Oui, cette pauvre, petite minable crĂ©ature avec des grands yeux noirs qui sortent de la tĂŞte, des jambes famĂ©liques et une queue de souris ! Et pourtant j’adore les animaux mais cette espèce hybride, aussi anorexique que sa maĂ®tresse, c’est un pur produit marketing et ça, c’est au dessus de ma tolĂ©rance…Franchement, rĂ©flĂ©chissez un peu : personne n’achèterait ce chien si Paris Hilton ne s’Ă©tait pas baladĂ©e avec dans son sac ou dans ses bras devant les camĂ©ras du monde entier.
Voilà pourquoi je n’aime pas cette pauvre bête : elle est le produit de tout ce que la capitalisme a pu produire de superflu, de superficiel et de paradoxal. Paradoxal, oui, car je n’arrive pas à comprendre comment un système qui a été la base du monde développé tel qu’on le connaît aujourd’hui, qui a produit de telles avancés technologiques, scientifiques et sociétales, peut, d’un autre coté dériver ainsi dans la futilité, dans l’ « après moi le déluge » et dans une préférence prononcée pour l’apparence au lieu de l’essence.
Pourtant, je ne devrais pas être aussi étonnée : d’un côté l’histoire nous apprend que toute civilisation arrivée à son apogée connaît un déclin moral et intellectuel justement avant de descendre la pente ; d’un autre côté, derrière mon petit PC je participe tous les jours à cette spirale infernale du « il faut vendre plus, il faut améliorer les marges ». « Oui, mais comment ? ». Délocalisations, réductions de coûts, nouveaux marchés, marketing visuel, prédominance de l’image et de l’emballage sur le contenu, voyons, la panoplie est large !
Et c’est justement là que je veux arriver : si on prend la civilisation romaine, si on fait un résumé, ils ont combattu bravement, ils ont plié, soumis, tué, rendu esclaves des milliers de gens sur la surface de la terre, ils ont construit un empire et après, ils se sont reposés sur leurs lauriers en festoyant, en mangeant et en faisant l’amour (un petit peu trop quand même) et, du coup, l’esprit guerrier qui formait la quintessence de leur civilisation a disparu.
Mais nous ? Nous on s’est pas endormis sur nos lauriers, le monde n’a jamais Ă©tĂ© aussi actif, n’a jamais autant Ă©changĂ© : de la marchandise (merci l’OMC !), du savoir faire, du savoir vivre, jamais autant d’initiatives personnelles n’ont vues le jour sur toute la surface de la planète : c’est sĂ»r, on est loin de s’être endormis, au contraire, notre civilisation est en train de connaĂ®tre un nouvel essor…
Et pourtant, tout notre système est en train de craqueler de partout : toutes les politiques économiques que les financiers et les commerciaux pensent rationnelles s’avèrent, une fois mises en pratique i- rationnelles : la nourriture qu’on jette dans la mer pour maintenir les cours des céréales, les tonnes de fringues qu’on fait fabriquer en Asie et qu’on fait ensuite livrer par bateau (alors que les prix du pétrole grimpent, grimpent !) alors qu’on va porter un haut quelques fois et puis on va s’acheter un nouveau, les millions gaspillés pour des campagnes de pub, des emballages (des tonnes et des tonnes d’emballages qui n’ont aucune utilité économique pour le consommateur mais qu’on paie car « c’est l’image de la marque » !)
Non mais franchement les filles, je ne sais pas si vous avez visité une fabrique de crème pour le visage mais on est loin des ingrédients naturels miracles qu’on vous vend : des bidons pleins d’huiles, des poudres avec des noms illisibles traînent dans le plus complet anonymat sur des rayons et les recettes sont quasiment toutes les mêmes pour toutes les marques : qu’est-ce qui change ? L’emballage bien sûr ! ; le pillage des forêts et des habitats des plantes et des animaux alors que quelques années plus tard ceci va causer sécheresse, glissement de terrain et autres catastrophes ; même le fait que chaque matin des millions d’européens prennent chacun leur voiture (4 places en moyenne) pour se rendre seuls au boulot (soit 1 personne par voiture donc un taux d’occupation de 25% du véhicule) ; non, franchement tout ça, même d’un point de vue économique ce n’est pas rationnel, d’autant plus que d’un point de vue développement ce n’est pas soutenable.
Bon, d’accord, tout ce que j’Ă©cris lĂ vous le savez, mais ce n’est pas du tout une leçon de morale mais plutĂ´t un appel au secours : s’il vous plaĂ®t, est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi alors qu’on le sait tous on continue Ă galoper dans la spirale du « il faut travailler plus pour gagner plus…et donc pour consommer plus…pour avoir besoin de gagner plus…donc travailler plus…donc…» tels les souris de laboratoire qui courent sur une roue jusqu’à leur fin ?
Photo : (c) remuz [jack the ripper] via Flickr
posté le 02/08/2008 | 2042 vues | 8 commentaires | tags: débat économie consommation société
WANTED : Tinkerbell, spĂ©cialement pour toi chiquita, et tu n’as pas le droit de refuser, c’est un cadeau ! :)
tiens, chiquita, plus moche et plus snob que le chihuahua, j’ai nommĂ© la levrette.
dans mon quartier c’est la dernière mode. j’ai l’impression que plus ton chien est moche, plus t’est hype.
http://www.levrier-italien.com/chien-elevage-_000008.html
Je m’Ă©gare peut-ĂŞtre mais ton titre est mal choisi. J’ai un chihuahua, et non, je ne suis pas anorexique, ni capitaliste, et je ne lui met pas de chaussures. Faut sortir un peu des carcans de ce que tu vois Ă la tĂ©lĂ©. Ca suit pas avec ton discours Ă la “altermondialiste rĂ©voltĂ©e”… MĂŞme si tu n’as pas tort, c’est bourrĂ© de clichĂ©s…
“VoilĂ pourquoi je n’aime pas cette pauvre bĂŞte : elle est le produit de tout ce que la capitalisme a pu produire de superflu, de superficiel et de paradoxal”, je te cite : je vois pas du tout la relation de cause Ă effet lĂ ? le capitalisme a produit le chihuahua? PitiĂ©! Faut arrĂŞter les phrases de ce genre.
@spendie: je comprends chiquita dans le sens oĂą c’est un chien très Ă la mode, du coup tout le monde se prĂ©cipite pour en avoir un.
alors qu’il s’agit d’un ĂŞtre vivant, ce n’est pas non plus une paire de tongs pailletĂ©es.
c’est un exemple de ce que l’effet de mode produit, au mĂŞme titre que la consommation effrĂ©nĂ©e de plus de tops H&M qu’on peut en porter dans l’annĂ©e.
perso je me demande ce qu’on fait mes voisins de leur bouledogue, c’Ă©tait la mode il y a deux ans, aujourd’hui on n’en voit plus et tout le monde arbore son Jack Russell. la durĂ©e de vie d’un petit chien Ă©tant plus de dix ans…
je pense qu’ils n’osent plus les sortir, couverts de honte de s’afficher avec un animal aussi “out”, et l’emmènent faire son pipi la nuit ou dans un autre quartier.
Ă moins qu’ils n’aient pas de coeur et l’abandonnent Ă Emmaus avec leurs fringues de la saison prĂ©cĂ©dentes.
C’est vrai que c’est laid. Je rigolais ce WE : la fille de 15 ans d’une amie me disait “J’aimerais trop un chihuaha comme Paris H.”
Elle a pas aimé quand je lui demandé si elle voulait aussi faire une sex tape…
Dis donc toi, ouais BritBrit, et si tu allais pondre un truc sur ton blog au lieu de niaiser sur les chihuahuas et les sex tapes, hein ?
Quoi ?
Bonjour les filles,
Merci pour les riches commentaires que vous laissĂ©! Je suis très contente de les lire…
Spendie, “Je dĂ©teste le chihuahua” est un titre figurĂ©, je n’ai rien contre la pauvre bĂŞte en tant qu’ĂŞtre vivant de cette planète, ce que je n’aime pas c’est la reprĂ©sentation qu’en on a fait et c’est justement ce que je dis dans mon article: en s’Ă©garant de l’essence des choses (soit, si tu prĂ©fères le chihuahua est un petit chien) on pense leur attirbuer plus de valeur (soit chihuahua est le chien de Paris Hilton, donc il a plus de valeur que s’il Ă©tait un chien quelconque). Or ce reflèxe nous a Ă©tĂ© “induit” par le marketing.
Mon article va contre ce courant du “plus l’emballage est beau ou la marque est reconnue plus le produit est efficace, beau, bref, meilleur” pour dire qu’il faut s’attacher plus Ă l’essence des choses soit: un chien est un chien; le but de son existence est d’ĂŞtre le compagnon de l’homme et non d’avoir le dernier animal Ă la mode comme dit DeeCurl.
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Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
je suis d’accord avec toi, particulièrement sur le culte de l’apparence: ils nous ont bien eu les salauds.
les magazines regorgent de “must-have” de la saison qui changent bien sĂ»r rĂ©gulièrement, mais surtout, les “must-have” deviennent “out” quelques moi plus tard.
explication “hype”: parce qu’on les a trop vus
explication vraie: parce que tout le monde en a, donc si on veut que les gens continuent Ă consommer, il faut leur dire d’acheter autre chose.
Ă©videmment la première chose Ă faire serait de ne plus cĂ©der à ça, de s’acheter une bonne fois pour toutes quelques pièces qui NOUS plaisent et qu’on gardera plusieurs saisons.
j’essaye petit Ă petit de rĂ©sister Ă tous ces petits trucs “pas cher ce serait dommage de se priver”… et en attendant je fais rĂ©gulièrement le tri pour donner (et pas jeter!)