Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

Barb

S’il y a bien un examen qui marque l’accès à l’indépendance, c’est le permis de conduire. Peut-être moins pour nos chères parisiennes dont les transports en commun sont bien développés, mais pour les autres, pour toutes celles qui vivent dans la cambrousse, au fin fond de l’Ardèche profonde ou ne serait-ce qu’à Aix-en-Provence comme moi à l’époque. Obtenir le papier rose c’est un peu comme obtenir un visa pour la liberté.

permis.jpgC’est d’ailleurs surement parce que je mettais autant de poids et de symbolique dans ce bout de papier que j’ai eu autant de mal à l’avoir ce permis. Car même si je suis un as du volant, j’ai quand même passé 5 fois mon code et 4 fois mon permis !

Voilà le décor est planté, toutes celles qui ont autant galéré que moi, se verront réconfortées de ne pas être la seule dans ce monde injuste et tous les ingrats chanceux qui ont réussi du premier coup pourront se gausser dans leurs bagnoles ! Ce n’est pas la peine de rouler des mécaniques car le permis de conduire n’est finalement qu’une histoire de chance. Une chance sur deux pour être plus juste car près de la moitié (54% des français) se font recaler au permis de conduire.

Alors soit on entre dans la spirale vertueuse, soit la spirale infernale. Pour ma part, le permis n’a été qu’une succession d’obstacles pour obtenir le droit d’avoir le A sur le pare-brise arrière, et finalement, j’étais un peu comme Indiana Jones dans la dernière croisade pour obtenir le St Graal. Une héroïne des temps modernes en quête du papier qui me délivrera de ma campagne et pouvoir ainsi tracer, avec ma twingo spatiale, vers des contrées lointaines, cheveux au vent et musique à fond.

Mais avant d’être sur la route toute la sainte journée, il me faudra passer moult épreuves :

Le code ou l’épreuve du pif

Le code de la route c’est un peu comme les maths, mais à l’envers. En math, on connait la formule pour obtenir une réponse mais on serait incapable d’expliquer le raisonnement. Avec le code de la route, c’est le contraire, on pourrait expliquer le raisonnement mais bizarrement la réponse est toujours fausse. Heureusement que j’étais nulle en math du coup, car j’ai pu avoir mon code mais je serai incapable de dire pourquoi à la 5ème fois plutôt que la première. Surement une histoire de statistiques et/ou surtout de probabilités chanceuses ce jour là. Quoiqu’il en soit, l’important est le résultat au problème : j’ai mon code.

Les heures de conduite ou l’épreuve du courage

Il ne s’agit plus d’une équation à plusieurs inconnues pour les heures de conduite mais plus un mental d’acier pour passer cette étape. Car du courage il en faut pour apprendre à conduire. Et pas seulement pour le moniteur. Car c’est bien connu, tous les moniteurs d’auto-école sont timbrés.

Pour preuve, j’ai du changer 3 fois de moniteur. J’ai recalé le premier car je ne supportais plus qu’il me demande d’accélérer dès qu’il voyait un piéton étranger. J’ai arreté avec le second moniteur car je ne supportais plus son regard lubrique sur mes jambes, trop dangereux et surtout trop compliqué de faire le regard noir en même temps que de regarder dans le rétro de droite, gauche et central avant de tourner. Enfin, j’ai terminé avec un moniteur-pompier qui m’enfumait toute l’heure même à 8h00 du mat avec des gauloises sans filtre. Bref du courage, et tout ça pendant au moins 25h !

Mais après, vous pouvez enfin passer votre permis. Sauf que là où je pensais que c’était la finalité de toutes ces épreuves, ce n’était en fait que le début de la fin !

L’examen ou l’épreuve de l’injustice

C’est toujours la première fois qui conditionne ensuite notre comportement face à un événement. Pour le permis, ça a été le cas. Je suis arrivée on ne peut plus confiante ce matin d’été, sure de mon coup. L’examen s’est superbement passé, arrivé à bon port, j’ai maîtrisé le créneau comme un chef et pourtant… Et pourtant ce salop moustachu ne m’a pas donné le permis car je n’avais pas RE-regardé avant de traverser une route sur laquelle il n’y avait pas âme qui vive jusqu’à 6 kilomètres !

J’étais jusque là inconsciente de l’injustice de la vie. Je suis rentrée chez moi l’âme en peine. En bus. bien évidemment.

Lorsque j’ai repassé l’examen j’étais tellement stressée, j’allais à 2 à l’heure, que là pour le coup j’ai compris pourquoi on me le donnait pas : j’ai grillé une priorité, faillit renverser un piéton la troisième fois.

J’étais catégorisée “danger public”, moi !

La réussite ou l’accès au monde supérieur

J’étais épuisée, désespérée, tous mes espoirs d’indépendance s’évaporaient peu à peu. Et je devais repasser mon permis. Encore une fois. J’avais pas dormi de la nuit, je me faisais chambrer par tous ces machos de ma famille. J’avais la pression.

Ni les séances de coaching routier, ni les suppléments d’heures de conduite et encore moins les dimanches après-midi devant turbo n’ont réussit à me faire avoir mon permis. Sauf une chose - et tant pis mon égo de femme forte - le seul subterfuge qui a réussit à faire de moi un simili de M. Schumacher a été un lexomil. Ironie du sort, j’ai atteint le monde supérieur de l’indépendance, la magie de la liberté grâce à un stupéfiant.

Mais, quand on a un objectif qui implique une question de vie ou de mort, la fin justifie les moyens. Alors une fois le papier rose extirpé des mains de mon bourreau j’ai filé dans ma voiture, musique à fond et clope au bec, une main sur le volant et l’autre bras ballant à la fenêtre, peu important la direction car maintenant j’avance !

(c) bricolage.108 via flickr

 

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Derniers commentaires

 

Une amie française m’a dit que le permis de conduire était devenu un véritable business en France, à tel point qu’il est à peu près impossible de l’avoir du premier coup, tellement c’est un marché lucratif, est-ce vrai? En tout cas chez moi en Suisse c’est pas évident non plus, enfin surtout une question de bol (ou pas…) Par contre au bout du 3e échec, ne rigolez pas, on vous envoie voir un psy!


 

Moi je l’ai eu du premier coup…! Tu me hais?


J’avoue que j’ai eu du bol et je l’ai fait en automatique alors… mais je me suis quand même donné de la peine pour l’avoir alors ma fois ca paie!

Sinon c’est vrai qu’en Suisse c’est chaud pour l’avoir surtout niveau sous faut compter vraiment beaucoup, donc si t’as pas papa/maman derrière t’es mal barré…


 

Ah ça c’est sûr que à la campagne, il faut une voiture.

Tellement sûr que là où j’habitais avant (autant dire la contrée et propriété des vaches, canards, oies et autres grandes personnalités de basse-cour…), dès que quelqu’un avait 16 ans c’était conduite accompagnée avec papa-maman, et à 18 : PERMIS!!!!!!!GO TO THE LIBERTYYYY


 

J’ai eu mon permis (americain) aujourd’hui. Le suisse suivra cet hiver…


 

J’ai toujours pas mon permis … une histoire bien chiante qui est loin d’être terminée pour moi … je suis complètement démotivée.


 

Moi aussi j’ai mis du temps à avoir ce permis (5 fois le code et 3 la conduite)! Mais maintenant c’est musique à fond dans la polo et la liberté. C’est un mauvais moment à passer.


 

je l’ai pas… et je ne suis absolument pas motivée pour l’avoir : je n’en ai pas besoin :)


 

Eh binnn

Moi heureusement j’ai eu mon code du premier coup !

mais en ce qui concerne la conduite…premier permis précipité dans les dates, c’était sûr que ça allait foirer j’avais pas confiance en moi au volant…j’étais même angoissée !

là ça va mieux je le repasse bientôt mais j’ai pas le droit de me foirer sinon je n’aurai plus qu’à tout recommencer (le code ne sera alors plus valable pour des questions de délai)… :/

alors bon on se motive hein, et j’ai fait des sacrés progrès! :p moins de stress, plus d’assurance, c’est ce qu’il faut pour obtenir le graal !

bon courage à toutes celles qui le passent, repassent ou re-repassent, parce qu’il y en a plus qu’on ne le pense…

pour les quotas je ne sais pas …on doit exagérer un peu, mais il doit y avoir du vrai quand même !


 

C’est clair qu’en France c’est une question de chance… Si le type est bien luné, en fait hein, tout de suite ta chance de réussite devient mirifique !

Moi j’ai eu le code du premier coup mais ric-rac (le bol) et le permis aussi mais là c’était vraiment abusé ! Je l’ai passé dans un bled paumé et en plus le gars m’a fait partir dans la cambrousse : genre j’ai dû avoir un stop sur ma route, puis le parking d’une église ! en 10 minutes c’était torché ! La pauv’ nana qu’est passé après moi (ils nous embarquaient à deux candidats) il l’a faite aller en ville, et elle a fait connerie sur connerie… ça aide aussi ! gniark gniark !


Et comble de la chance, je l’ai eu une semaine avant que ça devienne le permis probatoire, truc à 6 points au début et 12 si t’as été sage !


 

Personnellement, j’ai eu mon permis le 16 décembre 2002, à presque 20 ans, après 3 ans de conduite accompagnée, près de 60h de cours, un code in ze pocket, 2 tentatives désespérées et plusieurs crises de nerfs. Je me souviens de deux événements qui marquent la difficulté de la tâche.


Lors de mes premières heures de conduite, j’étais à un stop sur une route de campagne. Mal assurée, je m’engage presque à contresens de la route. Mon moniteur s’en mêle et j’ai failli me retrouver dans le fossé. Réaction de mon moniteur : “En 30 ans de métier, je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie.”


Lors d’une visite intermédiaire, avec ma mère et mon moniteur. Je me démène tant que je peux avec la voiture. À un moment, le moniteur me dit : “Gare-toi”. Je me suis garée, et j’ai fondu en larmes. Ma mère de même. Le moniteur aussi. Nous étions en train de piquer une crise de nerfs.


Autant vous dire que le moniteur (prénommé Didier) a eu le droit à sa bouteille de champ’ quand j’ai enfin eu mon permis. Depuis, deux graves accidents (une camionnette dans un virage en 2004 et une bite de trottoir en 2006), 3 points de moins et 90 euros d’amende (octobre 2006, c’est plutôt sévère, l’oubli de ceinture de sécurité!) et plusieurs contrôles de gendarmerie plus tard, je ne regrette pas de vivre à Paris!


 

il y eu un temps où le permis me servait.

Aujourd’hui, je vis à Paris et je l’ai vendue…


Je ne connais plus les joies de cette liberté que j’aimais tant, partir n’importe où, n’importe quand, juste parce que j’en avais envie.


Je suis contrainte des transports en communs et moins je les prends, mieux je me porte..


ps : pour le boulot, j’y vais à pied !! :-)


 

Bon évitez de me taper les filles mais … BORDEL COMMENT ON PEUT NE PAS AVOIR SON PERMIS QUAND ON LE PASSE PLUS DE 2 FOIS ???

Et le code j’en parle pas, c’est du par coeur.


J’ai tout eu du premier coup et pourtant mes parents trouvaient que j’étais un danger public. La suite leur donenra tort puiqu’à ce jour je n’ai pas eu un seul accident et encore tous mes points.


Je comprends pas qu’on en fasse tout un plat de ce truc, la plupart des gens de mon entourage l’ont eu du 1er ou 2eme coup.


Ca restera un mystère pour moi les gens qui doivent le passer 4 ou 5 fois. Et en même temps, je ressens une certaine admiration, parce qu’en ce qui me concerne, je ne suis pas sure que je me serais autant motivée pour le repasser encore et encore.


Donc bravo à celles dont la motivation n’a jamais failli. Chapeau bas.


 

J’ai eu mon code et la conduite du premier coup ! (patapé…) Je me reconnais à 200% quand je lis que le code c’est l’epreuve du pif. A l’auto école, je ne faisais JAMAIS moins de 3 fautes. Comme quelqu’un s’était desisté mon moniteur m’a proposé d’y aller à sa place. Comme j’avais un forfait “all included” j’y suis allée un peu à l’arrache. De toute façon je savais que je ne l’aurai pas ! Et bah, je l’ai eu !

Pour la conduite… ils auraient peut être pas du me le refiler… J’ai eu 2 accidents (par ma faute) dans ma première année de conduite. Autant dire que les assurances ont joué leur p*tes sur le coup… mais bon c’est pas le propos !


 

Moi je l’ai eu du premier coup après seulement 5 leçon! Mais c’était il y a très longtemps, et aujourd’hui ma fille ne veut pas le passer. Take care sur la route quand même.


 

J’ai eu mon code du premier coup, et le permis au bout de la cinquieme fois (en changeant d’auto ecole) et je suis loin d’etre la seule a etre une handicapee de la conduite quand je vois le nombre de personnes autour de moi dans le cas, ou etant oblige de repasser le code parce qu’il a perime…

Le permis c’est effectivement devenu tres commercial vu la facon d’agir des auto-ecole…


Quand il y a foule et qu’on doit attendre pres de deux semaines pour avoir des heures de conduite, qu’on a 15 moniteurs differents qui ne sont pas d’accord entre eux, qu’une heure pour une auto ecole c’est plus proche de 40-45 min que de 60min parce que le moniteur a des courses urgentes a faire ou qu’il arrive en retard, qu’on est stresse et qu’on perd ses moyens le jour J… forcement ca ralentit bien vite les choses…


Une etude a montre que les personnes reflechies qui ont besoin de comprendre pour pouvoir reproduire l’action, mettent plus de temps a avoir leur permis que les personnes qui y vont tete baissee, sans se poser 1000 questions…


 

bien dit PhotoFilm!

en fait faut arrêter de réfléchir pour l’avoir (bon dans la limite de la connerie : arrêter de réfléchir mais pas d’être vigilant !)…le fait d’ANTICIPER (c’est con à dire) m’a beaucoup aidée après mon échec ! et de relativiser aussi (mais pas facile vu le prix de l’heure qui ne cesse d’augmenter…à 39euros c’est un peu stressant !) et d’être détenduuuue. Oui parce que perso si je panique c’est foutu et je deviens hyper dangereuse (lâche les pédales, ou se goure de pédales, ne sait plus passer les vitesses ni tenir le volant droit…)!! alors que bon en étant relax ah bah? oui c’était simple en fait.

Sauf qu’on ne joue pas avec la vie alors voilà! (j’ai été blessée dans un accident de voiture en tant que passagère et depuis je ne vois plus les voitures de la même manière mais comme de probables missiles..rassurant hein ?^^ non en vrai faut relativiser et essayer de toujours garder son sang froid, sinon c’est foutu. )


 

C’est vrai que le prix des lecons, du passage de l’examen et tout le reste rajoute une sacree pression en plus vu que si on rate, c’est reparti pour un tour et debourser a nouveau une grosse somme qu’on a pas, et que l’on va donc devoir demander a l’autorite parentale sous peine de perdre du temps…

Faut s’accrocher et ne pas abandonner en cours de route.

Bon courage a celles qui ne l’ont pas encore…


 

@ M’dame Jo : félicitations ! c’est parti pour la route 66 alors ;)

@ Vio : courage courage…

@ Ladie-Ic : Comment ça t’as vendu ton permis… ? ;)

@ Rumeur : Après 5 leçons ?! J’y crois pas, tu devais avoir la conduite accompagnée alors…

@ PhotoFilm : Ô grand merci ! :)


 

Ah le permis…

Je me suis inscrite au code après un an de négociation avec mon père (on était pas d’accord sur le choix de l’auto école: lui voulait celle où mon frère avait fait conduite accompagnée et permisB, moi celle à côté du lycée, genre en face de la porte de sortie, où y’avait tous mes amis).

À 17ans, j’ai gagné, et ai poussé les portes de l’usine à permis.

Quelques mois plus tard, j’ai raté mon code, 9 fautes… :’(


J’ai vaguement oublié d’y aller pendant 1an, ai repris par ci par là en terminale. Et je suis allée à l’école à Paris.

Puis j’ai déménagé à Paris.

Puis en Australie.

Autant vous dire que le permis n’est pas ma priorité.

Ca va faire bientôt 6ans que je suis inscrite…


Promis, quand je reviens, je le passe…


 

Merci pour ton texte, il me réconforte. Ça fait 2 ans que je suis sur mon code, je l’ai toujours pas passé, je suis stressé à mort + la pression des parents. C’est relou !


 

j’adore ! et histoire de soulager tout le monde j’ai 38 ans, je n’ai pas le permis, je suis inscrite depuis plus d’un an et je n’ai pas passé mon code ! alors, hein, vous voyez, vous êtes toutes mieux que moi sur ce coup là !


 

desprismes, ma soeur qui a eu son bac à 16 ans et son capes à 21 ans a du s’y reprendre à 6 fois pour avoir son permis…. mais c’est vrai que c’est bizarre. Comme disait mon grand père ” le permis c’est pas une question d’intelligence, la preuve (un imbécile notoire du village) l’a eu en une fois !


 

Je viens d’avoir mon permis, je suis hyper fière de moi, cet article tombe à point nommé.


Après 3 échecs, en 2002, je me sentais nulle.

Je me suis ré-inscrite sans rien dire à personne, pour moi, petit à petit je l’ai dit à mes collègues, puis mon geek a découvert le pot aux roses. En tous cas, je n’avais pas la “pression” sociale de le passer…et j’ai bluffé tout le monde en arrivant au volant !


NB : je suis tombé sur une super auto-école, où les moniteurs parlaient entre eux, forment une équipe et suivent ta progression. Je voulais le passer avant de partir en congés, ils pensaient attendre encore un peu, mais j’ai insisté, et ils m’ont fait bosser comme une tarée (2h tous les soirs durant 15 jours).


 

J’ai jamais eu de problème pour le code, ça me paraissait simple…

Par contre la conduite, c’est une autre histoire, ya toujours un truc qui allait pas, mais après 4 fois au bout de 3ans, je l’ai eu !!


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