Previously : Episode 1, Episode 2
Namastey de Bangalore
Suite de mon petit récit sur ma vie en Inde
Today : Et la lumière fut ! ou pas…
Petite scène du quotidien : vous, chez vous, la rue grouillante sous vos fenêtres, un long lundi de boulot dans les pattes, une barre choco dans les mains (Cadbury de préférence, on ne se refait pas), tout cela vous est familier hein ? Vous ne faites même pas attention à une chose, qui à l’autre bout de la terre a quand même son importance : d’un geste vous avez allumé la pièce, et cette lumière est acquise, dans le sens où vu qu’elle est là , ben elle va pas s’enfuir, vive EDF.
Dans les quartiers résidentiels en Inde, nous aussi on fait ça, sauf que ce n’est pas acquis. Et si au moment où l’électricité est coupée vous étiez en train de taper un rapport et que vous n’avez pas sauvegardé, ou que vous avez oublié votre lampe électrique, et ben c’est simple, c’est dans le c.. ou plutôt dans le noir.
Ici il faut considĂ©rer que si vous voulez vivre dans une maison de ville, ou maison d’hĂ´tes (y’en a partout, ça pousse comme des champipis, y’en a c’est mĂŞme pas des maisons mais ça affiche complet quand mĂŞme…) et non pas vous enfermer dans un hĂ´tel, il y a certaines choses Ă ne pas considĂ©rer comme acquises. Bref cessez une bonne fois pour toute de penser comme une europĂ©enne habituĂ©e Ă son confort et qui veut pareil qu’à la maison, et commencez Ă penser comme une Ă©trangère accueillie dans ce pays qui a ses propres règles.
Bien sûr, je ne parle pas de sacrifier les règles élémentaires d’hygiène, mais de considérer que l’électricité, et ben ça peut sauter, que l’eau est contaminée et que donc il faut prendre sa bouteille toujours avec soi, et penser que ça va avec le pays. Travaillant dans l’hôtellerie de luxe, j’ai affaire à des clients qui veulent l’Inde depuis leur chambre. Je ne blâme pas, ils font ce qu’ils veulent (en plus c’est mon gagne-pain, merci bien, par ici la monnaie…), mais il faut comprendre que ici c’est comme ça et c’est aussi ce qui fait le charme et le dépaysement que beaucoup viennent chercher.
Pour ce qui est de l’hygiène, ça peut vite prendre la tĂŞte les prĂ©cautions tous les jours, mais il n’y a pas le choix : genre la petite bouteille de gel hydroalcoolique toujours dans son sac, soit cette goutte de liquide qui te nettoie les mains oĂą que tu sois sans eau, car ici tu as vite les mains pleines de poussière, et avec tout un tas de petites choses pas très sympa dont il convient de se dĂ©barrasser avant de sucer son pouce. Ou toutes les petites pilules plus ou moins grosses (voire Ă©normes) Ă s’enfiler tous les jours, car non je ne veux pas choper cette maladie très moche alors j’avale quand mĂŞme.
Autre chose : la seule chose qu’il est nécessaire d’emmener sont les tampons avec applicateur (essayez d’expliquer « applicateur » en anglais à une petite vendeuse indienne qui fait de son mieux pour essayer d’imaginer quelque chose qu’il n’y a pas dans ce centre commercial) et c’est tout ! Ici il y a tout : Palmolive, Dove, Colgate, Oreo (oups, pas le bon rayon désolée), Lancôme, Clinique, Guess, etc., et à un prix à faire pâlir d’envie nos ministres bossant sur le pouvoir d’achat. Viva la mondialisation.
Tout ça pour dire qu’ici il y a le grand luxe, les produits auxquels nous sommes habitués tous les jours, mais qu’en même temps, c’est comme l’électricité : ça peut faire faux bond à tout instant…et c’est aussi ça qui est marrant.
La suite : O le joli petit piment…
posté le 03/09/2008 | 773 vues | 8 commentaires | tags: inde Expat Ailleurs
bravo je viens de lire les 3 a la suite car j’etais passe a cote lors de la parution des 2 autres et j’adore. J’y ai jamais mis les pieds mais avec ma femme on est fascine par les habits (homme et femmes) les bijoux les films bolywood (un peu gonflant a la longue) et les samoussas que ma femme fait a merveile( ele vient de madagascar ou la communaute indienne est tres importante)
toutefois dans le #1 tu dis que les indiens=>pas de sexe avant le mariage, pour les femmes surement (helas) mais les hommes ne ratent pas une occasion de tremper le biscuit.
Ensuite pour le tampon avec applicateur je te renvoies a l’article d’antigone sur la coupe menstruelle. J’ai decouvert l’existence de ce truc hier et je trouve que c’est vraiment une invention geniale bien adaptee a ta situation. tu peux meme le commander sur internet. il te faudra juste qques pastilles de permanganate en plus pour assainir l’eau destinne au nettoyage de l’engin
Instructif et drôle, je ne suis pas déçue par ce troisième article de la série :D
Je ne suis pas citadine, je ne l’ai jamais Ă©tĂ©. Bangalore pour moi, ça a Ă©tĂ© une journĂ©e transite abominable, oĂą j’ai littĂ©ralement fuit la ville dans des endroits climatisĂ©s et au calme. Je crois qu’on peut effectivement dire que j’ai dĂ©testĂ©. Ce qui n’est pas le cas de Bombay. J’y ai pourtant pas vu grand chose de la capitale du sud, mais tout ce que j’y ai vu m’a plu… Ca m’a paru une explosion de vie, que les gens soient riches ou pauvres, c’est la vie qui prime, toujours et il y a les beaux regards fiers et les sourires esquissĂ©s qu’on accueille comme de jolis cadeaux… J’Ă©tais plus dĂ©tendue Ă Bombay qui est pourtant la ville la plus Ă©norme dans laquelle j’aie jamais foutu les pieds de ma vie…
@Pepite2choco : je vois tout a fait ce que tu veux dire, c’est ce que je pensait au depart, mais tu y prend vite gout en fait, a la grouillante inde du sud (faut dire aussi que je suis tres citadine) et chaque ville indienne a son charme (tu parle de clim mais cest surtout dans le nord ou tu en a besoin, dans mon coin on a un superbe climat) qu’il faut parfois un peu de temps pour decouvrir c’est tout ;)
@frenchie971 : je confirme, les indiens sont tres chauds pour ce qui est de faire trempette (kamasutraaaa) c’est justement ce cote prompt qui decoule de cette culture ou toute mention de sexe est bannie.
@Chatain : Oui la diffĂ©rence c’est que je ne suis pas citadine… C’est d’ailleurs ce qui m’a Ă©tonnĂ© : dès que je suis rentrĂ©e il y a trois jours, j’ai ressenti un manque Ă©norme de Bombay, je ne supportais plus le silence oppressant, je ne supportais plus de ne pas entendre les klaxons, les pĂ©tarades des rickshaws, les gens parler, crier… La première journĂ©e de retour Ă Ă©tĂ© un enfer de dĂ©prime et de nostalgie, j’Ă©tais comme une carcasse vide, comme si mon âme Ă©tait restĂ©e lĂ -bas, au milieu du tumulte. Je n’y suis pas restĂ©e longtemps : trois semaines c’est si peu pour dĂ©couvrir ne serait-ce qu’un peu l’Inde. Mais je sais que j’y retournerai probablement dès l’annĂ©e prochaine parce que c’est un pays formidable et qu’on y a fait de belles rencontres…
Concernant la clim, c’Ă©tait juste pour respirer Ă cause de la pollution : on est restĂ©s coincĂ©s dans les bouchons le midi surement au retour des bureaux pour aller manger, et en rickshaw donc on s’est tout pris dans la gueule donc forcĂ©ment… Sinon le reste du temps, dans les hotels on prenait jamais la clim. D’une part ça double presque le prix de certaines chambres et ensuite c’est vraiment pas utile, le ventilo au plafond suffit largement. Et puis idem pour les bus, ils mettent la clim tellement fort en plus que tu te les gèles. Pourtant j’aime pas non plus la chaleur :o) mais je crois que dĂ©cidĂ©ment, ce pays m’a complètement chamboulĂ© dans mes habitudes et mes goĂ»ts… Tu as une chance inouie d’y vivre, je donnerais n’importe quoi pour m’y replonger, ne serait-ce que pour quelques heures…
DĂ©solĂ©e pour la longueur du com, c’est juste que c’est encore frais dans ma tĂŞte et qu’en parler me fait un bien salvateur :o)
@Pepite2choco : T’inquiete pour la longueur du com, c’est toujours un plaisir de te lire anyway ;) . je comprend tout a fait ton etat a ton retour d’inde, et je sait que lors de mon retour j’entrerais dans une profonde phase de depression rien qu’a l’idee d’avoir laisse tous mes amis rencontres, ma vie d’ici, et comme tu le dit, ce pays qui te transforme.
concernant la poussiere, je te renvoie a mon premier arcticle concernant l’eyewear, qui decidement reste d’actualite ;)
Un autre detail : y a pas que dans les bus qu’il caille : des l’entree dans un hotel/bureaux/ ou tout simplement la voiture d’un ami aise, la clim est tjs forcement a fond, comme si ici elle etait un symbole de statut, genre “je m’offre la clim-je vit dans le froid comme un occidental” mais la encore il suffit de leur faire remarquer et tout le monde s’execute pour couper la clim a ta demande (c’est ca qui est bien).
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