Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

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zalapabelle

De la cancrerie, je ne connais pas grand chose, si ce n’est ce poème de Jacques PrĂ©vert appris en CE1 :

41l-xainqel_ss500_.jpgLe cancre

Il dit non avec la tĂŞte
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

Pennac lui, il y connaĂ®t un rayon sur le sujet. J’ai dĂ» lire son livre Chagrin d’Ă©cole, publiĂ© l’annĂ©e dernière pour le croire : Pennac Ă©tait un cancre. Et de cet Ă©tat de fait, devrais-je dire de cette fatalitĂ©, l’auteur de la saga Malaussène de mon adolescence, du si joli hommage Ă  la lecture Comme un roman en fait un rĂ©cit plein d’espoir pour toutes les mamans dĂ©semparĂ©es devant leurs rejetons Ă©garĂ©s.

Il ne donne pas de solutions Pennac. Il faut dire que des leçons, il en a assez données pendant sa carrière de prof.

Non, il tente de dĂ©mystifier le cancre, de le rĂ©habiliter, de lui faire quitter son Ă©ternel dernier rang. Pennac livre un rĂ©cit plein d’humanitĂ© pour le  mauvais Ă©lève qu’il fut (je n’aurais jamais cru qu’un cancre ne le faisait pas exprès. C’est vrai que ça me fascinait mĂŞme si ma nullitĂ© en maths aurait dĂ» me rapprocher de ces Ă©lèves au bonnet d’âne), pour tous les cancres qu’il a tentĂ© de remettre en selle de l’autre cĂ´tĂ© du miroir et pour les professeurs qui l’en ont sorti. Et puis, il n’est pas question que du cancre dans Chagrin d’Ă©cole, Pennac aime Ă  bousculer certaines idĂ©es reçues sur le “par coeur”, les internats, la dictĂ©e, l’omniprĂ©sence des marques…

Ma lecture m’a tellement enchantĂ©e (j’ai une fâcheuse tendance Ă  verser des petites larmes quand je lis), que j’ai cherchĂ© Ă  envoyer ce livre Ă  ma prof de français de 4eme Ă  qui je dois beaucoup. Finalement, je vais le garder en espĂ©rant ne jamais avoir Ă  le ressortir. Et oui, je trouve malgrĂ© tout la perspective que mes enfants soient des cancres assez terrifiante, moi qui aimait tant l’Ă©cole. Ce qui me rassure un peu, c’est que ce cancre de Pennac, il a tout de mĂŞme reçu le prix Renaudot  avec ce bouquin !

www.monblogdemaman.com

 

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(…) et il efface tout / les chiffres et les mots / les dates et les noms / les phrases et les pièges / et malgrĂ© les menaces du maĂ®tre (…)

le cancre est avant tout un enfant…un enfant que le prof sui n’a jamais Ă©tĂ© cancre ne comprend pas. :)


 

Ça me donne envie de le lire, tiens. En tout cas, merci beaucoup d’avoir publiĂ© ce poème que j’avais appris en primaire et oubliĂ© depuis, ça fait ressurgir tout plein de souvenirs. :-)


 

En effet, je te remercie pour cet article


 

je me suis retrouvĂ©e dans ce livre. Dans mon jeune temps, j’ai Ă©tĂ© une telle cancresse en maths que vous ne pouvez mĂŞme pas vous l’imaginer. Et c’est super Ă©nervant pour les autres, super douloureux pour nous. Pennac m’a Ă©galement dĂ©culpabilisĂ© d’avoir mis mon fils en pension en expliquant dans son livre qu’au moins en internat, on n’arrive pas en cours la boule au ventre car on n’a pas fait ses devoirs.

Je ne rĂ©siste pas au plaisir de citer cette phrase qui a fait mes dĂ©lices : “au bout d’un an, ,je n’avais apris que la lettre a. Mon père a dit “s’il lui a fallu un an pour apprendre le a, ne dĂ©sespĂ©rons pas. Dans 26 ans, il saura parfaitement son alphabet.”


 

zan : et quel enfant n’a pas eu envie d’effacer ce maudit tableau noir ?


allilall : je suis contente de t’avoir transmis mon enthousiasme. Un petit cĂ´tĂ© Madeleine de Proust en effet ce poème. Je me revois dans la cour d’Ă©cole Ă  m’arracher les cheveux pour le retenir.


le mal : mais de rien, c’est un plaisir !


serena : il est vrai que ce paragraphe sur l’internat m’avait Ă©tonnĂ©e. J’adore la phrase que tu viens de citer. Quel bel exemple de soutien paternel.


 

c’est pour cela que pennac en parle sans trop de douleur contrairement Ă  michel drucker (oui, j’ai des rĂ©fĂ©rences d’enfer) pour qui ça reste une vraie souffrance.


 

serena : tu en connais d’autres des cancres cĂ©lèbres ? Ca peut-ĂŞtre encourageant. Sinon pour Pennac, je trouve que dans le bouquin, on sent tout de mĂŞme la douleur, celle de faire du mal Ă  ses parents et notamment Ă  sa mère jamais tout Ă  fait remise de la cancrerie de son fils.


 

Merci Ă  toi car tu parle tres bien de ce bouquin que j’ai devorĂ©… tellement je m’y suis retrouvĂ©…

Pennac… m’a fait aimĂ© lire….


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