On voudrait faire comme si tout ça n’existait pas, finalement. Comme si une femme de gauche n’avait pas épousé un président de droite, comme si l’équipe de France de foot pouvait encore gagner, et comme si la rivalité capitale / province n’était qu’un cliché fait d’amalgames et d’étroitesse d’esprit.
Née à Paris, j’ai grandi en Thiérache, élevée par des bonnes sœurs, en pleine campagne du nord où les parents de mes copains d’école étaient soit agriculteurs, soit ouvriers dans les usines environnantes. Les gens y parlent mal le français, mélange de picard et de rupture précoce avec le système scolaire, savent être bourrus et leurs traits sont marqués par la rudesse de leur travail ou pire, le chômage. Pourtant, en 25 ans, ma mère n’a jamais demandé sa mutation, elle qui venait pourtant d’une grande ville.
Certains rêvent de métropole cannibale, perfusée de réseaux de transport, là où il se passe quelque chose, toujours, là où on peut palper l’effervescence du bout des doigts tant l’action y est permanente, là où la culture est en profusion, là où les sens sont stimulés en permanence sous l’abondance et la richesse des mouvements, des odeurs et de l’architecture. Pendant des années, j’y suis venue pour ça aussi, pour me nourrir de ces pulsations.
On dit souvent que Paris est comme une ville réunissant plusieurs petites villes. Qu’il y en a pour tous les goûts finalement, que les quartiers ébullitionnent mais ne se ressemblent pas. Vrai. Mais Paris n’aura jamais les quais de Bordeaux, ni la brique rose de Toulouse. Paris n’aura jamais l’architecture du vieux Lille, ni l’extravagance théâtrale de Marseille. Et Paris n’aura jamais de rue de la soif, notamment vu son prix moyen de la bière.
Si je peux comprendre la fascination qu’on peut ressentir, l’aura dégagée par notre capitale, je n’en demeure pas moins perplexe : que font les gamins qui y ont grandi ? Connaissent-ils les bouchons sur le périph’, les trottoirs bondés et l’euphorie face aux illuminations des Galeries Lafayette à Noël ? Boivent-ils du vin chaud à 9 ans, ont-ils déjà trait une vache et donné du grain aux poules ?
Je suis une fille de province pour toutes ces infimes petites choses qui ont peuplé mon enfance. J’aime me balader là où le vert est dominant, près de chez moi, et fouiller les ronces pour y trouver de grosses mûres bien juteuses. J’aime pouvoir cueillir des tournesols un après-midi de week-end, et avoir des amis qui me donnent de temps en temps des cerises de leur verger, ou de la menthe qu’ils ont fait pousser. J’aime l’odeur de l’herbe coupée, quand les grillons chantent à la tombée de la nuit et le bruit de la pluie grasse et épaisse quand les gouttes s’explosent contre la terre sèche et brûlante.
J’aimais quand l’été, nos petits cheveux d’enfants se collaient à la sueur de notre front et que face à nos supplications en slip (« on a chaud ! on a chaud ! »), un adulte acquiesçait, et ouvrait grand le robinet de l’arrosoir avant de nous asperger abondamment, tandis que nos cris stridents de joie et de soulagement, mêlée à l’hystérie due à la chaleur qui nous avait cogné sur la tête, se répandaient dans le jardin.
Car nous avions un jardin. En province, notre plus grande chance est souvent l’espace. La faculté de se retrouver seul au monde si on le désire. S’époumoner face au vent sans que personne ne vienne vous dire de vous taire, sans que personne ne pense que vous êtes bon à enfermer. Seuls les lapins à la rigueur vous regarderont d’un œil mauvais et torve, mais est-ce vraiment important, puisqu’à partir de ce moment, vous, vous saurez que vous êtes libre.
Je suis une fille de province avant d’aimer Paris, parce que j’aime profondĂ©ment cette ville aussi maintenant que j’ai l’âge pour en profiter pleinement, mais je n’aurais jamais pu y chanter « fais pipi sur le gazon pour embĂŞter les coccinelles, fais pipi sur le gazon pour embĂŞter les papillons » et mettre ma menace Ă exĂ©cution quand j’avais 7 ans. Mes croĂ»tes et mes bleus n’auraient pas Ă©tĂ© dus aux ascensions obstinĂ©es aux arbres et je n’aurais jamais marchĂ© dans les bouses parsemant les champs voisins. La vie n’a jamais Ă©tĂ© pesante ou ennuyeuse, que je sois installĂ©e sous les pins bordelais ou dans la ferme des grand-parents de ma meilleure amie en Picardie. La vie n’y a jamais Ă©tĂ© aussi douce, Ă vrai dire, que lĂ oĂą on pouvait aller faire du canoĂ« le mercredi aprem et oĂą des jeux de piste Ă©taient organisĂ©s par la bibliothèque du coin.
Disons les choses autrement : parce que c’est là que se trouvent mes racines, et parce que je ne me vois pas finir mes jours ailleurs, je suis définitivement une fille de province.
posté le 23/06/2008 | 684 vues | 71 commentaires | tags: cerises bouses de vache grillons vin chaud menthe terre province | 2 ont aimé
mes enfants (si j’en ai) grandiront dans un jardin, vous entendez? UN JARDIN! et sans bruits de voitures Ă cĂ´tĂ©!
après, j’aime bien la ville. mais Paris c’est une trop grosse ville, et trop chère, et avec trop de monde.
(d’humeur spam aujourd’hui)
ha ha, moi aussi je suis une provinciale pur jus et j’en suis fière ! je dĂ©teste Paris et les Parisiens qui viennent en vacances chez moi et qui passent leur temps Ă nous traiter de feignasses, d’incultes qui ne parlent mĂŞme pas bien le français (ben oui vous comprenez on dit le “lĂ©” pas le “lait”) et qui ne se gĂŞne pas pour qualifier votre ville natale de “trou” juste sous votre nez…
et non ce n’est pas un clichĂ©, je suis nĂ©e et ai vĂ©cu toute ma vie dans une station balnĂ©aire du Var alors les Parisiens je pratique depuis longtemps…sans compter que l’Ă©tĂ© dernier j’ai bossĂ© pour l’office de tourisme de ma ville et il fallait voir ce qu’ils nous sortaient, sans mĂŞme ĂŞtre gĂŞnĂ©s en plus!
bah grand bien leur fasse avec leurs grands magasins, leurs monuments et leur pollution…moi j’ai le soleil et la mer, na !
C’est clair, Bev, les parisiens qualifient souvent les villes de provinces de “trou paumĂ©” ou “trou du cul du monde”. ça doit ĂŞtre le gaz d’Ă©chappement qui leur a montĂ© Ă la tĂŞte.
Euh… Je vous trouve un peu rĂ©ductrice les filles quand mĂŞme…
Tu peux ĂŞtre parisien et ne pas ĂŞtre aussi con… L’Ă©troitesse d’esprit ne viens pas de ta ville mais de tes idĂ©aux sociaux si je puis dire.
En gros quand tu te prend pour un roi de france tu as tendance a ĂŞtre un peu du genre : “vous ĂŞtes plus bas que moi lĂ©cher mes semelles…” Mais de la a dire que paris n’abrite que ce type de personne… C’est un peu gĂ©nĂ©ralisĂ© quand mĂŞme…
Je suis pas fier de vous les filles :D. (si tenté que sa puisse vous toucher mdr)
J’ai grandi en rĂ©gion parisienne et je connais : marcher pieds nus dans l’herbe, Ă©viter les crottes de mouton quand tu fais la roue, construire des cabanes dans les arbres, ramener des hĂ©rissons vivants Ă ta mère, se coucher dans les herbes hautes le soir, pendant que tes parents et leurs amis rigolent un peu plus loin, les feux d’artifice de la St Jean, près du ruisseau…
Eh ouais, pas la peine d’aller jusqu’en province, il y a des trous paumĂ©s Ă moins de 30 minutes de Paris.
Bah Ă©coutes Dacoste, y’a de quoi avoir des doutes. MĂŞme des gens que j’apprĂ©cie disent des trucs genre “ah ah Tours, mais c’est la campagne dis donc”, l’air de dire “whaa mais comment font ils pour survivre dans une si petite ville !”
Cela dit, il m’est arrivĂ© de rencontrer beaucoup de “provinciaux” installĂ©s Ă Paris, bien plus parisiens que les Parisiens. Je les appellerais des provincieux, provincieux et prĂ©tentieux. Comme si vivre Ă Paris, après ĂŞtre sorti de son trou, c’Ă©tait “arriver”. Les Parisiens pure souche sont souvent moins cons qu’on le dit.
La province Ă©tant par dĂ©finition ce qui n’est pas la capitale, jcrois qu’on peut dire que tu y as vĂ©cu ;)
La capitale est conçue comme la mĂ©gapole de Londres… Paris, ça comprend sa banlieue. Je suis nĂ©e Ă Paris, j’ai grandi en banlieue (ouais, bon, la campagne, mais y avait des HLM près du vieux village quand mĂŞme hein !).
@Krib:
des fois aussi ils te disent “ah je ne quitterai Paris pour rien au monde”….et après ils se moquent des provinciaux qui veulent retrouver leur ville/village/rĂ©gion d’origine genre on est pas ouverts d’esprit…
…et hyper surpris: “ah bon tu n’aimes pas Paris, ah mais c’est parce que t’es nĂ©e Ă la campagne…”
bah non, je suis nĂ©e Ă Nancy, ya 100 000 habitants, des facs, des cinĂ©mas, des bars et des musĂ©es, mais au moins on se marche pas dessus et je t’emmerde.
bon je vis au milieu de nowhere mais j’ai la wifi, je marche pieds nus ds l’herbe ms suis au courant de ce qui se passe ailleurs… bref je cumule les avantages de la ” civilisation” et ceux de la “brousse”… pourquoi juger un ou l’autre… chacun prend ce qui lui convient et puis voilĂ
@DeeCurl : Merci :) Ce n’est pas parce qu’on vit en province qu’on a pas accès Ă la culture, contrairement Ă ce que disent certains.
@La Fille: ouais les provinciaux qui croient que c’est la classe parce que c’est Paris, j’ai des potes de promos comme ça.
c’est valable aussi pour les banlieusard: mon copain est nĂ© Ă Trappes, alors qu’aujourd’hui il puisse se payer un apart Ă Paris, il kiffe, tellement pour lui c’Ă©tait la consĂ©cration vu de la banlieue…
mais QUI entretient cette idĂ©e dĂ©bile comme quoi Paris est le centre de tout? QUAND les entreprises vont-elles se rendre compte des avantages Ă s’installer ailleurs?
c’est pas faute de leur dire…(ex: j’ai vu la couv’ de l’Express la semaine dernière “Fuir Paris”…)
Ah moi je rĂŞve de m’Ă©loigner encore un peu de Paris, encore plus vers le sud-ouest, mais en restant pas trop loin, c’est quand mĂŞme ma ville natale.
@sand81: mouin! tu as la vie que je voudrais vivre…
tu as tout Ă fait raison quand tu dis que chacun doit prendre ce qui lui convient, mais ce qui est frustrant c’est que je n’ai pas eu le choix…
pour un premier job, dans mon secteur d’activitĂ© le boulot c’est Ă Paris. je pense que je pourrai trouver en province d’ici un an ou deux, d’ici lĂ , je piaffe!
mais l’autre problème c’est que mon copain a le mĂŞme genre de boulot, et pour pouvoir s’installer en couple c’est encore Ă Paris que c’est le plus facile…
je peste qu’Ă cause de la centralisation de la France, il n’y ait pas de bassins d’emploi plus variĂ©s dans les rĂ©gions…
perso j’ai besoin d’espace et de tranquillitĂ©, mais de tps en temps j’aime aller ds des villes plus importantes y prendre la tempĂ©rature… je crois qu’en fait c’est vraiment un truc propre Ă la france et Ă paris que de classifier ainsi… chez nous on ne parle pas de bxl en des termes diffĂ©rents ou de province… mais de provinces…ça me parait ĂŞtre une conception dĂ©passĂ©e les bouseux incultes vs les bourgeois branchĂ©s
sand81 > justement, du coup, Paris est pour moi ma “bouffĂ©e d’air frais”, de temps en temps. Je suppose que notre conception un peu arriĂ©rĂ©e de la chose est due au fait que Paris se situe relativement loin par rapport aux autres villes de province. Il est possible que si notre pays Ă©tait plus petit, la question ne se poserait mĂŞme pas, je ne sais pas.
bon je vais peut ĂŞtre me faire taper… mais ça me parait très franco français de vouloir tout compartimenter de la sorte… les parisiens vs les provinciaux, les in vs les out, etc…. pourtant la proportion de cons ou pas esrt la mĂŞme partout non? les Ă©tiquettes collĂ©es volontairement ou non, c’est un concept moins ancrĂ© ici… bon sur ce je sors avant d’ĂŞtre atteinte par un projectile… lol
Oui, ça serait bien d’ailleurs que le dĂ©bat ne vire pas Ă l’aigre pour savoir de qui les parisiens et les provinciaux sont les plus forts. On connait tous l’adage “des gens biens, y’en a partout” ;)
L’article a juste pour but de dire ce qui me plait en province, et pourquoi j’ai particulièrement aimĂ© y ĂŞtre Ă©levĂ©e.
C’est moins une question de gens que d’atmosphère, moins une question de mentalitĂ© que d’environnement.
Pour ma part comme Elixie (et je vis aussi en Picardie) j’adore Paris, d’autant que l’amour de ma vie est un parisien pure souche du 18ème. Je me suis toujours bien entendue avec les parisiens. Mais pour autant, je n’y vivrai pas. Trop fatiguant, trop stressant. J’aime mon village, j’aime mon Oise et mĂŞme si plus tard (beaucoup plus tard) nous comptons partir au bord de la mer, mon coeur est dans cette rĂ©gion pourtant extrĂŞmement dĂ©criĂ©e mĂŞme par ses propres habitants. Que vous dire ? J’ai les avantages de la ville et de la campagne. Il ne manque que la mer…
@Elixie : nee a Limoges j’allais passer tous mes etes a cote de Sancerre dans le Cher, je trimballais des pots a lait et je demandais a mon grand-pere pourquoi les gens avait des pattes de lapin sur les portes des granges. Et pourtant, Je suis une citadine pure et dure. J’ai besoin du bruit, que ca grouille, que ca chauffe et que ca turbine sans arret autour de moi, j’aime le couvercle de pollution orange sur Paris ou Los Angeles, et les enormes echangeurs comme des veines palpitantes. Je ne suis bien la que dans un endroit ou je peux me dire que quelle que soit l’heure, il y aura des gens pour ne pas dormir.
euh…. on n’accroche plus des pattes de lapin, c’est out…. maintenant c’est les pattes de cerf
“ta famille habite dans le loir et cher, ces gens lĂ ne font pas d’manière…” j’ai pas pu m’en empĂ©cher, dĂ©solĂ©e.
en fait, nous ne sommes qu’une seule et mĂŞme personne en deux personnes : une pĂ©tasse française et une oenologue belge. Tiens, on dirait un titre de film…
une sorte de thelma et louise en plus alcoolisé et surtout moins mortes à la fin !
en fait, dans notre beau pays si riche en films en est sorti un cette semaine “la personne aux deux personnes.”
ouais ouais j’habite au fond du trou du cul du monde ms alain chabat est parvenu jusqu’Ă moi… pas percutĂ© tout de suite
euh, ce n’est en aucun cas un reproche, ce film ayant l’air d’un sacrĂ© navet.
Pour en revenir sur notre bi personnalitĂ©, Ă quand notre soirĂ©e “one tree hill” en mangeant n’importe quelle saletĂ© et en buvant comme des trous ?
problème…. ai dĂ©jĂ vu toutes les saisons et alcool aidant te raconterai la fin… du coup t’auras envie de au choix me taper ou me taper ou me taper.
oh, non , je me contenterai de te baillonner, rassure toi…de toute façon, une fois bourrĂ©es, on confondra lucas et nathan alors, bon pas grave.
Tu as vu la fin ?
yep !
et non pas possible de confondre lucas et nathan… ça non, mĂŞme bourrĂ©e comme un panponey
T’es l’genre de personne qu’on a envie de croiser un jeudi soir rue de la Soif!
peut-ĂŞtre que c’est archi mort la rue de la Soif un jeudi soir….
Hééé copine! Moi je vis en pleine campagne et bon dieu que j’aime ça. Bon surtout l’Ă©tĂ© c’est trop beau, trop calme, trop vert, trop plein de fleur… le bonheur! Je peu bronzer toute la journĂ©e dans mon jardin sans personne pour m’embeter, manger sur ma terasse. En 15 minutes je suis a la “montagne” avec le bruit des cloches des vaches qui carillonnes.
Pourquoi aller se faire gazer en pleine ville? En tout cas je remercie le ciel de pas vivre Ă Paris. =)
pourrrrrrrrtant que la montagne est bĂŞĂŞĂŞlle , comment peut on s’imaginer
en voyant un vol d’hirondeeeeles que l’automne vient d’arriver
comment dire ? Je me reconnais complètement dans ta description, les petits choses qui peuplent l’enfance, les slips, les tuyaux d’arrosage, le vert, j’ajouterais mĂŞme les forĂŞts, les vĂ©los, l’Ă©tĂ© oĂą il fait chaud, les coups de soleil, et tout.
Y a juste un tout petit hic.
Je suis complètement banlieusarde. J’ai toujours crĂ©chĂ© Ă moins de 25km de Paris, dans des petites villes assez prĂ©servĂ©es (oui, y en a encore).
Je me mets oĂą dans ton clivage ? OĂą se mettent toutes les personnes qui n’habitent ni en ville, ni Ă la campagne ? Ou plutĂ´t : oĂą tu les mets, toi ?
41 kms de paris dans un petit village très prisĂ© des…parisiens en manque de verdure. Pola on est insituables !
sand, tu es très chanson française, ce soir.
ben voui on peut pas tout le temps être rock et puis ferrat ça balance grave non?
Je suis parisienne d’adoption et je viens de postuler pour un job dans une ville de 7000 habitants. Meme pas peur. Comme quoi, parision, pas tous des tetes de chiens
Ceci dit, j’ai un doute: a partir de quand on dit village?
ah la la…. ben Ă partir du moment ou tu pĂ©dales pour avoir l’electricitĂ© ben tiens !
ferrat est un rocker Ă sa manière. Je recommande Ă tous ceux et celles qui en ont marre de mai 68 d’Ă©couter “les jeunes imbĂ©ciles”. C’est excellent et environ tout est dit.
j’aime beaucoup tes articles elixie. J’ai Ă©tĂ© comme toi. J’ai vĂ©cu d’abord dans la campagne, grandi au rythme des bleus dans les branches des arbres, des roulades dans l’herbe, j’ai mĂŞme enterrĂ© quelques insectes dans une petite tombe de pierre avec une croix faite de brindilles (rĂ©flexion 1: sociĂ©tĂ© judĂ©o-chrĂ©tienne quand tu nous tiens rĂ©flexion 2: le culte de la mort, propre Ă la race humaine, m’intrigue beaucoup…), j’ai dĂ©valĂ© des pistes au bitume douteux sur mon premier vĂ©lo, ai cueilli des fruits Ă mĂŞme les arbres, pris les oiseaux de vitesses pour cueillir les cerises… Bref j’ai eu une enfance que j’estime comblĂ©e. Et je crois que toutes ces petites choses insignifiantes que l’on fait enfant Ă la dĂ©couverte de la nature sont nĂ©cessaires pour apprĂ©cier la campagne Ă sa juste valeur. Parce que oui, il y des insectes dans les herbes, oui on peut se faire mordre par des fourmis ou autres mille-pattes, oui la nuit peut-ĂŞtre parfois bien noire, sans poteaux Ă©lectriques, sans nĂ©ons de magasins… trop de gens veulent une campagne aseptisĂ©, avec le gazon Ă 6cm, le chien docile et le soleil noyant ses reflets orangĂ©s dans la rivière au loin… Adulte il est difficile de dĂ©couvrir, de comprendre la campagne comme lorsqu’on est enfant. Mais cela ne m’empĂŞche aucunement d’avoir dĂ©couvert les joies des villes qui ne dorment jamais, l’anonymat des centre-villes bondĂ©es, les mĂ©diathèques high-tech, les soirĂ©es chics entre BCBG. Alors mĂŞme si je n’ai pas grandi dans un village Ă proprement parler, mais plutĂ´t dans un coin reculĂ© d’une ville rurale, je te comprends bien, elixie, particulièrement cette fiertĂ© de ton enfance rurale et ton plaisir Ă alterner entre ville et campagne, devenue aujourd’hui adulte.
j’ai grandi comme ça aussi, avec des vaches, des montagnes et les hivers au ski ou on avait le droit de boire un peu de vin chaud si on avait Ă©tĂ© sages ^^
Entièrement d’accord avec toi !
En mĂŞme temps, je ne suis pas nĂ©e parisienne, j’ai toujours Ă©tĂ© et resterai une fille de Province. Vous savez de celles dont on dit qu’elles sont un peu ringarde, mal fagottĂ©e, pas dans la hype, avec un QI culture de -15 parce qu’en province, Ă part la tournĂ©e des plages de François ValĂ©ry, aucun artiste digne de ce nom ne souhaite “s’associer” avec la ville de Pouzac (oui oui, ça existe !).
En mĂŞme temps, j’ai au moins l’avantage de pouvoir dire Ă mes parents, fiers comme pas 2 “je monte Ă la capitale” ;)
La gloire provinciale, ça existe aussi.
@Elixie: promis je ne dirais plus “les parisiens ils sont mĂ©chants et gnagnagna et gnagnagna”.
juste que ton article est une bouffĂ©e d’air frais car comme d’habitude “les braves gens n’aiment pas que, l’on suive une autre route qu’eux” (spĂ©cial dĂ©dicace Sand)
et je concède Ă tous le droit d’aimer vivre Ă Paris* pour peu qu’on me laisse aimer la province ;)
*parce qu’on peut aimer Paris sans aimer vivre Ă Paris
@pola > bon, peut-ĂŞtre que j’ai tout faux, mais pour moi la banlieue cela fait partie de la province, en comparaison au bitume et Ă l’agitation de la capitale Ă proprement parler, je reste dans l’idĂ©e qu’on parle de banlieue pour dire sous quelle juridiction on se trouve.
Après finalement, tu te situes oĂą tu veux, JelizaRose a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e en province mais se sent citadine, je suppose qu’il y a des personnes qui ont grandi Ă Paris mais qui prĂ©fèrent les villes de province etc. Donc la question serait plutĂ´t : oĂą tu te sens le mieux ? ;)
Cet article est vraiment très chouette !! Mais ta description correspond plus Ă la campagne, qu’Ă la province en gĂ©nĂ©ral Ă mon sens !
J’ai vĂ©cu en province, et je n’ai jamais connu les cueillettes de mures et de tournesol (sauf quand je partais en vacances… Ă la campagne justement!)
J’habitais vers Toulon, et ma vie lĂ bas, c’Ă©tait plutĂ´t la sortie hebdomadaire dans le centre commercial du coin avec mes copines, le cafĂ© PMU remplis de marins bourrĂ©s, et les après midi passĂ©s Ă glander sur un arret de bus… beaucoup moins bucolique et pittoresque d’un coup.. et je pense que c’est malheureusement pareil pour beaucoup de monde!
Je suis d’accord avec Satincerise, je viens aussi de province, de besançon mĂŞme, 220 000 habitants tout de mĂŞme. Et oui! Je ne suis jamais allĂ©e aux champignons ou autres nonobstant j’aurais pu mais je prĂ©fĂ©rais passer mon aprem Ă faire le tour du centre ville de 13h Ă 18h… Heureusement je ne portais pas de talons Ă l’Ă©poque!
Moi aussi, je suis une fille de la province, et pas des moindres, puisque je suis Bretonne. Jusqu’au milieu du XXe siècle, on a quand mĂŞme Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme des arriĂ©rĂ©s (m’enfin quand Gustave Flaubert Ă©crit : “Saint-Brieuc : rien”, qu’est-ce qu’il avait raison!). Paris me fascine, comme elle a fascinĂ©e des milliers (que dis-je? des millions!) de mes compatriotes. Mais je ne me lasserai jamais de regarder la lune d’Ă©tĂ© sur les pommiers, sentir le goĂ«mon en arrivant chez ma mère…
Et oui, comme disait satincerise, vivre en Province, c’est bien, mais vivre Ă la campagne, c’est mieux. J’ai eu cette chance, et j’aimerais emmener Tiny dans une vieille longère de pierre oĂą nous vivrions heureux entourĂ©s de nos quatre enfants (putain, ça fait deux semaines que je sors avec, et je fais des projets pareils? Vite, marions-nous!).
Certes, je rentre de moins en moins chez ma mère, mais dans une dizaine d’annĂ©es, je me vois bien retourner dans ma campagne pour Ă©duquer mes petits.
M’enfin, le plus drĂ´le, c’est de faire croire aux citadins que l’Ă©leveur du champ Ă cĂ´tĂ© de chez moi Ă©lève des vaches naines… Fous rires garantis!
Whaou une thiérachienne ici !! je me retrouve tout à fait dans ta description de la vie à la campagne !
Ă©tant Ă©tudiante je vis Ă moitiĂ© en thiĂ©rache et Ă moitiĂ© en ville (Lille), aujourd’hui j’ai besoin des deux, pouvoir me retrouver d’un cĂ´tĂ© dans une ville en Ă©bulition et de l’autre seule au milieu de la verdure au calme, un bon Ă©quilibre !
*sifflote*
balance http://60-15.blogspot.com/2008/05/plagiat.html sur la table
*part en courant*
Elixie, tu viens de mettre un immense rayon de soleil dans ma journĂ©e. Tous ces petits souvenirs Ă©grainĂ©s, c’Ă©tait merveilleux Ă lire. merci!
Salut Elixie ! J’adore tes articles : ton style est vraiment agrĂ©able Ă lire!
Dis, les pins bordelais, c’Ă©tait oĂą exactement ? tu as vĂ©cu Ă Bordeaux-mĂŞme ? Je connais plutĂ´t bien la rĂ©gion…attention, 3615 mylife : je suis nĂ©e Ă Bordeaux, et finalement je n’ai jamais bougĂ©… j’ai vĂ©cu toute ma vie (jusqu’Ă la fac) dans un bled dans le mĂ©doc, mais ça ne m’a pas tuĂ©e ;) Je suis assez ouverte d’esprit je pense. D’ailleurs, les prĂ©jugĂ©s sont dans les 2 sens : j’ai entendu une personne de la campagne qualifier les Parisiens de “bourges”…. LĂ je suis Ă Paris pour mon chĂ©ri, et Bordeaux me manque dĂ©jĂ . ce que j’aime d’une ville, ou d’un lieu : me l’approprier ! C’est le cas pour Bordeaux, et aussi Ă Philadelphie oĂą j’ai passĂ© 3 mois (très très agrĂ©able ville)
Et j’ai l’impression qu’avec Paris ça va ĂŞtre chaud…
Ca fait 20 ans que je suis dans un village de 2000 habitants en VendĂ©e. Moi aussi je connais bien les parisiens qui s’incrustent sur nos plages l’Ă©tĂ©, on ne peut pas leur en vouloir mais heureusement que ça ne dure pas. Il est clair que je suis aussi une fille de province et mĂŞme une campagnarde. J’adore courir dans un champ de blĂ©, cueillir des champignons en foret l’automne, faire du vĂ©lo dans des petits chemins, faire l’amour n’importe ou aussi…Enfin bref c’est reposant d’ouvrir les volets et d’entendre les oiseaux…Je pourrais parler de ça durant des heures. Je suis dĂ©jĂ melancolique. Je pars Ă Nantes en septembre et malgrĂ© que j’adore cette ville, que j’y sois tout les week end et que ce ne soit pas non plus Paris, quelque chose va me manquer. Ma chance est d’avoir trouvĂ© un appart qui est en fait une vieille maison avec une cour fermĂ©e ou trone un arbre…c’est deja mieux qu’un immeuble et moins depaysant
Rhooo il est tout mignon ton article et il me donne envie de partir me rouler dans l’herbe fraichement coupee… *soupir*
J’ai envie d’emmener Tiny dans la forĂŞt, lui faire oublier Paris dans la forĂŞt de Fontainebleau…
oula lah….ms suis plus en âge pour ça, ma petite jouvencelle, suis une vieille rombière
NĂ© Ă Paris zou enfance dans un village de 200 hab max, puis rezou banlieue Est avec incursion une fois par semaine dans Paris.
La province me manque. Paris me fatigue. J’adore la banlieue. J’aime pas faire des kms de voiture pour trouver un tabac ou autre Ă la campagne. A la campagne, on boit un peu trop. A Paris on se la pète pour nada et on raque tout le temps.
Il faut un redéploiement territorial, je veux tous les avantages, na !
@ Elixie : en fait, je trouve un peu rĂ©ducteur de penser Paris-province. Je prĂ©fère l’idĂ©e de mĂ©tropole. Y a pas de diffĂ©rence entre quelqu’un qui a toujours habitĂ© Ă Paris et quelqu’un qui a toujours habitĂ© Ă Marseille, parce que tu vis dans une grande ville avec ce que ça comporte d’avantages et de contraintes.
Pour la banlieue, ça dĂ©pend, elle est plus ou moins insĂ©rĂ©es dans la mĂ©tropole : Neuilly, c’est Paris, mais Versailles, c’est pas Paris (en simplifiant, c’est ça)…
Sinon, d’accord avec toi pour la question d’oĂą on se sent le mieux -et je te cache pas que j’aime bien pouvoir alterner virĂ©es en mĂ©tropole avec bouquins + soleil au milieu de nulle part. La banlieue, ça peut donner le choix sans passer par la case TGV.
J’ai beaucoup aimĂ© cet article, parisienne d’adoption depuis un an, je ne me lasse pas de l’effervescence citadine, mais retourner “en province” chez mes parents, lĂ oĂą il y a de l’herbe, des pommiers/cersiers, aucune circulation, en d’autres termes, le calme, c’est un besoin quasi-vital.
Il faut croire qu’il me faut les deux. Mais grandir dans la verdure, c’est quand mĂŞme une belle chance dont il faut se souvenir avec plaisir, comme tu l’as fait :)
Ben moi, NancĂ©enne depuis un an (Nancy, c’est “que” 100 000 habitants, comme le disait DeeCurl), j’en ai dĂ©jĂ ras le cul, c’est dĂ©jĂ beaucoup trop grand, beaucoup trop de voiture, beaucoup trop de tout… Je crois que je suis un peu polisophobe ou campagnophile, au choix !
en banlieue parisienne on a le bon compromis : on a la campagne et la folie nocturne de paris, le seul souci les transports en communs qui fouttent tout en l’air
Eh bien voilĂ ! Ton article m’a rĂ©conciliĂ© avec l’idĂ©e de partir vivre en Charente… Mais bon, il faut que je rĂ©flĂ©chisse encore beaucoup avant de faire le grand pas !
Le truc qui me tente c’est de voir mes enfants (futurs) courir dans l’herbe, d’avoir des chats et de laisser enfin mes chiens gambader au lieu de les garder entre 4 murs parisiens…
I love campagne mais j’ai peur quand mĂŞme encore un peu !
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Les toilettes, vous allez me dire, chose bien insignifiante et pourtant si vitale ! Alors, j'ai juste une question… En France, Comment font les handicapés hommes pour aller faire pipi ? Ils doivent aller chez les dames...
La nouvelle enquête du jeune Volnay, commissaire aux morts étranges, assisté de son père, le moine hérétique, nous ouvre les portes d'un XVIIIème siècle particulièrement sombre...
Contrairement à sa sœur, qui est un vrai cœur d’artichaut et virevolte d’un amoureux à un autre, Le Gnome est romantique et fidèle… Son petit côté bagarreur est souvent mis à contribution...
J’écris ce billet car je suis en colère. Je galère depuis des années et grâce à mon travail, j’ai réussi à m’en sortir financièrement notamment parce que je suis mieux payée en travaillant...
"Je suis une célibataire endurcie". Tristesse de la fille à 26 ans qui fait ce constat, un dimanche pluvieux d'avril. Rien que le contexte, tu as envie d'ouvrir le gaz. Heureusement, j'ai une plaque électrique...
Assis sur son canapé devant un tas d’enveloppes, il boit son whisky les yeux dans le vague. Il est trois heures du matin, tout juste rentré d’une soirée mondaine, il s’apprête à découvrir les messages...
@Elixie: oui oui oui tout pareil!