Humeurs

Pourquoi je suis définitivement une fille de province.

On voudrait faire comme si tout ça n’existait pas, finalement. Comme si une femme de gauche n’avait pas épousé un président de droite, comme si l’équipe de France de foot pouvait encore gagner, et comme si la rivalité capitale / province n’était qu’un cliché fait d’amalgames et d’étroitesse d’esprit.

Pourquoi je suis définitivement une fille de province.Née à Paris, j’ai grandi en Thiérache, élevée par des bonnes sœurs, en pleine campagne du nord où les parents de mes copains d’école étaient soit agriculteurs, soit ouvriers dans les usines environnantes. Les gens y parlent mal le français, mélange de picard et de rupture précoce avec le système scolaire, savent être bourrus et leurs traits sont marqués par la rudesse de leur travail ou pire, le chômage. Pourtant, en 25 ans, ma mère n’a jamais demandé sa mutation, elle qui venait pourtant d’une grande ville.

Certains rêvent de métropole cannibale, perfusée de réseaux de transport, là où il se passe quelque chose, toujours, là où on peut palper l’effervescence du bout des doigts tant l’action y est permanente, là où la culture est en profusion, là où les sens sont stimulés en permanence sous l’abondance et la richesse des mouvements, des odeurs et de l’architecture. Pendant des années, j’y suis venue pour ça aussi, pour me nourrir de ces pulsations.

On dit souvent que Paris est comme une ville réunissant plusieurs petites villes. Qu’il y en a pour tous les goûts finalement, que les quartiers ébullitionnent mais ne se ressemblent pas. Vrai. Mais Paris n’aura jamais les quais de Bordeaux, ni la brique rose de Toulouse. Paris n’aura jamais l’architecture du vieux Lille, ni l’extravagance théâtrale de Marseille. Et Paris n’aura jamais de rue de la soif, notamment vu son prix moyen de la bière.

Si je peux comprendre la fascination qu’on peut ressentir, l’aura dégagée par notre capitale, je n’en demeure pas moins perplexe : que font les gamins qui y ont grandi ? Connaissent-ils les bouchons sur le périph’, les trottoirs bondés et l’euphorie face aux illuminations des Galeries Lafayette à Noël ? Boivent-ils du vin chaud à 9 ans, ont-ils déjà trait une vache et donné du grain aux poules ?

Je suis une fille de province pour toutes ces infimes petites choses qui ont peuplé mon enfance. J’aime me balader là où le vert est dominant, près de chez moi, et fouiller les ronces pour y trouver de grosses mûres bien juteuses. J’aime pouvoir cueillir des tournesols un après-midi de week-end, et avoir des amis qui me donnent de temps en temps des cerises de leur verger, ou de la menthe qu’ils ont fait pousser. J’aime l’odeur de l’herbe coupée, quand les grillons chantent à la tombée de la nuit et le bruit de la pluie grasse et épaisse quand les gouttes s’explosent contre la terre sèche et brûlante.

J’aimais quand l’été, nos petits cheveux d’enfants se collaient à la sueur de notre front et que face à nos supplications en slip (« on a chaud ! on a chaud ! »), un adulte acquiesçait, et ouvrait grand le robinet de l’arrosoir avant de nous asperger abondamment, tandis que nos cris stridents de joie et de soulagement, mêlée à l’hystérie due à la chaleur qui nous avait cogné sur la tête, se répandaient dans le jardin.

Car nous avions un jardin. En province, notre plus grande chance est souvent l’espace. La faculté de se retrouver seul au monde si on le désire. S’époumoner face au vent sans que personne ne vienne vous dire de vous taire, sans que personne ne pense que vous êtes bon à enfermer. Seuls les lapins à la rigueur vous regarderont d’un œil mauvais et torve, mais est-ce vraiment important, puisqu’à partir de ce moment, vous, vous saurez que vous êtes libre.

Je suis une fille de province avant d’aimer Paris, parce que j’aime profondément cette ville aussi maintenant que j’ai l’âge pour en profiter pleinement, mais je n’aurais jamais pu y chanter « fais pipi sur le gazon pour embêter les coccinelles, fais pipi sur le gazon pour embêter les papillons » et mettre ma menace à exécution quand j’avais 7 ans. Mes croûtes et mes bleus n’auraient pas été dus aux ascensions obstinées aux arbres et je n’aurais jamais marché dans les bouses parsemant les champs voisins. La vie n’a jamais été pesante ou ennuyeuse, que je sois installée sous les pins bordelais ou dans la ferme des grand-parents de ma meilleure amie en Picardie. La vie n’y a jamais été aussi douce, à vrai dire, que là où on pouvait aller faire du canoë le mercredi aprem et où des jeux de piste étaient organisés par la bibliothèque du coin.

Disons les choses autrement : parce que c’est là que se trouvent mes racines, et parce que je ne me vois pas finir mes jours ailleurs, je suis définitivement une fille de province.

71 Responses to “Pourquoi je suis définitivement une fille de province.”

  • @Elixie: oui oui oui tout pareil!

  • mes enfants (si j’en ai) grandiront dans un jardin, vous entendez? UN JARDIN! et sans bruits de voitures à côté!

  • après, j’aime bien la ville. mais Paris c’est une trop grosse ville, et trop chère, et avec trop de monde.

    (d’humeur spam aujourd’hui)

  • ha ha, moi aussi je suis une provinciale pur jus et j’en suis fière ! je déteste Paris et les Parisiens qui viennent en vacances chez moi et qui passent leur temps à nous traiter de feignasses, d’incultes qui ne parlent même pas bien le français (ben oui vous comprenez on dit le “lé” pas le “lait”) et qui ne se gêne pas pour qualifier votre ville natale de “trou” juste sous votre nez…
    et non ce n’est pas un cliché, je suis née et ai vécu toute ma vie dans une station balnéaire du Var alors les Parisiens je pratique depuis longtemps…sans compter que l’été dernier j’ai bossé pour l’office de tourisme de ma ville et il fallait voir ce qu’ils nous sortaient, sans même être gênés en plus!
    bah grand bien leur fasse avec leurs grands magasins, leurs monuments et leur pollution…moi j’ai le soleil et la mer, na !

  • C’est clair, Bev, les parisiens qualifient souvent les villes de provinces de “trou paumé” ou “trou du cul du monde”. ça doit être le gaz d’échappement qui leur a monté à la tête.

  • Euh… Je vous trouve un peu réductrice les filles quand même…

    Tu peux être parisien et ne pas être aussi con… L’étroitesse d’esprit ne viens pas de ta ville mais de tes idéaux sociaux si je puis dire.

    En gros quand tu te prend pour un roi de france tu as tendance a être un peu du genre : “vous êtes plus bas que moi lécher mes semelles…” Mais de la a dire que paris n’abrite que ce type de personne… C’est un peu généralisé quand même…

    Je suis pas fier de vous les filles :D. (si tenté que sa puisse vous toucher mdr)

  • J’ai grandi en région parisienne et je connais : marcher pieds nus dans l’herbe, éviter les crottes de mouton quand tu fais la roue, construire des cabanes dans les arbres, ramener des hérissons vivants à ta mère, se coucher dans les herbes hautes le soir, pendant que tes parents et leurs amis rigolent un peu plus loin, les feux d’artifice de la St Jean, près du ruisseau…
    Eh ouais, pas la peine d’aller jusqu’en province, il y a des trous paumés à moins de 30 minutes de Paris.

  • Bah écoutes Dacoste, y’a de quoi avoir des doutes. Même des gens que j’apprécie disent des trucs genre “ah ah Tours, mais c’est la campagne dis donc”, l’air de dire “whaa mais comment font ils pour survivre dans une si petite ville !”

  • Cela dit, il m’est arrivé de rencontrer beaucoup de “provinciaux” installés à Paris, bien plus parisiens que les Parisiens. Je les appellerais des provincieux, provincieux et prétentieux. Comme si vivre à Paris, après être sorti de son trou, c’était “arriver”. Les Parisiens pure souche sont souvent moins cons qu’on le dit.

  • La province étant par définition ce qui n’est pas la capitale, jcrois qu’on peut dire que tu y as vécu ;)

  • La capitale est conçue comme la mégapole de Londres… Paris, ça comprend sa banlieue. Je suis née à Paris, j’ai grandi en banlieue (ouais, bon, la campagne, mais y avait des HLM près du vieux village quand même hein !).

  • @Krib:
    des fois aussi ils te disent “ah je ne quitterai Paris pour rien au monde”….et après ils se moquent des provinciaux qui veulent retrouver leur ville/village/région d’origine genre on est pas ouverts d’esprit…

    …et hyper surpris: “ah bon tu n’aimes pas Paris, ah mais c’est parce que t’es née à la campagne…”
    bah non, je suis née à Nancy, ya 100 000 habitants, des facs, des cinémas, des bars et des musées, mais au moins on se marche pas dessus et je t’emmerde.

  • bon je vis au milieu de nowhere mais j’ai la wifi, je marche pieds nus ds l’herbe ms suis au courant de ce qui se passe ailleurs… bref je cumule les avantages de la ” civilisation” et ceux de la “brousse”… pourquoi juger un ou l’autre… chacun prend ce qui lui convient et puis voilà

  • @DeeCurl : Merci :) Ce n’est pas parce qu’on vit en province qu’on a pas accès à la culture, contrairement à ce que disent certains.

  • @La Fille: ouais les provinciaux qui croient que c’est la classe parce que c’est Paris, j’ai des potes de promos comme ça.
    c’est valable aussi pour les banlieusard: mon copain est né à Trappes, alors qu’aujourd’hui il puisse se payer un apart à Paris, il kiffe, tellement pour lui c’était la consécration vu de la banlieue…

    mais QUI entretient cette idée débile comme quoi Paris est le centre de tout? QUAND les entreprises vont-elles se rendre compte des avantages à s’installer ailleurs?
    c’est pas faute de leur dire…(ex: j’ai vu la couv’ de l’Express la semaine dernière “Fuir Paris”…)

  • Ah moi je rêve de m’éloigner encore un peu de Paris, encore plus vers le sud-ouest, mais en restant pas trop loin, c’est quand même ma ville natale.

  • @sand81: mouin! tu as la vie que je voudrais vivre…
    tu as tout à fait raison quand tu dis que chacun doit prendre ce qui lui convient, mais ce qui est frustrant c’est que je n’ai pas eu le choix…
    pour un premier job, dans mon secteur d’activité le boulot c’est à Paris. je pense que je pourrai trouver en province d’ici un an ou deux, d’ici là, je piaffe!
    mais l’autre problème c’est que mon copain a le même genre de boulot, et pour pouvoir s’installer en couple c’est encore à Paris que c’est le plus facile…
    je peste qu’à cause de la centralisation de la France, il n’y ait pas de bassins d’emploi plus variés dans les régions…

  • perso j’ai besoin d’espace et de tranquillité, mais de tps en temps j’aime aller ds des villes plus importantes y prendre la température… je crois qu’en fait c’est vraiment un truc propre à la france et à paris que de classifier ainsi… chez nous on ne parle pas de bxl en des termes différents ou de province… mais de provinces…ça me parait être une conception dépassée les bouseux incultes vs les bourgeois branchés

  • sand81 > justement, du coup, Paris est pour moi ma “bouffée d’air frais”, de temps en temps. Je suppose que notre conception un peu arriérée de la chose est due au fait que Paris se situe relativement loin par rapport aux autres villes de province. Il est possible que si notre pays était plus petit, la question ne se poserait même pas, je ne sais pas.

  • bon je vais peut être me faire taper… mais ça me parait très franco français de vouloir tout compartimenter de la sorte… les parisiens vs les provinciaux, les in vs les out, etc…. pourtant la proportion de cons ou pas esrt la même partout non? les étiquettes collées volontairement ou non, c’est un concept moins ancré ici… bon sur ce je sors avant d’être atteinte par un projectile… lol

  • Oui, ça serait bien d’ailleurs que le débat ne vire pas à l’aigre pour savoir de qui les parisiens et les provinciaux sont les plus forts. On connait tous l’adage “des gens biens, y’en a partout” ;)

    L’article a juste pour but de dire ce qui me plait en province, et pourquoi j’ai particulièrement aimé y être élevée.

    C’est moins une question de gens que d’atmosphère, moins une question de mentalité que d’environnement.

  • Pour ma part comme Elixie (et je vis aussi en Picardie) j’adore Paris, d’autant que l’amour de ma vie est un parisien pure souche du 18ème. Je me suis toujours bien entendue avec les parisiens. Mais pour autant, je n’y vivrai pas. Trop fatiguant, trop stressant. J’aime mon village, j’aime mon Oise et même si plus tard (beaucoup plus tard) nous comptons partir au bord de la mer, mon coeur est dans cette région pourtant extrêmement décriée même par ses propres habitants. Que vous dire ? J’ai les avantages de la ville et de la campagne. Il ne manque que la mer…

  • @Elixie : nee a Limoges j’allais passer tous mes etes a cote de Sancerre dans le Cher, je trimballais des pots a lait et je demandais a mon grand-pere pourquoi les gens avait des pattes de lapin sur les portes des granges. Et pourtant, Je suis une citadine pure et dure. J’ai besoin du bruit, que ca grouille, que ca chauffe et que ca turbine sans arret autour de moi, j’aime le couvercle de pollution orange sur Paris ou Los Angeles, et les enormes echangeurs comme des veines palpitantes. Je ne suis bien la que dans un endroit ou je peux me dire que quelle que soit l’heure, il y aura des gens pour ne pas dormir.

  • euh…. on n’accroche plus des pattes de lapin, c’est out…. maintenant c’est les pattes de cerf

  • “ta famille habite dans le loir et cher, ces gens là ne font pas d’manière…” j’ai pas pu m’en empécher, désolée.

  • on dirait que ça t’gêne de marcher ds la boue

  • @ Sand81 : t es une rigolote toi :-)

  • en fait, nous ne sommes qu’une seule et même personne en deux personnes : une pétasse française et une oenologue belge. Tiens, on dirait un titre de film…

  • une sorte de thelma et louise en plus alcoolisé et surtout moins mortes à la fin !

  • en fait, dans notre beau pays si riche en films en est sorti un cette semaine “la personne aux deux personnes.”

  • ouais ouais j’habite au fond du trou du cul du monde ms alain chabat est parvenu jusqu’à moi… pas percuté tout de suite

  • euh, ce n’est en aucun cas un reproche, ce film ayant l’air d’un sacré navet.
    Pour en revenir sur notre bi personnalité, à quand notre soirée “one tree hill” en mangeant n’importe quelle saleté et en buvant comme des trous ?

  • problème…. ai déjà vu toutes les saisons et alcool aidant te raconterai la fin… du coup t’auras envie de au choix me taper ou me taper ou me taper.

  • oh, non , je me contenterai de te baillonner, rassure toi…de toute façon, une fois bourrées, on confondra lucas et nathan alors, bon pas grave.
    Tu as vu la fin ?

  • yep !
    et non pas possible de confondre lucas et nathan… ça non, même bourrée comme un panponey

  • T’es l’genre de personne qu’on a envie de croiser un jeudi soir rue de la Soif!

  • pourquoi un jeudi soir….?

  • peut-être que c’est archi mort la rue de la Soif un jeudi soir….

  • Hééé copine! Moi je vis en pleine campagne et bon dieu que j’aime ça. Bon surtout l’été c’est trop beau, trop calme, trop vert, trop plein de fleur… le bonheur! Je peu bronzer toute la journée dans mon jardin sans personne pour m’embeter, manger sur ma terasse. En 15 minutes je suis a la “montagne” avec le bruit des cloches des vaches qui carillonnes.
    Pourquoi aller se faire gazer en pleine ville? En tout cas je remercie le ciel de pas vivre à Paris. =)

  • pourrrrrrrrtant que la montagne est bêêêlle , comment peut on s’imaginer
    en voyant un vol d’hirondeeeeles que l’automne vient d’arriver

  • comment dire ? Je me reconnais complètement dans ta description, les petits choses qui peuplent l’enfance, les slips, les tuyaux d’arrosage, le vert, j’ajouterais même les forêts, les vélos, l’été où il fait chaud, les coups de soleil, et tout.
    Y a juste un tout petit hic.
    Je suis complètement banlieusarde. J’ai toujours créché à moins de 25km de Paris, dans des petites villes assez préservées (oui, y en a encore).
    Je me mets où dans ton clivage ? Où se mettent toutes les personnes qui n’habitent ni en ville, ni à la campagne ? Ou plutôt : où tu les mets, toi ?

  • 41 kms de paris dans un petit village très prisé des…parisiens en manque de verdure. Pola on est insituables !
    sand, tu es très chanson française, ce soir.

  • ben voui on peut pas tout le temps être rock et puis ferrat ça balance grave non?

  • Je suis parisienne d’adoption et je viens de postuler pour un job dans une ville de 7000 habitants. Meme pas peur. Comme quoi, parision, pas tous des tetes de chiens
    Ceci dit, j’ai un doute: a partir de quand on dit village?

  • ah la la…. ben à partir du moment ou tu pédales pour avoir l’electricité ben tiens !

  • ferrat est un rocker à sa manière. Je recommande à tous ceux et celles qui en ont marre de mai 68 d’écouter “les jeunes imbéciles”. C’est excellent et environ tout est dit.

  • j’aime beaucoup tes articles elixie. J’ai été comme toi. J’ai vécu d’abord dans la campagne, grandi au rythme des bleus dans les branches des arbres, des roulades dans l’herbe, j’ai même enterré quelques insectes dans une petite tombe de pierre avec une croix faite de brindilles (réflexion 1: société judéo-chrétienne quand tu nous tiens réflexion 2: le culte de la mort, propre à la race humaine, m’intrigue beaucoup…), j’ai dévalé des pistes au bitume douteux sur mon premier vélo, ai cueilli des fruits à même les arbres, pris les oiseaux de vitesses pour cueillir les cerises… Bref j’ai eu une enfance que j’estime comblée. Et je crois que toutes ces petites choses insignifiantes que l’on fait enfant à la découverte de la nature sont nécessaires pour apprécier la campagne à sa juste valeur. Parce que oui, il y des insectes dans les herbes, oui on peut se faire mordre par des fourmis ou autres mille-pattes, oui la nuit peut-être parfois bien noire, sans poteaux électriques, sans néons de magasins… trop de gens veulent une campagne aseptisé, avec le gazon à 6cm, le chien docile et le soleil noyant ses reflets orangés dans la rivière au loin… Adulte il est difficile de découvrir, de comprendre la campagne comme lorsqu’on est enfant. Mais cela ne m’empêche aucunement d’avoir découvert les joies des villes qui ne dorment jamais, l’anonymat des centre-villes bondées, les médiathèques high-tech, les soirées chics entre BCBG. Alors même si je n’ai pas grandi dans un village à proprement parler, mais plutôt dans un coin reculé d’une ville rurale, je te comprends bien, elixie, particulièrement cette fierté de ton enfance rurale et ton plaisir à alterner entre ville et campagne, devenue aujourd’hui adulte.

  • j’ai grandi comme ça aussi, avec des vaches, des montagnes et les hivers au ski ou on avait le droit de boire un peu de vin chaud si on avait été sages ^^

  • Entièrement d’accord avec toi !
    En même temps, je ne suis pas née parisienne, j’ai toujours été et resterai une fille de Province. Vous savez de celles dont on dit qu’elles sont un peu ringarde, mal fagottée, pas dans la hype, avec un QI culture de -15 parce qu’en province, à part la tournée des plages de François Valéry, aucun artiste digne de ce nom ne souhaite “s’associer” avec la ville de Pouzac (oui oui, ça existe !).

    En même temps, j’ai au moins l’avantage de pouvoir dire à mes parents, fiers comme pas 2 “je monte à la capitale” ;)
    La gloire provinciale, ça existe aussi.

  • @Elixie: promis je ne dirais plus “les parisiens ils sont méchants et gnagnagna et gnagnagna”.

    juste que ton article est une bouffée d’air frais car comme d’habitude “les braves gens n’aiment pas que, l’on suive une autre route qu’eux” (spécial dédicace Sand)

    et je concède à tous le droit d’aimer vivre à Paris* pour peu qu’on me laisse aimer la province ;)

    *parce qu’on peut aimer Paris sans aimer vivre à Paris

  • @pola > bon, peut-être que j’ai tout faux, mais pour moi la banlieue cela fait partie de la province, en comparaison au bitume et à l’agitation de la capitale à proprement parler, je reste dans l’idée qu’on parle de banlieue pour dire sous quelle juridiction on se trouve.

    Après finalement, tu te situes où tu veux, JelizaRose a été élevée en province mais se sent citadine, je suppose qu’il y a des personnes qui ont grandi à Paris mais qui préfèrent les villes de province etc. Donc la question serait plutôt : où tu te sens le mieux ? ;)

  • Cet article est vraiment très chouette !! Mais ta description correspond plus à la campagne, qu’à la province en général à mon sens !
    J’ai vécu en province, et je n’ai jamais connu les cueillettes de mures et de tournesol (sauf quand je partais en vacances… à la campagne justement!)
    J’habitais vers Toulon, et ma vie là bas, c’était plutôt la sortie hebdomadaire dans le centre commercial du coin avec mes copines, le café PMU remplis de marins bourrés, et les après midi passés à glander sur un arret de bus… beaucoup moins bucolique et pittoresque d’un coup.. et je pense que c’est malheureusement pareil pour beaucoup de monde!

  • Je suis d’accord avec Satincerise, je viens aussi de province, de besançon même, 220 000 habitants tout de même. Et oui! Je ne suis jamais allée aux champignons ou autres nonobstant j’aurais pu mais je préférais passer mon aprem à faire le tour du centre ville de 13h à 18h… Heureusement je ne portais pas de talons à l’époque!

  • Moi aussi, je suis une fille de la province, et pas des moindres, puisque je suis Bretonne. Jusqu’au milieu du XXe siècle, on a quand même été considéré comme des arriérés (m’enfin quand Gustave Flaubert écrit : “Saint-Brieuc : rien”, qu’est-ce qu’il avait raison!). Paris me fascine, comme elle a fascinée des milliers (que dis-je? des millions!) de mes compatriotes. Mais je ne me lasserai jamais de regarder la lune d’été sur les pommiers, sentir le goëmon en arrivant chez ma mère…
    Et oui, comme disait satincerise, vivre en Province, c’est bien, mais vivre à la campagne, c’est mieux. J’ai eu cette chance, et j’aimerais emmener Tiny dans une vieille longère de pierre où nous vivrions heureux entourés de nos quatre enfants (putain, ça fait deux semaines que je sors avec, et je fais des projets pareils? Vite, marions-nous!).
    Certes, je rentre de moins en moins chez ma mère, mais dans une dizaine d’années, je me vois bien retourner dans ma campagne pour éduquer mes petits.

  • M’enfin, le plus drôle, c’est de faire croire aux citadins que l’éleveur du champ à côté de chez moi élève des vaches naines… Fous rires garantis!

  • Whaou une thiérachienne ici !! je me retrouve tout à fait dans ta description de la vie à la campagne !
    étant étudiante je vis à moitié en thiérache et à moitié en ville (Lille), aujourd’hui j’ai besoin des deux, pouvoir me retrouver d’un côté dans une ville en ébulition et de l’autre seule au milieu de la verdure au calme, un bon équilibre !

  • Elixie, tu viens de mettre un immense rayon de soleil dans ma journée. Tous ces petits souvenirs égrainés, c’était merveilleux à lire. merci!

  • Salut Elixie ! J’adore tes articles : ton style est vraiment agréable à lire!
    Dis, les pins bordelais, c’était où exactement ? tu as vécu à Bordeaux-même ? Je connais plutôt bien la région…attention, 3615 mylife : je suis née à Bordeaux, et finalement je n’ai jamais bougé… j’ai vécu toute ma vie (jusqu’à la fac) dans un bled dans le médoc, mais ça ne m’a pas tuée ;) Je suis assez ouverte d’esprit je pense. D’ailleurs, les préjugés sont dans les 2 sens : j’ai entendu une personne de la campagne qualifier les Parisiens de “bourges”…. Là je suis à Paris pour mon chéri, et Bordeaux me manque déjà. ce que j’aime d’une ville, ou d’un lieu : me l’approprier ! C’est le cas pour Bordeaux, et aussi à Philadelphie où j’ai passé 3 mois (très très agréable ville)
    Et j’ai l’impression qu’avec Paris ça va être chaud…

  • Ca fait 20 ans que je suis dans un village de 2000 habitants en Vendée. Moi aussi je connais bien les parisiens qui s’incrustent sur nos plages l’été, on ne peut pas leur en vouloir mais heureusement que ça ne dure pas. Il est clair que je suis aussi une fille de province et même une campagnarde. J’adore courir dans un champ de blé, cueillir des champignons en foret l’automne, faire du vélo dans des petits chemins, faire l’amour n’importe ou aussi…Enfin bref c’est reposant d’ouvrir les volets et d’entendre les oiseaux…Je pourrais parler de ça durant des heures. Je suis déjà melancolique. Je pars à Nantes en septembre et malgré que j’adore cette ville, que j’y sois tout les week end et que ce ne soit pas non plus Paris, quelque chose va me manquer. Ma chance est d’avoir trouvé un appart qui est en fait une vieille maison avec une cour fermée ou trone un arbre…c’est deja mieux qu’un immeuble et moins depaysant

  • Rhooo il est tout mignon ton article et il me donne envie de partir me rouler dans l’herbe fraichement coupee… *soupir*

  • J’ai envie d’emmener Tiny dans la forêt, lui faire oublier Paris dans la forêt de Fontainebleau…

  • Sand81 / Serena > Le Jeudi c’est soirée étudiante!

  • oula lah….ms suis plus en âge pour ça, ma petite jouvencelle, suis une vieille rombière

  • Né à Paris zou enfance dans un village de 200 hab max, puis rezou banlieue Est avec incursion une fois par semaine dans Paris.

    La province me manque. Paris me fatigue. J’adore la banlieue. J’aime pas faire des kms de voiture pour trouver un tabac ou autre à la campagne. A la campagne, on boit un peu trop. A Paris on se la pète pour nada et on raque tout le temps.

    Il faut un redéploiement territorial, je veux tous les avantages, na !

  • @ Elixie : en fait, je trouve un peu réducteur de penser Paris-province. Je préfère l’idée de métropole. Y a pas de différence entre quelqu’un qui a toujours habité à Paris et quelqu’un qui a toujours habité à Marseille, parce que tu vis dans une grande ville avec ce que ça comporte d’avantages et de contraintes.
    Pour la banlieue, ça dépend, elle est plus ou moins insérées dans la métropole : Neuilly, c’est Paris, mais Versailles, c’est pas Paris (en simplifiant, c’est ça)…
    Sinon, d’accord avec toi pour la question d’où on se sent le mieux -et je te cache pas que j’aime bien pouvoir alterner virées en métropole avec bouquins + soleil au milieu de nulle part. La banlieue, ça peut donner le choix sans passer par la case TGV.

  • J’ai beaucoup aimé cet article, parisienne d’adoption depuis un an, je ne me lasse pas de l’effervescence citadine, mais retourner “en province” chez mes parents, là où il y a de l’herbe, des pommiers/cersiers, aucune circulation, en d’autres termes, le calme, c’est un besoin quasi-vital.

    Il faut croire qu’il me faut les deux. Mais grandir dans la verdure, c’est quand même une belle chance dont il faut se souvenir avec plaisir, comme tu l’as fait :)

  • Ben moi, Nancéenne depuis un an (Nancy, c’est “que” 100 000 habitants, comme le disait DeeCurl), j’en ai déjà ras le cul, c’est déjà beaucoup trop grand, beaucoup trop de voiture, beaucoup trop de tout… Je crois que je suis un peu polisophobe ou campagnophile, au choix !

  • en banlieue parisienne on a le bon compromis : on a la campagne et la folie nocturne de paris, le seul souci les transports en communs qui fouttent tout en l’air

  • Eh bien voilà ! Ton article m’a réconcilié avec l’idée de partir vivre en Charente… Mais bon, il faut que je réfléchisse encore beaucoup avant de faire le grand pas !
    Le truc qui me tente c’est de voir mes enfants (futurs) courir dans l’herbe, d’avoir des chats et de laisser enfin mes chiens gambader au lieu de les garder entre 4 murs parisiens…
    I love campagne mais j’ai peur quand même encore un peu !

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