Ce n’est pas seulement Aphrodite, ou les Amazones. Il y a aussi MĂ©duse, les Harpies et Eris. Nous pouvons l’affirmer : les femmes des mythologies revĂŞtent toujours la mĂŞme particularitĂ© : elles sont certes belles, mais elles sont surtout vĂ©nales, vampiriques, traĂ®tresses et mauvaises. Disons le autrement : les auteurs de ces lĂ©gendes avaient dans l’idĂ©e que nous Ă©tions toutes des Margaret Thatcher. Les filles tireraient leur puissance du venin qui coule dans leurs veines et leur Ă©nergie sexuelle serait le fruit d’une quelconque magie noire. Merci les gars nĂ©s avant JC, ça fait plaisir de voir l’image que vous aviez de nous.
L’Oréal le savait depuis le début : nous puisons notre force dans notre chevelure. La mère de Forrest Gump pensait qu’on pouvait tout savoir de quelqu’un en regardant ses chaussures et elle n’avait pas forcément tort, mais en ce qui concerne les filles, on peut connaître 97% de leur état d’esprit en jetant un simple coup d’œil à leur tignasse. Si elles sont overbookées ou un poil dépressives en ce moment (cheveux gras), si elles sont dans un trip déglingue (cheveux décolorés en rose), si elles viennent de rompre (changement radical de coupe/couleur), si elles sont psychorigides (carré strict à la Anna Wintour) ou qu’elles changent pas de culotte tous les jours (dreadlocks avec papier tue-mouches dessus).
Nous entretenons un rapport quasi-primitif avec notre crinière : cette dernière représente notre personnalité, elle est la psyché de notre humeur, l’écho de notre caractère. La flemme pousse souvent à une queue de cheval négligemment attachée en deux temps trois mouvements, le brushing quotidien ultra parfait dénote une tendance à être control freak, des petites tresses montrent au contraire un tempérament plus facétieux. Et toujours ces carcans : les cheveux longs = féminité +++ ; les cheveux courts sans jupette = attention au look camionneuse.
Toujours cette rivalité blonde / brune, et les phrases toutes faites rabâchées dès la cour de l’école : « les hommes se marient avec les brunes », « les blondes sont stupides », j’en passe des vertes et des pas mures. Et les rousses dans tout ça, c’est à peine si on parle d’elles dans les dossiers spécial coiffure et/ou maquillage des magazines féminins.
Dès qu’on se sent moche voire fade, qu’on voudrait changer quelque chose chez nous sans passer par la case régime, la première pensée est pour notre chevelure. Il faut dire qu’avec la pléiade d’émissions sur le relooking (Merci Evelyne Thomas), notre génération a compris qu’une coupe de cheveux pouvait changer un visage. S’il fut un temps où certaines coupes de cheveux étaient à la mode (coupe au bol au Moyen-Âge, cheveux courts et crantés dans les années folles, frange bombée et surlaquée dans les années 80-90), la tendance à tendance a passé : on parle visagisme, teint de peau et autres proportions physiques (les cheveux à la garçonne allongent la silhouette tandis qu’une masse capillaire intense la plombe un peu plus).
Quand Christine Boutin se colore les cheveux et s’offre un décollement des racines, on ne parle que de ça. Natalie Portman se rase la tête pour un rôle, et on en oublie son film. Les extensions peroxydées de Pamela Anderson sont le symbole de la parfaite californienne. Katie Holmes s’offre une coupe de mémé et on accuse la scientologie. Les cheveux des filles, c’est sérieux. Mais quand Fred d’Omar et Fred se laisse pousser les poils du crâne, ça devient un running gag. La seule préoccupation capillaire des hommes réside dans la calvitie. Une fois qu’on en a vu certains d’entre eux céder à la tentation de la moumoute, on compatit. Sauf que le problème est vite réglé : quitte à avoir moins de cheveux, autant ne plus avoir de cheveux du tout, et investir dans une tondeuse. La popularité de Barthez et la petite couette d’un Pascal Obispo insoumis à l’hérédité ont largement aidé.
Pour d’autres, le cheveu sera sacré au point de ne jamais craquer pour des colorations permanentes, des décolorations, et encore moins des permanentes. Que ce soit parce que cela ne fait pas naturel, parce que les produits esquintent la fibre capillaire ou que l’entretien est une plaie, elles ne succombent jamais. Je suis impressionnée, mais on en reparlera lorsque les cheveux blancs feront leur apparition. Malheureusement, l’injustice est encore à blâmer du côté masculin : une homme aux cheveux poivre et sel est souvent un vieux beau, la femme aux cheveux poivre et sel qui ne s’appelle pas Françoise Hardy est souvent une vieille tout court.
Nous avons connu les mamies au casque violet, les mamies aux longues queues de rat (type Pascal Obispo), les mamies aux choucroutes oranges. Nous avons donc la preuve que mĂŞme Ă la retraite, on pourra rester fonky avec nos cheveux.
Photo : (c) hansvandenberg30 via Flickr
posté le 15/09/2008 | 322 vues | 9 commentaires | tags: permanente chevelure coupe mythologie couleur style cheveux Quotidien beauté Silhouette
@le mal: Samson, c’Ă©tait le gars qu”il fallait lui couper les cheveux pour le terrasser.
sinon Elixie tu as parfaitement raison quand tu dis que ça reprĂ©sente notre personnalitĂ©. souvent les ados ont toutes la mĂŞme coupe Ă la mode mais quand on grandit, on adopte une coupe plus en phase avec nous-mĂŞme. donc la coupe de cheveux pour trouver le caractère, oui, mais Ă partir d’un certain âge, (aujourd’hui, c’est quand on a passĂ© le stade carrĂ© long Ă mèche sur le cĂ´tĂ© :) )
j’ai vachement aimĂ© ! et je prĂ©cise que le film de nathalie portman Ă©tait hyper fort !
et une fille qui se dĂ©colore en gros tous les mois, ça signifie quoi ? Car c’est mon cas et ça m’inquiète…
mais enfin femme, comment veux-tu que je te rĂ©ponde ? est-ce que tu te dĂ©colores pour de l’entretien ou pour changer de couleur Ă chaque fois ? MORE DETAILS PLEASE.
Excellent article ! Bon d’ailleurs faut que j’achète vite un truc pour couvrir les cheveux blancs !!! Encore une injustice de la nature, et quand comme moi on a eu ses premiers cheveux blancs Ă 16 ans, on en veut encore plus aux mecs chez qui ça fait sex. D’ailleurs je trouve ça moche chez un mec aussi.
@Deecurl: kesta contre le carrĂ© long Ă mèche sur le cĂ´tĂ© d’abord ???
Ah bin tiens. Oui c’est vrai. Eh bien, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas Ă©voquĂ© celui-lĂ . Tellement que je ne me souvenais plus de lui XD. Ah bin dans ce cas, ce titre est complètement gĂ©nial.
AH le poil de tete, la grande histoire !! Etant passee par absolument toutes les couleurs, du blanc (d ‘oeuf) au noir Wednesday Adams, j’ai forcement adore ton texte. Je m’en sers pas mal, du cheveux, pour jouer des roles. C est un de nos plus puissant pouvoirs, au dela des prejuges:-)
ps: i APPROVE le roux
je me dĂ©colore pour changer de couleur. Je suis passĂ©e de rouge Ă chatain, de chatain Ă blond “soleil’ de blond “soleil” Ă platine depuis deux mois. Et lĂ , je m’interroge sur un passage au caramel ! je suis barge !
Et voilĂ , et voilĂ , encore du racisme anti-dreadlocks. HĂ© ben oui, j’ai des dreads, et pourtant je prends une douche tous les matins, je change de culotte tous les jours, je me lave les dents et la figure et mĂŞme (eh oui !) les cheveux. Faudrait arrĂŞter lĂ les prĂ©jugĂ©s, j’ai failli me retrouver avec l’inspection du travail au cul parce que mon patron Ă©tait persuadĂ© que mes dreads sentaient mauvais alors que… c’Ă©tait la poubelle de ma collègue de derrière !
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Hum. Pardonne mon manque d’esprit et/ou de culture sur ce coup lĂ , mais oĂą est le rapport avec le titre? Sinon j’aime bien cette facilitĂ© que tu as Ă prendre ça et lĂ des exemples toujours nombreux pour illustrer un thème de ton choix. C’est ce qu’on me demande de savoir faire en dissertation en prĂ©pa, mais le matĂ©riel m’est donnĂ© Ă Ă©tudier. Toi tu t’appuies sur un culture gĂ©nĂ©rale incluant la musique comme la tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©, le people comme l’histoire de la politique. Bravo.