A l’occasion de cette journĂ©e, je poste une fiction que j’avais Ă©crite en mai, dans le cadre d’un concours lancĂ© par Zoridae et dans laquelle je fais parler un personnage masculin. L’histoire est inspirĂ©e d’aventures arrivĂ©es Ă plusieurs de mes amis. Un savant mĂ©lange de tranches de vie masculines, donc.
“Le patron est tombĂ© sur ma boĂ®te mail. Quand je dis tomber… Il a plongĂ© dedans yeux Ă©carquillĂ©s et, patinant sans vergogne du doigt sur la molette, il a tout vu. Je sais pas comment j’ai pu oublier de fermer mon compte, encore moins d’Ă©teindre la bĂŞte. Je crois que j’Ă©tais au tĂ©lĂ©phone avec ma femme en partant ce soir-lĂ , je me souviens pas. C’est sĂ»rement ça. Après quatorze heures de boulot, quand je suis bien vannĂ©, c’est toujours Ă ce moment-lĂ qu’elle croit bon de jouer les sirènes d’alarme.
Ça ne sert Ă rien : je vais rentrer. Je lui ai expliquĂ© plusieurs fois : savoir que je vais ĂŞtre battu Ă froid Ă mon retour me donne plutĂ´t envie de bosser encore un peu. Mais madame semble se complaire dans le reproche contre productif : mauvais mari, père absent. Pourtant elle saurait me faire accourir… Elle s’y prendrait par exemple dès le matin. Avec trois fois rien elle pourrait m’enchaĂ®ner Ă son souvenir, me flanquer un sortilège bien Ă elle, me coller une persistance rĂ©tinienne Ă me rendre dingue. Un regard un peu appuyĂ© assorti d’un “Ă ce soir” sussurĂ© de sa voix chaude et je serais programmĂ© pour la journĂ©e sur le mode “retour”.
Elle aurait l’oeillade assassine ; je la vois d’ici, les paupières en amande battant sur ses vastes prunelles humides façon manga Ă©rotique. Seulement voilĂ , user de ses diaboliques attraits lui effleure de moins en moins l’esprit. “Non seulement t’es pas pressĂ© de voir ta famille mais en plus il faudrait que je t’accueille la fleur au fusil, le sourire au lèvre, le string tendu et la vaseline dans la main gauche tant qu’on y est ?!”
J’aime bien quand elle s’emporte, c’est toujours lĂ que point son humour un peu trash.
Ça devait ĂŞtre un de ces soirs-lĂ , longue journĂ©e de travail et ambiance Ă©lectrique au bercail. Le boss a dĂ©piautĂ© tout mon courrier de la semaine. Il a vu ce que je fomentais dans son dos Ă lui. Devant ses yeux a dĂ©filĂ© tout l’historique de mes recherches. J’ai Ă©tĂ© convoquĂ©. “Alors comme ça, en douce, sans prĂ©venir, tu prĂ©pares ton dĂ©part de la boĂ®te ?” a-t-il balancĂ© sans ambage. Puis il m’a grassement augmentĂ©.”
Photo : (c) Don Solo via Flickr
posté le 26/08/2008 | 600 vues | 3 commentaires | tags: fiction homme femme
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