Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

Louise

Un clocher, une place, des platanes … et des Français.

La France que j’aime est celle des petits chemins de traverse empruntés par Yves Montand à bicyclette, celle des places d’églises avec terrasses ombragées pour marchés multicolores et concours de Pétanque, celle des Fêtes du 14 juillet avec flons-flons, bals des Pompiers et feux d’artifices, celle des apéritifs qui s’éternisent entre amis, entre voisins, entre cousins, celle des accents régionaux pleins de gaité et de chaleur, celle des spécialités locales avec un petit vin de pays pour accompagner, celle des fromages aux odeurs puissantes et des escargots à l’ail et au persil, celle des pains sortants tout chaud du fournil et dont la mie nous brûle les doigts quand notre gourmandise se fait trop pressante, celle qu’on nous envie dans le monde entier : une carte postale pour Américains ou Japonais, un rêve pour Anglais, Allemands ou Néerlandais en mal de chaleur, de bonne table et de vieille pierre.

bicyclette.jpgOui, osons être chauvin car notre herbe tendre n’est pas moins verte que le gazon anglais ! On comprend mieux pourquoi notre si belle terre de France attire tant de touristes étrangers.

Premièrement, nous, Français, savons accueillir comme il se doit les nouveaux venus : nous ne donnons jamais moins de deux baisers. On peut aller jusqu’à quatre bises dans certaines régions, ce qui démontre que nous ne sommes pas avares de notre temps, car il en faut du temps pour embrasser tout le monde. Pfff ! Si les étrangers sont parfois surpris en découvrant cette coutume bien de chez nous, certains y prennent vite goût, n’hésitant pas à s’entraîner au french kiss avec zèle auprès de nos compatriotes. « Ah, les Français(es) !!! », disent-ils alors avec un air rêveur, faisant ainsi de nous les meilleurs amants au monde … Nous n’en sommes pas peu fiers.

Deuxièmement, de telles embrassades nécessitent bien évidemment un petit remontant. Il n’y a alors que l’embarras du choix : chaque région possède sa spécialité. Bières, cidres, vins, pastis, calvados, chouchen, kir, mixtures secrètes : tout est bon dans le cochon ! Notre aptitude à servir ces divins nectars et plus encore à les boire ne peut en aucun cas être remise en doute : l’accueil français se doit d’être chaleureux et quand on a chaud, forcément, on a soif ! CQFD.

Troisièmement, place à un bon repas ; que dis-je, au banquet. Pantagruel, Vatel et autre Brillat-Savarin étaient français, ce n’est pas pour rien ; on n’a jamais vu faire ripaille de façon pantagruélique en Angleterre, ça se saurait.
A nouveau une multitude de possibilités s’offre à nous, tant au niveau de la cuisine traditionnelle que des établissements gastronomiques. On commence par une sole à la dieppoise, on continue avec un aligot saucisse, on poursuit avec un confit de canard, une choucroute, une piperade, on enchaîne avec une bouillabaisse, on déguste un plateau qui a visiblement remporté toutes les étapes du Tour de France des fromages et l’on termine par une galette charentaise, quelques calissons, des bêtises de Cambrai et des fruits confits.
Alors vous, les Etrangers, vous trouvez que c’est trop ? Rassurez-vous, on étale la dégustation dans le temps. Ici on sait à quelle heure on passe à table mais pas quand on en sort. Tout ce qu’on peut préciser, c’est qu’une fois le festin terminé sonne l’heure de la sieste au clocher de l’église. Un point c’est tout.
Car en France, on ne se contente pas de manger bêtement, on fait autre chose que remplir simplement son estomac. On déguste puis on boit, on savoure puis on parle, on goûte puis on rit, on ravit ses papilles puis on cause autour de grandes tablées, on se délecte de tant de plaisirs gustatifs puis on boit à nouveau. Cette convivialité et ce rituel typically french prennent des heures. J’ai pu remarquer que les nouveaux venus dans notre beau pays s’adaptaient avec grand plaisir à ces petites manies gourmandes.

Je ne suis pas non plus la seule à aimer le protocole qui suit ces déjeuners à l’ombre des platanes. De fait, la sieste que j’ai évoquée précédemment est inévitable. Une chaise longue à l’abri d’un vieux mur de pierres, une couverture étendue sous une tonnelle, un coussin déposé au pied d’un arbre sont parfaits pour se la couler douce en été et, accessoirement, digérer. Les enfants vont pêcher des écrevisses ou attraper des reinettes dans la rivière toute proche, quelques hommes font un concours de pétanque sur le parvis de l’Eglise, des adolescents s’éclaboussent à la fontaine de la place du marché, leurs cris brisant le silence de cette chaude après-midi à la Pagnol.

Puis, doucement, le village français à nouveau se réveille. L’heure est aux préparatifs de la Fête Nationale. Tout le village se mobilise pour dresser les tables sur la Grand Place. Dans les arbres, on accroche des guirlandes électriques multicolores. La fanfare répète une dernière fois et les majorettes ajoutent un peu de rouge sur leurs joues. Le maire peut enfin commencer son discours qu’on se dépêche d’applaudir afin de pouvoir filer plus rapidement en direction de la buvette.

La fête bat son plein, on félicite les majorettes qu’on a suivies religieusement tout le long de la Grand Rue et l’orchestre s’installe pour le bal des pompiers. On danse toute la nuit, on rit. Les enfants sont libres de s’amuser : les plus grands s’embrassent derrière un platane sous les regards curieux et moqueurs des plus jeunes qui se coucheront beaucoup plus tard que d’habitude. Tout le monde sourit. Les touristes mitraillent ces petits coins de paradis, espérant presque voir, au détour d’une ruelle tortueuse, un Fernandel à la faconde riante, et se disent : « Pour mes vieux jours, je viendrai m’installer dans le coin ! »

Comment ne pas aimer le Paradis ? Comment ne pas aimer la France ?
Tirez le feu d’artifice !

Photo : (c) wauter de tuinkabouter via Flickr

 

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Derniers commentaires

 

Ooooh, la belle bleue !

Oooooooh, la belle rouuuuge !


 

J’en ai des frissons tellement je me sens patriote et française en lisant ton texte. La France, c’est magique !


 

Belle tranche de vie d’un village idyllique. Mais “les pains chauds sortant du fournil” et les enfants qui vont “attraper des reinettes” c’est un peu too much… On est pas loin de l’anachronisme ;-)


 

c’est marrant après “bouclez la” le ton change…..un peu too much, polluxe ? c’est carrément une enfilade de lieux communs, oui ! surtout de la part de quelqu’un qui traitait les français de “rois de la mal bouffe…”


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