Namastey de Bangalore.
Quoi ? Tu ne connais pas Bangalore ? Malheureuse ! Comment ça tu ne connais pas cette ville d’Inde du sud de 6 millions d’habitants abritant parmi les plus grands centres technologiques et entreprises d’informatique de l’Asie du sud-est, oĂą la minute de tĂ©lĂ©phone depuis un portable coĂ»te 0.01 centime d’euros et oĂą les derniers gros sacs Guess (genre sac de voyage) valent l’équivalent en roupies de 50 euros?
Mais venons au sujet de mon premier article sur Ladies Room, qui consiste à démontrer le caractère indispensable de certaines choses aux yeux d’une européenne convertie dans une Inde (convertie aussi) et d’explorer les clichés (enfin pas tous hein, c’est sympa d’écrire sur un sujet mais pas trop long non plus j’ai pas que ça à faire moi).
Aujourd’hui, les lunettes de soleil : lectrice que tu es, tu te dis «ben oui il fait soleil en Inde, faut bien se protĂ©ger les yeux dis donc» - BIP ! - premier clichĂ© : le soleil en Inde, faut pas le prendre pour acquis ! La moitiĂ© de l’annĂ©e c’est mousson donc ciel constamment voilĂ©, selon la rĂ©gion (l’Inde va du dĂ©sert aux montages en passant par les marĂ©cages et la forĂŞt), et puis surtout, faut trouver le soleil dans les villes, sous plusieurs mètres de pollution et de poussière.
Bon j’exagère sur les mètres, vous n’imaginez surtout pas un ciel noir non plus, hein, mais un ciel presque constamment voilĂ©. En fait le ciel est blanc cassĂ© gĂ©nĂ©ralement. Donc les lunettes ben c’est pour la poussière, et les regards.
D’abord la poussière : ici pour se déplacer on utilise beaucoup les rickshaws, triporteur à moteur qui fonce sans presque jamais descendre en dessous du 80 km/h et vous emmène partout et nulle part pour quelques dizaines de roupies (rappel : 1 Euro = 67 roupies selon les taux).
Donc au menu du trip, quelques frayeurs, des vaches le long de la route, lĂ©chage de coude des piĂ©tons qui s’en foutent royal de se faire Ă moitiĂ© Ă©craser par un fou du volant, et une quantitĂ© incommensurable de poussière (la route est marron ici, mĂŞme dans les beaux quartiers). Ma grosse bouteille de savon doux Clinique en prend un coup le soir quand il s’agit d’enlever la crasse et tout ce qui n’est pas dans les yeux grâce aux lunettes, c’est toujours ça de moins.
Ensuite : barrière anti-regards. Oui bon là je vais en rajouter aux clichés, c’est vrai qu’une française dans les rues indiennes, ben ça court pas les rues. Selon une amie indienne, les pensées d’un indien quand il nous voit c’est :
1 ) Oh une blanche, comment lui soutirer son fric
2) Mmmh une blancheeeeeee.
Oui car pour certains nous sommes un porte-monnaie sur pattes (Non je ne donne pas ! Non je donne pas ! GRRRR) et pour d’autres (bon pas tous hein ne faite pas un amalgame, en gĂ©nĂ©ral ils sont très cools) et bien eux sont victimes d’une sociĂ©tĂ© patriarcale qui fait qu’on ne frĂ©quente pas de femmes exceptĂ©es celles de sa famille et on baise qu’une fois mariĂ©, et vu qu’ils savent que nous europĂ©ennes, on a pas besoin d’être mariĂ©e pour profiter des plaisirs de la chair, du coup c’est comme s’il y avait Ă©crit « je suis jolie et je baise » sur notre visage.
Faut dire aussi que le simple fait d’être blanche ici est un symbole d’extraordinaire beautĂ© (alors imaginez le fric que les indiennes dĂ©pensent dans des savons et crèmes censĂ©es rendre la peau plus claire qui envahissent les rayons! Nos marques europĂ©ennes font leur chiffre avec les produits”white” censĂ©s rendre la peau blanche).
Bon bien sûr, comme je l’ai dit plus haut, certains sont comme ça et il suffit de ne pas y faire attention pour se reporter sur les autres, ces gens formidables qui peuplent ce pays fantastique.
Au sujet du prochain episode : le sens de l’orientation, ça sert Ă rien.
A la revoyure et venez en Inde !
Photo : (c) aterreno via Flickr
posté le 01/09/2008 | 3145 vues | 10 commentaires | tags: lunettes inde Ailleurs
Quand on entend parler de l’Inde, c’est sur des brochures touristiques, alors c’est plutĂ´t drĂ´le de dĂ©couvrir une face cachĂ©e de ce pays :p
@ sand : quel que soit tes raisons… et ben t’a bien raison ! c’est un pays de contrastes, entre pauvrete et palaces, mais c’est un des endroits les plus enrichissant au monde. il est une idee generale que venir en inde c’est “difficile” et ca reste du domaine des “vacances particulieres” pour certain, mais franchement faut vaincre ça, c’est du cliche et meme si ce n’est pas encore un pays tres porte sur le tourisme, (enfin ca depend des regions) mais ca vient, ca vient…et d’ici peu on se retrouveras toutes perchĂ©es sur le dos des elephants a se demander pourquoi on est pas venue plus tot ;).
c’est un rève que je muris depuis qq annĂ©es, j’attends d’avoir le temps de le faire convaneblement…. ms je le ferai !
Bangalore ! Je rĂŞve de partir vivre lĂ -bas depuis que j’ai vu un reportage sur F2 sur cette ville.
On attend la suite avec impatience et merci pour l’Ă©vasion.
Ca me donne bien envie d’y faire un tour et de me faire ma propre idee du pays…. bientot, j’espere…
Je me doute que tu y as vĂ©cu assez longtemps pour connaitre tout ce que mes amis qui y sont en ce moment connaissent. L’Inde ca parait idyllique comme ça, on se dit, chouette ça donne envie ce gros bordel.
Mais les guides touristiques ne mentionnent jamais les cadavres sur les routes Ă la campagne (et les bus qui ne s’arretent pas), ou les clochards aux pieds des immeubles ou les lĂ©preux qui s’accrochent Ă ta jambe dans les marchĂ©s.
Connaissant ces dĂ©tails dont on ne parle jamais (et donc pas de grosse surprise pour moi), et ayant vĂ©cu 10ans dans un autre gros bordel, qu’on appelle l’IndonĂ©sie, ton article me confirme dans mon idĂ©e : qu’est-ce que j’ai envie d’y aller ! :D
@kaamiye : En fait, la vision dont tu parle de ce genre de pays, c’est justement ce qui freine beaucoup de gens. car on sait tous que l’inde est un pays comme tant d’autre, ou la misere est omnipresente, ou les gosses mendient dans la rue en s’accrocahnt a ton passage, t’appellent “ma” (maman) en esperant que ca aurat de l’effet, et ou les ordures sont partout. et en parrallele on a les images d’agences de voyages qui elles sont toutes dorees et consistent en des trucs tout faits ou tu ne voit que ton hotel et les machins “touristiques”. c’est donc justement du milieu entre ses deux images dont je souhaite parler : oui la misere, oui les touristes, mais la vie peut y etre bien, car apres tout nous sommes nombreux a vivre tout ca au quotidien. je parle d’un milieu, celui de la vie de tout les jours pour une francaise dans une grande ville qui n’est ni un total depotoire ni un cliche de carte postale.Apres chacun sa vision, ce ne sont que des articles de pensee ;)
p.s: pour les cadavres, dans les villes ce n’est pas courant ici, on incinere rapidement les morts, en general les indiens tres pauvres dorment juste sur les trottoirs, mais en comparaison avec ce que j’ai vu ailleurs (haĂŹti notemment), y a plus choquant.
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Les lunettes de natation c’est pas mal : 1 - ça te protège encore mieux de la poussière. 2 - ça te donne un air dĂ©bile qui fait qu’on va t’Ă©viter de peur de contagion plutĂ´t que de te demander des pièces. 3 - ça te donne un air pas glamour du tout ! et tu auras tout gagnĂ© ! elle est pas gĂ©niale mon idĂ©e ? j’attends ton article sur le sens de l’orientation : ça ça me concerne directement.