La semaine dernière, dans le train vers Genève, une interview complètement improbable de Louise Bourgoin dans TGV Mag m’a chamboulée l’esprit niveau féminisme. Et pourtant, TGV Mag, l’engagement sociopolitique, ce n’est pas exactement leur rayon. Je vais discuter positivement les postulats de Louise et en tirer mes propres petites conclusions. Evidemment, je vais pas m’ennuyer à recopier toute l’interview : primo, je m’en fous de La Fille de Monaco (sauf si vous venez me dire que c’est transcendant) et secondo, je sélectionne les questions et réponses intéressantes dans le cadre de ma petite réflexion.
Louise, sans rancune. Ton mec et toi, je vous trouve chouettes et surtout super jolis, mais là , je ne pouvais pas te laisser dire ça. Enfin, pas tout.
Question : Qualifier les femmes de sexe faible aujourd’hui, c’est de la diffamation ?
Loulou : Nous sommes le sexe fort. Les hommes sont plutôt lâches. Mais le jeu consiste, sans doute, à faire croire que nous sommes faibles pour arriver à nos fins.
Le postulat est donc : il y a un sexe fort. Donc s’il y a un sexe fort, il y a un sexe faible. Ici, le sexe faible, ce sont les hommes. Donc on passe d’une théorie de l’égalité des sexes à une théorie de la domination d’un sexe par l’autre. Loulou inverse, c’est tout. En l’état actuel des choses, si vraiment les femmes font croire qu’elles sont faibles pour arriver à leurs fins, alors elles obtiennent de piteux résultats : elles sont toujours payées en moyenne 20 à 30 % de moins que les hommes et se coltinent toujours l’immense majorité des travaux ménagers. Un mauvais point pour toi, Loulou.
Question : Qu’est-ce que vos parents vous ont appris concernant les rapports hommes-femmes ?
Loulou : Ils n’ont surtout jamais fait de distinction entre mon frère et moi. Comme lui, je pratiquais le tir à la carabine avec mon père. Ma mère, elle, a toujours bricolé, monté ses meubles elle-même.
Donc, chez les Bourgoin, l’éducation d’un enfant est asexuée. Cela signifie qu’on apprend indifféremment aux filles et aux garçons les mêmes choses. Or, ici, Louise cite des activités à connotation masculine : la chasse et le bricolage.
Question : Un homme doit-il avoir des « couilles » (ndlr : c’est olé olé à TGV Mag) pour vous plaire ?
Louison : Pas du tout. Moi, je me suis déjà battue physiquement pour défendre mes petits amis. Et cela ne m’a pas gênée du tout.
Quitte Ă extrapoler un peu en interprĂ©tant le “pas du tout” comme une antiphrase, on en vient Ă l’essentiel : Louise trouve valorisant pour une femme d’avoir une activitĂ© masculine, dans la lignĂ©e de la question prĂ©cĂ©dente.
Et c’est vrai que nous vivons dans une société qui érige en valeur les qualités solaires, yang, testostéronées, viriles, masculines s’il en est. Je pense au travail, à la compétitivité, au rationalisme voire au cartésianisme, à la solidité, au mérite, etc. Pour faire un test, on peut prendre un échantillon-test de parents, dotés chacun d’un enfant mâle et d’un enfant femelle.
Situation 1 : L’enfant femelle demande un VTT et commence à faire la conne dans la forêt. La petite va être casse-cou, pas froid aux yeux, bagarreuse, pas trop de souci à se faire : elle ira loin celle-là , elle ne se laisse pas faire !
Situation 2 : L’enfant mâle demande une poupée, des biberons et une cuisine pour faire des petits pots. Parents estomaqués, incompréhension, comment réagir ? On lui explique que les petites voitures, c’est très bien aussi.
Cette situation est hautement véridique : je l’ai vécue, et je l’ai vue être vécue. Pourtant, je vis dans un environnement CSP+ (voire CSP+++), tendance néo-bobo. A priori, pas des attardé(e)s du féminisme. Mais poursuivons avec Loulou.
Question : Vous avez cru au Prince Charmant ? (ndlr : sans majuscules, c’est mieux, sauf s’il s’agit du chanteur Prince et que son nom de famille est Charmant, ce dont je doute, mais après tout Angelina s’appelle bien Jolie, donc ne jurons de rien)
Louise : Jamais ! Non, sérieusement, ma mère n’a jamais essayé de me convaincre qu’il pouvait exister. Il est d’ailleurs peu probable que je reste toute ma vie avec la même personne. J’ai du mal à croire en la persistance du désir pendant quarante ans.
Ce que je comprends, c’est que “rester toute sa vie avec la mĂŞme personne” dĂ©pend de la “persistance du dĂ©sir”. Bon. J’ai pas fait polytechnique, je sais mĂŞme pas oĂą j’en suis niveau rĂ©incarnation, par contre j’écoute souvent les gĂ©nĂ©rations au-dessus, et je n’ai pas l’impression que les couples qui durent sont ceux qui ont tablĂ© sur le dĂ©sir. Y a qu’à lire Alexandre Jardin pour le comprendre. Enfin, j’ose espĂ©rer qu’à partir d’un moment, si le dĂ©sir est important, on voit qu’il y a d’autres choses qui le dĂ©passe : au pif, les enfants, la maladie, la mort, la complicitĂ©, l’amitiĂ© mĂŞme, enfin des tas de trucs moins violents et moins nocifs. On notera tout de mĂŞme que Louise considère que c’est Ă la mère qu’il incombe de faire croire Ă sa fille que le prince charmant existe.
Question : Vous militez, par exemple, pour que les hommes portent une barrette dans les cheveux… (ndlr : là , je suppose que le journaliste s’est trouvé fin, subtil et plein d’humour)
Loulou : (Rires. Ndlr : ils ne prĂ©cisent pas si c’est de la politesse, mais peut-ĂŞtre que le journaliste Ă©tait en fait vraiment drĂ´le) Par exemple. Je porte les vĂŞtements de mon ami, et vice-versa.
Alors. Comme le souligne le bon article de Louise, échanger ses fringues avec son copain, pourquoi pas. The Sartorialist, le blogueur grand gourou de la mode, a fait une série sur les hommes en jupe. Si, il n’y a pas que Nicola Sirkis. Moi je dis ok pour piquer toutes les chemises, écharpes, bonnets, tee-shirt de Blondie (c’est le garçon avec qui je partage mon lit). Mais l’inverse me parait un poil compliqué, rapport que les épaules de Blondie font le double des miennes. Je ne parlerai pas des cuisses, mais en gros, à part les écharpes et mon sac qui m’a coûté un bras, je ne vois vraiment pas ce qu’il peut prendre dans mon dressing.
Donc, on en vient au cœur de la chose : pour Louise Bourgoin, être féministe aujourd’hui, c’est faire la même chose que les hommes. J’invite les hommes à faire la même chose que les femmes en prétendant rester virils –tout comme les femmes se targuent de faire la même chose que les hommes en restant féminines.
Pouvoir pleurer (ok), faire la cuisine (ok), les lessives, le repassage et la vaisselle (double ok), porter des jupes (bof), des talonnettes (Nicolas S., si tu m’entends), jouer Ă la poupĂ©e, faire la danse du ventre (sans qu’on se demande dans quel club il chippendale), sortir avec des filles de 20 cm de plus qu’eux (bof), se tartiner de crème (sans se balader l’immonde qualificatif de “mĂ©trosexuel”), faire des UV, se colorer les cheveux, les ongles mĂŞme (sans passer pour un gothique), se mettre au point de croix, au tricot, s’acheter des poupĂ©es gonflables (mais designĂ©es par Sonia Rykiel), aimer les lĂ©gumes, le jus de papaye, trouver que le sport, c’est nul, faire du scrapbooking, etc.
Je ne doute aucunement de la tolérance du public de Ladies Room. Mais exportez un peu ces idées et observez l’effet qu’elles font.
Peut-ĂŞtre qu’il est temps que les hommes deviennent masculistes et revendiquent leurs droits Ă toutes les activitĂ©s fĂ©minines sans ĂŞtre affublĂ©s d’étiquettes comme “androgyne”, “homosexuel”, “travesti”, “mĂ©trosexuel”. Je voudrais bien la rĂ©volution des sociĂ©tĂ©s et la reconnaissance de valeurs dites fĂ©minines, comme l’instinct, la passivitĂ©, l’observation, la contemplation, la compassion.
Que la célibattante cesse de prendre l’avantage sur le célibattu.
Photo : copyright ChauffeurDeBuzz
posté le 05/09/2008 | 690 vues | 34 commentaires | tags: louise bourgoin feminisme hommes
*#& de pc
Je reprend : il me semble qu’Ă la base, la fĂ©minisme, c’est revendiquer l’Ă©galitĂ© homme/femme.Pourquoi y’a toujours une idiote (ici louise bourgoin) pour raconter le contraire ?
Sinon, j’aime beaucoup tes commentaires sur les paroles de cette chère Louise, mordants ^^
eh bien ! quel article ! entre une demoiselle qui confond paritĂ© et Ă©galitĂ© (et surtout mimĂ©tisme), cette Louise. j’apprĂ©cie que tu soulignes les diffĂ©rentes remarques qui font de Louise une fĂ©ministe fière d’avoir les “qualitĂ©s de l’homme”.
Oui, je crois que le fĂ©minisme n’est pas bien compris par tout le monde…
c’est un peu affligeant, après tant d’annĂ©es de travail acharnĂ©.
Un article excellent: notons toutefois que Louise n’est pas la seule Ă faire des raccourcis faciles et Ă les porter en bandoulière fièrement, en croyant sincèrement faire avancer la “cause” fĂ©minine…C’est malheureusement un constat Ă©difiant, et trop rĂ©pandu.
Si on arrĂŞtait simplement de parler d’hommes et de femmes, et qu’on parlait d’individus, cela serait dĂ©jĂ un grand pas en avant; et oui, un garçon qui va rĂ©clamer un petit Poney Ă crinière rose va directement (ou insidieusement) se faire remonter les bretelles, parce qu’il y a des “choses de filles” et des “choses de mecs”. Et pour ce qui est de la femme qui joue Ă l’homme, la faute en incombe Ă ces romans prĂ©cieux et vains, dans lesquels l’hĂ©roĂŻne monte Ă cheval et court la campagne bravant les conventions sociales, ce qui nous amène Ă penser que c’est en tombant dans un mimĂ©tisme primaire qu’on devient fĂ©ministe.
Et non pas seulement en étant ce que nous sommes.
je suis d’accord pour le remplacement de la question des sexes par la question de l’individu et du social.
En tous cas merci pour mon commentaire, cette interview, passĂ©es les premières minutes d’hilaritĂ©, m’a juste affligĂ©e. J’ai l’impression de plus en plus que les jeunes femmes aujourd’hui craignent l’Ă©tiquette de fĂ©ministe parce qu’elle fait le portrait d’une femme dominatrice, d’une vraie chienne de garde.
Peut-ĂŞtre faudrait-il revoir le wording (comme on dit chez nous) et dire “Ă©galiste”, “paritiste” ou je n’sais quoi.
super article leda. je suis particulièrement d’accord sur le passage du petit garçon et de la petite fille.
nĂ©anmoins, je voudrai ajouter mon avis. que les femmes fassent les mĂŞmes choses que les hommes (se battre, faire du foot, roter, etc…) n’est pas forcĂ©ment une mauvaise chose puisqu’on les a estampillĂ©es “choses d’hommes” Ă tort.
c’est au hommes Ă conquĂ©rir par la suites les soi-disant “trucs de fille” (pleurer, faire de la couture, se maquiller).
je suis fermement convaincue qu’une sociĂ©tĂ© Ă©quilibrĂ©e serait une sociĂ©tĂ© ou 50% des footballeurs seraient des footballeuses et ou 50% des brodeurs seraient des brodeuses :)
les loisirs, les métiers et les goûts en général ne devraient pas avoir de sexe.
je sais que je ne devrais pas mais je traite parfois avec condescendance mes congĂ©nères filles qui font exclusivement des “trucs de filles”.
je ne peux pas m’empĂŞcher de penser que le goĂ»t pour les petits poneys et les princes charmants est acquis et non innĂ©.
oui Deecurl, complètement d’accord avec toi. Je pense sincèrement que les activitĂ©s dites “fĂ©minines” sont moins valorisĂ©es que celles dites “masculines”, et c’est pour ça qu’il est d’autant plus difficile pour les hommes de se diriger vers les premières, alors qu’il est assez simple pour une femme (toutes proportions gardĂ©es) de se diriger vers les secondes.
c’est ce qui fait de notre sociĂ©tĂ© un monde misogyne. et je ne parle pas vraiment que des hommes qui veulent que les femmes restent Ă leur place, si vous voyez ce que je veux dire. (ça me rappelle la rĂ©gression de la situation de la femme en AlgĂ©rie depuis 1982 ça :s)
Et mĂŞme en sachant très bien tout ça, c’est très difficile de changer de voie. Je me suis dĂ©jĂ fait cette rĂ©flexion avec mon beau-fils, parce que mĂŞme si je ne suis pas pour, il m’arrive de le charrier sur des trucs de “mec” ou de “meuf”. Ca va prendre du temps.
enfin, en mĂŞme temps, roter, conduire trop vite, se battre pour un phare, manier les armes parce qu’on trouve ça gĂ©nial, sortir dans l’unique but de se pĂ©ter la gueule..moi ça ne me tente pas….Ceci dit, pola j’ai adorĂ© ton article car je ne SUPPORTE pas Louise Bourgoin. Je pense que cette fille est une supercherie, qu’elle est lĂ parce qu’elle est blonde et canon et que c’est bien triste pour toutes les comĂ©diennes talentueuses qui bossent au cours Florent et sont obligĂ©es de se dĂ©guiser en Falbala ou en Blanche Neige pour bouffer car elles n’arrivent pas Ă trouver de contrat. C’Ă©tait mon coup de gueule du jour !
Pour le reste, ton article est remarquable.
merci Serena, j’en rougis :)
c’Ă©tait juste pour dire qu’il est plus facile pour une femme de se comporter comme un homme que pour un homme de se comporter comme une femme…
Et c’est vrai que parfois, de petits rĂ©flexions sexistes nous Ă©chappent sans qu’on y fasse attention. Ce schĂ©ma de fonctionnement est culturel, donc quasi gravĂ© dans la roche (yo)
(hi hi pour le gravé dans la roche)
je suis malheureusement (je vais me mettre Ă pleurer, lĂ ) d’accord avec Pola et La Fille. si mĂŞme des nanas convaincues comme nous laissent Ă©chapper de telles rĂ©flexions, mĂŞme si c’est sans vraiment y croire, c’est qu’il y a encore du boulot. ><
Disons qu’Ă force d’Ă©duquer les petites filles comme des hommes (merci papa), les filles finissent par ne plus se reconnaitre dans leur identitĂ© sexuĂ©e. Je m’explique : j’aime le foot, j’ai Ă©tĂ© karatĂ©ka, et on me prenait pour un garçon manquĂ©, au grand dĂ©sespoir de ma maman. Quand j’ai commencĂ© Ă m’intĂ©resser aux hommes, j’ai vu le massacre, car j’Ă©tais perdue, Ă©tant toujours persuadĂ©e que j’Ă©tais un homme dans ma tĂŞte.
Je pense que Louise Bourgoin a eu ce mĂŞme genre de problĂ©matique : la preuve, Julien DorĂ© n’est pas de ce que l’on fait de plus viril…
mmmmh je ne suis pas sĂ»re de ça. ou alors je suis un cas particulier : je fais des “trucs de mecs” qui n’en sont pas genre manger de la viande en excès, jouer aux JV, aimer le foot mĂŞme si j’ai arrĂŞtĂ©, etc. mais je ne me suis jamais considĂ©rĂ© comme un homme. (bon j’avoue qu’ado, je ne me considĂ©rais pas plus comme une femme, hein).
j’ai une part d’identitĂ© “masculine” non reniĂ©e (j’adore la bière, les rots, rouler sous la table, me battre, le foot et la gadoue) et ma mère s’en fout. En revanche, le constat inĂ©vitable, c’est que ça fout les jetons aux mecs en gĂ©nĂ©ral. A part au mien, mais lui il a une part d’identitĂ© “fĂ©minine” non reniĂ©e…
Moi je suis un individu qui aime la littĂ©rature, cuisiner, jouer aux jeux vidĂ©o, langue-de-puter avec les copines, conduire vite vite (c’est mal, je sais), j’ai un très bon sens de l’orientation, je sais faire un crĂ©neau avec un doigt dans le nez, je ne rote pas, mais j’aime bien pĂ©ter, j’aime discuter de meufs avec les potes, câliner les bĂ©bĂ©s des copines, jouer aux PokĂ©mon avec mon beau-fils…
L’individu qui vit avec moi aime dĂ©couvrir de nouvelles musiques, pĂ©ter quand on lui tire sur le doigt, acheter de jolis vĂŞtements, met de la crème hydratante et offre rĂ©gulièrement un gommage Ă sa peau, boit de la bière par pichets entiers, joue au basket, me demande de lui enlever ses poils du dos, aime conduire vite vite (c’est mal), bouquiner, se gratter les c******* et manger des rognons.
@pola: bah tu t’en fiches, les mecs Ă qui ça fait peur, ils en valent pas la peine d’abord.
des fois, mon chĂ©ri râle un peu quand je traĂ®ne en maillot de foot mais il aime bien quand mĂŞme qu’on joue ensemble alors…
@ Deecurl : je valide ton postulat de base sur les mecs Ă qui ça fait peur. Mais parfois, le fantasme du type viril… Ruhuhmmmhum. La collision des caractères niveau big bang suit souvent, mais bon.
Clap clap…Me font marrer, ces pseudo-fĂ©ministes qui pensent que valoriser des caractĂ©ristiques “viriles” (sans remettre en question le fait qu’il puisse y avoir des valeurs “viriles” et des valeurs “fĂ©minines” - qui sont toujours moins excitantes, n’est-ce pas ?) fait avancer la condition de la femme…
les masculinistes (ils préfèrent se nommer hoministes) sont déjà peu nombreux, ensuite ils sont considérés comme les ennemis numero 1 à abattre par de nombreux courants féministes.
il y a un congres qui va se tenir prochainement Ă Bruxelles:
http://www.relais-hommes.org/congres-paroles-d-hommes-2008-bruxelles/annonce-congres/
La LCR a dĂ©jĂ annoncer qu’elle fera une manif contre eux:
http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=1101&Itemid=53&option=com_content
c’est très gentil de vouloir prendre la dĂ©fense des hommes (pour une fois), je suis bien d’accord avec toi sur le fait que les hommes puissent avoir le mĂŞme droit que les femmes.
en revanche, l’instinct, la passivité, l’observation, la contemplation, la compassion ne sont pas des valeurs féminines mais humaines.
en disant ça tu enferme les femmes dans ce rĂ´le lĂ et tu oblige les hommes Ă ne pas l’ĂŞtre pour se sentir mâle
au contraire, le mâle : je dis que ces valeurs sont connotĂ©es fĂ©minines, et le connotĂ© est important. Je n’enferme personne dans aucune case, merci bien. Si tu prĂ©fères, ce sont des valeurs “yin”, opposĂ©es Ă l’action, la raison, etc.
Et (je complète), cet article a pour but de rĂ©tablir ce pour quoi luttait initialement le fĂ©minisme, Ă savoir l’Ă©galitĂ© des sexes. Pour moi, l’Ă©galitĂ© passe aussi bien par le fait de pouvoir avoir des activitĂ©s Ă connotation masculine quand on est une femme et des activitĂ©s Ă connotation fĂ©minine lorsqu’on est un homme. Et la sociĂ©tĂ© est vraiment sans pitiĂ© dans ce dernier cas, Ă mon sens.
@pola: tu as entièrement raison. notre sociĂ©tĂ©, nos dirigeants, ont cru qu’ils “calmeraient” les fĂ©ministes en leur donnant le droit de faire la mĂŞme chose que les hommes alors qu’il faudrait changer l’image et les statuts des hommes aussi!
exemple: comment peut-on multiplier les campagnes d’information pour inciter toujours plus de jeunes filles Ă suivre des Ă©tudes scientifiques, quand on ne voit pas leur pendant pour attirer les garçons vers le littĂ©raire, le droit?
( heu, peut-ĂŞtre parce qu’il y a environ autant de filles que de garçons en droits - peu ou prou mais bon c un des domaines oĂą la paritĂ© est relativement respectĂ©e - et que personne n’estime avoir besoin de plus de gens en fac anpe ? )
@pola: les métiers les plus dangereux pour un homme ce sont bien ceux en rapport avec les enfants.
Avec toutes ses dĂ©rives sur la pĂ©dophilie, la plupart des hommes n’osent plus les toucher ni s’occuper des enfants.
quand Ă la procrĂ©ation l’inĂ©galitĂ© est totale…
Ouais, je ne parle pas non plus de rĂ©gler des problèmes gĂ©nĂ©tiques comme le fait que seules les femmes peuvent faire des bĂ©bĂ©s (!!!) mais plutĂ´t qu’on puisse ĂŞtre père au foyer sans craindre le regard des autres…
@ DeeCurl : le littĂ©raire, l’artistique, la coiffure mĂŞme (il y a un prĂ©jugĂ© sur les coiffeurs gay, franchement…) !
avant d’ĂŞtre père il faut l’avoir dĂ©sirĂ© …c’est prĂ©fĂ©rable pour l’enfant (pour le père aussi)
et puis avant le regard des autres, il faut surtout avoir le droit de le faire…
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