Ce dont je suis sûre, c’est que j’ai découvert les films musicaux avec Julie Andrews. Etait-ce avec The Sound of Music, l’histoire d’une nounou engagée dans un manoir de l’Autriche des années 30 pour s’occuper des sept enfants du capitaine Van Trapp, ou avec le célèbre Mary Poppins où elle incarnait encore une fois une nounou, mais aux pouvoirs magiques cette fois ? Bercée à la musique des Walt Disney depuis mes 4 ans, les films musicaux et par extension les comédies musicales ont toujours été le spectacle suprême à mes oreilles : cela donne un rythme, un couleur à l’histoire, au point que certaines chansons deviennent cultes au même titre que certaines répliques.
Quand mon magnétoscope en eut assez que je lui enfourne dans la gueule Aladdin, Le Roi Lion et autres Belle et la Bête, il fallut que je voie plus de pellicules impliquant danse, comédie et chant : Les Parapluies de Cherbourg avec Catherine Deneuve, Le Magicien d’Oz, Grease et surtout Certains l’Aiment Chaud avec Marilyn Monroe. Même les pseudos films musicaux attiraient mon attention, que ce soit Viva Maria ! avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot ou Dirty Dancing avec Patrick Swayze. Quand j’eus 10 ans, ma mère jugea alors bon de m’offrir une place pour la fameuse comédie musicale de Cats, qui passait alors à Paris, une place tout en haut, sur un siège en velours rouge usé, et Dieu merci, cela ne m’a jamais donné envie de tenter la Star Academy pour apprendre les chorégraphies de Kamel Ouali.
Deux ans plus tard, je découvre un vrai show de Broadway, un show à l’américaine, avec des hommes habillés en costard des années 30 qui chantent entre deux fausses gorgées de rhum, où les comédiens chantent aussi bien qu’Ella Fitzgerald et que John Travolta et avec un entracte au bout d’une heure et demie. Je sus ce jour-là que définitivement, je resterai dépendante à ce mélange de théâtre et de musique, sans pouvoir expliquer pourquoi, de la même façon qu’on ne peut expliquer pourquoi on aime le style du réalisateur Kubrick ou non.
De la même façon qu’il existe les adorateurs et les renieurs de Stanley Kubrick, il y a les fidèles au genre de la comédie musicale et ceux qui ne supportent pas de voir de façon soudaine et inappropriée les personnages se mettrent à pousser la chansonnette : personne n’a d’avis mitigé quant à la question. Pourtant cela peut parfois permettre de régler les doutes et ambiguïtés : si votre copain vénère Hélène Ségara depuis son rôle d’Esmeralda dans Notre-Dame, méfiez-vous. Blague à part, le genre représente le talent : il ne s’agit pas d’être simplement bon acteur, mais aussi de maîtriser le chant et parfois même la danse. On peut ne pas aimer les comédies musicales, mais on ne peut nier le travail qu’il y a derrière.
Les films musicaux plus récents, depuis les années 80, restent au niveau, et on assiste à une nouvelle génération avec les biopics : Tina, qui retrace l’histoire de Tina Turner avec Angela Bassett, ou Walk The Line avec l’excellent Joaquin Phoenix dans le rôle de Johnny Cash pour ne citer qu’eux par exemple. Mais le Ciné-ballet stricto sensu - comme il est parfois appelé – est loin de s’être éteint : en 1996, Baz Luhrmann connaît un succès phénoménal avec Roméo et Juliette, et il remettra ça 5 ans plus tard avec Moulin Rouge. Huit femmes prouve que la France y reste attaché, et Sweeney Todd que même Tim Burton porte un certain intérêt à la comédie musicale. Le petit écran n’est pas en reste puisque Joss Whedon a réalisé un épisode entier de Buffy contre les Vampires avec des dialogues chantés.
Le genre cinématographique est loin d’être réservé à l’Occident : l’industrie Bollywood a fondé son empire sur des super-productions fleuves avec moult chants et danses indiennes. Du chemin a été parcouru depuis 1965 l’âge d’or des “musicals” et West Side Story, et si la comédie musicale était d’abord un terme issu du monde théâtral, et plus précisément au burlesque où la mélodie était joyeuse et entraînante, il s’est rapidement transposé au ton dramatique (le Fantôme de l’Opéra en est l’exemple le plus flagrant), puis au 7ème art, ne se limitant plus au jeu de scène au sens littéral. Puis la tendance s’est inversée : on adaptait au grand écran les comédies musicales qui avaient triomphé sur les planches, avant de transposer dans les salles de théâtre ou d’opéra les classiques des studios hollywoodiens.
La réunion de ces arts permet, à mon sens, de faire passer plus de poésie et d’émotions, et si on aime les bande-originales des films lambdas parce que la musique nous rappelle une ambiance particulière, les disques de comédies et/ou films musicaux nous permettent de retracer une histoire en s’attachant plus aux paroles, à la musicalité des mots. A l’heure où on reproche souvent aux artistes de mettre leur voix au service de textes plats, c’est finalement pas plus mal.
posté le 31/08/2008 | 2992 vues | 9 commentaires | tags: julie andrews broadway Bollywood Walt Disney comédie musicale film cinéma Culture musique
Lorsque je pense comédie musciale, je pense instantanément à deux films que j’ai adoré : “The rocky horror picture show” et “Coup de foudre à Bollywood”.
Aoh non, trop j’aurais voulu chanter et danser comme Mary Poppins, moi.
Et je dis comme Björk (dans la dernière comédie musicale que j’ai adoré voir, l’atypique DANCER IN THE DARK de Lars Von Trier) : “I love musicals”!!
Hé hé contente que le “rocky horror” arrive dans le second commentaire ;)
Il ne faut pas non plus oublier “Tommy”
Depuis le temps que j’essaie d’expliquer à mon entourage qu’une comédie musicale n’est pas que Gnan gnan, ton article va être exposé chez moi. Même si je dois admettre que cela ne vaut pas tous les grands classiques et les chefs d’Å“uvres que tu cites, je dois admettre que j’ai un penchant pour Kamel Ouali, il modernise la comédie musicale, mélange hip hop et danse classique, et a souvent des mises en scène originales…malheureusement j’avoue que les thèmes et les chansons restent souvent à ras terre! Mais il reste le seul français pour l’instant à se lancer dans la comédie musicale c’est déjà ça!
“Dr. Horrible Sing-Along Blog” plus une mini-série qu’un film, mais c’est extra.
rhaa mais j’adooore les comédies musicales, je vais voir mary poppins bientôt sur broadway…et on m’a dit récémment qu’il existait, comme pour The Rocky Horror, des projections de The Sound Of Music où les spectateurs chantent et arrivent déguisés, autant dire que je vais rapidement localiser où ça se passe! the hillllls are aliiiive…..
ça avait l’air incroyable…
http://archives.cnn.com/2000/SHOWBIZ/Movies/09/07/singalong.song/
j’adore les comédies musicales et au risque de radoter, “mamma mia” est une comédie musicale très réussie. Et on va se payer “rabbi jacob”.
Et que dire de “se jettent, traqués, à bout de souffle, marchant, pétrifiés dans nos manteaux d’hiver, refoulés aux frontières du mensonge, des nations qui crèvent, tués par des rêves chimériques, écrasés de certitude, dans un monde, glacé de solitude !!!”
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Et Dr. Horrible Sing-Along Blog ! Et Hedwig & the Angry Inch !