Ce jour lĂ , l’espace de ces quelques instants volĂ©s, j’ai conjuguĂ© dĂ©sirer au fĂ©minin.
Elle Ă©tait jolie, lumineuse, toute en longueur et douces rondeurs. Mais ce qui Ă©tait le plus remarquable chez elle, c’Ă©tait ses yeux. Verts. Si clairs. Elle me transperçait de son regard. Ses yeux. C’est encore eux que je revoie aujourd’hui.
Je la connaissais Ă peine, la croisais parfois. Je la savais bi, et ça ne me dĂ©rangeait pas. Ça m’intriguait plutĂ´t (ou m’attirait ?), la revĂŞtait d’une aura particulière, d’un charme diffĂ©rent. Moi qui aime jouer avec le feu… j’Ă©tais comme un papillon devant sa lumière.
Ce jour lĂ , nous discutions, nous riions. Une belle journĂ©e de printemps, de ces jours oĂą le soleil nous fait oublier la grisaille de l’hiver, oĂą sa chaleur nous donne envie de vivre, et de ressentir, intensĂ©ment.
Et puis… je ne sais plus pourquoi, elle a tendu la main vers moi, et sans rĂ©flĂ©chir, je l’ai saisie. Je me suis levĂ©e et je l’ai suivie dans sa course. Tandis qu’elle m’entraĂ®nait, aveugle et sourde Ă ce qui m’entourait, je n’Ă©tais plus consciente de ce que je faisais, que de sa main qui enserrait la mienne. De ce que ce contact provoquait en moi. Le temps Ă©tait comme suspendu, mon corps en apesanteur.
J’ai voulu qu’elle s’arrĂŞte. J’ai voulu qu’elle m’enlace, qu’elle plonge son regard en moi. J’ai voulu qu’elle m’embrasse.
Et puis… elle a lâchĂ© ma main. Le charme Ă©tait rompu. Le moment passĂ©. Nous avons repris le cours de nos vies. Avec comme un regret de ce qui aurait pu se passer, et du soulagement aussi. Je l’ai regardĂ©e, elle m’a sourit. S’Ă©tait-elle seulement rendue compte de mon trouble ?
J’aime les hommes. J’ai eu des amitiĂ©s masculines ambigĂĽes, mais mes amies, les « elles » de ma vie n’existent pas sur le mĂŞme plan. La frontière est invisible mais belle et bien lĂ . Et je n’ai aucun doute.
Avec elle, ce fĂ»t diffĂ©rent, Elle m’a troublĂ©e. La seule et l’unique. Ma jolie fĂ©e retournĂ©e au pays de mes rĂŞves. Je devrais peut-ĂŞtre en ĂŞtre gĂŞnĂ©e. Mais non. C’est un beau souvenir, flou et colorĂ©, Ă peine rĂ©el, comme un mirage. D’y penser, c’est une onde de tendresse que je ressens pour elle, un petit sourire au coin de mes lèvres. Je n’en recherche pas pour autant Ă revivre une telle expĂ©rience.
C’est arrivĂ© ce jour lĂ , parce que c’Ă©tait Elle. Ma Belle Amie.
(cc) RosePirate
posté le 22/06/2008 | 1141 vues | 7 commentaires | tags: belle amie désirs bisexualité lesbienne Elle fantasme
Ca m’arrive tout le temps avec ma meilleure amie. Mais notre Ă©ducation chrĂ©tienne nous bloque Ă chaque fois.
Je veux pas partir en dĂ©bat sur la religion mais ta dernière phrase me fait un grincer des dents (belle image, n’est-ce pas ?)…Dieu a autre chose Ă s’occuper que de vous juger ^^
Ce n’est pas ça, Krib. Mais l’idĂ©al du couple que nous dĂ©fendons = un homme, une femme, c’est tout. On a le droit de se tromper, mais jamais de se tromper d’idĂ©al.
VoilĂ aussi pourquoi je dĂ©teste la religion. Pour ces règles inflexibles et intolĂ©rantes, qui ne prennent pas vraiment en compte l’humain. Je dĂ©teste cette culpabilisation de la sexualitĂ©. Mais bref, coupons court Ă ce sujet :p Tu as ton opinion lĂ dessus et je la respecte ^^
Ce n’est pas Dieu qui culpabilise la religion, ce sont les hommes. ^^
@Krib : “Mignon” ? Oui, je crois que c’est ça … une attirance physique, un besoin de contact mais pas forcĂ©ment de dĂ©sir sexuel . Un peu comme un aimant mais sans l’amant … ^^
@Storia Giovanna : je comprends tout Ă fait. MĂŞme sans parler de religion, pas facile de passer outre notre Ă©ducation et la moralitĂ© judĂ©o-chrĂ©tienne … et le regard des autres. Ou ce qu’on attend de nous.
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“parce que c’Ă©tait elle”. C’est mignon comme tout ^^ ça me fait penser Ă la phrase “parce que c’Ă©tait lui, parce que c’Ă©tait moi”. Et si finalement nous tombions amoureux d’une personne et pas d’un sexe ?