(ou comment j’ai embrassé ma vraie nature)
Quand j’étais adolescente, je n’étais pas la fille la plus populaire du lycée. Vous savez, celle qui était jolie, bien foutue et qui portait les dernières fringues à la mode. Non, moi j’étais plutôt celle qui passe partout et j’étais surtout très mal dans ma peau. Je n’avais pas encore trouvé mon style.
A cette période de ma vie, j’avais été très bouleversée par la mort de Kurt Cobain le chanteur de Nirvana. A l’époque, en 1994, j’avais 16 ans. A cet âge, ce genre de tragédie vous marque.

C’est à cause de cet événement tragique que j’ai découvert mon groupe culte. Hole. Un groupe mené tambour battant par une chanteuse charismatique, Courtney Love (c’était l’épouse de Cobain), et qui m’a initiée au rock féminin. Depuis ce jour là, j’ai toujours préféré les chanteuses aux chanteurs.
Mon copain de l’époque me considérant particulièrement inculte musicalement, m’initie au rock indé et notamment aux Inrockuptibles, l’émission culte de France Inter (et accessoirement le magazine). Comme j’aurais fait n’importe quoi pour obtenir une certaine crédibilité auprès de lui, j’écoutais religieusement la voix de Bernard Lenoir tous les soirs m’égrainer les noms de groupes américains ou anglais complètement inconnus pour parfaire mon éducation musicale indie.
Franchement, dites-moi qui connait Crowsdell, le premier groupe de Shannon Wright? Moi (j’ai même le CD). Snowpony? Helium? Drugstore? Zuzu’s petals? June? Ça ne vous dit rien, moi si ! Je me faisais des listes de CD à acquérir tant bien que mal : Lush, That Dog, Ruby, Salad et j’en passe. C’était une sorte d’obsession.
Puis, est venu le temps de la fac et des copains à qui je faisais découvrir mes trouvailles musicales et qui me collaient sur certains groupes. C’était devenu une sorte de jeu entre nous et même une échelle de valeur. On détestait avec arrogance la musique mainstream, la pop commerciale était le diable. J’étais déçue chaque fois qu’un de mes petits groupes explosait sur le devant de la scène (comme Louise Attaque).
Pourtant en secret, je ne pouvais m’empêcher de monter le son de ma télé quand passaient Natalie Imbruglia et son clip “Torn” ou Britney Spears et son tube “Baby one more time”. J’en avais presque honte et bien sûr je ne le disais à personne. Mon coming-out je ne l’ai fait que beaucoup plus tard.
C’est quand sont arrivés mes copains geek et le mp3 (pour moi c’était en 1999), que j’ai commencé à me lâcher. Eux, ils ne me jugeaient pas sur mes goûts musicaux (ils s’en foutaient complètement même). Je leur filais des listes et ils me trouvaient les morceaux sur des sites ftp protégés (c’était compliqué en ce temps-là). Mes premiers souhaits ont été “No scrubs” de TLC, “Frozen” de Madonna , “My Favourite Game” des Cardigans. Je m’en souviens encore.
Ensuite, j’ai déménagé en Angleterre et j’ai été propulsée dans une autre dimension. La pop est là-bas une sorte de religion, de seconde nature et Top Of The Pops une émission culte qui passait le vendredi à 19h30. Autant vous dire que j’étais toujours au rendez-vous. J’ai alors embrassé mon amour de la pop avec fougue et je n’ai plus cessé depuis.
J’ai gardé cet esprit indé de vouloir toujours découvrir le ou les groupes que personne ne connait autour de moi (mais cela n’intéresse plus personne). Je ne suis plus élitiste comme je l’étais adolescente, au contraire j’explore tous les genres de musique du moment que cela me plaise. Que ce soit Britney Spears, Metric, PJ Harvey, Kiley Dean, Lily Allen, Queens of The Stone Age, Justin Timberlake, tout le monde a sa chance. Je ne lis plus les Inrocks , je leur préfère à présent le site de Popjustice.
PS: les playlists illustrant mon article sont disponibles à cette adresse.
posté le 17/06/2008 | 882 vues | 11 commentaires | tags: journéemusique Fête de la musique pop
j’écoute de tout même si je reviens souvent à mes premières amours , le rock…. le seul truc que je n’arrive pas à écouter c’est le rap, m’y fais pas
Moi ce que je ne peux pas écouter c’est l’électro-dance (les “clubs anthems”) style David Guetta, Laurent Wolf. ça vraiment j’y suis allergique! Ça ce n’est vraiment pas pour moi.
Moi j’écoute de tout, même si j’ai baigné dans une culture caribéenne (hip-hop rap reggae, merengue salsa dancehall et beaucoup de pop américaine). J’aime beaucoup les chansons à texte ce qui m’a fait faire une percée dans le monde un peu moins coloré mais fascinant des manu chao, Tryo, coldplay et plein d’autres artistes que j’ai découvert en vrac, sans connaître réellemnt leur notoriété ou quoi que ce soit. J’ai d’ailleurs une préférence pour les chansons acoustiques et les voix comme celle d’amy winehouse.
Mais j’ai connu aussi une fille comme salesgirl (à l’époque) qui adore le rock mais uniquement lorsque les groupes ne sont pas connus. Elle a vite lâché Tokyo Hotel ou My chemic
@le mal: “Mais j’ai connu aussi une fille comme salesgirl (à l’époque) qui adore le rock mais uniquement lorsque les groupes ne sont pas connus.”
Moi c’était exactement ça. Au point même où j’hésitais à prêter mes CD pour être encore plus exclusive. C’était contradictoire avec mon envie d’être celle qui a connu tel ou tel groupe en premier puisqu’il fallait que les autres le connaissent. Ma vie était compliquée. ;-))
j’ai une préference nette pour le rock et c’est sûr que j’aime la sensation d’exclusivité qu’il y a à découvrir un truc pas encore très connu, msd je ne renie pas pour autant s’ils rencontrent le succès… sinon, ça dépend des moments ça peut être les beasties boys, ou arno, d m ou gainsbourg, air ou lenny kravitz, daho ou marilyn manson, varié quoi
Je ne les renie pas non plus quand ils deviennent connus, sauf si ils se mettent à faire de la soupe de top 50 pour élargir leur public…
Moi j’écoute de tout, même si j’ai baigné dans une culture caribéenne (hip-hop rap reggae, merengue salsa dancehall et beaucoup de pop américaine). J’aime beaucoup les chansons à texte et les instrus des groupes de rock ce qui m’a fait faire une percée dans le monde un peu moins coloré mais fascinant des manu chao, Tryo, coldplay simple plan et plein d’autres artistes que j’ai découvert en vrac, sans connaître réellement leur notoriété ou quoi que ce soit. J’ai d’ailleurs une préférence pour les chansons acoustiques et les voix comme celle d’amy winehouse.
Mais j’ai connu aussi une fille comme salesgirl (à l’époque) qui adore le rock mais uniquement lorsque les groupes ne sont pas connus. Elle a vite lâché Tokyo Hotel ou My chemical Romance lorsque ses amis ont fini par les connaître, pour se rabattre sur des groupes aux noms encore plus obscurs…
Excellent article.
Moi aussi j’ai eu une période où je cherchais vraiment loin des groupes indés.Aujourd’hui meme si j’aime encore la musique indé (à la Fnac je ne vais qu’au rayon “indépendant”,jamais “pop rock international” et je vais aussi au rayon “electro”) je ne suis plus aussi “fanatique” au point d’acheter des disques qui ne me plaisent pas forcément mais qu’il faut avoir pour etre considéré comme un connaisseur.De toute façon je crois qu’aujourd’hui il y a moins d’artistes indés qu’avant.
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moi aussi j’adore la pop et plusieurs fois je me suis faite chambrer sur mes goûts musicaux “commerciaux”…perso, je ne supporte pas ce genre de snobisme (qui existe également en littérature). pour moi une chanson est soit bonne soit mauvaise, tout comme un livre est bien ou mal écrit. Point.