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Pérégrinations en Europe à travers des pèlerinages…

J’ai toujours aimé voyager. Normal, en tant que Bretonne, j’ai ça dans le sang. J’ai pas mal voyagé en Europe, en particulier en Belgique (pays d’origine de mon père) et en Allemagne (car mon village est jumelé avec un village allemand). Mais les récits de voyages que je vais vous faire, ce sont mes pérégrinations en Europe à travers les rencontres de la communauté de Taizé.

Je vous explique : la communauté de Taizé est une communauté oeucuménique ( c’est-à-dire qui réunit à la fois des catholiques, des protestants et des orthodoxes) de frères qui s’est installée en Bourgogne, dans le village de Taizé, près de Cluny, en 1940. À l’origine, un jeune Suisse, Roger Schutz, cachait avec quelques amis des Juifs dans une grange.  Au sortir de la guerre, il a fondé une communauté et a édicté la règle avec ses frères à Genève.

Devenu frère Roger, il commence à accueillir des jeunes dans les années 1960. Vu la croissance exponentielle de la fréquentation de la communauté, il réfléchit alors à des rencontres, un peu partout en Europe, pour que les jeunes se rencontrent et partagent leur foi et leurs expériences de vie.

Ces rencontres ont commencé en 1974 à Stuttgart. Puis, depuis 1977, ces rencontres se déroulent tous les ans dans une grande ville européenne, fin décembre. En ce qui me concerne, j’ai ainsi pu découvrir cinq villes et cinq cultures de la sorte.

 

- Hambourg (27 décembre 2003-2 janvier 2004). Bien que j’avais déjà voyagé en Allemagne, ce fut une redécouverte de la culture allemande, et notamment de la culture religieuse luthérienne. L’Allemagne étant à majorité de confession réformée, ce fut une redécouverte de mes pratiques de foi en tant que chrétienne d’obédiance catholique. De plus, j’ai vécu cette rencontre de manière communautaire (quand j’étais accueillie après dans des familles). Étant dans la chorale, il m’était peu évident de découvrir la ville, du fait des répétitions de chants. Mais j’y a découvert une autre vision de l’Allemagne, un peu plus ouvrier que mon village de la vallée du Rhin. Une bonne expérience de vie communautaire à 150 à partager les douches, à 70000 à partager les repas…

- Lisbonne (28 décembre 2004-1er janvier 2005) Une ville magnifique, où le soleil illumine la ville, même en hiver. J’étais logée dans le quartier d’Alcantâra, près de Belem. Lorsque je prenais le métro, j’étais frappée par toutes ces constructions qu’ils faisaient, et le bidonvilles qui persistaient. J’ai aussi reconnu les jardins communautaires que j’avais déjà croisés lorsque je vivais dans le quartier portugais de Saint-Brieuc. Pour vous faire rêver : le 31 décembre, il faisait 20°C ! Mais ce fut une révélation. Je me suis promise de retourner un jour au Portugal… Depuis, j’ai commencé à m’intéresser à la culture portugaise, son histoire, sa musique, ses habitants… Travaillant dans le quartier portugais d’Ivry pour mon stage, je ne pouvais être mieux!

- Milan (28 décembre 2005-1er janvier 2006) : Mon deuxième voyage en Italie, après Rome avec ma maman et ma mamie en juillet 2005. Alors que Rome, malgré sa saleté, reste une ville sublime, on sent que Milan est une ville dédiée à l’industrie, comme beaucoup de villes d’Italie du Nord. Je n’ai pas eu tellement envie de découvrir la ville, du fait de cette impression. J’étais logée en banlieue, à Cernusco sul Naviglio, dans une famille dont le père avait travaillé comme commercial à Lyon. Il avait donc transmis à ses enfants une certaine francophilie. Mais je me suis aussi retrouvée dans cette famille avec 3 Polonaises, dont une qui parlait français. La deuxième avait 18 ans et je communiquait en allemand avec elle, et la dernière était une mère de famille de 40 ans qui ne parlait pas autre chose que le polonais. Mais je n’ai jamais eu de nuits aussi courtes, du fait des blagues que l’on se traduisaient à 5 dans la chambre… Réveillon assez mémorable jusque presque 6h du matin à raconter des histoires de fesses en français, en italien et en polonais en buvant du grappa…

- Zagreb (28 décembre 2006-1er janvier 2007). Ca me tenait à coeur de partir en Croatie, pour voir comment le pays s’est reconstruit. Et ce, malgré 30h de bus aller et retour… Contrairement au processus normal de globalisation d’une métropole, Zagreb voit ses anciens quartiers devenir des villes à part entière. C’est le cas de Velika Gorica, où j’étais logée dans une famille de Croates qui ont du fuir la Serbie en 1991 : “Et encore, on a eu de la chance, on a pu emporter nos valises.” J’ai bénéficié d’un accueil sans limites (pour la première fois dans un pèlerinage que je faisais de la sorte, j’avais un lit et des couvertures! Le grand luxe!), allant même jusqu’à me consoler lorsque j’avais des crises de doute sur ma foi, bien qu’ils ne pouvaient comprendre mes larmes. Par contre, j’ai ressenti un malaise quand la demoiselle de la famille qui nous accueillait nous clamait sa fierté d’être Croate. Ca m’a mise face à des idées nationalistes un peu nauséabondes… Sinon, dans les groupes de partage le matin en paroisse, j’avais au sein de mon équipe un Serbe et le Croate qui l’accueillait. Ils se parlaient dans la même langue et on voyait vraiment que chacun faisait des efforts pour aller à la découverte de l’autre. Ca m’a réconfortée dans le fait que ce genre de rencontre pouvait créer des liens forts qui allaient à l’encontre de la logique de haine…

- Genève (26 décembre 2007-1er janvier 2008) : La Suisse terre d’accueil… Encore faut-il détourner la douane. Plus chiante que la douane slovène lorsque nous avions quitté l’Italie pour aller en Croatie, la douane suisse nous a laissé poireauter 1h avant de daigner nous laisser partir. Malgré tout, Genève est une très belle ville, très bourgeoise, très friquée aussi, avec un écrin de montagne qui fait vraiment plaisir le matin au lever. Nous nous sommes occupés avec quelques membres français, camerounaise, polonais et portugais de la chorale d’assurer l’ambiance dans les bus genevois. De fait, nous avons été filmés plusieurs fois par la TSR… Ma compagne de chambrée commençait à se fatiguer pour le 31 décembre. Je lui disais : “Tant qu’il y a de la voix, il y a de l’espoir…” Résultat, je n’avais plus d’espoir quand j’ai retrouvé ma mère le 2 janvier à 6h du matin. D’ailleurs, la première chose qu’elle a fait est d’appeler le médecin pour une consultation à 9h. Bilan : une bonne laryngite, encore plus carabinée que ma laryngite de Hambourg.

 L’an prochain, je m’en vais à Bruxelles, une ville que je connais bien… Et je compte faire toute l’Europe de la sorte…

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