Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

Mot de passe oublié

olympedegouges

Mon professeur de philosophie de terminale m’a dit un jour, je ne sais plus très bien pourquoi, vous savez Olympe, la paresse est déjà un signe d’intelligence. Et comme je suis une vraie feignasse, je n’ai évidemment pas écouté la suite de la conversation. J’en suis restée là, satisfaite et même un peu heureuse de constater que chez moi, mon intelligence prenait des proportions incroyables dans ma capacité à ne rien faire.

petit-paresseux.jpgJe considérais déjà la paresse comme le moins évident des sept péchés capitaux mais ce jour là, elle m’est tout d’un coup apparu comme un privilège, un cadeau de la nature, un don à préserver coûte que coûte contre la stupidité du monde. C’était décidé, dorénavant je ne ferai plus rien pour contrarier ma précieuse flemme.

Et j’ai tenu parole, les dix années suivantes ont été dictées par les seules exigences de mon caractère méditatif. Je pouvais lire deux livres par jour mais j’étais incapable de descendre la poubelle. J’arrivais à sortir jusqu’à très tard le soir pour acheter des cigarettes mais je préférais me laver les dents à l’eau savonneuse au lieu de courir au supermarché chercher du dentifrice. Je gardais un travail à peine trois ou quatre mois considérant qu’il valait mieux ne pas y aller du tout plutôt que d’arriver en retard. J’ai perdu des dizaines d’ami(e)s à force de ne pas répondre à leur message et j’en retrouvais d’autres immédiatement.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’étais paresseuse et entreprenante à la fois. J’étais à l’initiative de mille projets difficiles que j’abandonnais aussi facilement et rapidement que j’en avais eu l’idée. Mon imagination était aussi vaste que la plus absolue des solitudes mais ne me servait strictement à rien. En fait j’étais constamment en train de concevoir. Si j’avais pu en faire mon métier, je serai devenue la femme la plus heureuse du monde. J’étais convaincue que c’était ça la vraie liberté quand on est étranger aux rythmes tyranniques du monde du travail et que le temps passe gratuitement.

Et puis j’ai du laisser tomber, contrainte et forcée par les huissiers qui se faisaient toujours plus nombreux devant ma porte, les cafards qui squattaient mon évier submergé par la vaisselle sale et l’ennui finalement de ne pas pouvoir parler à un véritable ami. J’ai repris le cour de mon ancienne vie, exactement là ou je l’avais laissé avant, aux deux premières lignes de ce petit texte que j’avais abandonné.

“Il faut maintenant que tu chasses la paresse, dit mon maître : ce n’est pas assis sous la plume ni sous la couette qu’on arrive à la gloire”

La Divine comédie, l’Enfer, Chant XXIV

 

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Texte fort intéressant… A méditer


 

La paresse est-elle un signe d’intelligence parce qu’elle permet de réfléchir ? Parce qu’elle nous force à nous arrêter pour observer le monde qui nous entoure ?

La mienne, je la vois plutôt comme un handicap, dans notre société. Eh oui, je fais partie du club des grosses feignasses…


 

Mon prof de semi doncducteurs (oui je sais ça fait envie …) nous dit tout le temps: la plus grande qualité d’un scientifique, c’est sa feignantise, parce que la feignantise oblige à être malin. :)


 

ah ah ah, j’ai toujours su que j’étais un génie !!! ben oui parce qu’il n’y a pas plus feignasse que moi ! et je me reconnais totalement dans le “Je pouvais lire deux livres par jour mais j’étais incapable de descendre la poubelle” sauf que moi c’est toujours au présent.

vive les paresseuses !


 

Je suis une feignasse aussi mais j’ai parfois des poussées de maniaquerie. Soudainement, je me met à récurer l’appart de fond en comble, je me bouge quoi ^^


 

Ah ouais, comme toi Krib, mais ça m’arrive quand même rarement. Cela dit, j’ai effectivement des crises de “raaaahhh marre de ce bordel et de cette poussière”.


 

Ah, mais je ne suis pas là seule, alors ! ^^

Vous savez quoi, je crois que la “feignaressie”, c’est une façon de rééquilibrer le rythme de ce monde où tout va trop vite, de compenser pour tout ceux qui agissent avant de penser. Le Yin et le Yang. Et rapporté à ma petite personne, de compenser pour le stress et l’énergie que je déploie pour satisfaire aux objectifs de productivité, rentabilité etc, etc … Un moment tout à fait égoïste et rien qu’à moi. Hyperactive un instant ; affalée sur mon canapé celui d’après, c’est tout moi !

Vive les feignasses (qui ne le sont qu’en apparence, parce que dans leur têtes, ça bouillonne …) :)


 

oui et “feignasserie” au lieu de “feignaressie” c’est pas mal aussi … je dis non à la feignasserie intellectuelle par contre ! ;)


 

les feignasses sont un peu en dehors du temps et des obligations, elles ne sont pas dans l’action, c’est pour ça que ca peut tres vite devenir un handicap, comme le dis la fille


@ 4Me: Ni à celle du coeur d’ailleurs!


 

la fille et krib: pareil pour moi. Euh non pas vraiment en fait. Je me dis que s’il faut nettoyer, c’est tout ou rien. Soit je nettoie pas, soit je nettoie de fond en comble. Malheureusement, et à mon grand désarroi, mon corps suit rarement, pour ne pas dire jamais, les directives de ma maniaquerie intellectuelle… Par conséquent, rien ne se fait…


 

@ le mal: je connais ça aussi..


 

“La paresse est-elle une qualité où un défaut ?” Voilà un sujet que j’aurais aimé avoir au bac philo…


 

Je laisse les termites nettoyer la maison ……


 

C’est sûr que quand elles auront bouffé tes meubles, y’aura plus la poussière à faire dessus :p


 

lisez un peu l’article avec la pourriture…. là ça va vous plaire les deux


 

Tout pareil !


 

paresseuse, par essence elle est paresseuse, est ce vraiment de la paresse ou trop de quoi ou qu’est ce…. elle s’en fout, elle s’balance de savoir ce que les autres en pensent


 

c’est la ouate!


 

c’est presque dommage de ne pas avoir une bande son parfois pour certains articles, cet air me trotte en tête depuis que j’ai lu le tien


 

Zut ça veut dire que je dois reprendre une vie normale aussi… et arrêter de me lever à midi =( snif.


 

Tu n’es pas la seule, j’ai une certaine tendance à me lever vers midi quand je suis en vacances ^^


 

La citation d’origine est, je crois, que “la paresse engendre l’intelligence”.


Ce qui me donne envie de citer aussi De St Amand ^^


“Accablé de paresse et de mélancolie,

Je rêve dans un lit où je suis fagoté,

Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,

Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.


Là, sans me soucier des guerres d’Italie,

Du comte Palatin, ni de sa royauté,

Je consacre un bel hymne à cette oisiveté

Où mon âme en langueur est comme ensevelie.


Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,

Que je crois que les biens me viendront en dormant,

Puisque je vois déjà s’en enfler ma bedaine,


Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts,

Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine

Ai-je pu me résoudre à t’écrire ces vers.”


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