Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

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Ennemis publics de Houellebecq et BHL : Ă  lire ou pas ?

Je ne croirais pas quelqu’un qui me dirait qu’il n’est pas tombé ces derniers jours sur Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy à la télé après leur marathon médiatique pour présenter leur livre de correspondances, Ennemis publics. Je dois dire que j’étais assez embêtée, déjà parce que j’aime pas me sentir comme une cible marketing (étant fan de Houellebecq, j’étais visée) et aussi parce que j’étais pas sure, déjà d’avoir envie de lire une correspondance, et surtout de lire du BHL.

ennemis-publics.jpgEt puis j’ai réfléchi : pourquoi diantre ne voulais-je pas lire du BHL alors que j’étais complètement incapable de citer un de ses livres ? Je ne connaissais de lui que le personnage médiatique assez agaçant avec son brushing, ses chemises blanches, et sa femme bourgeoise qui fait du topless au Crazy Horse à 55 ans. Finalement, est-ce que j’avais pas déjà une opinion toute faite à cause des médias, tout comme ces exaspérantes personnes qui, sans avoir lu Houellebecq, en regardant ma bibliothèque me disent « tiens, tu lis les merdes de ce facho/misogyne/pervers ?».

Alors, l’air de rien, je n’ai pas résisté à aller lire la quatrième de couv à la Fnac. 47 secondes plus tard, je passais à la caisse, n’échappant pas encore à Houellebecq, le seul auteur avec Régis Jauffret dont je ne peux attendre les livres en poche.

Ce livre s’appelle Ennemis Publics, parce que les deux écrivains sont de ceux terriblement médiatiques qui sont régulièrement conspués par une certaine presse. D’aucuns n’hésitent pas à les prendre en exemple de cette fameuse mort de la culture française relevée par le magazine Time il y a presque un an.

Du coup ce qui m’a un peu saoulé dans ce livre c’est la riposte des deux auteurs à l’encontre des journalistes qui les pourrissent régulièrement, avec gros name dropping à l’appui : ils balancent, mais perso je m’en contrefous, ne lisant pas cette intelligencia journalistique parisienne qui a au moins autant la grosse tête (sinon plus) que le plus médiatique des écrivains français. Et puis surtout, moi quand on me dit vide culturel je pense plus instinctivement à Cauet qu’à BHL et Houellebecq, allez savoir pourquoi…

Je suis très, mais alors très loin, d’apprĂ©cier le sur-intellectuel avec de grandes phrases alambiquĂ©es et chiantes Ă  pleurer : il n’y en a pas dans ce livre (bien que certains passages de BHL il faut se les gaver quand mĂŞme). On y apprend essentiellement selon le point de vue des auteurs ce qu’est un Ă©crivain, comment il Ă©crit et construit ses personnages, de quoi il a peur, comment il prend les critiques…Ils parlent Ă©videmment beaucoup de littĂ©rature et des Ă©crivains qui les inspirent, et de leurs parents aussi.

Vous me direz qu’on se tape de la vie de deux vieux intellos mal coiffés, certes oui, mais justement dans cette ère de vide intellectuel, lire un vrai débat construit agrémenté par ci par là de citations de Goethe, Schopenhauer ou Pascal (sans que ça en devienne lourd et incompréhensible) ou d’anecdotes fort bien écrites, et bien c’est rafraichissant.

Certes ils parlent d’eux, mais c’est toujours plus intéressant que le dernier sous people du coin qui raconte que sa mère l’appelait miette (attention référence) ou que son frère couchait avec le chien de la voisine qui s’avérait être sa grand-mère par alliance qui sniffait de la coke.

BHL m’apparait toujours comme un intello un peu lourd et agaçant qui ne manque pas d’étaler sa science, et pourtant au fil de ses lettres quelque chose d’affectueux se dégage de lui, une certaine tendresse quand il raconte certains de ses souvenirs (notamment lorsqu’il parle de cette fan qui lui a écrit une lettre par jour, lui racontant tout et rien pendant 20 ans et de la tristesse qu’il a eu quand, alors qu’il ne recevait plus de lettres, il a compris qu’elle était morte).

La partie Houellebecq contient beaucoup plus d’humour que j’aurais cru et m’a un peu plus éclairé sur celui qui est incontestablement « un personnage ».

Lorsqu’il a fait la critique d’ Ennemis publics, Ariel Wizman a soulignĂ© que les Ă©crivains ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils parlent d’eux-mĂŞmes et c’est vrai qu’ici, mĂŞme si on aime pas Houellebecq ou BHL, ce livre reste un tĂ©moignage d’écrivains du 21eme siècle aussi instructif que (presque tout le temps) agrĂ©able Ă  lire.

 

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Derniers commentaires

 

à lire! obligé.

c’est comme pour “Une trop brève histoire du siècle” de Jacques Attali - j’aime pas le bonhomme, mais quel visionnaire!

ben lĂ , j’aime pas trop Houellbecq, mais il a une Ă©criture singulière (peut pas lui retirer ça!) ; j’aimais pas du tout BHL version “Je suis partout”, je l’apprĂ©cie mieux ces dernier temps. et bon, c’est pas du Bigard, quoi.


si, si. Ă  lire.


 

« tiens, tu lis les merdes de ce facho/misogyne/pervers ?»


lol, je ne peux mĂŞme pas compter les fois oĂą on m’a dit que je devais certainement ĂŞtre une grosse frustrĂ©e du cul pour apprĂ©cier les romans de Houellebecq…


Sinon, ta critique m’intrigue, mais je n’achèterai pas ce livre (je le lirai en douce Ă  la FNAC ;))


 

@Shen-Te : bon allez d’accord, je te livre la clĂ© du livre.


en fait, il faut remonter à la génèse du projet, alors que les deux scribouilleurs levait le coude dans un bar mitoyen du Moulin Rouge (BHL attendait la fin du show de sa compagne).


aperçu scĂ©nique : l’un, thĂ© sans sucre, l’autre ‘tait d’jĂ  bourrĂ©.


MICHEL : bon alors, on se la fait c’teu prise de bec Ă©pistolaire ?

St BERNARD : tu veux dire, cette prise de tĂŞte…

MICHEL : ben non, … de bec.

St BERNARD : soit mais, oĂą l’bec ?


si c’est pas du teesing ça!

en 4ème de couv’, chui la meilleure, y a pas.


 

Le lire ok, c’est l’acheter qui me ferait mal… j’attendrais qu’il soit dispo dans ma bibliothèque!


 

Uhuh les rebelles de Ladies Room ! Vous avez bien raison en fait, ça se lit vite alors le choper Ă  la Fnac planquĂ© quelque part ou attendre qu’il arrive en bibli me semblent deux bonnes solutions… Moi j’ai craquĂ© Ă  cause de mon cĂ´tĂ© “fan qui veut tous les livres de houellebecq” (j’ai mĂŞme le dvd supplĂ©ment du hors sĂ©rie des inrocks oĂą il y a son si mauvaaaaais court mĂ©trage :D)


 

Ma chère Lullapaf, je ne vis pas sur une autre planète que toi… enfin je crois… et pourtant: je n’ai pas entendu parlĂ© de ce livre: je viens de le dĂ©couvrir en lisant ton article…

Bon, j’ai une bonne excuse, je vis sans TV.

J’irai jetĂ© un coup d’oeil Ă  la fĂ©dĂ©ration nationale des achats de cadres sur ce livre, tu m’as donnĂ© la curiositĂ© mĂŞme si BHL me fait toujours penser Ă  quincaillerie (BHL, BHV… bon c’est capilotractĂ© mais ça me parle) ou alors article de la dernière page du Point que je ne lis pas car je sais que ça va ĂŞtre pompeux (l’article).


 

pareil pour bvh et bhl…


j’ai jetĂ© un oeil sur le bouquin et ai dĂ©testĂ© ne pas l e dĂ©tester; lu en diagonales dans les rayons,pas de la fnac, mais attends aussi d epouvoir lelire en douce ou de le chourrer.

ensuite, on verra.

SĂ»r. A force de penser qu’on est mort,”the-fucking- death of the french culture-what do they know…- ,ils ont l’air en vie.Mais bon, on les emballe avec nothomb-no tombe? no thumb?- et on dit que ça nous rĂ©sume?ou le siècle?


 

dĂ©solĂ©e mais lĂ  tu vois, je me retiens pour ne pas hurler…ces deux-lĂ  sont ENCENSES rĂ©gulièrement mĂŞme quand ils font de la daube !!! et dans le cas de BHL, il tient les trois quarts de l’Ă©dition française !!!

“une certaine presse ?” tu veux dire, pas les inrockuptibles, pas libĂ©ration, pas le monde, pas marianne qui leur a consacrĂ© un papier de deux pages…

tu as le droit d’aimer Houelbecq. tu as le droit de le considĂ©rer comme un grand Ă©crivain. mais ne tombe pas dans le piège de la “persĂ©cution mĂ©diatique.” Parce que mĂŞme si des gens ne l’aiment pas, (et j’en fais partie, je n’aime ni le personnage, ni ses livres) il n’est vraiment pas victime d’une cabale…


 

@myamya: j’avais justement fait une petite blagoune sur BHL/BHV mais je l’ai retirĂ©e ! Donc tu vois tu n’es pas la seule :)


@calamity gen : pour quelle(s) raison(s) as tu détesté ne pas le détester ?


@serena : je n’ai jamais dit que j’adhĂ©rais Ă  cette histoire de persĂ©cution mĂ©diatique, je ne faisais que rapporter l’explication des auteurs sur le titre du livre… D’ailleurs ils se plaignent davantage des “coups bas” (genre le “journalisme” qui fouille dans le privĂ© ou attaque l’auteur en guise de critique du livre). Les deux n’ont absolument aucun problème Ă  ce qu’on critique nĂ©gativement leur oeuvre, c’est plutĂ´t une histoire de mĂ©thode. Effectivement prendre tout ça au 1er degrĂ© serait complètement stupide car les auteurs qui vendent n’ont en gĂ©nĂ©ral aucun problème Ă  squatter les mĂ©dias !


 

C’est Ă  dire que de base je n’aime pas l’esprit de “on me critique je me justifie”. Je sais c’est très con, et c’est humain, mais pour moi c’est justement prĂŞter le flanc Ă  la critique: tu ponds un roman, les gens le lisent, certains t’aiment, et tant mieux; après les journalistes crachent dans tout et sur tout, c’est un peu leur fond de commerce, et ils se gargarisent allègrement de leur venin tout seuls, sur justement la France qu’on entraĂ®ne vers le bas.

J’avoue, je le pense aussi, mais cet avis n’engage que moi, je trouve aussi que nos auteurs modernes se prennent facilement pour des hĂ©ros intellectuels alors que l’intellect, quoi qu’on en dise, ne se meure pas Ă  l’aune d’un succès ou d’une phrase bien placĂ©e pour faire chier le monde…Je fais partie de ces gens qui aiment bien les auteurs torturĂ©s avec des phrases alambiquĂ©es, parce que c’est bien souvent un dĂ©dale qu’il me plait de traverser, je n’aime pas les lignes droites, ça m’ennuie: par contre je te rejoins sur Cauet, lĂ  pour le coup on touche le fond (mais aussi, d’un certain cĂ´tĂ©, je regarde next, donc ;))


Tout ça pour dire que je n’ai lu aucun des deux auteurs, et que tu m’as fait marrer avec “on s’en tape de la vie de deux intellos mal coiffĂ©s”, ça m’a presque donnĂ© envie de lire le bouquin


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