Ca faisait un moment que je me demandais à quoi cela pouvait bien ressembler “en vrai”. Mes recherches pour en trouver en Suède s’étant révélées infructueuses, j’ai attaqué dès mon arrivée en Corse la tournée des pharmacies. Après m’être cassée le nez quatre fois dans des officines qui n’en possédaient pas mais qui se proposaient fort aimablement de m’en commander pour le lendemain, sauf que moi c’est tout de suite que j’en voulais alors nan merci m’sieur dame, je tombais enfin à Bastia sur un pharmacien bien décidé à m’aider.
Là , tu imagines la pharmacie bondée, moi légèrement stressée, bien décidée à chopper une pharmacienne et pas un pharmacien, parce que bon, j’avais déjà été humiliée quatre fois depuis le matin devant un bon nombre de clients qui tendaient l’oreille, et pas que, dès qu’ils m’entendaient formuler ma demande… manque de pot, quand c’est mon tour, je tombe sur le seul gars qui bosse dans l’officine.
Alors fort aimablement, je propose à la personne qui se trouve derrière moi de lui céder ma place… évidemment, elle refuse. J’insiste, arguant du fait que j’ai tout mon temps et que je lui laisse volontiers ma place… cette abrutie me répond que nous sommes en été et que personne n’est vraiment pressé en été et que… limite, je n’avais pas été bien élevée, je la poussais de force devant moi. Connasse.
Contrainte et forcée, je m’approche donc du pharmacien qui commence à s’impatienter… sourire crispé de part et d’autre.
Moi - Bonjour monsieur…
Lui - Madameuuu…
Moi - Ah ? Excusez-moi. Bonjour madame…
Celle-là , il fallait la faire, et bien ça y est, je l’ai faite. Je suis parfaitement prête pour écrire le parfait petit manuel du “Comment se ridiculiser en une seule leçon et se mettre le pharmacien à dos en une seule phrase bien placée“…
Le tout, dit bien évidemment, en le regardant droit dans les yeux… comme entrée en matière, y’a mieux. Surtout que sa chemise entr’ouverte sous sa blouse blanche, laissait apparaître quelques poils virils… autant te dire que pour ce qui est de l’amabilité et du sourire, je n’avais plus qu’à me gratter. Vu sa tête, je me suis demandée si je partais tout de suite en courant… ou si j’optais pour l’achat d’un sirop contre la toux, pas très utile dans l’immédiat, certes…
Finalement, je me suis dit qu’à mon âge, hein… ce n’est quand même pas une petite bévue qui allait m’arrêter. Je me suis lancée. Non sans me rapprocher de lui quand même, histoire de faire dans la discrétion.
Moi - Pardon. Monsieur.
Lui - Y’a pas de mal.
Moi - Ah ça… madame alors…
Ouais ben hein.
Moi dans ma tête de fille stressée aux mains moites, ça a fait mal/mâle et avec mes réparties à la noix… je me suis retrouvée à ricaner bêtement, toute contente de mon humour à deux balles destiné à détendre l’atmosphère, et qui a fait que je me suis retrouvée face à un gars totalement crispé qui non seulement me prenait pour une tarée mais qui en plus était aussi tendu qu’une ficelle de string sur le cul d’un éléphant.
Essaye d’acheter des préservatifs féminins à un éléphant…
Moi - hum, hum… heu… je voudrais une boite de Fémidon s’il vous plait…
Lui - Une boite de quoi ?
Moi - De Fémidon… s’il vous plait mad… m’sieur.
Lui - C’est quoi ça ?
Moi - Heu… connard… des préservatifs féminins…
Lui - Ah bon… je ne sais pas si on a ça nous… ISABELLEUUUUU…
Voilà -t’y pas que l’énergumène se met à hurler à travers l’officine comme un putois coincé dans un arrosoir… “ISABELLEUUUUU, ON A CA, NOUS DES PRESERVATIFS FEMINIIIIINNNNNS ? J’AI UNE CLIENTEUUUU QUI EN VEUT UNE BOITEUUUU”
Inutile de te dire que je suis devenue aussitôt le point de mire de toutes les personnes présentes dans la pharmacie. Y’avait plus un bruit, plus un mouvement… un truc de malade. Quelqu’un serait entré à ce moment là dans l’officine, il aurait cru qu’on jouait à “un, deux, trois, soleil”, et que le soleil c’était moi… en plus comme j’étais rouge tomate…
Tu penses bien que la réponse de l’Isabelle, tout le monde l’attendait. “OUIIIIII. JE T’APPORTE CAAAAAAA“. Tu crois que les gens, ils seraient retournés à leur vacuité, toi ? Que nenni !! Tous ils ont commencé à guetter l’Isabelle, espérant apercevoir je suppose, un bout de la chose… de fait.
Quand l’Isabelle a donné la boite au gars devant moi et que celui-ci me l’a montrée en disant “c’est bien ça ?“, et bien je te jure que sans exagérer, y’a eu un mouvement de foule vers nous.
Y’a une dame qui a dit “je ne savais même pas que ça existait c’te chose“, un monsieur qui a dit “y’a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui s’y collent“, un autre qui a demandé “mais ça marche comment c’t'affaire” une discussion a commencé… manquait plus que Michel Polac … deux secondes je me suis demandée si je n’allais pas être obligée de faire une démo gratuite devant tout le monde.
J’ai pas attendu la réponse.Â
Moi j’ai balancé les sous sur le comptoir.
J’ai presque arraché le sac en papier des mains du pharmacien.
J’ai dit “au revoir madame” et je suis partie en galopant…
posté le 29/08/2008 | 879 vues | 6 commentaires | tags: Préservatif féminin contraception humour
Oups !! Voilà l’oubli du “M” réparé, merci Zan.
Effectivement la discrétion que ce soit de la part du pharmacien ou par la suite de la part des clients, n’était pas de mise ce jour-là , et moi j’étais vraiment mal à l’aise… stressée par mon achat, ensuite par mes bourdes… je n’en menais pas large, je dois avouer.
C’est l’objet de mon prochain post… mais je peux te révéler en avant première la réaction de mon “testeur”…
Quand je lui ai demandé ce qu’il en pensait, il n’a eu qu’une phrase “pour qui aime les poupées gonflables, ce doit être le top”. Voilà …
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1er com’ : il manque un “m” dans le titre
mais alors l’article, terriiiiiiible : je me marre !
je suis toujours fascinée par la curiosité (qui a ajouté “malsaine” ?) des gens dans les lieux publics !