Je suis née dans le 93, j’ai grandi dans le 95. Pas de voitures brûlées chez moi. Des vaches qui regardent passer le train de banlieue, les pavillons éclairés par la lueur bleutée de la télé dès 20h. Un petit bout de campagne avec les avantages de la ville : supermarché, transports en commun, cinéma, Mac Donald’s et depuis peu, sushis.
Et puis un jour, à 19 ans, j’en ai eu marre. Marre des gens pressés (l’effet paris ?), marre de voir toujours les mêmes tronches (l’effet campagne ?), marre des trains supprimés, des queues à la Poste, marre de me battre contre la sécu, l’administration de la fac, marre de ce pays. Alors je suis partie. Mes pérégrinations m’ont conduite tout d’abord en Allemagne, où j’ai coulé des jours heureux : je pense que ce pays mérite la palme d’une administration efficace et disponible (fac, sécu, titre de séjour à l’époque, logement, tout se passait sans aucun problème).
Mais il n’y avait pas de vaches, et des raisons que la raison ignore m’ont donc poussée à aller m’installer… en Suisse. Là , vaches multiples, mais, Ô surprise, des habitants renfermés sur eux-mêmes, des tracasseries administratives à n’en plus finir. Retour en Allemagne.
Et grosse déprime. Rien à voir avec le pays, mais des fois, on a besoin de sentir le soutien de sa famille, de voir les neveux grandir, d’appeler son petit frère et de pouvoir dire “on prend l’apéro ensemble ce soir ? “. Donc retour en France, puisque ma famille a moins la bougeotte que moi.
Ça fait un an que je suis revenue. Les vaches sont toujours là , ma famille aussi. J’ai lutté et suis sortie victorieuse de toutes mes luttes avec les administrations. J’ai trouvé un travail pas trop idiot, assez mal payé mais quand je le quitte, je n’ai plus rien à faire. Et grâce aux 35h, j’ai du temps pour mes projets personnels. (Bon, d’accord, je procrastine allègrement, mais let’s face it : matériellement, j’aurai le temps de la construire, ma tour Eiffel en allumettes !). Je vois mon neveu grandir, mon foie pâtit de mes apéros avec mes frères et sÅ“urs.
Quelqu’un pourrait-il donc m’expliquer pourquoi j’ai refait mon CV, en allemand, et pourquoi je m’apprête à aller à la poste les envoyer vers de riantes contrées teutonnes ?
(cc) JelleS
posté le 23/07/2008 | 307 vues | 4 commentaires | tags: chauvin attachement Tour eiffel banlieue france voyage paris
Effectivement, l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Mais ceux que ne sont pas allés voir n’ont aucun point de comparaison!
Moi je la quitterais bien pour Frisco ou l’Irlande… mais San Francisco… grrr, j’en ai des frissons :))
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Comme quoi,l’herbe n’est pas forcément toujours plus verte ailleur ^^…et pourtant j’y pense tellement souvent à quitter la France pour l’Andalousie!