Mais pourquoi lui et quel lien avec la journée « si j’étais un homme » ? Tout simplement parce que, si je pouvais être homme pour un jour, je voudrais comprendre le mâle dans toute sa splendeur, dans toute sa cruauté, son orgueil, sa toute puissance et son désir de domination. Et César en est l’exemple parfait.
Ainsi, je serais un guerrier couvert de gloire et je pourrais enfin expérimenter ce cocktail explosif qui fait que, depuis la nuit des temps les hommes combattent des autres hommes : pour la suprématie d’un territoire, pour conquérir des richesses, pour une femme, pour faire des esclaves ou juste pour le plaisir ? Je pourrais enfin savoir ce que c’est de tenir dans sa main un outil de guerre annonceur de mort et de deuil pour les femmes restées au foyer : que ce soit une simple pierre, un arche, une épée (et extrapolons aux fusils, canons et ensuite chars et avions) je pourrais enfin savoir quel est ce sentiment qu’on ressent avant la confrontation avec son ennemi, pendant la bataille après avoir tué ses adversaires et après sa victoire en voyant les cadavres des vaincus étendus à mes pieds. Peut-être qu’en faisant le baptême de la mort, de la bataille et du pliage je pourrais enfin comprendre pourquoi les hommes tuent des autres hommes depuis des siècles et commettent des actes abominables à mes yeux de femme sensible, donc faible.
Je serais aussi un érudit : oui, car César était loin d’être une brute de guerre entraînée uniquement à tuer et à gagner des batailles : pendant très longtemps (mais on tend à l’oublier aujourd’hui) les femmes n’ont pas eu accès au savoir. Uniquement les hommes avaient le privilège d’apprendre, de connaître, de développer leur esprit et leur intelligence. Les femmes, trop occupées avec l’entretien de la maison et d’autres choses futiles comme la broderie et la meilleure recette de marmelade, ont été interdites des écoles et des centres de savoir. En étant l’homme le plus puissant de mon temps, en étant César, je pourrais enfin comprendre pourquoi. Les hommes avaient peut être peur, ont-ils vu une menace à leur suprématie dans l’éducation des femmes ?
Je saurais être un amant et je pourrais sans doute comprendre ce que pousse les hommes à chercher toujours une nouvelle femme, une nouvelle sensation, une nouvelle peau fraîche à caresser, ou, au contraire, qu’est-ce qui fait qu’ils vont rester fidèles à leur compagne pendant toute une vie ? Je saurais enfin qu’est ce qu’on ressent quand on a devant soi une belle femme raffinée et non pas une des moindres, mais la célèbre Cléopâtre ! Que est-ce que la beauté, l’intelligence, le raffinement, le mystère, la fascination produisent comme effet chez homme et combien de temps ça dure ? Comment aime un homme ?
Et finalement, je serais quelqu’un qui aurait marqué l’histoire. Pendant trop longtemps les femmes sont restées dans l’anonymat, n’ayant pas le droit de participer à la vie publique et politique autrement que par des intrigues de cour. En étant César j’aurais mon nom marqué pour l’éternité dans les livres pour avoir grandi l’empire, pour avoir facilité la voie du premier empereur et ainsi ouvert l’ère de la Rome grandiose et splendide qui a marqué l’histoire de l’Europe à jamais.
Voilà ce que je voudrais comprendre chez les hommes, chez vous, « les mecs », en une journée. Mais je pense qu’il y a une question que je me poserais à la fin de cette expérience :
Homme, si à tes cotés, toujours fidèle, toujours humble, tu n’avais pas eu une femme, une femme pour prendre soin de ta maison pendant que tu partais en guerre, une femme qui donne vie et élève des enfants, tes descendants, une femme qui soigne tes blessures et te donne du courage dans les temps durs, où en serais-tu aujourd’hui ?
Photo : (c) Grufnik via Flickr
posté le 24/08/2008 | 732 vues | 3 commentaires | tags: si j'etais un homme
En fait, tu serais un homme pour mieux comprendre comment ils peuvent voir la femme, leur façon de nous représenter, de nous idéaliser, ou de nous mépriser, parfois…Pour banir à jamais ces époques pendant lesquelles des écrivains aussi superbement fougueux, furieusement doués, que les soeurs Brontë, devaient d’abord endosser un pseudonyme masculin.
César est passé à la postérité pour son ambition, les guerres qu’il a menées, les femmes qu’il a plus que côtoyées, mais aussi^pour
la façon dont il est mort : assassiné par son fils adoptif, Brutus. Je ne lui envie ni sa vie ni sa mort.
D’ailleurs, il est frappant de constater que dans la majorité des cas, les hommes “célèbres” le sont devenus par leur orgueil démesuré ou les oppositions qu’ils int menées, peu importe qu’ils soient guerriers, poètes, peintres, sculpteurs… Toujours ce besoin de sortir de la masse. Que devient l’humilité dans tout cela ?
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