Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

21. mai 2013

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alba

Si j’étais riche, finalement peu de choses changeraient.
Je continuerai à manger de la langouste pour les fêtes de fin d’année, à porter des fringues de chez Antik Batik, gober les chocolats Galler pour le goûter, abuser de l’Eurostar (en classe buiseness cette fois)… Sans me ruiner. Certes ce serait la différence majeure.

argent-clodo-de-luxe.jpgCe que je ferais :

J’aurais un malin plaisir à pousser la porte de l’un de ces palaces parisiens, le Crillon par exemple. Simplement pour observer la faune qui s’y agite. Dîner au milieu de grands industriels ou stars de la chanson l’air de rien, comme dans un quelconque Mac Donald de banlieue. Voici une image qui pourrait me divertir le temps d’une soirée. Arroser de pourboires pharaoniques le personnel de service serait tout aussi délectable pour moi.

Les Limousines ? Très peu pour moi. Ces gros véhicules dégoulinent de pédantisme à mon sens. Je les trouve moches et trop bling bling (neuf trois) pour moi.
La discrétion donne une véritable ampleur au mot Chic. Une mini Austin black fera donc amplement l’affaire.

Côté sport, une place en finale de Rolland Garros entourée des copines et de barbes à papa me tenterait bien. L’acrobranche ? Terminée. Place à la folie désormais. Vive le saut en parachute au-dessus du Mont Blanc !

D’un point de vue accessoire, le petit chihuahua aux yeux exorbité suintant très peu pour moi.
Un Shiba Inu couleur sésame importé de Kyoto m’irait beaucoup mieux. Sans doute je m’offrirais la fantaisie d’un sac CastelBajac juste pour le fun. Puis craquerais ensuite pour des centaines d’autres musettes de grandes collections. Je ne bouderais que Vuitton, vraiment trop démocratisé à mon goût.

Sur le plan humanitaire, je m’imagine bien élaborer la construction d’une école au Cambodge.
La création également d’une marque de t shirts désignés par moi-même (concurrente directe d’Audigier) dont les bénéfices partiraient pour la lutte de diverses maladies, particulièrement les maladies rares serait également un projet qui me tiendrait à cœur.

Concernant l’hygiène de vie, je serai tentée par l’épilation définitive des jambes. En effet, bien que la nature m’ait gâtée en m’offrant une peau eurasienne imberbe, je voudrais assouvir une curiosité féminine de comptoir. Est-ce que le laser çà marche vraiment ? Je serais donc le cobaye de service. Cela devrait réjouir au bas mot une bonne demi-douzaines d’amies.

Pour le plaisir, j’irais chez Séphora dépensant sans compter juste pour narguer les vigiles plus collants qu’un italien dragueur.

Mes résidences secondaires auraient pour codes postaux : Deauville, Calvi, Chamonix et L’Ile Saint Louis (pour la vue imprenable sur la seine au levé du soleil). Monaco sucks and is not for me.

Ce que je n’aurais plus à vivre :

Une fois millionnaire, une multitude de petites choses de la vie quotidiennes très ennuyeuses disparaissent.

  • Faire la queue à Carrefour, le samedi matin entourée de mégères vociférant : fini
  • Le repassage à la dernière minute le matin ? Plus qu’un mauvais souvenir.
  • Le métro bondé ? Oublié
  • La crainte camouflée d’être refoulée dans une soirée privée ? Pas connaître
  • Les Rtt et les congés payés ? Késako ?
  • Les cadeaux d’anniversaires tout pourris honteusement offerts de chez “Confo” ou de “Casa” (pour les plus chanceux) : Que nenni. Place aux parfums Armani par hecto litres, aux peignoirs Dior par grappe, aux petites douceurs Ladurée et aux parures de lits Rikiel pour grand maman à Noël.
  • Les collections d’échantillons de produits de beauté encombrant les dessus d’évier : Remplacée par l’assortiment des produits originaux, en GRAND format.
  • Hésiter entre la Baule les Pins ou le Gros d’Agde pour les vacances d’été ? Terminé. L’indécision pointe à présent son doigt vers Les Maldives ou Sydney.
  • Supporter la tronche en biais des collègues de bureau en périodes menstruelles : une image appartenant au domaine de la préhistoire.


Ce à quoi je dis non
:

Le botox (éventuellement envisageable à soixante dix piges), le silicone (je souhaite préserver mon côté Kate Moss avec fougue), l’opéra, le Golf, sortir avec une personne plus jeune ayant la moitié de mon âge, le caviar, une résidence secondaire à Biarritz, m’amouracher de cette mode avec les bottes en caoutchouc, me teindre les cheveux, les chats persans, Saint Tropez et les yachts.

En conclusion :

L’idée d’être millionnaire n’est pas pour me déplaire. Quoique l’on en dise, l’argent donne accès aux envies inaccessibles, les rendant parfois même ordinaires.
Ceci dit, même si je ne suis pas milliardaire, j’ai tout de même accès et apprécie les joies du luxe.
Je vis en HLM mais je suis déjà parti en vacances à Maurice et mon centre commercial n’est rien d’autre que les Galfa boulevard Haussmann. Je dois avouer ; je ressens un dégoût quant à l’idée d’aller me promener dans les centres commerciaux de ma périphérie. Croiser mes crétins de voisins ou des gens que je connais dans les mêmes magasins m’horripile. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je n’ai encore jamais mis les pieds dans un “H&M”.
Certes cela demande privation et foule d’heures sups. Mais je reste digne, la tête haute. Je me pose une question maintenant : A t’on toujours une idée du luxe, une fois ces rêves acquis ? J’imagine qu’au bout d’un moment, cette conception du privilège s’estompe carrément. Mon vrai bonheur, si j’étais riche (sans hypocrisie) serait en premier d’offrir aux autres plus qu’à moi-même. Non pas par conscience. Simplement pour le plaisir de rendre heureux ceux que j’aime et ceux qui en ont besoin.


En attendant, Charité bien ordonnée commençant par soi même, je continue à vivre ma vie de clodo de luxe. A savoir de vivre dans un logement social et de ne pas faire comme mes homologues.
Au lieu d’avoir quatre pulls Etam, je préfère m’en acheter un seul chez Zadig. Idem pour les cosmétiques. Quitte à rogner sur le budget alimentaire, pas possible de concevoir ma salle de bain sans Clarins. Posséder ces produits me donne parfois, l’espace d’une fraction de seconde, l’illusion idiote mais au combien plaisante d’être millionnaire. Pour finalement mieux visualiser la réalité. Je ne suis qu’une petite snob fauchée de la middle Class. Sans tomber néanmoins dans le mauvais goût. Je n’écoute pas Diams, j’ignore qui est ‘Bouba’, et je n’ai jamais porté de Lacoste. J’oubliais, les imitations Chanel et la contrefaçon en générale me donnent des boutons.

Alba

 

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Alba


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