Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

salesgirl

6h20. Une sonnerie désagréable envahit mon sommeil… C’est très gênant d’autant plus que personne ne semble pouvoir l’arrêter. Elle va sonner pour toujours. Du moins jusqu’à ce que je réalise que ce son maléfique n’est autre que mon réveil et qu’il est lundi matin.

routineUne nouvelle semaine commence. Je regrette déjà d’avoir regardé la télé jusqu’à pas d’heure la veille. C’est toujours comme ça le dimanche. On fait la grasse matinée et puis on se couche tard. En général, je ne dors que quelques heures dans la nuit du dimanche au lundi. Très mauvais départ pour une semaine de boulot.

J’ai cinq minutes de retard dans mon planning. Quelle merde ! Il va falloir écourter la douche. Il y a des jours comme ça où il faut prendre des décisions drastiques. Je file dans la salle de bains. Ne perdons pas plus de temps. Heureusement, je prépare mes affaires le soir sinon je ne m’en sortirais pas. Faire des choix : pantalon ou jupe? Quel parfum ? Fruit ou gâteau pour la pause ? Tout cela je le décide le soir à tête reposée. Le matin, avec l’esprit embrumé, cela me prendrait des heures.

En sortant de la douche, je me cogne le pied dans la baignoire. Un mal de chien. Signe d’une série qui ne cessera pas. Il y a des jours comme ça où je suis maladroite et où toutes sortes d’objet se placent sur mon chemin comme par magie. Je m’habille et je laisse tomber ma paire de chaussettes dans les toilettes. Je vous l’avais dit, la loi des séries. Et je parie que cela ne fait que commencer.

Je file dans la chambre chercher une deuxième paire. Je mets un temps fou à la trouver dans la semi-obscurité vu que mon mec dort encore. Lui est encore étudiant et insouciant mais il compatit bien sûr. En attendant, il ronfle comme un bienheureux pendant que je farfouille dans le tiroir de la commode.

Il est maintenant 6h50 et je suis enfin habillée. Je descends dans le salon où il fait un froid de canard (on économise sur le chauffage électrique). J’allume la télévision. C’est les infos. Je coupe le son et affiche le télétexte. Je dois me sécher les cheveux. Il n’y a pas de temps à perdre. Faire deux choses en même temps me paraît donc essentiel pour optimiser mon temps. En plus, j’ai les cheveux plus longs qu’avant et le brushing prend du temps.

Il est 7h05. Je saisis mon déjeuner : un plat préparé Marks & Spencer, un fruit et un yaourt, le fourre dans mon sac et passe en revue mes pièces de monnaie. J’ai assez pour le bus.

Je sors dans la rue et suis frappée de plein fouet par une bourrasque qui, soit dit en passant, ruine complètement mon brushing. Il faut dire que là où nous sommes, au Nord de l’Angleterre, la météo n’est pas des plus clémente. Quelle que soit la direction dans laquelle vous marchez, le vent semble toujours vous arriver en pleine face. Je me dirige vers l’abribus tandis qu’il se met à pleuvoir.

J’arrive sous l’abribus et ouvre mon parapluie. Oui, cet abri a Ă©tĂ© construit rĂ©cemment mais d’une façon qui paraĂ®t complètement folle. Le toit est formĂ© de plaques de verre mais qui ne se touchent pas, il y a un intervalle de quelques millimètres entre elles. RĂ©sultat, quand il pleut, l’eau s’insinue dans ces espaces et coule goutte Ă  goutte sur votre tĂŞte d’oĂą nĂ©cessitĂ© du parapluie sous l’abribus. Le parapluie est un accessoire essentiel qui ne me quitte pas.

Je prends le bus de 7h20. Je suis l’une des premières à l’emprunter. Comble du luxe, je peux choisir ma place. Toujours la même. Je m’assieds et sort mon lecteur mp3. Les écouteurs dans les oreilles, j’observe le paysage et les gens qui montent dans le bus. Ce sont aussi toujours les mêmes.

Après 45 minutes, j’arrive à destination. Encore 10 minutes de marche dans une zone industrielle en pleine averse et j’arrive sur mon lieu de travail. Un grand bâtiment où mon entreprise a ses locaux (une grande pièce en open space). J’arrive la première, ouvre la porte et désactive l’alarme. J’aime ce moment de la journée où je suis seule au bureau.

J’allume mon ordinateur et m’assieds à mon poste. Je commence par lire mes e-mails. Les autres ne tardent pas à arriver. Une nouvelle journée de travail commence.

 

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Derniers commentaires

 

J’aime bien ton texte. Il traduit bien la sensation qui nous rattrape souvent le lundi matin, quand on replonge dans la texture automatique et mĂ©canique d’une routine bien installĂ©e : un repère par ici, une petite habitude par lĂ …


 

@ Plume d’encre: Merci!


 

Moi aussi, j’aime…

Et mine de rien, ce genre de routine me manque pendant les vacances (ou le chĂ´mage, appelons un chat un chat !)…


 

ton post fait mal… très mal… je m’y voit encore (d’ailleurs, j’y suis encore!)


 

avant de lire que tu Ă©tais dans le nord de l’Angleterre, je me suis dit ” mince oĂą trouve t’elle ces excellents plats M and S !!??!! ”


Bon ok t’as la pluie mais t’as M and S ! :p


 

Malheureusement, les bons petits plats M&S je ne les ai plus car je ne suis plus en Angleterre depuis 6 ans dĂ©jĂ  (le temps passe vite) et maintenant j’habite en Bretagne alors tu vois j’ai toujours la pluie mais pas les petits plats (si, j’ai ceux de mon mari!). Bon, j’arrĂŞte parce que la Bretagne c’est quand mĂŞme bien (mieux que le Nord de l’Angleterre)


 

@Salesgirl:Salesgirl,la photo,c’est toi devant l’ordinateur?Juste curieux.


 

@Addy:c’est clair que ce genre de routine manque lorsqu’on est au chomage.


 

Arf ça Ă  pas l’air très folichon… et les 45minutes de bus ca doit pas ĂŞtre tout près et pas ĂŞtre agrĂ©able tous les jours, je compatis ayant pas mal de trajet moi aussi pour aller en ville…


 

@Philesb:oui, c’est moi! ;-)


 

Waw, fĂ©licitation salesgirl, tu as un style d’Ă©criture très accrocheur … Un moment j’avais l’impression de lire le Cosmopolitan ou le Marie Claire. Vraiment gĂ©nial … TentĂ©e de dire “ça sent le vĂ©cu” mais c’est encore mieux “c’est du vĂ©cu”. J’ai adorĂ© constater que je n’Ă©tais pas seule atteinte du syndrome de Garfield “I hate monday morning!”.


Bonne continuation Ă  toute les courageuses travailleuses …


 

Lorsque j’Ă©tais Ă©tudiante, je flippais Ă  mort de la routine, c’est un truc qui m’angoissais grandement, comme si je me disais que ma vie allait ĂŞtre rangĂ©e (dĂ©finitivement?) et rĂ©glĂ©e comme du papier Ă  musique. Un truc qui me terrifiait en somme, alors que j’ai toujours travaillĂ© durant toutes mes Ă©tudes, vacances comprises. Mais je me suis rendue compte que finalement je flippais de m’ennuyer dans ma vie avec un job qui ne me convenait pas vraiment. Alors j’ai dĂ©cidĂ© de reprendre mes Ă©tudes pour pouvoir apprendre, apprendre et encore apprendre (ce qui me manque le plus), choix risquĂ© mais je ne veux pas passer Ă  cĂ´tĂ© de cette opportunitĂ© de reprendre alors que je suis jeune. Le concours d’attachĂ© territorial attendra :)

DslĂ©e pour ce HS salesgirl mais c’est ce que ton bel article m’a Ă©voquĂ© :)


 

Salesgirl:”@Philesb:oui, c’est moi! ;-)”

J’avais completement oubliĂ© que j’avais laissĂ© un commentaire sur cet article.J’aime bien comment tu es,avec ta tete reposĂ© sur ta main et en train de regarder l’Ă©cran.


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