Au dĂ©part, j’avais en tĂŞte de faire un long billet Ă propos d’un tas de choses qui m’agaçent en ce moment sur les centaines d’idĂ©es reçues qu’on a Ă tout propos sur les blogs. Mais en relisant, ce matin, le premier jet et mĂŞme si tout ce que j’y Ă©crivais Ă©tait sincère, j’ai eu un peu l’impression de cracher dans la soupe.
Parce que si quelqu’un doit beaucoup Ă son blog, c’est moi. A commencer par ce qui est visible, c’est-Ă -dire un roman, mon rĂŞve de toujours. Mais ce n’est pas tout. En dĂ©marrant ce blog, je n’Ă©tais pas celle que je suis aujourd’hui.
Professionnellement, c’Ă©tait la crotte. J’avais fait des Ă©tudes de lettres pour exercer une activitĂ© artistique et je me retrouvais Ă Ă©crire des dossiers sur l’Ă©ducation, l’environnement ou les plans de dĂ©veloppement de voirie. Un boulot bien payĂ© et qui aurait enchantĂ© nombre de personnes, mais oĂą je me sentais aussi dĂ©calĂ©e qu’une Amy Winehouse dans un tailleur en tweed. Physiquement, alors que je flottais dans un petit trente-huit, j’avais l’impression d’ĂŞtre Ă©norme. Je me sentais gauche et moche et Ă chaque fois que je croisais mon visage par hasard dans un miroir, j’avais envie de pleurer. Pour rĂ©sumer les choses, je me demandais bien par quel miracle l’homme merveilleux qui partage ma vie avait pu Ă©pouser une ratĂ©e pareille.
Je traversais la vie avec une sorte de panique vissĂ©e au ventre. La peur de ne pas ĂŞtre assez : pas assez intelligente, pas assez jolie, pas assez drĂ´le, gĂ©nĂ©reuse, sensible, ouverte… J’Ă©tais pĂ©trifiĂ©e par le regard des autres et pourtant, j’avais tellement besoin de leur plaire… MĂŞme Ă ceux que je ne pouvais pas pifrer, j’avais besoin de plaire.
Les gens pensent souvent que les bloggeurs sont pendus Ă l’opinion de ceux qui les lisent. En ce qui me concerne, c’est prĂ©cisĂ©ment le contraire. Mon blog, c’Ă©tait une façon de me confronter aux autres d’une manière qui ne soit pas frontale. De m’exprimer de la façon qui me plaisait sans risquer de croiser un regard rĂ©probateur, qui m’aurait immĂ©diatement anĂ©antie, ou d’ĂŞtre interrompue par meilleur orateur que moi ; ou encore, d’ĂŞtre intimidĂ©e par une assemblĂ©e d’oreilles un peu trop ostensiblement attentives.
Avec mon blog, je pouvais Ă©crire le fil de mes pensĂ©es sans qu’il soit interrompu ou dĂ©samorcĂ© par qui que ce soit. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater que ça ne faisait pas fuir tout le monde. Que tout au contraire, ma plume Ă©tait capable de divertir et d’amuser, d’offrir une petite seconde de dĂ©tente dans la vie de quelqu’un.
Et ça, dĂ©couvrir qu’ĂŞtre moi-mĂŞme, ça suffisait… ça… Ça a littĂ©ralement changĂ© ma vie.
Evidemment, j’espère toujours plaire et je voudrais plaire encore bien davantage. Mais je ne fais plus les choses pour plaire. Bien entendu, ça n’enlève pas les doutes, l’inquiĂ©tude de mal faire, de ne pas ĂŞtre Ă la hauteur et mĂŞme, de dĂ©cevoir. Ni le dĂ©plaisir de lire une mauvais critique, un mot acide ou cruellement moqueur Ă propos de mon blog. Mais ça n’empĂŞche plus d’avancer, ça ne me fait plus flĂ©chir ni reculer.
En fait… je crois que je m’en fous, maintenant, de l’opinion des autres. Aujourd’hui, peu me chaut que l’on croie que je suis comme ci ou comme ça. Je sais parfaitement, moi, qui je suis. Et, Ă©trangement, c’est parler de choses lĂ©gères qui m’a donnĂ© de la force. La force d’ĂŞtre celle que j’avais envie d’ĂŞtre, la force d’accepter mon image et d’en prendre mon parti, la force de quitter ce boulot qui me rabaissait tant Ă mes yeux, la force de donner mon avis mĂŞme quand je sais que personne ne le partagera, la force, aussi, de faire le premier pas. Alors j’aurais beau jeu de ne pas l’assumer, ma lĂ©gèretĂ©.
C’est pour cela, je crois, que je trouve triste de voir que l’on rĂ©sume aujourd’hui la blogosphère Ă un rĂ©seau d’influence, des donnĂ©es marketing, des statistiques et des produits de consommation offerts par des marques. Sincèrement, tout ça ne pèse pas dans la balance, tout ça n’est rien Ă cĂ´tĂ© du petit miracle que Cachemire & Soie a opĂ©rĂ© sur moi.
posté le 26/06/2008 | 579 vues | 10 commentaires | tags: ecriture psy cyber blog
je n’en ai cure, cela m’indiffère, j’en ai rien Ă branler ( plus fleuri ms efficace)
ah ben voilĂ …je lui esssplique… et puis pas un merci ! elle est belle la jeunesse
” La peur de ne pas ĂŞtre assez : pas assez intelligente, pas assez jolie, pas assez drĂ´le, gĂ©nĂ©reuse, sensible, ouverte… ” je connais cette peur, elle me taraude tout le temps. Surtout que mon copain est vraiment un homme merveilleux et qu’Ă cĂ´tĂ© je me sentais nulle. Mais il a dĂ©jĂ rĂ©ussi Ă me redonner un peu confiance en moi, Ă me montrer que malgrĂ© tous mes dĂ©fauts, je suis digne d’ĂŞtre aimĂ©e. Lui y a rĂ©ussi mais pas les blogs. j’en ai ouvert deux, mais cela m’a vite ennuyĂ©e, j’ai vu ça comme une obligation d’Ă©crire quelque chose, et je trouvais encore plus horrible le regard des autres, car je ne pouvais pas me dĂ©fendre vraiment par internet. je ne pouvais pas envoyer une beigne Ă mon interlocuteur quand il me critiquait sans raison :p
moi c’est le contraire je dĂ©couvre des facettes de ma personnalitĂ© encore peu exploitĂ©es jusque lĂ ….
voui voui merci ma choutte, j’avais pas vu l’explication que t’as donnĂ© et puis storia l’a donnĂ©e sur l’article de xena mais merci quand mĂŞme choute t’es choutte toi.
1939899209 vues y’a pas un tit beugue? çà m’”Ă©tonnerais quand y’Ă© eu autant depuis 24H
un nouveau monde que nous dĂ©couvrons, un nouveau mode de communication… c’est effectivement très exaltant.
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je me promène ou bon me semble, et je n’aime pas suivre les modes, alors