Dès les premières minutes de Juno, on sait déjà à quel type de film on a affaire. Il ne s’agit pas d’un film américain « comme les autres » : non, nous sommes clairement dans le film « indépendant » (ne nous méprenons pas, ce terme évoque simplement l’idée que le film en question n’est pas un blockbuster produit par les grosses entreprises hollywoodiennes comme Paramount ou Warner - le cinéma indépendant outre-Atlantique emploie des stars et est, pour certains, plus que bien financé malgré leur détachement vis-à -vis des grosses boîtes de production).
Un film indépendant qui s’ouvre donc sur un générique dessiné, sur fond de All I want is you de Barry Louis Polisar (la BO est par ailleurs plutôt savoureuse, avec des titres de Catpower ou encore Belle and Sebastian), où notre fraîche héroïne Juno (Ellen Page, assez convaincante) avale des litres de Sunny-D (boisson à l’orange).
Je dois vous prévenir immédiatement : cette critique sera très subjective. On me répondra que toute critique l’est ; je rajouterais qu’en l’occurrence, celle-ci le sera nettement plus que les autres. Parce qu’il y a des réactions fortes à la vue d’un long métrage (et c’est ça qui fait que le cinéma est un art multiple et passionnant…), qu’on ne peut réprimer lorsqu’il s’agit d’expliquer ce qui a plu ou déplu dans ce dernier.
Et je dois avouer que dès ces quelques minutes de générique, j’étais déjà agacée. Agacée par l’accoutrement de la jeune fille, qui se veut légèrement décalé, mais est en fait soigneusement choisi pour correspondre à une certaine jeunesse qui, au lieu de cultiver son unicité, se fond au contraire dans le moule de ce qu’on appelle les « nerd ».
Les « nerd » sont des êtres en général passionnés d’informatique ou de science, et inaptes à la vie en société. Ce sont les fous du club d’échec au lycée… Bref, on veut nous faire croire que Juno en est. Qu’elle n’est pas dans son élément au milieu des adolescents de son âge. Cela sonne déjà très largement cliché, malgré la prouesse visuelle à souligner concernant ce générique dessiné. Et ce cliché sera confirmé par la suite : Juno n’est pas une folle d’informatique, c’est une fille qu’on va vouloir nous montrer comme fantasque et peu appréciée des autres.
Cela pourrait évidemment se tenir, mais comme tout le reste du film, cette démonstration de Juno en mal-aimée qui s’en fout complètement (n’oublions pas le cynisme recherché à tout prix par le scénario) sonne faux. Faux parce que les codes et les ficelles y sont trop énormes. Grimer Juno en pull à casquette rouge, comme une sorte d’uniforme, sent déjà le stéréotype ; de même que son (petit) ami fou des tic-tac et son téléphone hamburger… Il n’y a aucune fraîcheur ou légèreté, tout semble programmé pour nous dire : « regarde, elle est différente ». Au final, Juno est juste un cliché ambulant.
L’intrigue du Sunny-D est rapidement posée : Juno fait des tests de grossesse (elle a donc besoin de boire beaucoup pour faire pipi - décidément, quel humour décapant chez notre cher Jason !). Et même si le générique avait déjà commencé à me titiller, je suis définitivement convaincue que Juno va être une de mes pires expériences cinématographiques de 2008 quand je comprends qu’elle vient acheter ses tests à la supérette du coin. Et qu’elle fait pipi aux toilettes de la supérette, sans être gênée une seconde par le fait de dévoiler ce qu’elle est en train de vivre au caissier (qui visiblement, la connaît très bien).
La chose est simple : il va s’agir de la grossesse non désirée d’une adolescente de 16 ans. Juno est tombée enceinte par erreur, en couchant avec l’un de ses amis (pour tromper l’ennui, dira-t-elle - tout ce qui touche à la sexualité et au désir des adolescents est gommé…).
Ce thème est, à mon sens, assez grave pour être pris au sérieux. Jason Reitman a voulu en faire une comédie, soi-disant cynique, vu le niveau des répliques de Juno. Je me dois malheureusement de déclarer que non seulement, le pseudo-cynisme ne fonctionne pas une seule seconde (Ellen Page fait ce qu’elle peut, mais on n’arrive pas à croire que ses répliques soient vraies, elles semblent trop écrites pour faire une bonne comédie) ; mais en plus, le sujet est traité par-dessus la jambe, alors qu’il méritait un peu plus de considération, et un peu moins d’approximation que ce que nous donne à voir le réalisateur.
Que Juno décide de garder le bébé n’est pas un problème, et pourrait donner lieu à un très bon film. L’ennui, c’est que Juno décide de le garder après avoir été confrontée à une de ses camarades de classe anti-avortement, qui lui révèle que son bébé «a déjà des ongles». Phrase que Juno répétera, incrédule, comme si Reitman (et surtout sa scénariste, Diablo Cody, qui se défend de puritanisme car elle a été strip-teaseuse) voulait nous faire bien comprendre que c’était cet argument qui l’avait poussée à garder l’enfant.
Il y a là -dessous quelque chose que l’on pourrait qualifier de morale, et qui me gêne un peu. Je ne demande pas aux réalisateurs de faire des films pro-avortement s’ils n’en ont pas envie, et surtout, si cela n’est pas leur but. Mais vu la situation actuelle aux USA concernant l’avortement, un discours un peu plus modéré et réfléchi sur cette éventualité proposée aux femmes, et aux filles-mères comme Juno, m’aurait vraiment semblé mieux convenir à la situation décrite.
De même, pourquoi toute évocation de la sexualité est-elle proscrite ? On parle bien, quand même, d’une histoire qui a débuté par une coucherie. Le scénario s’en sort par une pirouette, prétextant l’ennui de Juno pour justifier son désir, puis enfin son attachement à l’ami en question (ils finiront ensemble, comme c’est mignon). Mais à quel moment, exactement, voit-on les parents de Juno lui parler de contraception, de protection contre les MST ? Alors oui, je sais bien que le but du film n’est pas d’être réaliste. Mais ce sujet-là ne méritait-il pas qu’on s’attarde un peu sur des sujets aussi basiques, et surtout, aussi nécessaires pour tous les adolescents qui allaient voir le film ?
Car enfin, hormis l’avortement qui est évoqué d’une manière assez peu flatteuse, le scénario se refuse à évoquer la réalité d’une grossesse pour une jeune fille de 16 ans, et surtout la réaction de sa famille qui n’est pas, logiquement, de sourire et de la prendre dans ses bras dès qu’elle a annoncé la chose…
Que me reste-t-il de Juno ? Eventuellement, le beau portrait de femme et de mère, interprété par Jennifer Garner. Elle seule sait rester loin de la caricature grotesque, et réussit presque à nous toucher. Quant à celui qui joue son époux, là encore, le scénario fait fausse route : cet homme de 30 ans qui craque pour une ado parce qu’elle aime Iggy Pop et Dario Argento semble, comment dire, totalement téléphoné. Et pas crédible pour un sou. Voire, là encore, caricatural (c’est un grand moment que de voir Juno et son ami trentenaire balancer des noms d’artistes « underground » mais quand même assez connus pour que le spectateur puisse se dire : « woah, quelle culture ! »).
Au fond, on est bien loin d’un Little Miss Sunshine auquel Juno a été maintes fois comparé, certes là aussi caricatural, mais qui avait le mérite d’être léger et frais. D’être drôle (les dialogues étaient autrement mieux écrits). Et surtout, de ne pas jouer avec des thèmes aussi graves et importants, en se permettant de montrer au monde que l’avortement, c’est mal, et que les adolescents n’ont pas de réel désir sexuel, simplement une certaine curiosité cynique pour la chose. Mieux vaut retourner voir le cinéma de Wes Anderson, qui sait traiter les thèmes graves avec la gravité requise, sans altérer une seconde sa puissance comique…
Il manque au film de Jason Reitman une âme, et une unicité propre. En reprenant des clichés, en accumulant des répliques trop cyniques, trop improbables, il saborde une histoire qui avait tout pour nous séduire. Et il met son actrice principale, pourtant géniale, dans une posture très délicate. Comment être naturelle en ayant des propos aussi peu crédibles, trop écrits ? De plus, en refusant de prendre position sur la question de la sexualité adolescente, il fait de son film tout ce qu’il voulait ne pas faire : une mièvrerie trop sucrée, écœurante, qui ennuie bien plus qu’un quelconque blockbuster. Dommage…
2/6
(d’autres critiques sur mon blog : http://tristana-cinema.blogspot.com)
posté le 05/08/2008 | 2130 vues | 44 commentaires | tags: Juno critique cinéma
perso, j’ai bien aimĂ©, j’ai trouvĂ© ça rafraĂ®chissant, justement.
que le scĂ©nario ait cherchĂ© Ă tout prix montrer une nana diffĂ©rente, pas de doute lĂ -dessus, mais au contraire de toi je trouvais ça rĂ©ussi. le personnage du petit copain est marrant, et je trouve que la galerie de personnages loufs signe une atmosphère; c’est une comĂ©die! si c’est pour faire des histoires qui collent Ă la rĂ©alitĂ©, autant faire un documentaire, non?
sur le fait que peu de gens rĂ©agissent comme on s’y attend (les parents quand elle dit qu’elle est enceinte, les parents adoptifs, elle-mĂŞme) on ne peut rien en dire puisque c’est le scĂ©nariste qui dĂ©cide. on aime ou on aime pas regarder un film oĂą les protagonistes ne rĂ©agissent pas comme on l’aurait fait.
par contre j’ai comme toi Ă©tĂ© choquĂ©e par le fait que la sexualitĂ© et la contraception soient Ă peine abordĂ©es. je pense par contre que c’est quelque chose de culturel et que peut-ĂŞtre, malheureusement, les jeunes amĂ©ricains ne disposent pas d’autant d’information que nous en la matière.
en même temps, soyons honnête, si Juno avait utilisé une capote, pas de film.
par contre, je n’ai pas du tout trouvĂ© que le perso de Jennifer Garner Ă©tait Ă©mouvant, (sauf peut-ĂŞtre Ă la fin quand elle prend le bĂ©bĂ© dans ses bras, lĂ elle prend enfin conscience de ce que c’est d’ĂŞtre maman) mais sinon c’est mĂŞme elle que j’ai trouvĂ©e caricaturale: la yuppie qui veut un gamin parce que c’est dans son plan de vie et de carrière planifiĂ© depuis l’enfance presque ridicule dans son obsession.
le personnage que j’ai trouvĂ© Ă©mouvant c’est finalement la belle-mère de Juno :)
et enfin, entièrement d’accord avec ta conclusion sur le cinĂ©ma indĂ©pendant.
je suis d’accord avec Dee Curl, le personnage de Jennifer Garner est ultra-niais et conventionnel au possible, mais j’ai passe un bon moment au cinema grace aux dialogues (certes improbables) et aux personnages plutot atypiques au cinema US. En revanche c est clair qu’il ne faut pas attendre de ce fim de soulever des choses profondes, ca reste de la hype “inde”. Je trouve tout de meme que c est une tentative de pied de nez (leger, certes) a l’administration Bush et a sa campagne de pub pro-avortement pour les gamines (un berceau vide sur fond noir et “$10 000, c est ce que coute en moyenne un bebe par an”).Il ne faut rien y voir de plus, ca reste de l’enterntainment de base sans valeur de reflexion.
Jeliza, j’aimerais bien que tu me retrouves cette fameuse pub, parce qu’une campagne pro avortement de la part de Bush, c’est quand mĂŞme super bizarre, je trouve. T’es sĂ»re de toi ?
Oui, Bush qui fait de la pub pour l’avortement, ça m’Ă©tonne Ă©normĂ©ment aussi. Au contraire, il voulait l’interdire je crois…
Pour le personnage de Garner, ce que j’ai aimĂ© c’est sa dĂ©termination, mĂŞme quand son mec la quitte. C’est lĂ qu’on se rend compte qu’elle a un vrai dĂ©sir d’enfant, et pas simplement un plan de vie (car sa vie risque d’ĂŞtre bien plus compliquĂ©e en tant que maman cĂ©libataire !). Je dirais Ă©galement que sa timiditĂ©, le fait qu’elle soit un peu coincĂ©e, la rend humaine, contrairement aux autres personnes pseudo-dĂ©tachĂ©s, pseudo-hype de ce film.
Contente en tout cas de lire vos réactions :)
c’est vrai que dans le sud des usa c’est tres puritain et les filles que j’ai pu rencontrer n’ont qu’une notion tres vague de la contraception. Les idees recues sont : pilule =produit chimique non necessaire = mal.
pour celles qui ont deja un gosse :sterilet = corps etranger a l’interieur de soi = tres mal.
reste capote ou sauter du train en marche, assez risque.
Plus il y a de nombreux cas ou en cas de grossesse desiree ou non , bref bonne nouvelle on va faire casquer le geniteur pour celle qui sont capables de s’en souvenir.
@jelizarose: si tu vas trainer a “5points” tu sais de quoi je veux parler.
Bref peut-etre suis-je bon public mais j’ai adore le film pour ce qu’il est a savoir un moment de detente
J’suis d’accord avec ta critique dans l’ensemble, j’ai pas trouvĂ© ca transcendant. En revanche, j’comprends pas vraiment pourquoi un film (blockbusters comme productions visant une cible plus restreinte) devrait faire office d’Ă©ducateur sexuel. C’est pas un spot de santĂ© publique mais un objet artistique en soi et -bien qu’engagĂ© j’en conviens- Juno n’a pas de vocation didactique.
Heu moi en fait je n’ai pas vu le film mais ayant vu la bande-annonce au cinĂ©, je comprenais pas pourquoi on le dĂ©crivait comme un film indĂ©pendant alors qu’il ne me semblait justement pas coller Ă l’idĂ©e que je me faisais des films indĂ©s qui maintiennent une certaine approche scĂ©naristique des sujets qu’ils abordent, loin de l’image mièvre et consensuelle qui se dĂ©gage des films grand public. Or concernant Juno, on voyait partout l’affiche, la bande annonce etc, et je restais perplexe quant Ă ce film, il a Ă©tĂ© encensĂ© par plusieurs critiques cinĂ© (vu encore comme un film indĂ©pendant lĂ©ger) et a connu un grand succès alors que je n’arrivais pas Ă ĂŞtre convaincue par son label “indĂ©”.
Merci de m’avoir confortĂ©e dans cette idĂ©e Tristana, mais peut-ĂŞtre que j’aimerai si je le vois en dvd (et en mode dĂ©tente surtout).
Pour moi, dans ce film, tout est pipeautĂ©, les dĂ©s sont faux dès le dĂ©part. C’est un film rĂ©ussi tant qu’on le lit comme un conte de fĂ©e. Il prĂ©sente des ressemblances frappantes avec l’histoire de Riquet Ă la houpe. Chercher du rĂ©alisme dans un univers qui relève du merveilleux n’a donc guère de sens :)
salut
J’ai vu Juno et j’ai vraiment passĂ© un super moment. En fait j’ai limite l’impression qu’on n’a pas vu le mĂŞme film vu ce que tu en as pensĂ© :)
J’ai trouvĂ© que Juno Ă©tait une super histoire Ă la limite du conte ou de la fable moderne oĂą les situations et les rĂ©actions des persos sont certes improbables mais finalement … on s’en fout totalement !!!! Juno c’est le voyage initiatique d’une jeune fille de 16 ans qui grandit Ă travers cette grossesse qui lui tombe dessus. Il faut se laisser porter par le film sans essayer de le plaquer sur la rĂ©alitĂ©.
Ce que j’ai trouvĂ© très positif dans ce film c’est la lecture diffĂ©rente de ce qu’on imagine de la grossesse d’ado. Les rĂ©actions de la famille sont un bon exemple : les parents respectent le choix de leur fille sans la culpabiliser Ă mort, l’accompagnent dans ces dĂ©cisions, la soutiennent … et je trouve que c’est plutĂ´t originale et moderne comme manière d’aborder ce sujet. Car finalement Ă n’importe quel âge on a le droit de dĂ©cider pour ce genre de chose et sans avoir Ă se justifier Ă l’infini. Et typiquement le coup du “les bb ont des ongles” qui est l’argument qui dĂ©cide Juno Ă garder son bb va dans ce sens. Y a t’il vraiment une bonne ou une mauvaise raison de choisir ou non l’avortement ? Non !!! L’important c’est de trouver LA raison qui ira dans le sens de son choix perso. De mĂŞme, le test de grossesse affichĂ© sans complexe : est ce que honte d’ĂŞtre enceinte ? Faut il forcĂ©ment se cacher pour pleurer ? A nouveau, pour moi la rĂ©ponse est non.
Enfin bref, j’ai vraiment trouvĂ© que le film proposait une parenthèse de douceur et d’humour en abordant de manière pas idiote le sujet complexe de la natalitĂ© aujourd’hui par ce face Ă face d’une ado enceinte et d’une femme stĂ©rile. Si les gens pouvaient ĂŞtre plus zen sur tous ces sujets hautement polĂ©miques peut ĂŞtre la vie serait plus simple :D
J’avoue que je suis très concernĂ©e par la question de l’avortement, et je sors les griffes dès qu’on commence Ă remettre ce droit en cause.
J’ai bien prĂ©cisĂ© dans ma critique que je sais pertinemment que ce film n’est pas fait pour ĂŞtre rĂ©aliste. Mais dans ces cas-lĂ , je ne comprends pas qu’on aborde le sujet de la grossesse adolescente, avec des passages qui se veulent sĂ©rieux (Juno qui pleure Ă la maternitĂ©, la confrontation avec le mĂ©decin qui fait son Ă©chographie, etc), si on essaie pas de prĂ©senter un message cohĂ©rent.
On peut faire une très bonne comĂ©die, sans pour autant traiter tous ces sujets par-dessus la jambe. Je prends l’exemple de Wes Anderson : il est le “chantre” du film indĂ© amĂ©ricain, et a plusieurs fois abordĂ© des sujets assez graves, comme la mort d’un enfant, le suicide, etc. Mais regardez DARJEELING LIMITED, ou THE ROYAL TENENBAUMS : est-ce qu’il Ă©vite de parler de sujets graves, ou est-ce qu’il les survole ? Non ! Lorsqu’un enfant indien meurt dans son dernier long mĂ©trage, il y a Ă©videmment des moments de comĂ©die (les trois frères au village), mais lors de l’enterrement, on sort de la comĂ©die pour ĂŞtre dans une gravitĂ© nĂ©cessaire pour le sujet Ă©voquĂ©. Je n’ai pas demandĂ© Ă ce que Juno soit rĂ©aliste ou grave, mais simplement que parfois, la gravitĂ© passe par autre chose que des larmes sur un oreiller d’hĂ´pital. Ce thème pouvait faire une comĂ©die gĂ©niale, mais en sachant la traiter. Et ignorer la sexualitĂ© chez les adolescents, de mĂŞme que la rĂ©action de parents nĂ©cessairement un peu dĂ©boussolĂ©s, ça me semble ĂŞtre très mal pensĂ©.
Quant Ă l’argument du conte, en gĂ©nĂ©ral un conte ou une fable nous apprennent quelque chose. LĂ , je n’apprends rien, si ce n’est que l’avortement et le sexe sans y rĂ©flĂ©chir, c’est mal. Mais aucune piste n’est donnĂ©e pour savoir comment agir quand on se retrouve dans cette situation. Sincèrement, si Juno parle d’un monde imaginaire, alors je prĂ©fère vivre dans ma rĂ©alitĂ©.
En fait, je ne trouve pas qu’il y ait un jugement de valeur dans Juno. A aucun moment, le film ne dĂ©livre un message contre l’avortement ou disant que le sexe sans protection c’est mal. Je trouve que c’est mĂŞme plutĂ´t l’inverse puisqu’Ă aucun moment Juno n’a droit Ă une leçon de moral.
C’est un peu comme Little Miss Sunshine : on rit du fait qu’il dĂ©place le cadavre du grd père mais personne ne ferait ça avec un vrai corps. C’est juste qu’on peut parler de chose grave comme la mort avec un regard dĂ©calĂ© et de l’humour.
Pour les films de W Anderson, j’avoue que je suis partie au milieu de la sĂ©ance de Darjeeling Limited tellement j’ai trouvĂ© ça chiant … donc je peux pas trop dire. Mais ce que tu exprimes de ces films ressemble qd mĂŞme pas mal Ă ce que tu reproches Ă Juno : alterner des moments dĂ©lirants avec des moments plus “durs”.
Je m’accroche un peu car j’ai vraiment bien aimĂ© Juno mais il en faut pr tous les gouts !!!!
Moi aussi j’ai l’impression de ne pas avoir vu le mĂŞme film que toi. J’ai beaucoup aimĂ©. J’ai trouvĂ© ça divertissant mĂŞme si le sujet est censĂ© ĂŞtre grave, on ne nous la joue pas moralisateur, le but du film n’est ni d’informer ni de sensibiliser, “Juno” c’est juste une tranche de vie. On nous fait partager le quotidien d’une gamine amĂ©ricaine basique, qui sort avec un mec basique et qui fait une connerie. Pas de jugement de valeur, c’est juste une tranche de vie. Comme d’autres ici je n’ai pas apprĂ©ciĂ© le personnage de Jennifer Garner, trop calculatrice et carriĂ©riste Ă mon sens. Mais franchement, je garde un souvenir de fraĂ®cheur de ce film.
@al bab : bravo, tu as reussi a exprimer en clair ce que je pensais de ce film
un conte n’est pas une fable et ne prĂ©tend ni nous apprendre quoi que ce soit, ni avoir une morale. Une oeuvre peut revĂŞtir la forme du conte sans ĂŞtre “chargĂ©” aussi efficacement de symboliques Ă©ducatives que les contes traditionnels (notamment ceux qu’analyse Bruno Bettelheim).
Euh tu m’excuseras, mais si. Un conte est quasiment toujours une histoire Ă portĂ©e symbolique, sinon on appelle ça une nouvelle…
Pour ceux qui bloquent sur l’histoire de l’avortement, je re-prĂ©cise qu’il n’y a pas que ça qui m’a dĂ©plu. J’ai aussi trouvĂ© les dialogues sur-Ă©crits, les situations pas franchement drĂ´les…
Je ne comprends pas l’intĂ©rĂŞt de ta critique? Tu es en train de dire que tu n’as pas aimĂ© un film pour des points très prĂ©cis qui ne sont que le reflet de tes goĂ»ts personnels, “je n’aime pas sa façon de s’habiller, son style nerd, son caractère cynique, ses parents, son petit copain, son tĂ©lĂ©phone…”
???
hĂ© oui, c’est une oeuvre, la vision d’un auteur, pas un film spĂ©cialement pour toi! Il existe des gens qui ont une vision totalement diffĂ©rente…
On pourrait faire la mĂŞme critique de tous les films de l’histoire! Je n’aime pas ET, parce que je ne comprends pas sa façon de parler, je n’aime pas les dents de la mer parce que ça donne vraiment une mauvaise image du requin, je n’aime pas little miss sunshine pour la scène finale franchement longue et chiante qui gâche tout.
Ton point de vue sur le traitement de l’avortement est lĂ aussi un peu excessif. Comme le dit Hasir plus haut, ce n’est pas un spot de santĂ© publique, c’est un film, une fiction. Dans la vie rĂ©elle, il y a 10 milliards de façons diffĂ©rentes d’aborder, d’accepter, de vivre l’avortement. Je pense que tu as un vĂ©cu dans ce domaine mais attention, il faut mettre un peu de distance!
Cependant je suis d’accord avec toi, je n’ai pas aimĂ© Juno non plus. Pas pour les dĂ©tails pointilleux que tu as citĂ©, mais parce que je me suis ennuyĂ©e, parce que son “humour ironique” ne m’a pas touchĂ©, et que c’est super facile de rendre une ado de 15 ans “dĂ©calĂ©e”. (n’est-ce pas le propre de l’adolescence de se chercher, et de se mettre en marge justement?) En tous cas ça ne vaut pas toutes les louanges qu’on a entendu c’est certain.
Enfin, ne penses-tu pas que ce film est au contraire un bon exemple de “production indĂ©pendante”, qui ne rentre absolument pas dans le moule des “grosses entreprises hollywoodiennes comme Paramount ou Warner ” justement ? Le mĂŞme sujet traitĂ© par Hollywood aurait rendu ça beaucoup plus dramatique, la fille complètement dĂ©sespĂ©rĂ©e par cette grossesse, l’annonce aux parents dans les larmes, on aurait eu le speech moralisateur de 3h de la fille du planning familial et j’en passe. Ici c’est tout le contraire, et je pense qu’ils ont rĂ©ussi leur pari puisque ça t’a dĂ©rangĂ© en tous points, et qu’on peut discuter de leur film!!
Sur le film, je suis assez partagĂ©e. J’en ai aimĂ© la “fraicheur” et l’impertinence affichĂ©e de l’actrice. Par contre, j’ai Ă©tĂ© choquĂ© de ce cĂ´tĂ© “pro-life” Ă peine dĂ©guisĂ©. Le foetus a des ongles, c’Ă©tait trop pour moi.
Pour la rĂ©fĂ©rence aux films de Wes Anderson, je pensent qu’ils ne jouent pas dans la mĂŞme cours et que tu ne peux pas comparer. Surtout avec Royal Tennenbaum qui est LA rĂ©fĂ©rence en matière de comĂ©die familiale. Tu ne peux pas comparer une truite avec un saumon.
Ouais, j’ai un peu l’impression que le fait que le film aborde un sujet qui te touche avec un point de vue qui te dĂ©plait te donne des critères d’analyse assez biaisĂ©s.
En outre, il faudra me dire oĂą le droit Ă l’avortement serait remis en cause, UNIQUEMENT parce qu’un film rappelle qu’il y a d’autres solutions que ce drame, ce qui est la stricte rĂ©alitĂ©, il faudrait peut-ĂŞtre le rappeler…
Quant au foetus qui a des ongles, c’est trop pour vous ? Mais il a un coeur, des doigts, un ventre, un cerveau, etc, bref tout ce qui fait un ĂŞtre humain. Oui, je sais le souci, c’est qu’en disant cela, on donne une personnalitĂ© au bĂ©bĂ©, plus moyen d’avorter tranquille, mais bon, faut assumer les consĂ©quences de vos actes jusqu’au bout.
Bon, faut que je vois le film désormais.
un foetus c’est une potentialitĂ© de personne et pas une personne humaine potentielle. Tu sait polydamas je viens d’avorter (a contre coeur) mais quand on a pas le choix , on peut pas faire autrement. Tu pense que c’est mieu de mettre au monde un enfant sans père, sans ressources financières , quel avenir pour ce petit bout ?
et je veux te corriger : il a une EBAUCHE de coeur, une EBAUCHE de cerveau , une EBAUCHE de rein, confond pas STP
@xena: comme tu l’as dit ailleurs on ne te connait qu’a travers ce que tu dis de toi et je profite de l’occasion pour regretter que tu n’ai pas decide de suivre l’exemple de Juno et tu connais deja mes arguments.
Maintenant c’est derriere toi et je te souhaite de rebondir psychologiquement. Profites de tes vacances tu en a grand besoin
Chez l’ĂŞtre humain, le fĹ“tus se dĂ©veloppe Ă partir de la huitième semaine[1] de grossesse, stade oĂą les principaux organes vitaux sont formĂ©s.
C’est chez Wikipedia, article foetus, deuxième paragraphe, je ne peux pas ĂŞtre plus clair. Alros Ă©videmment, je ne vous condamne pas, mais clairement, xena, il s’agit d’un ĂŞtre humain, son coeur bat, tout fonctionne Ă peu près correctement.
Et puis, je suis convaincu que mĂŞme si il n’y a pas de ressources, c’est toujours possible de faire face, la vie est toujours un cadeau.
polydamas il est clair que tu as des rĂ©f culturelles au dessus de la moyenne, mais sache juste que jusqu’Ă environ 6 mois de grossesse( en gros Ă partir du moment oĂą il y a un espoir de viabilitĂ©,) on parle d’embryon, terme qui dĂ©finit trĂ©s exactement selon moi, et d’autres, ce qui n’est pas encore un bĂ©bĂ©, mĂŞme si psychologiquement, la notion de bb s’installe bcp plus prĂ©cocemment. ensuite seulement, on parle de foetus, ce qui est bien diffĂ©rent
frenchi: je t’ai envoyĂ© un message en privĂ©
sand: tout Ă fait d’accord
polydamas : un enfant doit naitre dans un foyer stable et dans un foyer ou il a une mère qui peut s’occuper de lui et qui fait pas des Ă©tudes archi dures avec une sĂ©lection Ă la fin de l’annĂ©e prochaine. D’autre part , en tant qu’ex-Ă©tudiante en mĂ©decine reconvertie dans la science biochimique, je peux te dire (mĂŞme si je ne dĂ©tiens pas un immense savoir) car j’ai eu des cours d’embryologie et pendant le concours j’ai du ingurgitĂ© tout les stades de l’embryon: Ok, le coeur bat, mais ça n’est qu’une Ă©bauche tout comme les autres organes qui sont mis en place, en plus l’embryon n’a pas de cerveau mais juste une Ă©bauche d’encĂ©phale (si mes souvenirs sont bons) donc je pense qu’il n’a aucune conscience.
Je ne souhaitais pas lancer un dĂ©bat sur l’avortement, je connais de toute manière la position de Polydamas qui a Ă©tĂ© capable de me traiter de stalinienne dans un autre topic… Je ne rĂ©pondrais donc pas Ă ses bĂŞtises.
Par contre je veux rĂ©pondre Ă Leouz : je n’ai pas dit que je n’aimais pas la manière dont Juno Ă©tait habillĂ©e… j’ai expliquĂ© qu’elle Ă©tait grimĂ©e avec un uniforme qui se voulait dĂ©calĂ©, et que pour moi, c’Ă©tait au contraire tout sauf dĂ©calĂ© mais bien un nouveau stĂ©rĂ©otype. Ce film veut, comme tu l’as dit, sortir du stĂ©rĂ©otype du mĂ©lo hollywoodien, mais il y a autant, si ce n’est plus, de clichĂ©s dans ce film que dans un mĂ©lo, notamment en ce qui concerne les fringues savamment choisies, les rĂ©fĂ©rences elles aussi rĂ©flĂ©chies pour sembler underground mais pas trop…
Je trouve l’ensemble trop uniformisĂ©, trop stĂ©rĂ©otypĂ©. J’aime autant mater un bon vieux film Ă l’image de LA REVANCHE D’UNE BLONDE, oĂą on est dans la comĂ©die qui ne se prend pas une minute au sĂ©rieux, et n’essaie pas de se la jouer hype. On dĂ©tend, on divertir, et surtout on ne fait pas de morale…
@ Sand:
C’est Wikipedia qui dit que ça commence Ă la 8eme semaine, c’est Ă dire au bout de deux mois. Pas au bout de 6.
@ Xena:
Oui, et non, parce que vous n’ĂŞtes pas obligĂ© de vous occuper 100% de votre temps de votre enfant, vous pouvez aussi Ă©tudier Ă cĂ´tĂ©, dans notre sociĂ©tĂ©, on surestime beaucoup trop les besoins des enfants, alors qu’ils ne satisfont pas forcèment de beaucoup de choses. Et vous n’ĂŞtes pas une mauvaise mère parce que vous joignez vie maternelle et Ă©tudes.
En tout cas, pour une Ă©bauche d’ĂŞtre humain, je trouve que les rĂ©actions d’un foetus face Ă l’avortement, sont Ă©tonnamment humaines. C’est pourtant pas un alien que je sache….
Au fait, que le cerveau fonctionne ou pas, ça ne change pas grand-chose, il en a de toute façon la capacitĂ©, le droit Ă la vie n’est pas liĂ© Ă la conscience.
@ Tristana:
En fait, ton problème c’est la morale. Alors, regarde pas de Disney, tu vas avoir une attaque… :-)
ah alors si c’est wikipĂ©dia, c’est parole d’Ă©vangile. mais bien sĂ»r, polydamas, tu as raison et ns sommes de pauvres ignares…
tristana;pardon je ne voulais pas dĂ©vier de sujet, d’ailleurs j’en ai fini
Pas de souci Sand… je trouve un dĂ©bat, quel que soit son sujet, toujours enrichissant, mais lorsqu’il s’agit de certaines personnes inscrites ici uniquement pour crier leur haine de tout ce qui dĂ©passe le “travail, famille, patrie”, malheureusement le dĂ©bat perd beaucoup de son intĂ©rĂŞt.
Oui tu as raison, la Revanche d’une Blonde est bien meilleur que Juno (et puis dĂ©solĂ©e, mais Ellen Page n’est pas Reese Witherspoon, pas le mĂŞme talent).
Et franchement les filles, ça ne vous a pas choquĂ©es, la scène du Planning familial ? Vous trouvez que la façon dont sont prĂ©sentĂ©es les femmes qui y travaillent est flatteuse ? Perso j’ai tiquĂ© Ă ce moment-lĂ …Tout le film m’a laissĂ©e froide Ă part ça, hormis les scènes avec Jennifer Garner (qui est effectivement très touchante).
De toute façon, je dĂ©teste l’esprit qui se dĂ©gage de ce film, dĂ©jĂ que Little Miss Sunshine, c’Ă©tait limite…Si vous aimez Juno, voyez “Me and you and everyone we know”, c’est encore plus imbuvable Ă mes yeux, donc ça risque sans doute de plaire Ă pas mal de monde ici….
@ Tristana:
Je vais verser une larme, tiens….
Vas-y, dis tout de suite que je ne devrais pas avoir droit à la parole. En plus, je suis sûr que tu te vois comme une vraie démocrate.
@ Serena:
Non, ce n’est pas parole d’Ă©vangile, mais c’est au moins un gage de neutralitĂ© sur des sujets gĂ©nĂ©ralement plus que tendus. Sinon, il n’y a qu’Ă taper “foetus” sur le net, pour voir que mon opinion est largement partagĂ©e…
polydamas: franchement mĂ©fies toi d’internet je peux te dire que sur les sites mĂ©dicaux , tu lis des conneries c’est affolant , bon moi nous plus j’ai pas la parole de l’Ă©vangile mais j’ai fait de l’embryologie en fac de mĂ©decine et franchement il ya des diffĂ©rences avec ce qu’il ya Ă©crit sur wikipĂ©dia
et puis sur wikipĂ©dia, n’importe qui peux Ă©crire des conneries. Pour en revenir au film , je ne l’ai pas vu mais je pense qu’il faut prendre l’humour amĂ©ricain en dĂ©rision
Poly, je ne vais pas t’enlever ton droit Ă la parole. Par contre, je prends le droit de ne plus te rĂ©pondre, puisque les dĂ©bats avec toi ne servent Ă rien - et je risque de prendre encore une insulte communiste ou fasciste…
Juste un apartĂ© Ă xena pour dire que je ne vois pas le rapport entre le fait que tu aies fait mĂ©decine et la choucroute…On est dans le dĂ©bat d’opinions lĂ , c’est pas le fait d’apporter des connaissances scientifiques plus ou moins poussĂ©es que tu feras changer Polydamas d’avis…
Sinon…DĂ©rision ou pas, Juno, c’est naze et prĂ©tentieux (je sais, je sais, on a compris, mais j’ai des poussĂ©es de haine contre ces films qui se donnent un genre - indĂ©pendant tout ça - pour qu’on les Ă©rige en films cultes, alors que franchement…Pis l’appellation film culte, c’est de toute façon surfait :D)
shen-te: scuze moi jvoi pas de quoi tu parle exprime toi correctement . C’est pas parce que c’est un mec qu’Ă des idĂ©es figĂ©es , qu’on peu pas dicuter avec lui . Chui ouverte et tolĂ©rante, il me rĂ©pond donc je rĂ©pond gentiment Ă ces commentaires
ben ça me choque pas que Juno fasse le test Ă la supĂ©rette et le dise au caissier. j’ai presque fait pareil. sauf que je connaissais pas la pharmacienne. et qu’elle en avait rien Ă battre. mais au moins ça m’a permis de souffler. c’Ă©tait juste une petite apartĂ©. sinon, le film en lui mĂŞme n’est pas “underground”, ça on l’aura constatĂ©. mais ce n’est pas du American Pie non plus ! :)
Je ne donnerai pas l’avis sur le film, ne l’ayant pas vu.
L’ennui, en ce qui concerne AMERICAN PIE, c’est que je l’ai trouvĂ© bien plus drĂ´le, bien plus spontanĂ©… Les comĂ©dies amĂ©ricaines bien lourdingues sont en gĂ©nĂ©ral moins codifiĂ©es, moins stĂ©rĂ©otypĂ©es que certains films qui se veulent plus hype.
bouh je dĂ©teste l’humour Ă la American Pie : ça me file la nausĂ©e…
mais je le prenais en exemple dans le sens TRES TRES grand public
heu, je ne savais pas que j’obsĂ©dais Ă ce point polyadamas parce que je ne suis pas intervenue sur ce topic ! donc dĂ©solĂ©e mon grand mais ce n’est pas moi !
pour “juno” ma nièce l’a vu et elle disait Ă peu près la mĂŞme chose que toi…en fait, elle a carrĂ©ment dĂ©testĂ© notamment, aussi Ă cause de la manière dont une grossesse adolescente (qui reste quand mĂŞme un drame) Ă©tait traitĂ©e.
ceci dit, tristana, il y a quand mĂŞme un truc que je ne capte pas. Tu dis que le droit Ă l’avortement est une question capitale pour toi et que tu piques des crises quand il est menacĂ©. Alors pourquoi aller voir un film sur une adolescente enceinte qui garde son bĂ©bĂ© ? Le message anti avortement me semblait clair d’entrĂ©e !
A part ça, regardez un peu les films et sĂ©ries : sex and the city : miranda garde son bĂ©bĂ© après avoir envisagĂ© l’avortement.
Friends : rachel n’envisage mĂŞme pas l’avortement.
Newport beach : théresa qui ne connait même pas le père de son bébé le garde !
Et je ne parle pas des messages pro life distillĂ©s dans les sĂ©ries d’AB productions…
Donc, je pense qu’il n’est pas nĂ© le scĂ©nariste qui montrera une hĂ©roĂŻne se faire avorter…d’ailleurs, la seule fois oĂą j’ai vu une ado se faire avorter, c’Ă©tait dans “familles d’accueil…” eh oui !
Bah tout simplement car j’ai pensĂ© qu’on pouvait faire un film sur une adolescente qui garde un bĂ©bĂ©, sans pour autant nous dire que l’avortement c’est mal. Une gamine de 16 ans qui prĂ©fère accoucher sous X plutĂ´t que d’avorter, c’est son droit le plus strict… Après, on n’est pas obligĂ© dans le film de montrer des moments aussi ambigus que la gamine militante anti-avortement, par exemple… Parce que c’est Ă©videmment une rĂ©alitĂ©, on ne peut pas toujours avorter ou on n’en a pas forcĂ©ment envie (on sait qu’après avoir subi un avortement on peut avoir plus de difficultĂ©s Ă tomber enceinte, notamment).
Je te rejoins sur les sĂ©ries tĂ©lĂ©, mais je rajouterais le cas de DR HOUSE oĂą une nana violĂ©e arrive Ă l’hĂ´pital et finit par accepter de se faire avorter…
Bref, je pensais simplement avoir affaire Ă un film drĂ´le, agrĂ©able, avec une pointe de rĂ©alisme. Je ne l’ai trouvĂ© ni drĂ´le, ni agrĂ©able, ni rĂ©aliste, et avec en plus en filigrane ce discours moralisateur qui me dĂ©plaĂ®t Ă©normĂ©ment…
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Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Et bien au moins, voilĂ une critique honnĂŞte ! Il y a une espèce d’”aura” autour des films indĂ©pendants qui fait qu’ils sont intouchables, parce que voilĂ , c’est “autrement mieux” que les blockbusters, c’est de la “culture”, alors si on ne donne pas envie aux gens de voir des indĂ©s, c’est ouvrir plus grand la porte Ă une culture formatĂ©e.
Sauf que voilĂ , le cinĂ©ma indĂ©pendant, la musique indĂ©, etc, c’est comme dans tout, ya Ă manger et Ă boire, ya du bon et du mauvais, et c’est pas parce qu’il y a l’Ă©tiquette qu’il faut se taire.
Je n’ai pas vu Juno, et riche de ta critique, je vais aller m’en faire ma propre opinion.
Alors bravo, merci, et non au tabou !