Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2012

Mot de passe oublié

Barb

Pendant que les dĂ©bats font rage autour de Sarkozy et l’indĂ©pendance des mĂ©dias, certains magazines, eux, ne se cachent pas de leur dĂ©pendance face aux diktats du monde branchouille quitte Ă  ce que les journalistes y perdent leur impartialitĂ© et prennent la grosse tĂŞte au passage.

hype.jpgCar s’il existe des magazines underground de qualitĂ© qui parlent des expos du moment, du dernier album Ă  Ă©couter ou encore et surtout, du dernier bar hype de la capitale, ils n’en restent pas moins dĂ©testables lorsque la revendication de cette hype attitude devient au centre de leurs articles.

Il n’est pas rare, en effet, de lire des articles comptant la vie du journaliste branchĂ© sur fond d’interview ou de critique artistique. Au fil de certains articles on en apprend finalement plus sur la vie du journaliste en vogue, que sur l’interviewĂ©. Et au bout du compte, un journaliste branchĂ© dans un magazine hype est plus proche du ground zero que de l’ undreground : ce dernier, ne manquera pas, par exemple, de noter en didascalie qu’il est allĂ© fumer un joint avec Thierry Ardisson lors de cette entrevue ou que Julien DorĂ© est vraiment pas cool parce qu’il ne boit pas d’alcool. Quelle pertinence !

Ainsi, les dĂ©bats abordĂ©s deviennent davantage des sortes de pamphlets en faveur des journalistes branchouilles plutĂ´t que la transmission d’informations appropriĂ©es. En d’autres termes pour ĂŞtre un magazine branchĂ©, il faut aborder des infos un peu arty, mettre en avant des citations de djeun’s rencontrĂ©s en soirĂ©e, du genre “Youpi, une partoooz” ou “la puissance du look c’est ce qui fait la force de ces soirĂ©es”. Mais surtout il faut que les journalistes en question, mettent en avant leur style de vie “trop cool et trop in”, en revendiquant se mettre la tĂŞte Ă  l’envers en pleine interview et raconter les soirĂ©es de dĂ©bauches qui suivent. Tout ça sur un ton soi-disant dĂ©calĂ© alors qu’ils ne sont en rĂ©alitĂ©, que des moutons du monde hype qui avalent du MDMA pour rester In !

Dans les chroniques de ces soirĂ©es on retrouve d’ailleurs avec dĂ©ception la narration de fĂŞtes on ne peut plus vues dans des endroits qui commencent Ă  avoir le mĂŞme âge que votre petite soeur et qui pourtant sont des places to be ! Que ce soit au Paris Paris ou au Baron, il n’est pas Ă©tonnant de retrouver ce profil de journalistes. Si au hasard d’une soirĂ©e vous vous retrouvez dans ces boites dites branchĂ©es, vous y croiserez sĂ»rement des tas de gens qui font la mode, parait-il, que ce soit des personnes de la rĂ©daction de Technikart, de jeunes rĂ©alisateurs qui ont le vent en poupe mais aussi des Ă©chouĂ©s de tĂ©lĂ© rĂ©alitĂ© comme Jean-Edouard (pas très actu pour le coup).

Tout ce petit monde ne se dandine pas sur la piste de danse, puisque de toute façon au Baron il n’y a pas de piste de danse ! Ce microcosme se contente de scruter, derrière leur wayfarer, les convives des pieds Ă  la tĂŞte. Un vĂ©ritable repas de fĂŞte oĂą il est question de parler de soi et dont la consommation pourrait vous donner une crise de foie. Pour preuve : la seule fois oĂą j’y suis allĂ©e, la soirĂ©e et les invitĂ©s Ă©taient tellement indigestes que j’ai vomi tous ces gens sur les pieds du videur de la boite, alors que ma dernière cuite remontait Ă  mes 14 ans !

En somme, magazines in et lieux off ont toujours fait bon mĂ©nage, puisqu’on trouve mĂŞmes quelques journaux en libre service dans ces lieux publics pas si open. Le dernier en date par exemple, est un “gratuit de luxe” trouvĂ© dans un autre lieu branchĂ© de la capitale : le paris social club.

“Gratuit de luxe”: rien que la dĂ©nomination de ce journal prouve que il n’y rien de hype lĂ  dedans car rien de novateur ni de crĂ©atif. C’est encore la mĂŞme chose : on parle de luxe car souvent lorsqu’on est branchĂ© on a plein de fric, on fait un gratuit parce que tout le monde en fait en ce moment, on le distribue dans un lieu hype, on interview son pote acteur parce que tout le monde connait, etc.etc.

Bref rien de bien nouveau. En d’autres termes, des magazines Ă  la mode en manque d’inspiration et d’aspiration, tout ça assez logiquement puisqu’on sait que la mode n’est qu’un Ă©ternel recommencement.

Finalement, on se demande si ces journalistes n’utiliseraient donc pas les colonnes de leurs magazines comme le faire-valoir de leur vie huppĂ©e et leur carte de presse comme un pass VIP dans un monde “capitalo-centrĂ©” de jeun’s branchĂ©s…

(c) derekb via flickr

 

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Derniers commentaires

 

J’aime. De retour a Paris, je redecouvre le Paris Paris (pourri pourri) et le Sociaaaaaal. J’ai envie de vomir.

Hype est trop souvent = pete de fric


 

Sur la cĂ´te ouest, nous avons REDUX Ă  dĂ©couvrir absolument. VoilĂ , c’Ă©tait mon comm. de pub ;)


 

Merci ma belle de mettre en forme ce que je n’arrivais pas Ă  vomir :)


 

ahah ! j’adore… grinçant et carrĂ©ment aigri ! je dis tout pareil mĂŞme si je me retrouve suiveuse parfois, dans certains de ces lieux branchĂ©s. Ma foi on critique mieux le système de l’intĂ©rieur n’est-ce pas… car comment bien placer ses uppercuts quand on ne sait pas de quoi on parle ?;)


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