Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

luciamel

Le monde de l’autre reste à découvrir

village.jpg

Certains font le tour du monde (Magellan, il était portugais bien qu’au service des Espagnols, mais après tout quelle importance ?), d’autres rejoignent l’Amérique (Christophe Colon, qui, suivant la thèse reprise par Oliveira dans son dernier film, pourrait être portugais, mais quelle importance ?), d’autres encore vont aux Indes (Vasco de Gama, il était… mais quelle importance ?), ou au Japon, en Chine… mais quelle importance ?

Nous (pas les Portugais !) sommes allés sur la lune… mais…

Le monde reste à découvrir. Celui de l’autre, lui et son univers si différent du nôtre. Notre voisin de palier par exemple.

C’est Clarence en expédition chez Lolo, rat des villes et rat des champs, mais surtout, l’histoire de deux mecs qui se sont rencontrés pour de vrai. Quelle aventure !

Je viens de rentrer de ma séance de cinéma, Christophe Colomb, l’énigme, on a un peu discuté après avec A. (”luso descendant” comme moi, et je sais qu’il n’aime pas cette “appellation d’origine contrôlée”…) : on s’est demandé si on devait le prendre au premier degré ce cher Oliveira. Bon, tout dans le film semble nous indiquer une sorte de jeu, de théâtralisation exagérée qui nous paraissait comme un clin d’oeil, un jeu de miroirs (tous les plans sont des tableaux, des mise-en-scènes étudiées, des cadres, des poses de nous face à notre passé - ça c’est surtout la perception d’A., la mienne restant dans l’entre-deux, Oliveira ne se prend pas au sérieux, mais il y croit quand même). J’ai aimé la coïncidence de cette arrivée à New York des immigrants après la seconde guerre, de l’apologie de la Liberté, à l’accueil de tous les proscrits, les bannis (aujourd’hui… faut quand même montrer patte blanche pour y entrer aux States, t’as intérêt à pas être contaminé ni par le Sida, ni par le communisme (ah bon, ça n’existe plus ?), ni par…).

Coïncidence avec ma prochaine découverte de l’Amérique ! Moi, qui, depuis de longues années en rêve, ai habité dans un immeuble aux briques rouges (de Greenwich village peut-être), ai parcouru les rues de cette ville à la recherche de la statue de la Liberté (ben oui, elle est sur une île, pas étonnant que dans mon rêve ce fût difficile d’y arriver…), y ai pris le métro, le train qui menait à la banlieue, qui ai rêvé que ce n’était pas un rêve et que j’y étais vraiment arrivée… et voici un an (mon dernier rêve de New York) me suis vue au bord de l’Océan, à contempler cette eau dont l’aspect vivant me fascinait, me disant que ses molécules étaient celles qui baignaient la terre qui m’avait vue naître (à la même latitude exactement) juste de l’autre côté. Souvent je l’ai vu se coucher le soleil sur mon horizon portugais, près d’Aveiro, en me disant que là-bas juste au bout de mon regard, c’était New York.

Ce matin, un étudiant génois me confirmait que plus personne dans sa ville ne croyait que Colomb en était originaire. Le monde est petit me suis-je dit… (je savais que j’allais voir le film).

Ce soir, moi installée derrière mon écran interplanétaire, qui m’ouvre sur le web, sur le world, sur… la nouvelle dimension, l’ultra-communication, j’entends toquer à ma porte.

Depuis quelque temps sur ma porte de drôles de choses apparaissaient… D’abord une pochette en plastique skotchée avec des biscuits dedans… (la même pochette sur toutes les portes de la cage d’escalier, une pub, ai-je pensé). Puis un mot sur un post-it, “si vous voulez, j’ai de la tarte, c’est juste à côté”, le même mot sur la porte face à la mienne…

Je me dis, l’ayant entendue avant d’aller au cinéma, que c’était ma voisine portugaise (oui, Paris est la deuxième capitale du Portugal) qui voulait me saluer… Euh, je me recoiffe ? non, pas la peine, j’ouvre direct, petit haut super décolleté (je suis décontractée à la maison) sur pantalon relax, genre caleçon long.

En face, un petit jeune homme tout timide.

- Bonsoir, je suis votre voisin.
- Ah, c’est vous qui m’avez laissé un mot l’autre jour ?
- Oui, je parle pas beaucoup français…
- Ah, c’est drôle moi je suis prof de français pour étrangers. (je souris ayant le sentiment d’avoir dit quelque chose de TRES amusant).

(sourire du jeune homme un peu “ben, tant mieux, mais là j’essaie juste de communiquer et de te transmettre un message simple, pas besoin d’épiloguer…”).

- Voilà, je suis étudiant au Cordon bleu.
 
(il me tend un sac plastique, comme celui que j’avais jeté croyant que c’était une m…* industrielle, avec une part de gâteau, fait par ses petites mains…)

- C’est vous qui aviez laissé le sac sur la porte avec les petits gâteaux ?
- Oui, j’ai toujours beaucoup de choses à manger, alors n’hésitez pas à venir frapper à ma porte, je pourrai vous en donner (j’ai transcrit son “français”).
- Oh, merci beaucoup ! (soudain, une intuition !). Mais vous venez de quel pays ?
- Je suis américain.
- Oh, comme c’est amusant ! je pars justement samedi pour New York… mais vous êtes là pour longtemps ?
- Ah, mes cousins habitent New York. (même sourire : “euh, tu vas pas me raconter ta vie, non plus, je suis juste venu pour établir le contact, et c’est comme ça qu’on fait dans mon pays quand on arrive dans un immeuble on se fait connaître de ses voisins”).
- Ah, c’est amusant… merci beaucoup en tout cas pour le gâteau. Bonsoir.
- Bonsoir.

Les différences culturelles. Aller vers le nouveau monde, celui qui est juste sur votre palier. Découvrir l’autre, cet univers si différent, lui parler (essayer tout du moins). Ben, nous Portugais… euh, mais quelle importance ?

Il s’appelle Steve, moi c’est … lui ai-je répondu.

http://fr.youtube.com/watch?v=ThCaiJ6b-DY
Christophe Colomb, l’énigme - Manoel de Oliveira

 

Signaler un abus

Envoyer à un ami

Derniers commentaires

 

ton jeune voisin va pouvoir mettre du piment dans ta vie:-))))))))))

sinon les photos sur fesse bouc sont-elles de toi?


 

il est vraiment TRES jeune… je pourrais être sa maman ;-))) je pense que nos relations seront surtout culinaires, ou linguistiques (la fin de l’échange a eu lieu en anglais), il pourra venir au cours de français gratuit que je donne dans un “centre cul” en bas de chez nous… (donc en plus je serais sa prof !!! double, que dis-je, triple tabou).


Oui, les photos sont de moi (à tous les sens du terme) : un “autoportrait” en somme ;-)))))))


 

rendons à César, et à Cléopatre, ce qui lui appartient : le “fesse bouc” est une idée originale de May Nat, et je vous encourage à aller sur son blog pour lui apporter votre contribution (je voudrais, te signaler, chère May, que certaines - dont nous tairons le nom, car ça nous donne des boutons - te l’avaient d’ailleurs piquée ton idée… mais internet, et les blogs, est une jungle sans foi, ni loi…).


Chères amies de l’autoportrait, faites-vous connaître.


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

Laurie
Laurie a posté un commentaire. (10:40)
Nouvelle 30naire
Nouvelle 30naire a posté un commentaire. (10:09)
Laurie
Laurie a posté un article. (10:07)
Nouvelle 30naire
Nouvelle 30naire a posté un commentaire. (10:05)
electricalstorm
electricalstorm a posté un commentaire. (23:28)
Previously on LR

Paulette, émancipée ?

J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...

Bref : un phénomène de société ?

Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...

Récit de concert où glam et bière peuvent rimer

Ce jour-là, j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...

Paradigme de la vie et des relations par mon chat

Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...

Ne pars pas

C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...

D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère

Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog