Alors hier, tout allait bien.
RAS
J’ai même regardé 2 épisodes de Desperate Housewives (comme toutes les personnes qui regardaient M6, en fait) avec 2 de mes enfants chéris (rappelons au passage que je n’en ai de toutes façons que 3, mais celui de 15 ans n’est absolument pas intéressé par les femmes au foyer désespérées, on peut le comprendre.
Donc, tout allait bien. Et à la fin des épisodes, il fallait bien qu’ils aillent se coucher, toute de même.
Mais subitement, bigougnou 2 s’est souvenu qu’il lui fallait ab-so-lu-ment 2 épingles à nourrice pour le lendemain matin car il y avait le “Cross du Collège” événement incontournable et surtout obligatoire pour les heureux sélectionnés, dont il faisait partie.
Les 2 épingles à nourrice étaient indispensables pour accrocher le dossard (ah ben ouais, ils font pas les choses à moitié au collège). Pas de dossard, pas de cross.
LÃ : psychodrame familial.
En effet, ayant un QC (quotient de couture) plus ou moins proche de “- 0″ j’avais fort peu de chance de trouver 2 épingles à nourrice, comme ça, au débotté.
Mais, n’écoutant que ma foi en la vie et les jérémiades de bigougnou 2, j’entamais une recherche minutieuse des objets suscités dans des endroits aussi improbables que la boîte à outils ou ma trousse de maquillage. Autant dire que nos espoirs étaient tout de même limités.
Sur ce, mon moitié, le père de Bigougnou commence à lui expliquer que “la vie c’est comme ça, on n’a pas forcément des épingles à nourrice, et autant le savoir dès le plus jeune âge. Voilà !” “et donc, demain, tu y vas, tu leur dit “j’ai pas d’épingles à nourrice (bomber le torse en même temps), et alors, qu’est ce qu’ils vont faire ? te tuer ?”
Une explication comme ça, ça force le respect moi je dis. C’est aussi ce que s’est dit Bigougnou 2, qui se dirigea donc, sans autre commentaire, vers sa couche, tel un agneau allant à l’abattoir.
J’explique au père de Bigougnou que “un peu d’espoir ne peut pas faire de mal avant d’aller se coucher, et que là , Bigougnou va passer une mauvaise nuit à rêver d’épingles à nourrice, et que c’est pas comme ça qu’il faut faire avec les enfants”. J’en profite pour narrer une vieille anecdote puisque cette scène s’est déjà produite, quasiment à l’identique, il y a trois ans, pour Bigougnou 1, et que, à l’époque, par chance, j’avais trouvé des épingles à nourrice dans ma boîte à couture (qui n’était pas à moi, d’ailleurs, mais que j’avais récupéré de ma grand-mère, telle quelle, donc, avec du vrai matériel de couture dedans).
Bref (y-a-t-il encore un lecteur dans sa salle ??), chacun reste sur ses positions inconfortables, au moment où on entend un gros “boum”. C’était Bigougnette qui venait de se vautrer dans sa chambre. Grâce à un croche patte du chat, elle s’était pris les pieds dans la bretelle de son sac qui traînait (évidemment !!) au milieu de la chambre.
Juste après un petit laïus à propos du rangement de chambre et un passage d’homéoplasmine, c’est ainsi que la soirée se termina avec des enfants pleurnichant dans à peu près tous les coins de la baraque.
Ce matin, au réveil. Je me souviens que je n’avais pas fouillé dans l’espèce de tiroir à ampoules électriques / stylos / canif / vieux shewing gum / dolipranes de secours / vis / pailles … que tout le monde a dans la cuisine (non ?). Et là ? quoi ? je trouve très exactement 2 épingles à nourrice, qui n’attendaient que Bigougnou et son dossard.
Il les avait à côté de son petit chocolat au lait ce matin.
Moralité : oui, gardons espoir. Rien n’est jamais totalement perdu.
PS : mille excuses, des fois je m’autofatigue.
posté le 15/10/2008 | 446 vues | 3 commentaires
c’est un plaisir de te lire!! et dire que mes élèves ont Cross dès lundi et que j’ai ( enfin l’organisation de cette manifestation) aussi demandé des épingles à nourrice!! les pauvres! le dimanche soir risque d’être mouvementé!
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vivement le prochain
ps: c super bien écrit