“.
posté le 20/10/2008 | 383 vues | 2 commentaires | tags: temps job travail
@BritBrit: tout semble rouler pour toi (excusez moi pour le jeu de mot) mais parfois on est obligĂ©e d’aller jusqu’au bout…
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@ Brit Brit :
Je te rĂ©ponds sur Ladies Room car je ne sais pas si tu as pris une carte de fidĂ©litĂ© Ă mon blog. (j’en serais ravie). Pour ĂŞtre sĂ»re que tu es ma rĂ©ponse je poste ici car je sais que tous nos chemins mènent une fois au moins dans la journĂ©e Ă Ladies Room.
“Te prĂŞter ma roue”? je ne sais mĂŞme pas si elle existe vraiment.
Dès que j’en finis avec elle pas de souci…j’ai juste quelques trucs Ă finir un mois d’essai Ă terminer, une installation dans un nouvel appartement Ă prĂ©parer.
Mais crois moi ou non je suis mal Ă l’aise avec “ce ciel qui s’Ă©claircit” pour ma part je reste stoique (non pas que je ne sois pas contente) et ça n’est pas de la fausse modestie mais tu ne comprends pas pourquoi d’un coup ce pour quoi tu t construite et battue arrive enfin. Qu’est ce qui c passĂ©? comme je le dis c de la persĂ©vĂ©rence, acceptation des grosses claques, acceptation de faire des jobs alimentaires, acceptation d’avoir une vie pas choisie pendant quelques temps.
Y’a pas de roue qui compte ou de poudre magique : la roue c nous.