Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

Storia Giovanna

Moi si j’Ă©tais un homme, je serais Joe Strummer…

Si j’avais Ă©tĂ© un homme, j’aurais effectivement Ă©tĂ© Anglais. Je serais nĂ© dans les annĂ©es 1950, dans la reconstruction de la Seconde Guerre mondiale. Mon enfance aurait Ă©tĂ© heureuse, mĂŞme si je n’Ă©tais pas entourĂ© dans le psychĂ©dĂ©lisme de mes compatriotes du Swinging London.

joe_strummer2.jpgMon père diplomate, j’aurais bĂ©nĂ©ficiĂ© de la sociĂ©tĂ© anglaise des Trente Glorieuses. ArrivĂ© Ă  l’adolescence, j’aurais Ă©tĂ© dĂ©soeuvrĂ©, j’aurais traĂ®nĂ© ma rage et mon ennui dans les pubs de ma ville bourgeoise en Angleterre. Et puis j’aurais eu l’idĂ©e, au lieu de caillasser les rues, de monter un band avec deux-trois potes pour cracher ma haine Ă  la face du monde.

Et puis arriva 1975 et un nouveau mouvement musical arrivé des rues de New-York. Des groupes comme The Stooges et The Ramones auraient insufflé un vent nouveau sur le rock, qui commençait à se sentir bien vieux, avec ses idoles embourgeoisées telles Mick Jagger et ses châteaux français. Un vent de révolte se déclenche alors dans la jeunesse anglaise dont je fais partie.

J’aurais pris mon micro… et mes mots auraient claquĂ© comme des coups de poing. Je me serais senti galvanisĂ© par toute ma gĂ©nĂ©ration qui se serait reconnue dans ma rĂ©volte. J’aurais incarnĂ© une sorte de dĂ©nonciation de l’injustice sociale. J’aurais mis du fond au dĂ©bat, quand certains mettent la forme en avant, tel Johnny Rotten et sa bande.

J’aurais vu Ă  quel point mon pays allait mal, avec cette Dame de Fer. Et surtout, j’aurais Ă©vitĂ© toute cette pression due Ă  la galvanisation de mon image. C’est ce qui m’a perdu, moi et mes compagnons de fortune. La thune, la drogue, les conflits permanents, la cĂ©lĂ©britĂ©… Malheureusement, nous n’avons pas rĂ©sistĂ©. Aurions-nous dĂ» rester dans l’underground indĂ©finiment ?

Bien sĂ»r, si j’avais suivi le mĂŞme chemin, je me serais rachetĂ© une conduite, mĂŞme si au fond, je n’aurais jamais arrĂŞtĂ© les mirages de la drogue qui auraient fini par m’user. La vieillesse prĂ©maturĂ©e et la maladie m’aurait rattrapĂ©, et je resterais Ă  jamais une lĂ©gende pour tous ceux que la rĂ©volte contre l’injustice sociale anime.

Si j’avais Ă©tĂ© un homme, j’aurais Ă©tĂ© cet homme : John Graham Mellor, alias Joe Strummer (1952-2002).

 

Signaler un abus

Envoyer Ă  un ami

Derniers commentaires

 

Mon père avait failli le voir en concert, avec les Clash, juste avant sa mort…


 

Je ne connaissais absolument pas ce chanteur avant d’avoir lu ton article. J’ai plus qu’une envie, m’acheter un best of pour voir ce que sa donne !


 

london calling, ma cocotte, london calling !


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

Laurie
Laurie a posté un commentaire. (10:40)
Nouvelle 30naire
Nouvelle 30naire a posté un commentaire. (10:09)
Laurie
Laurie a posté un article. (10:07)
Nouvelle 30naire
Nouvelle 30naire a posté un commentaire. (10:05)
electricalstorm
electricalstorm a posté un commentaire. (23:28)
Previously on LR

Paulette, émancipée ?

J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...

Bref : un phénomène de société ?

Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...

Récit de concert où glam et bière peuvent rimer

Ce jour-là, j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...

Paradigme de la vie et des relations par mon chat

Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...

Ne pars pas

C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...

D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère

Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog