La maternité a été beaucoup décriée ici, j’ai quand même envie d’y aller de ma petite expérience et de revenir sur un des grands moments de la première grossesse : l’annonce. Officielle, j’entends. L’annonce, d’après les trois mois réglementaires, celle à tonton, tantine, grand cousin et grand maman ; l’annonce qui vous garantit tout un tas de « oooohhh », « aaahhhh », « géé-nii-aall !! » (j’ai une famille très expressive).
L ‘annonce qui est inévitablement suivie par la traditionnelle coupe de champ’ millésimé ouvert rien que pour vous que ce serait très mal vu de refuser et que d’ailleurs « les bu-bulles ça ne peut faire que du bien au bébé ! »…
Outre ce moment périlleux (tremper ses lèvres ou boire la coupette d’une traite ? Comment vous en êtes vous sorties mesdames ???), l’annonce est en soit un moment très agréable : la famille est aux petits soins, un sourire béat et attendri est gravé sur les visages, vous êtes la star du soir, et ça n’est pas pour vous déplaire, reconnaissez le !
Les marâtres, auront, elles, droit à un bonus : l’annonce aux enfants de l’époux. Seulement là , la tâche s’avère beaucoup plus délicate…. Faut pas se mentir, il est évident qu’Hansel et Graetel ne sauteront pas de joie à l’idée d’accueillir – encore ! - un nouvel intrus dans le foyer. Après le re-mariage de leur père, les voilà forcés de faire face à une nouvelle étape qui les éloigne encore un peu plus du rêve le plus cher de TOUS les enfants de divorcés: que leur père et leur mère se remettent ensemble.
Cette annonce-là nécessite, on le sait, toutes les précautions : On choisit un moment propice, on décide qui doit s’exprimer, comment, on va même jusqu’à répéter la scène en essayant de prendre en compte toutes les réactions possibles et imaginables. Le processus est donc réglé, chronométré, millimétré par vos soins, rien n’étant laissé au hasard. Jusqu’à ce que…
Le papa, qui décidément vous surprendra toujours, se mette en tête d’un coup, sans prévenir et sans filet d’épater la galerie avec son sens légendaire de l’improvisation. Le voilà donc parti en free style au beau milieu du générique de « notre belle famille » - feuilleton préféré des enfants -
- « et bien, JUSTEMENT » commence t il « en parlant de belle famille, nous aussi on a quelque chose à vous dire !!! » - vous notez déjà le sens de l’à propos…-
étant donné votre mutisme – mince alors, c’était pas du tout ce qui était prévu, il a qu’à se débrouiller tout seul ! -, il ne désarçonne pas et continue sur sa lancée pour en venir au but…
- « vous allez avoir un petit frère ou une petite sœur !!!! » -Alléluia, le bougre nous aura au moins épargner les détails du chou, de la cigogne et des petites graines… parti comme il l’était, on pouvait s’attendre au pire ! -
L’effet est d’abord plutôt positif : les deux paires d’yeux se décollant instantanément- oh miracle ! – de l’écran plasma. La suite est moins gaie : c’est la tempête dans les petits crânes, Hansel fond en larmes quasi immédiatement, tandis que Graetel reste ahurie, bouche bée, aucun mot n’étant visiblement assez puissant pour exprimer ce qu’elle ressent, avant de soudain quitter la pièce, et de claquer très fort la porte de sa chambre (Graetel est une ado).
Vous, bien sûr , êtes prise de sentiments contradictoires. D’un côté, une envie vous démange : celle de hurler que c’est honteux de vous gâcher ainsi votre joie, que c’est d’un égoïsme inimaginable… et d’autres choses bien plus cruelles encore que je censure ici, vous comprendrez aisément pourquoi. De l’autre, un sentiment plus adulte qu’on appelle l’empathie vous invite à la compréhension. Suffit de vous mettre à leur place une seconde pour comprendre exactement ce qu’ils ressentent, d’être persuadée même que dans la même situation et au même âge, vous auriez été quinze fois pire.
Alors, on finira la soirée comme dans les téléfilms américains – à défaut d’avoir loupé l’épisode du soir – On va doucement frapper à la porte de la chambre, emplie de bons sentiments, on va promettre que l’amour d’un père, comme celui, certes plus secondaire mais vivace quand même, d’une belle mère se multiplient mais ne se divisent jamais, on va écouter patiemment les doutes et les angoisses. On va espérer que ce que tout le monde vous a dit se vérifiera dans six mois « tu verras, à la naissance, ils vont totalement être gagas devant le petit bébé ».
On espère mais on a quand même une sacrée trouille, nous aussi…
L ‘annonce qui est inévitablement suivie par la traditionnelle coupe de champ’ millésimé ouvert rien que pour vous que ce serait très mal vu de refuser et que d’ailleurs « les bu-bulles ça ne peut faire que du bien au bébé ! »…
Outre ce moment périlleux (tremper ses lèvres ou boire la coupette d’une traite ? Comment vous en êtes vous sorties mesdames ???), l’annonce est en soit un moment très agréable : la famille est aux petits soins, un sourire béat et attendri est gravé sur les visages, vous êtes la star du soir, et ça n’est pas pour vous déplaire, reconnaissez le !
Les marâtres, auront, elles, droit à un bonus : l’annonce aux enfants de l’époux. Seulement là , la tâche s’avère beaucoup plus délicate…. Faut pas se mentir, il est évident qu’Hansel et Graetel ne sauteront pas de joie à l’idée d’accueillir – encore ! - un nouvel intrus dans le foyer. Après le re-mariage de leur père, les voilà forcés de faire face à une nouvelle étape qui les éloigne encore un peu plus du rêve le plus cher de TOUS les enfants de divorcés: que leur père et leur mère se remettent ensemble.
Cette annonce-là nécessite, on le sait, toutes les précautions : On choisit un moment propice, on décide qui doit s’exprimer, comment, on va même jusqu’à répéter la scène en essayant de prendre en compte toutes les réactions possibles et imaginables. Le processus est donc réglé, chronométré, millimétré par vos soins, rien n’étant laissé au hasard. Jusqu’à ce que…
Le papa, qui décidément vous surprendra toujours, se mette en tête d’un coup, sans prévenir et sans filet d’épater la galerie avec son sens légendaire de l’improvisation. Le voilà donc parti en free style au beau milieu du générique de « notre belle famille » - feuilleton préféré des enfants -
- « et bien, JUSTEMENT » commence t il « en parlant de belle famille, nous aussi on a quelque chose à vous dire !!! » - vous notez déjà le sens de l’à propos…-
étant donné votre mutisme – mince alors, c’était pas du tout ce qui était prévu, il a qu’à se débrouiller tout seul ! -, il ne désarçonne pas et continue sur sa lancée pour en venir au but…
- « vous allez avoir un petit frère ou une petite sœur !!!! » -Alléluia, le bougre nous aura au moins épargner les détails du chou, de la cigogne et des petites graines… parti comme il l’était, on pouvait s’attendre au pire ! -
L’effet est d’abord plutôt positif : les deux paires d’yeux se décollant instantanément- oh miracle ! – de l’écran plasma. La suite est moins gaie : c’est la tempête dans les petits crânes, Hansel fond en larmes quasi immédiatement, tandis que Graetel reste ahurie, bouche bée, aucun mot n’étant visiblement assez puissant pour exprimer ce qu’elle ressent, avant de soudain quitter la pièce, et de claquer très fort la porte de sa chambre (Graetel est une ado).
Vous, bien sûr , êtes prise de sentiments contradictoires. D’un côté, une envie vous démange : celle de hurler que c’est honteux de vous gâcher ainsi votre joie, que c’est d’un égoïsme inimaginable… et d’autres choses bien plus cruelles encore que je censure ici, vous comprendrez aisément pourquoi. De l’autre, un sentiment plus adulte qu’on appelle l’empathie vous invite à la compréhension. Suffit de vous mettre à leur place une seconde pour comprendre exactement ce qu’ils ressentent, d’être persuadée même que dans la même situation et au même âge, vous auriez été quinze fois pire.
Alors, on finira la soirée comme dans les téléfilms américains – à défaut d’avoir loupé l’épisode du soir – On va doucement frapper à la porte de la chambre, emplie de bons sentiments, on va promettre que l’amour d’un père, comme celui, certes plus secondaire mais vivace quand même, d’une belle mère se multiplient mais ne se divisent jamais, on va écouter patiemment les doutes et les angoisses. On va espérer que ce que tout le monde vous a dit se vérifiera dans six mois « tu verras, à la naissance, ils vont totalement être gagas devant le petit bébé ».
On espère mais on a quand même une sacrée trouille, nous aussi…
posté le 18/07/2008 | 1132 vues | 10 commentaires | tags: beaux enfants enfants
Les joies des familles recomposées. C’est là que toi et surtout ton homme avez tout votre rôle à jouer pour devenir une vraie et grande famille et qu’Hansel et Gretel ne souffrent pas et ne se sentent pas exclus! Les impliquer dans le choix du prénom ça peut le faire .
@Nanouschka : merci ! oui, il y a en effet un léger bug…
@Wafa : on a commencé à parler en famille des prénoms, le problème c’est que Graetel, qui regarde un peu trop NRJ12, vote pour Paris ou Lindsay si c’est une fille… Hansel lui est plus soft, il veut absolument un garçon et propose Louis… why not ? Mais au final, je pense qu’on a déjà tant de mal à s’accorder à 2 qu’il vaut mieux qu’on ne les implique pas trop sur le choix. En revanche, je suis tout à fait d’accord avec toi, il faut que d’une manière ou d’une autre, ils se sentent concernés : on y travaille au jour le jour !
Pour le champagne, suffit de répondre que l’alcool pour la grossesse, c’est toujours mal. S’ils veulent te faire boire des bubulles, qu’ils sortent le Perrier :)
Oui, et même du Perrier-Violette, parce que c’est la fête!
hihihi, merci du tuyau, les filles ! je connaissais pas le perrier violette, ça l’air chouette !
Le mieux : pas faire de gosse => pas d’annonce. Non, vous êtes pas d’accord… Bon d’accord, on fait des gosses mais on le dit pas.
Ah ouai effectivement … Lindsay et paris c’est chaud ..
J’aime bien le prénom des ptits de ton mari !
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Super article ! Ce doit être un moment sacrément stressant à passer !
Par contre, je crois qu’il y a un petit bug dans ton post, le texte est écrit deux fois.