Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

Angel

L’overbooking, le nouvel alibi de l’homme moderne

Il est beau, sentirait presque bon le sable chaud, ton homme moderne. Mais, car il y a toujours un mais, il lui faudrait des journĂ©es de 48 h et des semaines de 14 jours. Pauvre Chouchou, lui le jeune cadre dynamique qui travaille tant…Tu l’as rencontrĂ© il y a une semaine.

overbooking.jpgIl t’a recontactĂ© deux jours après pour t’inviter Ă  prendre un verre. Il a choisi un endroit feutrĂ©, ultra chic, un bar de palace parisien. Vous avez beaucoup discutĂ©, tu as bu ses paroles en dĂ©gustant ton Ă©ternel Cosmo. Tu n’habites pas sur Paris, il a proposĂ© de te raccompagner chez toi. Enfin de la galanterie. Il a Ă©teint le moteur de sa voiture pour te dire bonsoir, en dĂ©posant un chaste baiser sur ta joue, te souhaitant une bonne nuit.

En refermant la porte de ton appartement, tu es aux anges, le miroir de ton entrĂ©e te renvoie ton visage, un sourire bĂ©at aux lèvres. Il n’a rien tentĂ©, tu es sous le charme. 9h00, le lendemain tu ouvres ton PC, il t’a envoyĂ© un email pour voir si tu as bien dormi. Tu te forces Ă  attendre 11.30 pour lui rĂ©pondre. Tu ne veux pas jouer la fille oisive, la pressĂ©e. FrĂ©nĂ©tiquement Ă  11h29 tu lui rĂ©ponds. Tu entends les cloches de l’Ă©glise sonner, tatatata ! Tu es conquise.

13h00 : Il t’appelle pour te souhaiter un bon appĂ©tit et te dire qu’il a très envie de te revoir le soir mĂŞme. Tu fonds…L’après-midi s’Ă©coule d’une inexorable lenteur. Tu regardes ta montre toutes les 10 minutes. Quand tu sors faire ta pause cigarette en passant par la machine Ă  cafĂ©, tu flottes et ne prends plus garde aux vipères de ton bureau qui d’ordinaire te critiquent. Tu offres mĂŞme un cafĂ© Ă  ta pire “ennemie” avec une gentillesse qui la laisse pantoise. Tu es lĂ©gère, si lĂ©gère.

18h30 : Tu passes 15 minutes dans les toilettes pour te préparer, un soupçon de gloss, tu es parfaite pour le retrouver.

19h00 : Tu le rejoins dans un lounge bar tendance de Paname. Ton Blackberry vibre, il sort Ă  peine du bureau, te prie de l’excuser il arrive.

19h30 : Apollon est lĂ , superbe dans son costume cintrĂ©, une classe folle ce type ! Et vous parlez de tout, de rien, il t’Ă©coute, te charme avec ses yeux qui se font velours. Tu te sens mĂŞme rougir.

21h30 : Vous allez dĂ®ner dans un resto “cuisine du monde” avec des mets Ă©picĂ©s aphrodisiaques, tu craques.

00h30 : Il te propose ce que tu attendais tant, un dernier verre chez lui. Vous passez une nuit de rêve, de longs gémissements, de courtes heures de sommeil.

Le matin tu prends une rapide douche. Tu boiras ton cafĂ© au bureau, tu ne veux pas le retarder, il a un meeting ce matin. Dans le mĂ©tro tu lui envoies un texto pour lui dire Ă  quel point tu as aimĂ© cette soirĂ©e. Pas de rĂ©ponse…

Au dĂ©jeĂ»ner, pas de rĂ©ponse… L’après-midi, pas de rĂ©ponse… Ta collègue punaise se trouve devant la machine Ă  cafĂ©, te sourit. Tu l’envoies sur les roses, dĂ©jĂ  la clope au bec pour tirer nerveusement dessus.

Re-mĂ©tro pour rentrer chez toi, puis RER, bondĂ©, plein de gens qui sentent la transpiration, journĂ©e de merde, pourquoi il ne t’a pas rappelĂ©. Tu lui trouves une excuse. Tu te calmes soudain, mais oui le meeting important !

Tu te prĂ©pares Ă  dĂ®ner, te mets un bon dvd tout en ne lâchant pas ton tĂ©l des yeux. 23h30 tu n’y tiens plus, tu lui envoies un texto et ouf, il te rappelle. Oui dĂ©bordĂ© aujourd’hui, meeting, dĂ©jeuner, nouvelle rĂ©union, pressing pour son cocktail de demain, club de sport, drink avec un pote, ouverture de son courrier en rentrant chez lui, blablabla.Tu le comprends, c’est bien naturel, il a des responsabilitĂ©s alors tu ne l’embĂŞtes pas, lui demande de te tĂ©lĂ©phoner demain pour voir ses dispos de la semaine.

Et lĂ , c’est le drame : il ne te rappelle pas. Tu prends les devants, tu composes son numĂ©ro, tu arrives Ă  l’avoir le lendemain en dĂ©but de soirĂ©e. Tu es assise Ă  une terrasse de cafĂ© pour attendre ta cops. Il te dit qu’il est dĂ©bordĂ© en ce moment, qu’il n’avait pas prĂ©vu cette rencontre. Qu’il a intĂ©grĂ© son bureau il y a quelques mois, qu’il est obligĂ© de faire ses preuves, donc qu’il bosse comme un dingue. Tu te demandes comment il arrive Ă  respirer Ă  l’autre bout du fil tellement il enchaĂ®ne : “regarde demain j’ai encore une rĂ©union en confĂ©rence call avec le siège, après j’ai un dĂ©jeĂ»ner avec un gros client, l’après-midi j’ai des dossiers qui courent Ă  traiter. Le soir je retourne au sport pour me dĂ©fouler, après j’ai besoin de rĂ©cupĂ©rer, car j’aime bien ĂŞtre tranquille chez moi tout seul, me poser, ça fait du bien non pas toi? ”

Nouvelle inspiration en apnĂ©e : « demain on m’envoie Ă  Londres en formation, après-demain j’ai promis Ă  un pote une soirĂ©e poker, entre mecs, tu comprends, on ne s’est pas vu depuis 4 jours ! Ensuite je vais au vernissage d’un pote amĂ©ricain, tu sais il fait des trucs de malade…, après je vois une amie qui a des problèmes avec son mec et qui a besoin de soutien, que je lui dise ce que j’en pense, la pauvre, encore un blaireau sur lequel elle est tombĂ©e je te raconte pas. Après ben c’est samedi donc sĂ©ance shopping avec ma mère pour le baptĂŞme de mon neveu le lendemain »…

Subitement, tu rĂ©alises, tu dĂ©croches, tu n’entends plus… Il finit sa tirade par un “on peut se voir Jeudi en 15, après dĂ®ner car j’ai des amis qui…”. Tu raccroches, saoulĂ©e. Tu vois ta cops et tu lui racontes.

Bilan : les questions de timing sont essentielles dans la vie de l’homme moderne. Tout est scrupuleusement bookĂ© dans son Blackberry, qui peut s’avĂ©rer un parfait alibi par ailleurs. Du temps pour du vite consommĂ© vite jetĂ©, Ă  la sauce zĂ©ro implication personnelle. Work first ! Mais pourquoi ne pas ĂŞtre franc, dire les choses en toute simplicitĂ©. C’Ă©tait une soirĂ©e sympa mais on en reste lĂ , basta. LâchetĂ© ou volontĂ© de conserver une poire pour la soif, pour un 5 Ă  7 ?

Si le prix du carburant augmente, comme le coût de la vie, les excuses bidons atteignent elles leur paroxysme.

Oui piètres excuses de surbooking. Je me demande si je ne prĂ©fère pas les poètes tchatcheurs aux excuses courtoises en fait…Rendez-nous les rhĂ©toriqueurs d’antan ! Au moins avec la poĂ©sie dĂ©clamĂ©e, les belles figures de style, on se complaisait Ă  y croire :-). Ronsard Ă©tait-il un fin phraseur en rĂ©alitĂ© :-p ? Haaa navrĂ©e les filles, ne voyez pas les pĂ©tales de roses et le riz jetĂ©s en sortant de l’Ă©glise tout de suite. Attendez de voir si Jules est un surbookĂ©…

 

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“Tout est scrupuleusement bookĂ© dans son Blackberry, qui peut s’avĂ©rer un parfait alibi par ailleurs.”

ou l’homme qui peut s’avĂ©rer un parfait mytho aussi, tout simplement qu’il n’a pas envie de voir la nana et qu’il donne 1001 prĂ©textes pour se dĂ©filer.

En tout cas bon article Angel :), on l’a toutes vĂ©cu (du moins les ptites parisiennes) je pense et dĂ©sormais je fuis les “jeunes cadres dynamiques de -30 ans” parisiens, je ne les supporte plus, c’est toujours la mĂŞme rhĂ©torique, les mĂŞmes sujets de conversations, le mec qui te liste ses rĂ©unions…qui ne m’intĂ©ressent pas au final.

Encore un truc pour se sentir “in” quand t’es parisienne, sortir avec ce genre de mec qui travaille dans la finance ou je ne sais quelle grosse boĂ®te de consulting.

erk :s


 

brr…


moi-mĂŞme jeune cadre mais alors me tenant loin, très loin, du combo finance/dents longues/blackberry/chaussures pointues…

je suis bien contente de me tenir Ă  l’Ă©cart des points de rassemblement cette espèce qui existe bien, ne le nions pas, mais Ă  laquelle ça me hĂ©risse qu’on m’assimile.


par contre si je peux me permettre je suis totalement overbookée moi-même.

c’est juste que la rĂ©alitĂ© des choses fait que, mĂŞme en ne travaillant pas comme un ouf, 5 soirs plus deux jours par semaine c’est peu quand on veut pouvoir faire du sport, voir le chĂ©ri/les copains, aller au cinĂ©, et aussi faire les trucs relous comme la vaisselle, les courses…depuis que j’ai commencĂ© Ă  bosser je cours après le temps.

bon je me plains pas non plus hé, je ferais DVD-dodo tous les soirs que ça me ferait ch*** aussi.


 

Moi aussi j’ai une tendance overbook. Mais quand mĂŞme, quand on a vraiment envie de voir quelqu’un… et puis bon, un exemple tout bĂŞte : il faut bien manger non ? ça ne prend pas beaucoup plus de temps de le faire Ă  deux que tout seul (sauf si on en est au stade sandwiches englouti en deux seconde Ă©videmment ;-).


 

Aoh non, les filles! ’savez quoi ?

mon tiniak de bonhomme est originaire de la Guadeloupe, et il m’a dit un jour cette chose dĂ©licieuse (pour m’expliquer la “culture noire”) : ” Les occidentaux sont obsĂ©dĂ©s par le temps, au point que leur plus immĂ©diate excuse Ă  ce qu’ils n’ont pas fait c’est “j’ai pas eu le temps”… chez nous, les Blax (oui bon, il Ă©tait dans sa pĂ©riode Public enemy aussi, bon), nous pensons que le temps nous traverse, qu’il est insaisissable, qu’il se confond avec le RĂŞve… dès lors, impossible de dire “j’ai pas le temps”… bah nan! con, le temps tu peux pas l’AVOIR piskeu tu peux pas l’attraper! dis-moi plutĂ´t “j’ai autre chose Ă  faire” ou ‘j’ai oubliĂ©”… ce serait plus honnète et tellement plus humain, en vrai.


et toc! dans ta tĂŞte de schtroumpf benet, monsieur l’overbbokĂ©!!


 

hola. Et il invoque sa culture guadeloupĂ©enne pour dire ça? Ça me laisse perplexe. Je ne nie pas le fait que la notion du temps est diffĂ©rente aux antilles qu’Ă  Paris, mais je ne crois pas avoir entendu parler d’une telle philosophie aux Antilles, mĂŞme par mais parents…


 

Finalement, j’ai de la chance avec mon Tiny. C’est un cadre, mais pas overbookĂ©. Serait-ce aussi parce qu’il a 32 ans?


 

Je pense qu’une certaine maturitĂ© influe largement sur le sens des prioritĂ©s :-) lucky you! je suis happy pour toi bella, bonne journĂ©e.


 

Et justement, en parlant de prioritĂ©s, il s’inquiète un peu de mes vellĂ©itĂ©s de devenir religieuse… C’est une dĂ©cision qui m’appartient, mais maintenant, j’essaierai de rĂ©flĂ©chir sur ce que je veux vraiment.


 

Ah les filles ! De la poudre aux yeux et çamarche ( les lieux chiques, le costard classe..) ! Grattez derrière les apparences…


Courage je suis de tout coeur avec vous !


 

[”chics”… evidemment ! ]


 

Waouuuuuuuuuuuhhh merki merki :-)))


 

@Heavy :chic… Parce que les lieux chiques, au contraire, ça nous fait un peu partir en courant! Ben Ă©divemment, toi aussi, tu serais aveuglĂ©e si ton rencar que dĂ©roulait dans un lieu que tu considères comme “dĂ©ment” ^^


 

@le mal : c’est que tes parents ont perdu beaucoup de leur culture noire (africaine). dommage.


 

PS: Au grĂ© de vous sembler naĂŻve, je pense qu’on peut trouver des hommes smarts, raffinĂ©s, bien Ă©duquĂ©s et “authentiques”. J’en connais au moins deux: mes frères hihihi!


 

L’overbooking, ce n’est pas le nouvel alibi de l’homme moderne, c’est aussi celui de la femme souhaitant se dĂ©barasser d’un indĂ©sirable. Partant, je ne suis pas sĂ»r qu’il faille incriminer l’un ou l’autre sexe dans cette histoire.


Et des types Ă©duquĂ©s, smarts qui se sont envoyĂ©s faire voir sous prĂ©texte d’overbooking de la fille qui les intĂ©ressait, il y en a quelques uns. La lachetĂ© ou la muflerie est une chose très bien partagĂ©e…. :-)


 

@Polydalmas : Tout Ă  fait d’accord, sur ce thème, la paritĂ© fonctionne !


@Storia :Les lieux “chiques” beurk ! :-)


 

Bien sûr que cela fonctionne dans les deux sens, mais je suis une femme que voulez-vous :-)


 

Tu es pardonnée ! :-)


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