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Lectures d’une future correctrice dans l’édition…

Je ne cesse de vous rabacher que je travaille dans l’édition. Enfin, je suis stagiaire dans une maison d’édition en proche banlieue de Paris. Mais ça ne veut pas dire que je lis les blockbusters éditoriaux… Non, j’ai mes lubies (les auteurs italiens, la SF, les livres érotiques…) qui font parfois mes collègues me regarder de travers.

Alors je vais vous faire quelques listes de livres et d’auteurs qui me plaisent réellement. Les auteurs, tout d’abord :

  1. Bernard WERBER (J’ai cru piquer une crise d’hystérie lorsque je l’ai vu entrer dans ce bar bvd Edgar Quinet. Sinon, j’ai adoré Nous, les Dieux, Les Thanathonautes, L’empire des Anges, Encyclopédie du savoir relatif et absolu…). Bien sûr, il faut aimer la narration multiple et les sujets bien prise de tête…

  2. Umberto ECO est pour moi l’écrivain absolu. J’ai commencé à aimer avec Le nom de la rose (dont le film de JJ Annaud est une pure fumisterie!). Puis j’ai lu Le pendule de Foucault et là, ce fut une révélation : à quoi sert de connaître des milliers de choses si l’on ne se connait pas soi-même? Quelle belle philosophie de vie… Tous ses romans tournent autour de cette thématique. Tous ses héros sont des savants qui, à un moment de leur vie, ne savent plus trop où ils en sont à force de farcir leur tête…

  3. Mariella Righini, autre auteur italien, qui en écrit mieux sur les femmes et leur désir que Candace Bushnall dans Sex and the City. En témoigne ce roman détonnant, La vie, Ginette, écrit en 1981. Elle aussi adopte la narration multiple, afin de mieux sonder le psychisme de ses personnages. J’ai aussi beaucoup aimé Florentine (1997), sur les amours de Julien de Médicis avec Simonetta Vespucci.

Vient maintenant mon Top 10 des livres que je conseillerai sur une île déserte :

  1. Umberto ECO, Le pendule de Foucault (Formidable bouquin de 800 pages en version poche. Écrit en 1988, traduit comme beaucoup d’ouvrages de Eco par Jean-Noël Schifano, cette intrigue autour des Templiers est une formidable analyse de la pensée humaine)

  2. Bernard Werber, L’ultime secret (Là encore, un formidable exercice de style werbérien autour de l’intelligence, de la manipulation cérébrale… J’ai adoré)

  3. Mariella Righini, La vie, Ginette (Récit très drôle autour de quatre femmes et de leurs peines de coeur… Plus réaliste que SATC, je vous dis, bien que l’ouvrage ait un peu vieilli…)

  4. Pascal Fioretto, Et si c’était niais? (La parodie me réconcilie avec la littérature. J’en veux pour preuve, pendant l’adolescence, les parodies de Gotlib dans ses Rubriques à Brac qui m’ont fait hurler de rire, mais aussi lire du Dumas et du Chrétien de Troyes. Là, Pascal Fioretto, nègre et rédacteur dans Fluide Glacial, enfonce tous les auteurs à succès avec brio… Comme dirait Jean d’Ormesson, lui-même pastiché dans l’ouvrage, “Le pastiche est un hommage”. Et dans le cas de Fioretto, bel hommage!)

  5. Vladimir Nabokov, Lolita (J’avais 16 ans, j’étais en Terminale L, et j’avais un prof de lettres très sadique, mais très séduisant, qui nous faisait étudier du Queneau et du Gogol. Evidemment…)

  6. Chrétien de Troyes, Yvain ou le chevalier à la Charette (J’avais 15 ans, je ne lisais pas beaucoup à l’époque, au grand dam de ma mère, et je suis tombée sur ça après avoir lu Gotlib. Une révélation. Ce n’est pas pour rien si, par la suite, j’ai fait mon master d’histoire médiévale autour d’une chanson de geste…)

  7. Umberto ECO, Le nom de la Rose (Lu en première année de fac d’histoire, ma première rencontre avec Umberto… J’en garde encore un souvenir ému. Bon, pour le film d’Annaud, le seul intérêt, bien sûr, c’est de voir les fesses de Christian Slater quand il fornique avec une paysanne… Mais je le dis et le redis : ce bouquin ne méritait pas qu’on en fasse un film, même avec Sean Connery!)

  8. Philippe SOLLERS, Le coeur absolu (Alors oui, on dit beaucoup de choses sur Sollers, mais n’empêche qu’il écrit très bien…)

  9. Amélie NOTHOMB, Stupeur et tremblements (Oui, Amélie Nothomb est folle, mais tous les fous ont l’art de bien raconter les histoires. En témoigne sa grande productivité…)

  10. Rina NOVI, L’amant de la ligne 11 (Je partage avec ma soeur un goût pour la littérature érotique quand elle est bien écrite. Et l’histoire de cette jeune veuve qui retrouve la sensualité grâce à un curieux monsieur qui vient lui caresser les seins dans le métro en rentrant du boulot, on n’en décolle pas).

Et voici le flop 5, les bouquins que je déconseille vivement :

  1. Dan BROWN, Da Vinci Code (Bon, je l’ai lu pour le fun, mais je persiste à dire que Dan Brown est un abruti. En tant qu’historien d’art, faire passer saint Jean pour Marie-Madeleine et une organisation néo-nazie pour un cercle remontant aux Croisades, et balancer que c’est tiré de faits réels, excusez-moi, mais ce n’est pas crédible…)

  2. Michel Houellebecq, Les particules élémentaires (Je ne vois pas pourquoi on fait un foin autour de ce dépressif. Certes, il écrit pas trop mal, mais ce n’est pas non plus le génie du siècle!)

  3. Paulo COELHO, L’alchimiste (Oui, franchement déçue. Ce mec est un petit peu au livre ce que Stanley Kubrick ou Sofia Coppola sont au cinéma. À force de faire leur fin en queue de poisson, tout l’intérêt qu’on porte à l’histoire se casse la gueule. C’est le cas avec L’alchimiste. Je me suis dit : Merde, ça ne peut pas se finir comme ça?)

  4. Marc LÉVY, Où es-tu? (Oui, on peut se demander où est le talent de Marc Lévy dans cette histoire plus mièvre qu’un Harlequin. C’est dommage, il avait bien commencé avec Et si c’était vrai…)

  5. Gustave FLAUBERT, L’éducation sentimentale (Peut-être ne suis-je pas assez fleur bleue, ou peut-être que Flaubert est vraiment chiant…)

Enfin, voici le top 5 des livres/auteurs que je ne lirai pas sous la torture :

  1. Harlan COBEN (Parce qu’on en fait tout un foin, ça me décourage…)

  2. Fred VARGAS (En général, quand on commence à faire des téléfilms avec tes bouquins, ça sent le pâté… Bon, bien sûr, à part quand on s’appelle Françoise CHANDERNAGOR ou Maurice DRUON!)

  3. Anna GAVALDA (Là aussi, beaucoup de foin pour peut-être pas grand-chose…)

  4. Catherine MILLET (J’ai dit littérature érotique, pas littérature pornographique!!!)

  5. Albert COHEN, Belle du Seigneur (J’ai lu les trois premières pages et cela m’en a dissuadé. Comme je dis, peut-être pas assez fleur bleue. Pourtant, Tiny l’a lu… Waw, un mec qui a lu Belle du Seigneur, mais serait-ce l’homme parfait?)

Et bonne lecture…

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4 Responses to “Lectures d’une future correctrice dans l’édition…”

  • perso j’ai adoré le film du Nom de la Rose…mais je n’ai pas lu le bouquin, honte à moi.

    par contre je suis d’accord avec tes flops :)

    sauf Anna Gavalda, j’ai bien aimé “Ensemble c’est tout”, bien sûr, ce n’est pas de la grande littérature mais das un transat c’est parfaitement approprié…

  • Justement DeeCurl, si tu avais lu le bouquin, tu aurais honte du film qui en a été fait…

  • Moi j’ai même pas tenté de me frotter à Da Vinci Code, il était courru d’avance que je n’aimerai pas. J’ai du mal avec Eco, j’ai cordialement detesté “L’alchimiste”, Marc Lévy écrit des trucs de lavette, “Lolita” m’a envoûté, “Belle du seingeur” m’a endormie et je ne l’ai jamais terminé. Et Amélie, elle est super !

  • Fred Vargas c’est dommage. En effet les téléfilms peuvent sentir le pâté mais par ce qu’ils sont le fruit d’une adaptation merdique. J’ai été très déçue par l’adaptation cinématographique de “Pars vite et reviens tard”, mais néanmoins Fred Vargas c’est un univers, qui est loin de fleurer le Hénaff, et qu’aucune adaptation ne pourra jamais retranscrire. Enfin, chacun ses goûts. Sinon pour Umberto Eco, totalement d’accord :)

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