My Space

O Sole Mio

Quand j’étais plus jeune, je savais que je voulais voyager, je ne savais pas bien où, ni comment. Nous partions en vacances, en Corse ou dans les Vosges, et c’était très bien pour l’enfant puis l’ado que j’étais, mais ce n’était pas voyager… Je suis même allée jusqu’à New-York. J’ai beaucoup aimé mais mon coup de foudre est venu plus tard….

En voyage de rhéto, mon école nous a envoyés, ma classe et moi, en Italie… Et mon coeur a saigné. Frappée d’un coup de foudre dont je n’imaginais pas l’ampleur, encore trop ado pour me rendre compte de ce que cette histoire d’amour allait représenter dans ma vie. Quelques années plus tard, c’est avec ma mère que j’y retourne. Cette fois-ci, ce sera Florence. Et là, j’ai compris.

J’ai compris que j’étais définitivement, profondément, amoureusement et à tout jamais une italienne de coeur. J’ai compris que j’allais vivre une histoire passionnée, passionnelle, essentielle avec ce bout de monde, ces habitants, cette langue, ce système de vie, de pensée, cette imperfection avec des lunettes de soleil toute latine.

Depuis, j’ai visité (et revisité encore) la Toscane, qui reste décidément ma région préférée, je suis allée en Sicile, à Rome, à Naples… Et c’est devenu une évidence, j’ai besoin de toi, Italie. J’ai besoin de respirer ton air, d’entendre tes habitants, de sentir ton odeur.

Dépendante de ma dolce Italia, je la visite une fois tous les deux ans minimum. Et quand je ne peux pas y aller, j’étouffe. J’étouffe de ne pas parler cette langue, que je ne maitrise pas, que je n’apprends pas, mais que j’utilise aussi souvent que je peux, tant j’adore la sentir rouler sur ma langue, buter contre mes dents, envahir mes oreilles. Je suis devenue fan absolue de toutes les chansons italiennes que je peux entendre, sans distinguo entre le bon grain et l’ivraie, peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Je me plonge dans des recettes italiennes, je renifle les casseroles de ma meilleure amie, dont l’italienne mère connait des trésors gustatifs.

J’ai visité d’autres pays, bien sur, et j’ai apprécié, adoré, respecté, tous ceux que j’ai rencontré. Cette année, la Thailande m’ouvre les bras, après avoir fait le Portugal et Budapest… Mais Italie, Italie chérie, tu es ma maitresse terrible.

5 Responses to “O Sole Mio”

  • “tu es ma maîtresse terrible.” Magnifique. Parce que c’est le genre de tournures de phrases que l’on retrouve dans la littérature antillaise, de Patrick Chamoiseau à Maryse Condé, en passant par Raphaël Confiant. Maîtresse terrible, doux écho à mes lectures passionnées dans l’univers de la créolité.
    Désolé de ne répondre qu’à cette ultime proposition de ton texte, mais c’était plus fort que moi.
    Mais sinon moi aussi j’ai toujours voulu voyager. J’ai beaucoup voyagé d’ailleurs. Et c’est le Japon qui m’a fait le plus d’effet. Evidemment le voyage coûte plus cher depuis ma Guadeloupe, néanmoins je compte bien y retourner.

  • Ce ne sera pas plus cher que de ma Belgique, le Japon… :)

    C’est fou comme on peut éprouver des passions pour des choses aussi inattendues et impalpables d’un pays… Au delà d’une frontière géographique, c’est tellement plus vaste. A la mesure de l’attachement qu’on lui porte.

  • Vrai. Mais s’il y a une chose qui prend une grande part dans mon affection pour le japon, c’est la sensation d’être un étranger. Ou que j’aille dans le monde c’est d’abord cette sensation que je recherche. Peut-être en réponse à la sensation de proximité permanente de la vie des autres provoquée par l’insularité.

  • Je ne sais pas pour l’insularité… Et en ce qui me concerne, je suis coupée d’une partie de mes racines ce qui fait que je me sens étrangère quasi-partout, parfois même dans le pays dont j’ai la nationalité :)

  • Partout Etranger est le titre d’un album d’un groupe antillais, Soft, que j’apprécie particulièrement. Bon c’était la minute private talk.

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