Vous partez sur l’ocĂ©an… votre blog… votre vie… votre rendez-vous d’un soir (ou d’un matin, certains sont fous…) vous ĂŞtes lĂ , face Ă tous les possibles… Dites-vous que l’innommable, l’insurmontable, l’insupportable, l’infrĂ©quentable… vont soudain s’ouvrir et vous laisser explorer leur immensitĂ©… vous en viendrez Ă bout : cette traĂ®trise d’une collègue, cette humiliation si forte, cette difficultĂ© financière, ce blogueur rencontrĂ© un jour de mai… Vous pourrez demain voguer sur leur surface enfin pacifiĂ©e…
En attendant, votre rage… votre insatisfaction, votre petitesse vous rongent… Je vous en conjure, maĂ®trisez-vous… ne leur donnez pas tant de combustible pour leur feu… prĂ©servez vos forces.
Ne donnez pas tant… et donnez tout… sachez comment.
On vient un soir me visiter… tiens, quelle surprise, quelle joie mĂŞme. Puis, on s’en va ailleurs, tiens quelle surprise, quelle dĂ©convenue. On va, on vient… c’est la loi des sauriens (animaux Ă sang froid qui vous laisseront crever Ă cĂ´tĂ© d’eux, sans plus d’Ă©motion que ça, sous prĂ©texte que ça ne le vaut pas… et que eux le valent bien… des narcisses de la dernière mode, en somme…).
Alors, le secret… quel est-il ?
En vous, naturellement… en vous, personne ne pourra jamais le dĂ©rober. Ingrid l’a dĂ©montrĂ© (et, avant elle, Florence Aubenas, et des milliers d’autres, pas otages des FARC, juste otages de la “sale vie” qui les a Ă©borgnĂ©s… Ingrid, elle a Ă©tĂ© Ă©borgnĂ©e… mais elle revient plus lucide et plus forte que par le passĂ©).
Je les vois les otages de la sale vie (ceux qui ne sont pas nĂ©s fils de diplomate, ni de ministre de l’Ă©ducation nationale, ni amis très proches de Dominique de Villepin… qui n’ont pas fait Sciences Po, qui ne sont pas un “otage de luxe” comme notre chère Ingrid) : eux, ils vivent avec leur salaire de misère, avec leur pas de salaire du tout… Eux, il n’y a aucun comitĂ© de soutien… pour leur venir en aide, pas de citoyennetĂ© d’honneur… non, ils peuvent crever la gueule ouverte, il n’y aura ni Chirac, ni Sarkozy, ni Villepin, ni Uribe… pour dĂ©ployer tous les moyens diplomatiques et militaires pour les dĂ©livrer de leur calvaire. Il n’y aura que des Mère TĂ©rĂ©sa, quelques soeurs Emmanuelle, ou des abbĂ©s Pierre… certains Coluche aussi… un JĂ©sus… peut-ĂŞtre… mais c’Ă©tait il y a bien longtemps…
Aujourd’hui, je vous le dis, pour dĂ©fendre votre cause vous trouverez la terre entière (et la France de surcroĂ®t) si vous ĂŞtes bien nĂ© (dans une famille de la haute sociĂ©tĂ©) et si vous avez du sang français (a-t-elle dit, moi, je le dirais “bleu” ce sang-lĂ ). Et pourtant, je l’admire cette femme-lĂ … mais, je ne peux m’empĂŞcher de dire ma gĂŞne face Ă cette-mise-en-scène-lĂ …
posté le 03/07/2008 | 720 vues | 4 commentaires | tags: Rodrigo Leao otages Ingrid Betancourt blogs râleuse
c’est du fado non?
origines de lucia, si je ne me trompes et qui traduit le sentiment de mauvaise vie… c’est ça ?
la vidĂ©o, j’ai oubliĂ© de mettre une lĂ©gende… est de Rodrigo Leao, un ex des Madredeus (pour ceux qui connaissent), il a fondĂ© son propre groupe… un peu fado mĂŞlĂ© de “new age”… ça s’appelle “voltar”… revenir, ou retourner… (rentrer chez soi…). Ici c’est revenir en arrière… “voltar” c’est pour Ingrid… elle est revenue et retournĂ©e… mais, Ă mon avis, elle est ballotĂ©e sur un ocĂ©an d’Ă©motions… contradictoires; c’est aussi la mĂ©lancolie… de ceux qui ont tout perdu et surtout l’amour… : “matin gris… que ne donnerais-je pour pouvoir revenir en arrière; reviens contre mon coeur, d’ici ne t’en va plus…”. Le fado… c’est la nostalgie du passĂ©, la mĂ©lancolie fataliste, la souffrance de la perte, et l’espĂ©rance (la saudade) de l’amour… du bonheur Ă venir.
en prime une autre vidĂ©o de Rodrigo Leao… “a casa” : la maison, après “le retour”… comment reconstruire… comment… “pardonner”… depuis si lontemps que je voulais “revenir”, “voltar”…
http://www.youtube.com/watch?v=9azTEqPrVvU&feature=related
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J’aime bien ton article, je suis d’accord avec toi sur le fait que seuls les gens “bien” nĂ©s sont aidĂ©s quand ça va mal. Les autres…tout le monde s’en fout.
Mais je me demandais juste une chose : quelle est le rapport entre l’article et la vidĂ©o ?