J’ai attendu d’avoir 21 ans, enfin presque, pour apprendre que j’avais une soeur. Demi, la soeur. Pour rĂ©sumer les feux de l’amour familiaux, jai retrouvĂ© mon père l’annĂ©e de mes 21 ans, cette annĂ©e-lĂ donc, au printemps. Mon père qui
- a appris que j’existais alors que j’avais presque un an et qu’il venait de se marier (pas avec ma mère, vous l’aurez compris)
- a eu une fille avec sa femme et n’avait jamais parlĂ© de moi ni Ă l’une ni Ă l’autre
- a divorcĂ© en 94 et s’est remariĂ© (belle-maman savait, pour moi…) quelques annĂ©es plus tard.
Bref, pour un tas de raisons et après des mois d’intense rĂ©flexion, j’Ă©cris. Cet homme qui ne s’est jamais souciĂ© de moi m’attendait. Je suis accueillie bras ouverts.
Reste ma soeur. Il lui parle de moi après avoir reçu ma lettre. Quelques jours après la rĂ©vĂ©lation je reçois un mail d’elle pour mon anniversaire : mon plus beau cadeau.
Je vais les voir à Bruxelles mais je ne vois pas ma soeur qui reste chez sa mère.
Un peu plus tard c’est lui qui descend me voir Ă Lyon. Sans ma soeur, qui prend la peine de m’envoyer un mail pour m’expliquer pourquoi elle ne vient pas. Elle prĂ©fère qu’on se voie seule Ă seule. Qu’Ă cela ne tienne, je propose un week-end Ă Paris que mon père veut financer.
C’est l’Ă©tĂ©, on a toutes les deux des ratrapages. Comme on passe nos journĂ©es devant l’ordi le chat nous permet de commencer Ă nous connaĂ®tre un tout petit peu. Elle m’apprend qu’elle a un jules alors que ce n’est mĂŞme pas officiel : je suis flattĂ©e. Une petite expĂ©rience me chifonne cependant : quand je la vois connectĂ©e, j’attends voir si elle rĂ©agit. Jamais elle ne fait le premier pas.
La fin de l’Ă©tĂ© arrive et je pars en Argentine pour un an sans avoir vu ma soeur. Mon père me promet que de toute façon elle viendra avec lui me voir lĂ -bas. Jusqu’au moment oĂą il m’apprend que sa mère refuse de la laisser partir.
Depuis nos chats estivaux silence radio de son cĂ´tĂ© Ă elle. Plusieurs messages (longs, rĂ©digĂ©s, sincères) restĂ©s sans rĂ©ponse. J’arrive Ă la choper sur le chat : après les salutation d’usage “dis donc tu pourrais rĂ©pondre Ă tes mails quand mĂŞme”. Le temps que j’aille voir autre chose, paf, plus personne. Maintenant elle se dĂ©connecte en catastrophe quand j’essaye d’entamer la conversation (ce que j’ai cessĂ© de faire).
Elle a dit Ă notre père qu’elle avait attendu 19 ans pour me connaĂ®tre et que ce n’Ă©tait plus Ă un an près. Et vlan, prends ça dans les dents ma grande.
 Il y a sa mère. Qui a du mal Ă digĂ©rer mon existence sans avoir l’intelligence de se dire que comme ils ne sont plus mariĂ©s ça ne la concerne plus, ou plus qu’Ă travers sa fille et que ça peut-ĂŞtre une bonne chose pour elle d’avoir une grande demi-soeur.
Sa mère qui ne peut tout de même pas non plus être tenue responsable du fait que la fille ne réponde pas à ses mails.
Sa mère dont nul ne sait ce qu’elle a bien pu raconter Ă sa fille sur silence de mon père Ă mon sujet vis Ă vis d’elle.
Il y a le jules. A qui je sais que ma soeur a parlĂ© de moi et Ă Â qui j’ai envoyĂ© un mail (depuis trois jours, pas de rĂ©ponse) en espĂ©rant qu’il aurait peut-ĂŞtre une info qui pourrait expliquer le silence de ma soeur ; et en priant pour qu’il ne soit pas bourrin au point d’aller parler Ă ma soeur de ce mail (mĂŞme si Ă la rĂ©flexion j’assume complètement).
 Il y a mon père. Qui me jure que ma soeur a bon fond et qu’Ă terme ça marchera entre elle et moi ; qu’elle a juste besoin de grandir et de s’Ă©lanciper de l’influence que sa mère exerce sur elle. Qui me dit que c’est moi l’aĂ®nĂ©e et donc que je dois prendre sur moi. Moi je veux bien, mais a-t-il expliquĂ© Ă ma soeur que ne pas rĂ©pondre Ă des mails et se dĂ©connecter en cata du chat, c’est tout simplement grossier ? Qu’il n’y a pas que pour elle que la situation est compliquĂ©e, Ă©prouvante, douloureuse ?
J’en doute…
 Enfin il y a moi. Qui ai décrté que je ne levais plus le petit doigt tant que ma soeur ne se manifestera pas. Qui me suis décarcassée depuis des mois sans aucun résultat. Qui garde le souvenir des gestes que ma soeur a eus au début.
Qui a très peur qu’elle ne se rĂ©veille pas, ou alors quand il sera trop tard et que ça ne m’intĂ©ressera plus.
 Qui souffre.
posté le 01/10/2008 | 517 vues | 3 commentaires
Il est louable de ta part de vouloir tisser une relation avec elle, mais il faut lui laisser du temps. Mais ce n’est pas parce que vous partagez le mĂŞme ADN que vous allez forcĂ©ment vous apprĂ©cier, et c’est une idĂ©e Ă laquelle il faudra te faire si ça ne “marche pas”…
Laisse couler (j’ai pas dit “tomber”!). C’est un peu une histoire d’amour ton truc (en famille c’est toujours des histoires d’amour) et en amour, l’impatience, ça fout la trouille. Occupe toi de toi, profite de la vie, de l’Argentine, de ceux qui sont près de toi. Tu verras, elle reviendra ta soeur, et plus vite que tu ne penses.
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Il faut peut etre laisser le temps au temps, quand tu seras rentree d’Argentine (que vas tu faire la bas si ce n’est pas indiscret?) de l’eau aura coule sous les ponts et elle aura eu le temps de reflechir a la chose….