Les voyages, des terres aussi inconnues que magnifiques, ça fait rêver. Sauf que quand tu es étudiant, en général tu passes 1. Le mois de juillet à faire un job ingrat 2. Le mois d’août à mourir de chaud chez toi en te rendant compte que tu n’as pas assez d’argent pour partir. Après quand tu commences à avoir un minimum de sous, bein t’as plus le temps…ou presque.
J’ai eu pourtant la chance, jusqu’à mes 18 ans, de bénéficier du super CE de ma mère qui envoyait les enfants des salariés loin pour pas cher. New York pendant trois semaines pour mes 17 ans, l’Australie pendant 6 semaines (chez l’habitant et même au lycée australien parce que eux en juillet c’est l’hiver et certainement pas les vacances)pour mes 18 ans. L’année fatidique de la majorité étant arrivée, je pouvais malgré tout bénéficier une dernière fois de ces superbes offres pour les vacances de février…mais pour la Tunisie.
J’étais mitigée, tout ce qui est Tunisie et compagnie ça me fait penser à ces voyages aseptisés où des couplés de kékés viennent pour bronzer et se saouler grâce au all inclusive, et rester le cul sur la plage toute la journée pour au retour être fiers de ce bronzage rouge cramé cancérigène et ne rien avoir à raconter d’autre que comment danser la danse des tongs.
Si je voulais voir des cons, je resterais à Paris, où est le dépaysement ! En plus il s’agissait ici d’une « colo », et j’ai toujours refusé catégoriquement de refaire une colo depuis ce lamentable été de mes 8 ans dans un trou en Auvergne.
Ma mère me fit remarquer que d’une part, faire la fine bouche sur une semaine en Tunisie on avait jamais vu ça et que j’étais qu’une sale snob de fille ingrate, et que d’autre part il s’agissait d’un circuit en 4×4 dans le sud de la Tunisie et que même si on passait par Djerba, on allait forcément visiter des trucs puisque c’était un circuit.
Graour, cette histoire de 4×4 avait attisé mon côté aventurier, je décidais de passer outre cette histoire de colo, 10 ans après il était temps d’oublier cet echec et de retenter l’aventure en profitant de ce séjour à un prix défiant toute concurrence.
C’est cette année là que j’ai compris que pour palier le petit prix d’un séjour, il valait mieux avoir une bande de copains. Certes des fois le pas cher n’est pas pourri, mais d’autres fois c’est une autre paire de manches. Disons qu’il est mieux de prévoir : pour un séjour en amoureux love to love dans le fond des yeux, ça te laisse un moins bon souvenir si les douches sont à l’eau gelée et si des cafards crawlent avec toi dans la piscine, alors qu’entre amis, c’est toujours plus simple de rester dans la bonne humeur (sauf si vos amis sont des gros lourds, m’enfin bon là je peux rien faire pour vous).
Concernant ce fameux raid en 4×4, je déconseille aux couples énamourés, vous serez bien mieux dans un 4* aseptisé all inclusive à Djerba. Pour les bandes d’amis, les inconvénients passent mieux.
- Tu passes 2h par jour dans une voiture sur des routes tout à fait banales. Vive l’aventure.
En couple : tu as envie de vomir, tu as trop chaud, et donc tu n’es pas à ton avantage physiquement parlant : de quoi se faire laguer dès le retour à l’aéroport.
Avec des potes : tu ne vois pas le temps passer parce qu’à 5 dans la voiture, tu te fightes pour savoir qui choisi la musique (mais bon au fond tu ne connais rien, ce sont les cassettes de raï du chauffeur), tu demandes au chauffeur de faire la course avec les autres 4×4, et comme ça le change des couples qui ont mal au cÅ“ur il accepte volontiers. Oui tu risques de mourir connement, mais dans la voiture tu ris.
- Dans un hôtel pourri avec douches communes et eau froide (quand il y a de l’eau), avec du jus de citron à l’eau le matin en guise de jus d’orange et du pain au ciment.
En couple : vous sentez le bouc car n’osez pas aller vous laver, vous êtes de mauvaise humeur car vous avez faim. Vive le romantisme, mais pourquoi vous êtes parti en vacances avec ce con ?
Avec des potes : vous planquez les vêtements de ceux dans la douche en riant comme des baleines, vous faites des batailles de déodorant, vous marchandez des bouteilles d’Oasis au tunisien du coin, bref, rien n’est grave entre amis on vous le dit.
- L’appel à la prière résonne vers 5h du mat dans toute la ville
En couple : vous sursautez d’à peu près 12m de votre lit, vous faites une crise de nerfs parce qu’impossibilité de faire une grasse mat langoureuse.
Avec des potes : vous faites croire à un de vos amis qui n’est pas au courant de cette coutume locale que ce message prévient qu’il y a le feu dans l’hotel (oui vous parlez courrament tunisien). Et vous le regardez courir en pyjama comme un malade dans la rue, en riant de bon cœur.
Vous avez compris le principe, enfin après c’est à vous de choisir si vous souhaitez admirer les dunes de sable du désert en faisant des poèmes sur la beauté du lieu pour épater votre moitié ou jouer à chat dans ces mêmes dunes (et faire du 4×4 volant si votre chauffeur est aussi sympathique qu’inconscient). Cela dit aujourd’hui les sites de vacances à prix réduit offrent des prestations assez correctes, et si vous décidez quand même de partir en couple à l’aventure et qu’effectivement la qualité du séjour laisse à désirer, voyez ça comme une sorte d’épreuve façon ile de la tentation mais avec les séducteurs/trices en moins et les cafards/rats en plus…
posté le 09/07/2008 | 2346 vues | 4 commentaires | tags: tunisie carnetdevoyage voyage | une personne a aimé
c’est vrai qu’entre amis, tout passe. OU presque. Les “y’a pas de toilettes” est assez difficle à digérer pour les filles le plus souvent…
pour avoir testé les vacances pourries en croatie et nos premières vacances en couple qui plus est, je peux affirmer que ça a été un super test d’humour, de distanciation et finalement ça a renforcé nos liens…. neuf ans après on s’en sort pas si mal ….
Il a pas l’air marrant ton mec !
Franchement, je suis une adepte des vacances en groupe, mais quand même, là ça a vraiment l’air tragique de partir en couple !
Le mien, c’est le premier à ne pas se laver (sous le regard horrifié de nos potes), et c’est pas dernier à conduire en passant exprès sur les nuits de poules.
Bref, tout dépend plutôt avec qui tu pars, plutôt qu’à combien tu pars !
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Bon alors à bannir le portugual et la tunisie ;)