La bisexualité est un truc de comptable. Du moins pour moi, ça l’était. Back to les années 90 : quand j’étais à la fac, la bisexualité était à la mode. Les magazines ne parlaient que de lipstick lesbians et refuser d’essayer les filles, c’était pire que de ne jamais avoir tenté le cannabis – le genre de comportement asocial qui pourrait bien mettre fin à tes jours.
La bisexualité des années 90 était la sodomie des années 00 – la seule fille de la Sorbonne qui avait essayé « par derrière » était considérée comme une débauchée issue d’un milieu difficile qui finirait certainement noyée dans la Seine par des mafieux après une overdose d’héroïne et des années de prostitution. Les temps ont bien changé :)
Enfouie sous un sac de pression collective, je me demandais avec laquelle de mes copines je pourrais bien tenter ma chance – objectivement aucune, on était toutes hétéros tendance timide. Après quelques lambeaux d’expérience (on avait toutes déjà embrassé au moins une fille aussi bourrée que nous en boîte de nuit), on débriefait longuement. Texture, saveur, odeur : de vraies critiques gastronomiques.
Je me souviens qu’on « aimait » les filles parce qu’on avait un peu peur des garçons. Notre mec idéal n’avait pas de poils, pas de muscles, pas de sueur : normal qu’on ait été réceptives à la tendance bi. Normal aussi, avec de pareilles raisons de « se rabattre » sur les filles, que cette phase n’ait pas duré bien longtemps.
Ensuite venait la compta elle-même. Si dans l’année on avait embrassé quatre mecs et une fille (woohoo comment j’étais trop sage à l’époque), il nous paraissait logique de dire qu’on était lesbienne à 20%. Donc toutes bi à 100% dont 80% de garçons. On s’ajoutait régulièrement des points parce qu’on avait flashé sur une autre étudiante : chaque fois qu’on trouvait une nana jolie, hop, on gagnait des points de lesbiannitude.
A l’arrivée ça donnait des discussions surréalistes où notre taux d’amour des mecs était tombé, entre mars et avril, de 89% à 73,2% - certaines filles n’hésitant pas à se qualifier de bi à 34%, hétéro à 60% et nosex à 6%. On pouvait tracer des courbes et dégager des périodes bi suivant des pics d’hétérosexualité. En tout cas ça restait assez scientifique.
Quand j’ai couché avec des filles au lieu de les embrasser, c’était déjà les années 00. Il n’était plus question de faire croire qu’on était bi et je me souviens très bien d’une fin de nuit avec une collègue bouclée comme un mouton : dans les bras l’une de l’autre, on se marrait d’être aussi hétéro. Parce que si passer à l’acte avec des filles m’a bien appris un truc, c’est que je suis hétéro à 100%. Mais que ça n’empêche rien.
Alors que quand tu es à 19,3%, comme par hasard, c’est tout de suite plus galère.
(c) Photo via flickrÂ
posté le 25/06/2008 | 1247 vues | 11 commentaires | tags: vie étudiante bisexualité homosexualité journéecomingout
Je me souviens de toi à l’époque où “20 ans” faisait la promo de “Nos amis les hommes”… Moi, c’est le fait de vivre avec 160 femmes qui m’a fait comprendre que j’étais hétéro.
Tu sais, c’est toujours à la mode de se prétendre bisexuelle ^^ Je crois que c’est parce que pas mal d’hommes ont le fantasme du plan à 3 (lui et deux filles bien sûr..). Du coup, certaines filles veulent les exciter de cette manière. Ou encore, certaines font croire ça pour paraître ouvertes, et surtout pas coincées. (C’est comme la sodomie tiens. Tu n’aimes pas ça, et on te met dans la catégorie “coincée”. Rien n’est moins faux pourtant ^^)
Disons que les mecs que j’ai abordés sur Paris sont persuadés que j’ai couché avec au moins deux ou trois femmes de mon foyer. Et que je pourrais facilement les convaincre de se joindre à nos petits jeux. Pfff…
C’est à la mode de se dire bi, ça rend bien ? /me se marre jaune
bon eh bien je n’ai pas couché à 14 ans, je n’ai jamais ” essayé” avec une fille (j’ai beau les adorer je n’ai jamais été sexuellement attirée par une nana), et je refuse de pratiquer la sodomie…bilan des courses : je suis grave ringarde !
et si tu ajoutes que la cocaïne ne te tente pas et que tu ne trouves pas new york si génial que ça…ah :! et que les cupcakes, en fait, ces couleurs flashys, c’est écoeurant..ben tu es la reine des ringardes !
marrant je me suis posé la même question … je suis bi à combien de % ?
je me sens très hétéro mais j’aime aussi les mecs dans une moindre mesure
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tiens ça me rappelle: “la sexualité c’est un truc de comptable” où les génials commentateurs de ton blog s’étaient amusé à sortir des alogrithmes de fous pour trouver LA bonne équation qui donnerait le taux de sessualité ou un truc du genre… Maintenant que j’y pense, c’est grâce à ton blog que j’ai découvert LR! Bin comme il n’est jamais trop tard: merci maïa (^_^)